Quand on parle de "poudre d’escopette", on parle sport, mais surtout d’une grande passion. L'histoire de Gilles Muller est intimement liée à celle du tir sportif français, tant par ses performances en tant qu'athlète que par son rôle actuel de Directeur Technique National (DTN) de la Fédération Française de Tir (FFTir). Cet article explore son parcours, depuis ses débuts jusqu'à son influence sur le développement du tir sportif en France.
Les Débuts d'une Passion : L'École de Tir d'Espalion
L'histoire de Gilles Muller est ancrée dans le terreau fertile du club de tir d'Espalion. Né au printemps 1980, le Club de tir espalionnais a été fondé par huit camarades en quête d'un terrain propice à leur loisir. Parmi eux, Raymond Bioulac et André Truel, deux hommes à fort tempérament et amis, porteurs de projets associatifs, ont joué un rôle crucial. Raymond Bioulac a mis à disposition un terrain sur un de ses terrains de Gourgans, scellant un accord basé sur la réciprocité d'aides avec les associations de la transhumance et du concours hippique qu'il dirigeait.
En 1983, la création d'une école de tir est devenue indispensable. Un contrat a été signé entre l'hôpital Jean-Solinhac et le président André Truel, qui venait d'obtenir son diplôme d'initiateur de tir sportif fédéral, pour une grange désaffectée. Pendant 36 ans, elle sera le lieu de formation au tir cible.
Aujourd'hui, le club de tir est certainement le club sportif le plus titré de la ville. Son porte-drapeau Chrystel Truel (la fille d’André), a été membre de l’équipe de France pendant six années consécutives. Elle affiche trois titres européens, deux sélections en coupe du Monde qui font oublier tous ses titres nationaux. Aujourd’hui retirée de la compétition elle est administratrice au CREPS de Toulouse.
Gilles Muller, autre champion espalionnais durant neuf années, a insufflé au club l’esprit compétitif dans ses moindres détails. Il compte plusieurs participations en coupe du monde (Pékin, Atlanta, Milan, Barcelone) ou olympique (Cuba) avant de devenir entraîneur national.
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Début juin, l'école de tir du club d'Espalion, après 35 ans dans une dépendance de l'hôpital (étable de l'ancienne ferme de l'établissement), a pris possession de la nouvelle dans le nouveau gymnase, route de Saint-Pierre.
Le club de tir d'Espalion que préside André Truel depuis sa création en 1980 totalise dans son parcours 55 participations aux divers championnats de France de tir (carabine, pistolet et arbalète) mais aussi aux championnats d'Europe (trois titres) et du monde grâce notamment, fin 1980-début 1990, à Chrystel Truel (championne de France) ou à Gilles Muller (l'actuel directeur technique national de la FFT, titulaire à cette époque de plusieurs titres nationaux ou européens).
Le Parcours d'un Athlète de Haut Niveau : Gilles Muller
Bien qu'il existe un autre Gilles Muller, joueur de tennis luxembourgeois, cet article se concentre sur Gilles Muller, figure emblématique du tir sportif français.
De Compétiteur à Entraîneur National
Gilles Muller a marqué le club de tir d'Espalion par son esprit compétitif. Très cordial et pédagogue, il a insufflé au club l’esprit compétitif dans ses moindres détails. Il a participé à plusieurs compétitions internationales, notamment en Coupe du Monde (Pékin, Atlanta, Milan, Barcelone) et aux Jeux Olympiques (Cuba), avant de devenir entraîneur national.
Directeur Technique National : Une Vision pour l'Avenir du Tir Français
Aujourd'hui DTN, Gilles Muller joue un rôle crucial dans l'orientation et le développement du tir sportif en France. Le DTN, Gilles MULLER, présent durant les 3 jours, a largement partagé sa vision de la politique sportive dédiée aux jeunes.
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Le Colloque Annuel des Responsables Entraînement des Ligues (REL)
Le colloque annuel des responsables entraînement des ligues (REL) regroupe pendant plusieurs jours les acteurs nationaux et régionaux de la filière entraînement des disciplines olympiques. Depuis 2014, année de la première édition de ce colloque, bien des choses ont évolué. En effet, au fil des saisons, chacune des strates fédérales en responsabilité de cette mission s’est organisée afin de répondre aux objectifs définis par le projet de performance fédéral (PPF). La dernière évolution en date concerne les clubs, qui peuvent désormais se doter d’une personne en charge de l’entraînement, reconnue par la ligue et la fédération : le responsable entraînement club (REC).
La FA est l’élément majeur et incontournable de la mise en œuvre régionale du PPF validé par la fédération, la Direction Technique Nationale (DTN) et le Ministère des Sports. Le PPF organise, entre autres, la partie territoriale de la filière entraînement dédiée aux jeunes. Pour cette saison, le colloque des REL vient de se dérouler au CNTS.
Le Président de la Fédération, Monsieur Hugues SENGER, est lui-même intervenu en visioconférence afin d’encourager les REL dans leurs missions de détection et de formation des jeunes. Pour ceux qui seraient encore aux prémices de la mise en œuvre territoriale du PPF, qu’ils n’hésitent pas à se mettre à la tâche, en prenant peut-être exemple sur l’expérience et l’organisation de ligues similaires. L’hétérogénéité des situations n’empêche pas de progresser dans la mise en œuvre, chacun à son rythme, de cette politique dévolue aux jeunes talents.
Chacun des acteurs présents a fait preuve d’une connaissance avérée de son rôle au sein de la filière d’Accession (FA) dédiée aux jeunes, notamment les minimes et les cadets. Les échanges concernant le repérage, la détection, la sélection et le perfectionnement de ces tireurs ont été particulièrement enrichissants et inspirants pour l’ensemble des participants. À l’issue de ces trois jours, nous pouvons noter que, d’année en année, la filière d’entraînement jeunes se renforce au sein de nos structures. Nous comptons sur son dynamisme et son efficacité pour repérer et accompagner nos champions de demain. En effet, au regard du rajeunissement progressif des moyennes d’âge des podiums au fil des olympiades, il ne paraît pas utopique d’imaginer que les prochains médaillés du tir français, que ce soit à Los Angeles ou à Brisbane, évoluent encore au sein de la filière d’Accession.
La Fédération Française de Tir : Un Paysage en Évolution
La FFTir rassemble 191.000 licenciés. Si on regarde la structuration de nos licenciés, on est sur une moyenne d'âge assez élevée (47 ans). On a 10 à 15.000 jeunes et environ 19.000 féminines. Il y a deux axes qui incitent à faire du tir. Le premier se place sur une démarche de compétition, soit environ 35 à 40.000 licenciés. Et le reste concerne une utilisation loisir des armes avec une notion sportive. En plus, aujourd'hui, on a une législation en France qui est assez claire. Puis la fédération de tir, c'est vaste avec 70 disciplines différentes dont 15 épreuves olympiques. Nous sommes sur une grosse dynamique puisque nous étions 140.000 en 2011. On est en pleine explosion, très rapide, avec notamment un facteur qu'on n'avait pas anticipé : le désengagement de l'État au niveau des institutionnels (gendarmerie, police, militaires). Beaucoup d'infrastructures de tir ferment,donc, on a beaucoup de ces personnes qui viennent chez nous pour pratiquer. C'est un problème de moyens. Pour l'instant, on est dans un flux continu et ça nous convient très bien.
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Le Centre National de Tir Sportif (CNTS)
ça s'appellera le Centre national de tir sportif (CNTS) pour faire une sorte de Marcoussis du tir sur 80 ha. L'ensemble est financé par l'État, la région Centre-Val de Loire et sur fond propre de la fédération (5M€ + emprunt). Tout sera prêt en 2017. Ce sera le lieu des équipes de France et le site pour accueillir les grandes compétitions internationales pour les 70 disciplines du tir.
Les Objectifs Olympiques
L'objectif à atteindre, c'est de faire partie des cinq meilleures nations mondiales. Actuellement, on est plutôt 7-8e. Une médaille d'or, tout simplement. On est sur des objectifs raisonnables d'une à deux médailles. Potentiellement, on peut monter beaucoup plus.
Préparations Olympiques et Championnats d'Europe
« À moins de deux mois des Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet-8 août), vous quittez la Croatie avec neuf médailles, dont cinq d'or. Quel bilan tirez-vous de ce Championnat d'Europe ?Il est très positif. Sur les neuf médailles, sept ont été remportées en individuel, ce qui de bon augure pour les JO. Il y a aussi deux finalistes (Éric Delaunay, 6e dans l'épreuve du skeet olympique, et Brian Baudouin, 8e à la carabine 10 m). On est bien positionnés dans les trois armes (pistolet, carabine et plateau) en vue de Tokyo. Mais au-delà des résultats, l'enjeu était de savoir où l'on était après plus d'un an d'arrêt complet, de retrouver des sensations et l'adrénaline de la compétition. On manquait tellement de repères que l'on s'était d'abord fixés comme objectif d'atteindre les finales. Or on a fait mieux que de se mêler à la bagarre pour les podiums, on a joué des médailles d'or. C'est top.
Vous avez fixé un objectif de trois médailles à Tokyo. Ces bons résultats au Championnat d'Europe vous rendent-ils plus ambitieux ?On ne s'enflamme pas, non. Ce n'était qu'un Championnat d'Europe, et on sait que le tir mondial est archi dominé par la Chine et l'Inde. Sans parler des Américains qui sont très forts au plateau (skeet et fosse olympique). On reste donc prudents, raisonnables. On a vraiment fléché les objectifs de médailles sur des athlètes qui sont dans les six ou sept meilleurs mondiaux dans leur discipline, ce qui est le cas de Jean (Quiquampoix), Clément (Bessaguet) et Éric (Delaunay). Mathilde (Lamolle) et Céline (Goberville) ne sont pas loin non plus. Trois médailles, c'est ce qui correspond à la photo du moment par rapport à la concurrence mondiale.
La surprise est venue d'Océanne Muller, 18 ans, surclassée chez les Dames et médaillée d'or à la carabine 10 m…Océanne est un diamant brut. Ce qu'elle produit qualitativement est exceptionnel. On a essayé de la préserver le plus longtemps possible, parce qu'on aime bien faire mûrir nos jeunes talents dans l'ombre des ténors de la discipline. Mais on sentait qu'elle avait le potentiel pour décrocher un quota, alors on a un peu précipité sa montée dans la catégorie dames. Elle a un tempérament exceptionnel quand elle entre en finale, un côté matador qui peut lui permettre de gagner. Et c'est ce qu'elle a fait. Elle a aussi pour elle l'insouciance de la jeunesse, qui lui permet de gravir des montagnes qui devraient lui paraître inaccessibles.
Océanne Muller : Un Diamant Brut à Protéger
« Il faut la protéger encore un peu », disait Gilles Muller à propos d'Océanne Muller, championne d'Europe à la carabine 10 m. Ce titre européen fait-il d'elle une candidate à une médaille à Tokyo ?C'est une promesse qui se réalise, mais on ne va pas lui mettre de pression supplémentaire. Ce serait trop tôt. Elle a de l'ambition et on va la nourrir. Mais on ne va pas lui faire porter un poids trop important en faisant d'elle une tête d'affiche de la délégation. Il faut la protéger encore un peu.
Sa très probable présence aux JO sauve l'honneur de la carabine française, qui n'aura donc qu'une représentante à Tokyo…Historiquement, la carabine est une arme qui nous a toujours apporté des médailles. Encore à Rio (en 2016) avec le bronze d'Alexis (Raynaud). C'est sûr que le fait de ne pas avoir de représentant aurait été une vraie désillusion et un échec. Alexis avait eu besoin de se ressourcer après Rio. Il était engagé dans une course contre la montre et ses efforts n'ont pas payé (32e des qualifications à la carabine 50 m trois positions). Il en est marqué. On va tout de suite se remettre au travail avec lui pour combler le retard qu'il a accumulé et repartir sur de bonnes bases en vue des Jeux de Paris.
Muller, Simple Formalité
Si elle a bien décroché un quota, Océane Muller n'est pour l'instant que présélectionnée pour les JO. Sa candidature doit encore être validée, a priori dans les quinze jours à venir, par la Commission consultative de sélection olympique (CCSO), organe du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Ce ne devrait être qu'une simple formalité administrative, car la jeune Alsacienne remplit les critères définis par la Fédération française de tir (quota gagné avec podium à la clef).
Absence des Épreuves par Équipe à Tokyo
La mauvaise nouvelle, c'est que la France ne concourra pas dans les épreuves par équipe à Tokyo…Tout à fait. Notre binôme de champions d'Europe Océane Muller - Brian Baudouin, notamment, ne sera pas représenté. On a eu une discussion assez serrée avec la Fédération internationale, qui a choisi une option qui nous déplaît : pour pouvoir prétendre constituer un mixte à Tokyo, il faudra que les athlètes concernés soient aussi qualifiés en individuel, ce qui n'est pas le cas de Brian. On avait d'autres duos qui auraient pu jouer des choses : Carole Cormenier avec Antonin Desert à la fosse olympique, Céline Goberville avec Florian Fouquet au pistolet. Mais les garçons n'ont pas décroché de quota en individuel. »
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