Le Fusil Semi-Automatique Browning Auto 5 Calibre 16 : Une Légende Armurière

Loin des analyses littéraires, cet article se penche sur l'histoire fascinante du fusil semi-automatique Browning Auto 5, affectueusement surnommé "le bossu". Ce modèle, vendu à 4 millions d'exemplaires entre 1903 et 1999, a marqué l'histoire de l'armurerie. Le calibre 16 occupe une place particulière dans cette saga, culminant avec le "Sweet Sixteen", une version prisée des puristes et relancée dans une version modernisée en 2012.

Les Origines de l'Auto 5 et l'Apparition du Calibre 16

Commercialisé dès 1903, suite à des études et brevets déposés entre 1900 et 1902, l'Auto 5 fut initialement produit en calibre 12 avec des chambres de 70 et 65 mm. Le calibre 16 fit son apparition en 1909, uniquement en chambre de 65 mm, bénéficiant d'une nouvelle sécurité et d'une apparence plus compacte grâce à une seule bague de freinage.

John Moses Browning, le génial inventeur, avait tenté, sans succès, de créer un calibre 20 à partir d'un calibre 16. Il se résolut finalement à raccourcir le boîtier du calibre 12 pour concevoir le calibre 16, rapprochant ainsi les pièces internes. Cette modification nécessita de rallonger l'extension du canon, qui affleure sur le calibre 12, et d'utiliser un éjecteur mobile.

L'Évolution vers le "Sweet Sixteen"

Le passage de l'Auto 5 calibre 16 d'un alésage de 2 9/16 (chambre de 65 mm) à 2 3/4 (70 mm) en 1937 marqua la naissance de l'appellation "Sweet Sixteen". Cependant, cette désignation ne fut gravée sur le boîtier qu'à partir de 1948. La production à la FN d'Herstal fut interrompue à deux reprises en raison des occupations durant les guerres. La reprise en 1946 fut lente, car l'entreprise était accaparée par l'entretien des armes américaines massivement débarquées en Europe. Cette situation entraîna des importations américaines jusqu'en 1947 pour satisfaire la demande, ces modèles pouvant conserver une chambre courte de 65 mm. Les années 1952-1954 furent une période charnière en France, marquée par le passage généralisé à la chambre de 70 mm.

La Solidité et la Popularité Durable de l'Auto 5

La robustesse de l'Auto 5, entièrement fabriqué en acier, explique pourquoi de nombreux exemplaires des années 1930 sont encore en circulation en France. Il est donc possible d'en trouver sur le marché de l'occasion, où l'Auto 5, quel que soit son calibre, conserve une excellente cote. Jusqu'en 1960, l'Auto 5 bénéficia d'améliorations successives visant à le perfectionner, sans pour autant chercher à réduire les coûts, contrairement à d'autres produits armuriers de l'époque de la mondialisation naissante. L'Auto 5 régnait alors en maître absolu sur le marché des fusils semi-automatiques, sans réel concurrent. On le retrouvait entre les mains des sauvaginiers, mais aussi de chasseurs aisés et curieux, peu soucieux des conventions à une époque où le "deux coups" de Manufrance était la norme.

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Les Particularités du "Sweet Sixteen"

Les différences entre un Auto 5 calibre 16 standard et le "Sweet Sixteen" résident principalement dans le poids (allégé d'environ 600 grammes grâce à un anneau de canon percé ou une bande ventilée plus étroite) et dans des détails esthétiques tels que les gravures et la détente (dorée ou bleuie). En termes d'utilisation, les deux versions sont d'excellentes armes de chasse, un peu lourdes (environ 3,5 kg pour le modèle standard), mais très bien équilibrées, surtout avec un canon de 62 à 66 cm, configuration la plus courante. Cette maniabilité est due à la concentration de la masse des pièces mécaniques autour du centre de gravité.

La visée est également un élément distinctif de l'Auto 5. Une fois habitué, il devient difficile de s'adapter aux crosses des fusils modernes. La visée est très dégagée autour et au-dessus de la "bosse" caractéristique de l'Auto 5, même sans bande ventilée, ce qui favorise un tir instinctif avec les deux yeux ouverts. Le point de mire, sur les canons sans bande, est souvent monté sur un petit "piton", améliorant la visée pour le tir au vol, particulièrement adapté à la chasse au gibier d'eau, ce qui explique en partie le succès initial de cette arme dans ce domaine.

Le Recul et l'Entretien : Une Expérience Unique

Le recul de l'Auto 5 est également particulier. Il peut surprendre un jeune chasseur habitué aux reculs "secs" des systèmes inertiels modernes, mais les anciens chasseurs l'utilisaient pour enchaîner rapidement les tirs. Acquérir un Auto 5 est aujourd'hui un "must" pour tout amateur d'armes de chasse. Il représente à la fois un héritage historique lié au génie de John Moses Browning et un témoignage d'une époque révolue, tout en restant pertinent pour une utilisation moderne.

La mécanique de l'Auto 5 est réputée pour sa robustesse, à condition d'être correctement entretenue. L'entretien courant se limite à la surveillance des bagues de freinage et à leur positionnement en fonction des charges utilisées (lourdes ou légères). Le démontage du mécanisme interne, digne d'un travail d'horloger, est préférable d'être confié à un armurier, mais contrairement aux systèmes à emprunt de gaz, il n'est pas sujet à l'encrassement.

Conseils d'Utilisation et de Maintenance

Pour les charges légères, la petite bague doit être placée près du boîtier, suivie du gros ressort de rappel, de la grosse bague en bronze et du bouchon de magasin. Pour les charges lourdes, la petite bague doit être placée immédiatement derrière la grosse pour freiner davantage le glissement. La question du graissage est une affaire de préférence personnelle, dépendant de l'arme et de son historique d'entretien. Si l'arme est utilisée fréquemment et récemment, il est conseillé de suivre les recommandations du précédent propriétaire, souvent un chasseur expérimenté, et de tenir compte des munitions utilisées. Si l'arme est ancienne et a été stockée pendant une longue période, un nettoyage et un ajustement seront nécessaires.

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La principale faiblesse de l'Auto 5 réside dans les bois de la longuesse et le raccord crosse-magasin, qui peuvent se fendre, surtout si l'ensemble se desserre progressivement. Il est donc crucial de surveiller et de resserrer régulièrement ces éléments.

L'Auto 5 Aujourd'hui : Un Choix Intemporel

L'Auto 5 demeure un choix incontournable pour les chasseurs à la recherche de fiabilité, de durabilité et de performances éprouvées. Son système à chargement rapide, qui emmagasine l'énergie du recul et la convertit en un mouvement mécanique pour actionner les pièces mobiles, a été utilisé sur les fusils Browning semi-automatiques pendant des décennies. La plaque de couche ultra souple offre une excellente absorption du recul, déviant la direction des forces de recul vers le bas pour réduire l'impact sur le visage. La carcasse en alliage d'aluminium léger de qualité aéronautique est à la fois robuste et esthétique, rappelant le passé glorieux de ce fusil légendaire.

Browning : Une Histoire d'Innovation et de Collaboration

L'histoire de Browning est celle d'un génie qui a révolutionné le monde des armes durant la Révolution Industrielle. C'est le récit d'une alliance improbable entre un inventeur américain, John Moses Browning, et une société belge, la FN Herstal. Browning a grandi à Ogden, dans l'Utah, et a rapidement démontré son talent pour la mécanique et l'armurerie. En Europe, la FN Herstal cherchait de nouvelles idées et techniques pour se développer. La rencontre entre John Browning et le directeur commercial de la FN a conduit à un partenariat fructueux, marqué par la production du premier pistolet semi-automatique de Browning.

L'Invention de l'Auto 5 et le Partenariat avec la FN Herstal

En 1899, John Browning achève la conception d'un fusil de chasse semi-automatique. Déçu par l'accueil réservé à son invention par Winchester, il se tourne vers la FN Herstal, où il reçoit un accueil enthousiaste. Le lancement commercial de l'Auto 5 est un succès, et Browning offre à la FN le droit d'utiliser son nom comme marque déposée.

L'Héritage de John Moses Browning

Après la Première Guerre mondiale, John Browning continue d'innover. Avec son fils Val Allen, il conçoit le B25, un fusil à canons superposés qui révolutionne le marché. Après la mort de John, Val Allen prend la relève et supervise la production du B25, qui devient un modèle haut de gamme pour la FN Herstal.

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L'Évolution des Armes Browning au XXe Siècle

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, l'Europe connaît des changements démographiques et environnementaux. Bruce Warren Browning, petit-fils de l'inventeur, conçoit la carabine BAR (Browning Automatic Rifle) pour répondre aux besoins des chasseurs de grand gibier. Dans les années 1970, la FN Herstal rachète l'entreprise familiale Browning, consolidant ainsi son contrôle sur la marque.

L'Innovation Continue chez Browning

Depuis ses débuts, l'innovation est au cœur de la stratégie de Browning. En 2003, la société lance le CYNERGY, un fusil à canons superposés qui rompt avec les modèles traditionnels. Aujourd'hui, plus de 100 ans après sa création, Browning continue d'innover et de produire des armes de haute qualité, appréciées par les chasseurs et les tireurs du monde entier.

L'Auto 5 : Un Modèle Emblématique

Le Browning Auto 5 est entré dans l'histoire comme le premier fusil semi-automatique capable d'enchaîner cinq tirs de manière fiable. Sa conception novatrice et sa durabilité exceptionnelle en ont fait un choix populaire auprès des chasseurs pendant des générations.

Le B25 : Un Chef-d'œuvre de Browning

Le B25, conçu en 1925, est considéré comme le point culminant de la carrière de John Moses Browning. Son fusil superposé offrait une visée plus intuitive et une qualité de fabrication inégalée.

La Browning BAR (Browning Automatic Rifle)

La Browning BAR, conçue par Bruce Warren Browning et fabriquée par la FN Herstal à partir de 1966, a révolutionné le monde de la chasse en offrant une carabine semi-automatique puissante et précise.

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