Les Inventeurs d'Armes à Feu : Une Chronologie de l'Innovation

Depuis l'aube des civilisations, le désir d'améliorer les capacités de combat a stimulé l'ingéniosité humaine, menant à l'invention et au perfectionnement des armes à feu. Cet article explore l'évolution chronologique de ces armes, retraçant les contributions de figures clés et les innovations qui ont façonné l'histoire de la guerre et de la société.

L'Aube des Armes à Feu : La Poudre Noire et les Premiers Canons

L'histoire des armes à feu commence véritablement avec la découverte et l'exploitation de la poudre noire. Bien qu'une légende populaire attribue l'invention de la poudre à canon au moine allemand Berthold Schwarz au XVe siècle, cette affirmation est inexacte. Les Chinois connaissaient ce mélange de salpêtre, de soufre et de charbon de bois dès le VIIIe siècle après J.-C., l'utilisant initialement pour les feux d'artifice.

Au XIIe siècle, des alchimistes arabes ont eu l'idée d'exploiter la force explosive de la poudre pour propulser des projectiles. Ces expériences ont conduit à la construction des premières armes à feu rudimentaires, qui étaient de grands seaux percés d'un trou, remplis de poudre et de pierres. Bien que terrifiantes par leur bruit et leur fumée, ces armes manquaient de précision par rapport aux balistes.

Dès 1150, des armées du Moyen-Orient ont intégré des systèmes à poudre noire dans leurs armements. Ces systèmes ont pris la forme de canons à main, propulsant une flèche. Cette arme, le Madfaa, est l'ancêtre des armes portatives occidentales, qui sont apparues vers la fin des années 1200.

Au fur et à mesure du Moyen Âge, les bombardes et les canons ont connu des déclinaisons de plus en plus petites, jusqu'à devenir des armes portables individuelles. Au siècle suivant, les nouvelles armes, appelées « canons », ont désormais un aspect bien défini qui, de longtemps, ne changera pas.

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Les Premiers Canons Portatifs

Ces canons primitifs consistaient en un tube métallique fermé à une extrémité. Pour charger l'arme, on insérait la poudre et une balle par la bouche du canon, puis on enflammait la poudre avec une flamme. Les opérations de chargement étaient dangereuses, car la poudre pouvait exploser prématurément.

Les premiers projectiles étaient de simples pierres, mais elles ont été progressivement remplacées par des boulets en fer ou en plomb, offrant une meilleure trajectoire. En parallèle aux gros canons, des armes portatives de dimensions réduites, comme le "canon à main", ont été développées. Ces armes simples se composaient d'un manche en bois auquel était fixé un tube.

Les Premiers Systèmes de Mise à Feu

Avant le milieu du XVe siècle, la mise à feu des armes portatives se faisait manuellement, en approchant une mèche allumée de la lumière ou du bassinet de l'arme. Durant cette même période, le serpentin porte-mèche fit son apparition.

L’un des premiers modèles d’arquebuse laisse présager ce qu’allait être le fusil moderne. La crosse en bois facilite l’appui de l’arme contre l’épaule. Grâce à un petit levier en S, le soldat peut, par un simple mouvement du doigt, enflammer la poudre placée dans le bassinet, à la partie supérieure du tube. Le feu se transmet, grâce à un petit trou pratique au fond du bassinet, à la poudre contenue dans le canon, et provoque la détonation.

Le premier essai de canon se chargeant par l’arrière fut construit vers 1380 au moyen âge : ainsi le canonnier pouvait-il recharger la pièce sans se mettre à découvert. Une fois remplie de poudre et de boulets, celle-ci était mise en place et bloquée au moyen d’un levier. L’opération du chargement se faisant à l’arrière de la bouche à feu laissait le canonnier libre de s’abriter derrière un créneau ou une palissade. Pourtant ce canon avait lui aussi un inconvénient sa puissance de tir était faible. En effet, la fermeture entre la culasse mobile et le tube était imparfaite, les gaz dégagés par l’explosion de la poudre s’échappaient par les fissures et diminuaient la portée de l’arme.

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L'Arquebuse et l'Avènement des Armes Portatives

Au XVe siècle, l'arquebuse marque une étape importante dans l'évolution des armes à feu. Cette arme à feu portative, ancêtre des carabines et des fusils, était tenue sous l'aisselle ou épaulée. La mise à feu se faisait à l'aide d'un serpentin en fer retenant une mèche.

Vers 1510-15, la platine à « rouet » (peut-être inventée par Léonard de Vinci, ou Johan Kuhfuss) permet un allumage sans mèche, sur le principe d’une roue rainurée (le rouet) entrainée par un ressort, et qui frotte sur une pyrite de fer mordue (tenue) par un « chien » produisant ainsi des étincelles, qui allument la poudre. Ce mécanisme fiable mais couteux et fragile sera principalement réservé aux arquebuses de chasse, et aux pistolets. L’arquebuse restera le plus souvent à allumage à mèche pour les usages militaires.

En 1520, l’arquebuse à canon rayé (rainuré) hélicoïdalement : Il semble que le germanique Auguste Kotter, remarquant que les « viretons d’arbalète » (traits aux ailerons inclinés qui partaient en tournant sur eux-mêmes) avaient une plus grande précision que les « traits classiques » comme le « carreau . Il inventa le « rayage (rainurage) hélicoïdal » de l’intérieur des canons d’arquebuses. Cela apporta une précision nettement plus efficace de l’arme par stabilisation gyroscopique de la balle dans l’espace, et une augmentation de puissance en supprimant les fuites de gaz propulseurs des armes à canon lisse dont la balle était plus petite que l’âme du canon. L’ancêtre de la carabine était né.

Les Évolutions Majeures : Platines, Cartouches et Balles

Plusieurs innovations majeures ont transformé les armes à feu, améliorant leur fiabilité, leur précision et leur facilité d'utilisation.

La Platine à Rouet et à Silex

La platine à rouet, apparue au début du XVIe siècle, produisait elle-même l'étincelle nécessaire à la mise à feu, affranchissant le tireur de la nécessité de maintenir une mèche allumée. Léonard de Vinci et Johann Kiefuss sont souvent cités comme inventeurs de ce mécanisme.

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La platine à silex, combinant des systèmes antérieurs, est attribuée au Français Marin Le Bourgeois (entre 1620 et 1630). Elle a été utilisée jusqu'au XIXe siècle.

L'Adoption de la Cartouche en Papier

Dès 1630, les soldats suédois utilisaient couramment la cartouche en papier, mais son usage ne s'est généralisé qu'au XVIIIe siècle. Ces cartouches contenaient une dose mesurée de poudre et une balle.

1728-40 Généralisation en France de la cartouche de guerre en papier, comportant 10 à 12 grammes de poudre noire (suivant la qualité de la poudre) et une balle de 16,3 mm en général. La balle est plus petite d’environ 1,2 mm que le calibre de 17,5 mm, pour qu’elle rentre facilement lors du rechargement, même si le canon est un peu encrassé par le tir précédent. Il n’y a plus de calepin de tissu graissé avec la cartouche, le papier de celle-ci en faisant office, tassé avec elle lors du rechargement.

L'Invention de la Mise à Feu par Percussion

En 1807, le pasteur écossais Alexander John Forsythe inventa la mise à feu par percussion d'une amorce fulminante, améliorant la fiabilité de l'allumage, notamment par temps humide.

L'Amorçage Intégré et la Balle Minié

Au XIXe siècle, l'intégration de l'amorce à la cartouche a simplifié le chargement. La balle Minié, inventée en 1836 par les capitaines Delvigne et Minié, a permis une utilisation efficace du canon rayé, augmentant considérablement la portée des fusils. Le diamètre de la balle minié était un peu inférieur à celui du canon et elle se forçait automatiquement sous la pression des gaz. Grâce à elle, la portée du fusil d'infanterie passa de 200 à plus de 1000 mètres.

Les Cartouches Métalliques

Les cartouches métalliques, plus résistantes aux intempéries et moins sujettes aux fuites que les cartouches en papier, ont été développées au milieu du XIXe siècle. En 1865, les Français Gosselin et Schneider, ainsi que les Anglais Boxer et Daw, ont mis au point des munitions entièrement métalliques à percussion centrale.

C'est en 1865, que la percussion centrale fût inventée simultanément par le Français Shneider et le colonel anglais Boxer. A partir de 1807, elle fût améliorée par les Américains qui mirent au point des étuis d'une seule pièce en laiton. Ce type de cartouche permit la création des armes à répétition.

Samuel Colt et le Revolver

Samuel Colt est une figure emblématique de l'histoire des armes à feu, notamment grâce à son invention du revolver. Son modèle emblématique, le "Colt Single Action Army" ou "Peacemaker", introduit en 1873, est devenu un symbole de la conquête de l'Ouest américain.

L’histoire veut que ce soit lors de sa première traversée, en 1830, alors que le bateau passait le cap de Bonne-Espérance, que le jeune homme ait conçu le principe du revolver : observant la roue du bateau que l'on pouvait bloquer grâce à un système de taquet de manière à garder le cap, il aurait eu soudain l'intuition d'une arme à feu à barillet…

En 1847, Samuel Colt crée la Manufacture d'Armes Colt qui emploie une petite dizaine d'ouvriers… 2 ans plus tard, le légendaire calibre 31, véritable acte fondateur des usines Colt se vend à 320.000 exemplaires… En 1863, les chiffres sont respectivement de 600 et 137.000. Peu à peu, l'usine se transforme en complexe industriel : "Coltsville".

Samuel Colt fait construire des dizaines de villas individuelles, mais aussi des bars, des écoles, des magasins et, bien sûr des églises… Le paternalisme industriel est né ! Au début des années 1850, Samuel Colt est un homme riche et respecté. En1862, il décède brutalement, laissant à son épouse une fortune d'environ 200 millions de dollars. Jusqu'en 1901, celle que l'on surnomme la première dame du Connecticut règne d'une main de fer sur l'héritage de son mari.

Presque un siècle plus tard, en 2006, Samuel Colt entre dans la National Inventors Hall of Fame. Comme un père fondateur…de l’industrie.

John Moses Browning : Un Innovateur Polyvalent

John Moses Browning est un autre nom majeur dans l'histoire des armes à feu. Ses créations, allant des pistolets aux fusils de chasse, ont révolutionné l'industrie.

Le 2 avril 1897, le Conseil d’Administration de la Fabrique Nationale (FN) décida d’envoyer son directeur commercial aux États-Unis. Hart O. Au cours de son voyage, Berg rencontra presque par hasard deux armuriers américains : il s’agissait des frères Browning. Heureuse coïncidence : John Moses, qui bénéficiait déjà d’une certaine notoriété dans son pays d'origine, venait justement de déposer un brevet pour un pistolet automatique 7,65mm de son cru… Hart O. Berg eut le nez creux, et fut d’emblée séduit par le concept.

En 1907, John Moses Browning autorisa la FN à utiliser son patronyme comme marque déposée, ce qu’il n’avait jamais accordé aux grandes firmes américaines qui avaient, auparavant, commercialisé ses premières inventions. Les intérêts et les objectifs communs qui liaient sa propre famille à la société belge se trouvaient ainsi soulignés.

La popularité des armes développées par Browning et fabriquées par la FN allait continuer de croître au fil des ans, à la fois en Europe et en Amérique. De 1899 à 1906, le nombre de pistolets vendus atteignit les 250 000 unités. En 1908, ce chiffre fut multiplié par deux, tandis qu’en juillet 1912 le millionième pistolet était assemblé à Herstal.

Hélas, il travaillait encore sur ce fusil extraordinaire en tout point lorsque, dans son bureau de Herstal, il mourut le 26 novembre 1926. Il effectuait alors son soixante-et-unième séjour à la FN. Trois décennies de collaboration et d’amitié étaient brusquement endeuillées. Heureusement, l’un des fils de John Moses, Val Allen Browning, prit soin d’achever le prototype du B25. Grâce aux efforts combinés du père et du fils, ainsi que de ceux des techniciens d'Herstal, le fusil superposé Browning B25 fut commercialisé : modèle incontesté dans le domaine de la chasse et du tir sportif, il fut produit en Belgique à 400 000 exemplaires en l’espace de 45 ans.

Innovations et Armes Modernes

L'invention de la poudre sans fumée en 1878 a permis de réduire le calibre des cartouches et d'améliorer leur portée. D'autres innovations importantes incluent le fusil à culasse à verrou Dreyse, la balle composite et les balles Dum-Dum.

En 1847, un armurier parisien appelé Flobert, imagina l'adaptation d'un grain de plomb sur une capsule. Il venait en fait, d'inventer la cartouche moderne mais surtout la célèbre .22 (5,5 mm). Par la suite, grâce à son amélioration et son exportation, elle allait connaître un véritable succès aux États-Unis. Cette cartouche est l'ancêtre de la .22 Long Rifle. De nos jours, en France la majorité des armes vendues sont des .22 Long Rifle.

Mikhaïl Kalachnikov et l'AK-47

Mikhaïl Kalachnikov est surtout connu pour la création de l'AK-47, un fusil d'assaut devenu l'arme la plus répandue au monde.

Mikhaïl Kalachnikov a commencé à mettre au point en 1947 le fusil d’assaut baptisé AK-47, pendant qu’il se remettait d’une blessure reçue pendant la Deuxième Guerre mondiale. La célèbre arme automatique est produite par l’usine d’Ijmach à Ijevsk. La « kalach » utilisée par les armées de plus de 80 pays

La « kalach », ou AK 47, facile d’utilisation, fiable et robuste, est l’arme la plus utilisée dans les zones de combat, adorée des guérilleros et massacreurs de tout poil. Elle se décline en de multiples modèles, en usage dans 55 pays.

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