Le Fusil du Premier Empire : Caractéristiques Techniques et Contexte Historique

Introduction

Le Premier Empire français, sous le règne de Napoléon Bonaparte, fut une période de transformation et d'innovation militaire. Les armes à feu, en particulier les fusils, jouèrent un rôle crucial dans les campagnes napoléoniennes. Cet article explore les caractéristiques techniques des fusils utilisés pendant cette période, en mettant l'accent sur le fusil de dragons modèle An IX de la Manufacture de Tulle, tout en contextualisant son utilisation et son importance au sein de l'armée et de la Garde Nationale.

Le Fusil de Dragons Modèle An IX de la Manufacture de Tulle

Le fusil de dragons modèle An IX fabriqué à Tulle est un exemple emblématique de l'armement de cette époque. Voici ses caractéristiques techniques détaillées :

  • Canon: Le canon est à cinq pans courts au tonnerre. Sa longueur est de 1,025 mètre, et avec la queue de culasse, il atteint 1,08 mètre. Le calibre est de 17,5 mm.
  • Monture: La monture est en bois, avec une crosse à joue poinçonnée. Les poinçons incluent "EF …(illisible)" et le poinçon au coq avec l'inscription "PLD" (propriété de l'état).
  • Garnitures: L'embouchoir est en laiton, fixé par un ressort d'acier. La grenadière est en acier, fixée par un ressort placé au centre des deux bandes. La capucine, également en laiton, est fixée de la même manière. Le pontet et la contre-platine sont en laiton.
  • Platine: La platine, de modèle An IX, est signée « Mre Imple De Tulle ».
  • Plaque de couche: La plaque de couche est en acier.
  • Poinçons: Toutes les garnitures et la platine sont poinçonnées du « C » sous couronne de Jean Cazamajou, né en 1784. Il entra à Versailles en 1800 et revint le 1er janvier 1809 comme 2nd contrôleur. Il quitta la manufacture de Versailles pour celle de Tulle en septembre 1811.
  • Baguette: La baguette est en acier.

Contexte Historique et Militaire

L'Empire et les Armes à Feu

Le Premier Empire français, proclamé le 18 mai 1804 avec Napoléon Bonaparte comme empereur, fut une période de conflits majeurs et de développement militaire. Les armes à feu étaient au cœur de la stratégie militaire napoléonienne. Le canon tirait des boulets pleins, en fer, selon une trajectoire tendue. Son calibre était exprimé par le poids en livres du boulet qu'il lançait (une livre dite "de Paris" correspondant à 489,5 g). L'obusier tirait selon une trajectoire plus ou moins courbe des obus, qui étaient des projectiles creux remplis de poudre explosive mise à feu par une fusée. Son calibre était défini par le diamètre en pouces (un pouce dans le système de la "Toise du Châtelet" valant 2,707 cm et étant divisé en 12 lignes) de sa bouche. Le mortier, quant à lui, tirait selon une trajectoire en ogive des bombes, qui étaient également des projectiles remplis de poudre noire. Son calibre pouvait s'exprimer en livres ou en diamètre de la bouche (l'obusier de 24, par exemple, correspondait au 5 pouces 7 lignes).

Le Système de l'An XI

À l'issue de la seconde Campagne d'Italie (1800), le Premier Consul Napoléon Bonaparte institua le 29 décembre 1801 un "Comité de l'artillerie", présidé par le général François Marie d'Aboville. Ce comité, comprenant des généraux tels qu'Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont, Jean Jacques Basilien Gassendi et Jean-Baptiste Eblé, avait pour mission de moderniser et de simplifier le système d'artillerie. Le résultat de leurs travaux fut publié le 2 mai 1803, connu sous le nom de "système de l'an XI".

Ce système comprenait les matériels destinés à être employés lors de batailles en rase campagne. L'acheminement et la mobilité des armes sur le champ de bataille étaient essentiels, c'est pourquoi ce service recourait aux pièces les plus maniables. Pour des questions de poids, la pièce de 4 livres était d'abord affectée aux divisions d'infanterie et celles de 8 et de 12 livres aux unités de réserve.

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Les Projectiles : Biscaïens, Boulets Fusants et Mortiers

Le biscaïen ou biscayen, dit aussi boîte à mitraille, était un projectile cylindrique rempli de balles en plomb, en fonte ou en fer, de la grosseur d'un petit œuf. Ces projectiles, se dispersant en cône dès la sortie du canon, provoquaient de terribles ravages dans les rangs ennemis. Cependant, le biscaïen n'était réellement efficace qu'à courte distance : environ 250 mètres.

L'artillerie de siège, ayant pour rôle d'appuyer les sièges des places fortes, disposait de munitions propres à la destruction des fortifications, notamment des boulets fusants. Le mortier de 12, utilisé par exemple lors du siège de Dantzig en 1807, était la pièce d'artillerie la plus puissante de l'époque napoléonienne. Monté sur un affût composé de deux flasques en fonte de fer reliées par des entretoises en bois, il tirait des bombes de plus de 70 kilogrammes. Il existait également des mortiers de 10.

S'agissant des obusiers, conçus à compter de 1803 par le colonel Pierre Laurent de Villantroys, les premiers (une douzaine, fondus à Séville) à être utilisés comme pièces de siège le furent à Cadix de 1810 à 1812. Leur portée était exceptionnelle pour l'époque : environ 4800 mètres. Les deux plus imposants, de 9 et 11 pouces respectivement, coulés à Douai et testés à La Fère, furent emportés à Berlin suite à la campagne de France de 1814.

Artillerie de Forteresse et de Côte

Destinée à équiper la défense des places fortes, l'artillerie de forteresse était composée des mêmes pièces que l'artillerie de siège. La différence résidait dans les affûts, adaptés aux fortifications qu'elle protégeait, conçus pour tirer au-dessus des parapets et non par des embrasures.

L'artillerie de côte assurait la défense du littoral et des ports. Les cibles qu'elle visait étaient par nature difficiles à atteindre puisqu'il s'agissait de navires en mouvement sur lesquelles elle tirait à longue distance. Elle utilisait donc des pièces puissantes : canons de marine de 36 et 18 livres, canons de 24, 16 et 12 livres et mortiers de 12 pouces. Le problème de leur déplacement ne se posant pas, elles étaient montées sur des affûts massifs, composés essentiellement de bois et comportant peu de ferrures, afin d'éviter leur détérioration par l'atmosphère marine. Leur système de pointage était adapté au tir sur des cibles mouvantes. L'affût était posé sur un châssis qui pouvait se déplacer latéralement grâce à un système de roues. La plupart de ces pièces étaient les mêmes que celles en usage dans l'artillerie de siège ou surtout la marine (en raison de leur coût moindre). Le mortier de 12 pouces, toutefois, se singularisait par sa chambre tronconique qui minimisait le vent et améliorait à la fois la portée et la précision. Après 1803, le système dit de l'an XI, introduisit l'usage du mortier à plaque, moins maniable mais plus précis. Le boulet rouge, d'une manipulation plus aisée qu'en mer, était largement utilisé. Certains fours à boulet, en pierre, étaient dimensionnés pour porter à incandescence simultanément plusieurs centaines de projectiles. Les spécificités du service de côte justifièrent la création d'un corps d'artilleurs spécialisés : les canonniers garde-côtes. Malencontreusement supprimé par la Révolution en 1791, il fut restauré par le Premier consul en 1803. Ses effectifs allèrent croissants au fur et à mesure de l'allongement des frontières maritimes de l'Empire.

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Artillerie de Marine

La gamme des canons de marine se déclinait en fonction du poids des boulets pleins en fer tirés par les différentes pièces : 36, 24, 18, 12, 8, 6 et 4 livres. La plupart de ces canons n'étaient pas en bronze, comme leurs homologues terriens, mais en fonte de fer, bien que ce matériau soit moins résistant et plus dangereux en cas d'explosion de la pièce (il vole en éclats, ce qui n'est pas le cas du bronze). Toutefois, son bruit moins sujet à provoquer la surdité des canonniers, mais aussi son coût moins élevé, compensaient ces défauts. Il faut en effet avoir en tête qu'un vaisseau de ligne, à lui seul, alignait presque autant de canons que toute la Grande Armée à Austerlitz. Quelques rares pièces de 24 ou 18 livres, les obusiers de pont (ou de vaisseau) de 36 Modèle 1787, les pierriers, les espingoles, faisaient exception en restant coulés en bronze.

L'obusier de pont, également appelé caronade en bronze, fit son apparition dans la marine française en 1787. Il était dérivé des obusiers terrestres de Gribeauval. Il était au départ prévu pour tirer des obus (boulets cylindriques creux munis d'une charge explosive). Toutefois, sa manipulation étant rapidement jugée trop dangereuse, l'obus fut en fait très vite remplacé par des boulets pleins et des boîtes à mitraille. La gamme d'obusiers de 36, 24 et 18 livres initialement envisagée resta un projet. A partir de 1801 (ou 1804), sous l'impulsion de Napoléon et de son ministre de la marine, Denis Decrès, on commença à produire des caronades en fer, copiées sur celles que les Anglais fabriquaient depuis 1774 (d'abord à Carron, d'où le nom de ce canon). Deux calibres étaient prévus : le 36, destiné aux vaisseaux et le 24, pour les frégates. Ces caronades, dites de l'an XIII, étaient destinées à remplacer les obusiers de pont.

Les espingoles et les pierriers (ou perriers) constituaient l'artillerie légère. Tous deux tiraient des boulets pleins d'une livre ou des boites à mitraille, remplies de balles de plomb. L'espingole était plus légère. Elle pesait aux alentours de 20 kilogrammes, et son tir était déclenché par une gâchette actionnant la platine à silex, à l'instar d'un mousquet. Le pierrier était un canon en réduction, d'environ 80 kg. Les deux armes nécessitaient un support, appelé chandelier.

Les canons de 8, 6 et 4 livres n'étaient installés que sur le pont supérieur, les gaillards et la dunette des vaisseaux de ligne et des frégates. Mais on les trouvait aussi sur les unités plus légères, tels que corvettes ou bricks. L'obusier de vaisseau, dont le diamètre intérieur était de 169 mm, la longueur de 843 mm et le poids de 350 kg, était une pièce courte et légère.

Le vent du boulet était l'écart entre le diamètre du boulet et celui de l'âme du canon. Dans l’artillerie terrestre, il était fixé, à 2,3 mm pour les pièces de campagne et 3,4 mm pour celles de siège et de place, quel que soit leur calibre.

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Munitions Spécifiques

Le boulet ramé était constitué de deux demi-boulets reliés par une barre de fer. Il servait à couper les haubans, déchirer les voiles, briser des vergues ou le haut des mâts. Dans ce rôle, il était efficace. La mitraille était constituée de petits boulets d'une livre. Ses cibles privilégiées étaient le gréement et les hommes. Mais elle ne produisait ses effets sur ces derniers que s'ils se trouvaient sur le pont supérieur ou si elle pénétrait par les sabords.

Les boulets rouges étaient une innovation de la Convention qui tenta d'introduire à bord des navires ce qui se pratiquait alors uniquement dans l'artillerie de côte. Le risque d'incendie, non négligeable puisqu'il fallait chauffer le boulet dans des fourneaux installés dans l'entrepont, n'était cependant pas le pire inconvénient de ce type de projectile. Il avait surtout pour désavantage de réduire la cadence de tir.

Lorsque les distances entre adversaires étaient très courtes, on tirait parfois à double (deux boulets ronds ou un boulet rond et un boulet ramé ou un boulet rond et un paquet de mitraille) voire à triple (un boulet rond, un ramé et un paquet de mitraille) chargés dans l'ordre indiqué. Avec un canon de gros calibre, la cadence de tir était de l'ordre d'un coup toutes les 3 minutes et demi à quatre minutes.

Le Fusil d'Infanterie Modèle 1777

Le fusil d'infanterie modèle 1777, conçu par l'ingénieur Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval, était l'arme principale du fantassin. Il était produit initialement à la manufacture d'armes de Charleville dans les Ardennes, puis au cours de l'Empire, aux manufactures impériales de Saint-Étienne, de Roanne, de Tulle, de Maubeuge, de Versailles, de Mutzig, de Culembourg en Hollande et de Turin en Piémont. Sans la baïonnette, il mesurait 1,515 m et pesait, à vide, 4,5 kilogrammes. Il s'agissait d'un mono-coup à chargement par le canon, qui tirait à la vitesse de 420 mètres par seconde des balles sphériques de 16,54 millimètres pesant 27,2 grammes, cela à raison de deux à trois tirs par minute. Sa portée pouvait atteindre 250 mètres (100 à 150 mètres en pratique). Il était réputé pour sa robustesse.

Défini par le règlement du 7 juillet 1786, sa version simplifiée en 1792 (dite "numéro 1") était produite à 6000 exemplaires jusqu'en 1800 et servit jusqu'en 1810. Il mesurait 1,065 m à 1,082 m selon les lots et pesait, à vide, environ 3 kilogrammes. Il s'agissait là encore d'un mono-coup à chargement par le canon. De calibre 17,1 mm, il tirait des balles sphériques pesant 29 grammes. Dès les premières années de la Révolution, cet ancien modèle était remis en service avec quelques modifications, sous le nom de "modèle n°1".

Long de 402 mm pour une longueur de canon de 230 mm, pesant 1,220 kilogramme, il était fabriqué par paire afin que les cavaliers puissent garnir les deux fontes de leurs selles, à la Manufacture de Libreville (nom de Charleville lors de la période révolutionnaire). Il s'agissait d'un mono-coup à chargement par le canon, qui tirait des balles sphériques en plomb de 16,5 mm (poids: 27,2 g), cela à raison de deux à trois tirs par minute. Cette évolution, qui outre Charleville sera produite à 80 000 exemplaires jusqu'en 1808 dans les manufactures de Maubeuge, Saint-Etienne, Versailles, Tulle, Mutzig et Turin, était un peu plus courte (352 mm de long, canon de 207 mm) et légèrement plus lourde (1290 g). Sa principale amélioration consistait en un système permettant de maintenir le canon de façon plus ferme.

Armes Blanches : Le Sabre "Briquet"

Les armes destinées à équiper les combattants étaient pour l'essentiel fourbies par la manufacture d'armes blanches de Klingenthal en Alsace. Le sabre était, sur le champ de bataille ou sur mer, une arme particulièrement efficace, létale ou vulnérante tant en coups de pointe (estoc) qu'en coups de taille. Rendu règlementaire sous l'Ancien Régime (1767), le sabre dit "briquet" à lame courbe équipait initialement les grenadiers, puis sera en dotation chez les sous-officiers, les caporaux, les soldats des troupes d'élite, les tambours et musiciens, ainsi que les fourriers. Plus tard, il équipa la Garde Consulaire puis Impériale.

Le modèle 1767, qui possédait une lame plate de 59,5 centimètres de long, à flèche légère, large de 3,6 cm au talon. La monture était en laiton moulé, en deux parties, avec deux demi-oreillons supérieurs. Le modèle de l'an IX (1801) possédait une lame pouvant être plus longue (59,5 à 62 centimètres), un peu moins large au talon (3,38 à 3,5 cm). La monture possédait 36 cannelures. Le fourreau, toujours en cuir noir, se voyait ajouter deux garnitures en laiton et une chape à pontet. Le modèle an XI vit le nombre de cannelures diminué à 28, tandis que la forme du quillon était différente de la précédente. Le sabre briquet de la Garde Impériale : mis en dotation en 1804, il était plus long que le précédent (68 à 69 centimètres) et présentait une monture différente. La lame comportait un large pan creux sur chaque face, afin de l'alléger. La monture en laiton possédait une poignée en bois recouverte de basane et filigranée.

En ce qui concerne les armes d'officier, il n'existait en pratique aucun modèle réglementaire. Les mamelouks de la Garde Consulaire puis Impériale étaient dotés d'un sabre à lame courbe, à l'orientale, délivré par la manufacture de Versailles (la lame étant forgée à Klingenthal). Sa poignée en bois était recouverte de basane ; sa monture était en laiton, à calotte arrondie et percée (sur les sabres du Ier type) pour le passage de la dragonne, la garde à oreillons possédait deux quillons droits à pans boulés ; la lame courbe était à dos plat et à contre tranchant. Le fourreau en bois était recouvert de basane en cuir et garnitures en laiton ; sa chape était ouverte sur le dos pour aider le passage de la lame.

Le modèle 1811, manufacturé à Klingenthal, possédait une garde en fer noirci à la poix, une coquille pleine constituée d'une tôle d'acier, un quillon en forme de palmette à cinq reliefs, une calotte et une poignée en bois de coupe octogonale gainées de tôle. Sa lame à un pan creux avait une largeur de 37 millimètres au talon, et une longueur de 67,8 centimètres. Le fourreau était en cuir avec deux garnitures en laiton. Le poids du sabre était de 1,018 kilogramme, celui du fourreau de 265 grammes.

La Lance des Chevau-Légers

Le 1er régiment de chevau-légers polonais de la Garde impériale, créé en 1807, se vit doté deux ans plus tard d'une lance de 2,75 mètres, constituée d'un fer plat de 38 centimètres à double tranchant, muni d'une boule arrêtoir, enmanché dans une hampe en hêtre noirci, laquelle se terminait par un sabot de 10 centimètres ; sous le fer était fixée par trois vis une flamme rouge et blanche. En 1810, fut créé le 2ème régiment de chevau-légers lanciers de la Garde (surnommés "lanciers rouges"), composé essentiellement de Hollandais, qui se vit lui aussi doté d'une lance similaire. En 1811, les chevau-légers lanciers se virent dotés d'un nouveau modèle de lance, dit "à la française" ; longue de 2,65 mètres, elle se composait d'un fer plat de 21,6 centimètres de long et 4,6 centimètres de large, à deux gouttières, emmanché dans une hampe en frêne.

La Garde Nationale et le Marquage des Armes

Création et Rôle de la Garde Nationale

La Garde Nationale a été créée à la Révolution française. C’était une milice chargée de faire régner l’ordre et le respect de la loi en des temps troublés. Elle était constituée de tous les citoyens de 20 à 60 ans, listés et classés pour le service en garde de réserve ou en garde active. Au début, les Gardes Nationaux étaient principalement des bourgeois, car on leur demandait de s’équiper à leurs frais, et pour être dans la cavalerie, il fallait avoir un cheval. Ce rôle pour les bourgeois était un moyen de garder une forme de pouvoir et de se démarquer par rapport à la population des autres citoyens.

Les gardes nationaux étaient répartis dans toutes les communes, constituant la « Police » aux ordres d’un gradé, du maire et du préfet. Sous l’Empire, la Garde Nationale a parfois servi d’armée de réserve, mobilisée au besoin des guerres de Napoléon. Après la dissolution des Gardes Nationales par Charles X en 1827, elle fut recréée par Louis Philippe en 1830, avec une compagnie dans chaque commune, comprenant des compagnies d’infanterie, d’artillerie, de cavalerie et de pompiers.

La Garde Nationale fut réactivée pour mettre fin aux échauffourées et maintenir le calme dans toute la France après la Révolution de Juillet. Fin 1830, le ministre voulut mettre de l’ordre dans les Gardes Nationales, organisant les troupes et ordonnant la récupération et le recensement des armes distribuées plus tôt lors de la révolution de Juillet.

Le Marquage "PDL" : Propriété De L’état

En Janvier 1831, une circulaire du ministre décida de marquer les armes qui avaient été distribuées par le ministère de la guerre et qui appartenaient donc à l’état. Cette marque serait réalisée à l’aide d’un poinçon qui circulait dans chaque canton de village en village. L’apposition de l’estampille serait réalisée en présence des Gardes Nationaux réunis en armes par les maires et les commandants. Le poinçon resterait la propriété du chef-lieu de canton.

L’armement des Gardes Nationaux était des plus disparates, comprenant des fusils, des sabres, des gibernes et autres équipements et uniformes de type militaire et de fabrication souvent privée. Ces équipements étaient quelque peu différents des modèles réglementaires et avaient été acquis par les Gardes Nationaux eux-mêmes, ainsi que par les communes. C’est seulement cette dernière catégorie d’équipements appartenant à l’état que le ministère voulait marquer pour attester sa propriété et éviter la dispersion des armes.

Un extrait de la circulaire de janvier 1831 reproduisait la notice imprimée jointe au poinçon destiné aux communes, indiquant la méthode qui devait être utilisée pour le poinçonnage des fusils.

En 1848, après la révolution de février et l’avènement de la Seconde République, un décret réactiva la Garde Nationale au mois de mars. La première page du « Courrier de la Drome et de l’Ardèche » du 29 octobre 1848 N°224 montrait que les mêmes mesures qu’en 1831 (loi toujours en vigueur) étaient prises avec le recensement des Gardes Nationaux et de leurs armes. Le marquage « PDL » des armes de l’état était réaffirmé. On notait de plus que la transformation à percussion des armes de la Garde Nationale par des armuriers privés était interdite.

La marque dans le bois créée en frappant une empreinte métallique noircie à la flamme présentait ces trois lettres PDL. Elles ont été depuis très longtemps interprétées comme une devise « Pour Le Droit » qui semble n’avoir aucun fondement. Ces documents montrent qu’il s’agissait simplement de rappeler la « Propriété De L’état ». Le coq situé dans le haut rappelait un symbole de la nation qui avait été remis en avant par Louis Philippe lors de son arrivée au pouvoir en 1831. On trouvait cette estampille sur les bois des pistolets et des fusils réglementaires en usage dans la Garde Nationale. Ce sont le plus souvent des pistolets au modèle de troupe 1816 ou 1822 et très souvent des fusils au modèle 1777 corrigé An IX. Le ministère de la guerre distribuait des armes d’un système obsolète aux Gardes Nationales, réservant les 1822 récent aux militaires.

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