Le revolver Modèle 1892, souvent appelé simplement "revolver 1892", est un revolver de service français conçu à la fin du 19e siècle. Son adoption a marqué une étape importante dans l'évolution de l'armement de la gendarmerie et de l'armée française. Cet article explore en détail l'histoire, la conception, les variantes et l'utilisation de cette arme emblématique.
Genèse et Conception du Revolver 1892
La conception de ce revolver remonte à l'année 1892, d'où il tire son nom. Il fut produit par la "Manufacture d'armes de Saint-Étienne" (MAS) et est devenu le revolver de service standard de l'armée française pendant de nombreuses années. Le revolver modèle 1892 est un revolver réglementaire français, adopté le 1er Juin 1892, et fabriqué à la Manufacture d'Armes de Saint Etienne (MAS) jusqu'en 1924, dans une fourchette d'environ 366 000 à 385 000 exemplaires. Il est adopté en remplacement des revolvers modèles 1873 et 1874 (ainsi que du rare modèle 1887), et sera distribué aux officiers, sous-officiers et aux hommes de troupe réglementairement dotés d'un revolver.
L'Héritage des Années 1880
À la fin du XIXe siècle, la gendarmerie est équipée d’armes conçues au lendemain du désastre des armées impériales, puis républicaines, lors de la guerre de 1870-1871. Deux ans après la victoire des États allemands, les armées françaises se voient enfin dotées d’un arsenal léger performant. Citons les revolvers 1873, puis 1874 ainsi que l’adoption du système Gras en remplacement des Chassepots. Passant après les corps de troupe, la gendarmerie doit encore patienter deux à trois décennies pour pouvoir rivaliser avec ses homologues étrangers en matière de moyens. Mais surtout, ces nouvelles armes permettent, pour un temps, de jouer à jeu égal avec les hors-la-loi qui n’ont pas besoin d’attendre le bon vouloir des politiques et des budgets supplémentaires pour améliorer leur arsenal.
Le Revolver 1892 : Une Révolution Technique
En 1885, la section technique de l’Artillerie propose de remplacer les revolvers modèles 1873 et 1874. Le but du ministère de la Guerre est simple : il s’agit de réduire le nombre de modèles d’armes de poing en service. Dès l’adoption du revolver 1892, les premiers exemplaires sont livrés aux officiers de la gendarmerie et de l’armée de Terre. L’attribution réelle de ce modèle a lieu en 1907, pour l’ensemble de l’institution. Techniquement cette arme est plutôt révolutionnaire pour son époque ou tout du moins à la pointe de la technique. Le chien rebondissant est équipé d’un percuteur qui frappe l’amorce perpendiculairement, diminuant ainsi le nombre de ratés. La portière de chargement sert de verrou au barillet. En position ouverte, le chien se met automatiquement en position de sécurité. Quand le chien est en position de rebondissement (à l’abattu), une partie crantée de la détente vient s’encastrer dans de petits carrés sur le barillet. Ce dernier est ainsi immobilisé. Pour faire basculer le barillet, il faut ouvrir la portière de chargement puis le faire basculer sur la droite.
Caractéristiques Techniques
Le revolver 1892 est réputé pour sa robustesse et sa fiabilité. Chambré en calibre 8 mm, il possède un barillet de 6 coups. Avec une longueur totale d'environ 240 mm, c'est une arme compacte et maniable. Son mécanisme à double action est l'une de ses principales caractéristiques qui le distinguent parmi les revolvers de la catégorie B.
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Détails de Conception
Le revolver mle 1892 de la MAS est le point final de l'évolution des armes de poing à barillet entreprise par la France depuis 1885 (Première tentative de modernisation des revolvers modèles 1873 et 1874). Il clôture en beauté les diverses tentatives d'amélioration testées sur les revolvers d'essais modèles 1885, puis 1887, puis 1891 (modèle "à pompe").
On notera que le barillet tombant du revolver modèle 1892 continue à tomber à droite, ce qui signifie que le revolver est utilisé de la main gauche, et est rechargé avec la main droite.
Munitions
La cartouche de 8mm 92 n'est plus fabriquée en France depuis bien longtemps. On trouve néanmoins des fabrications de chez FIOCHI de temps à autre. La fabrication est très proche de la cartouche d'origine, et fonctionne de façon très correcte.
Variantes du Revolver 1892
Le revolver modèle 1892 réglementaire évoluera très peu sur les 32 ans de production. Cette première modification (ajout d'un taquet de guidage de la barette) est proposé le 4 octobre 1898, par le capitaine Charles, inspecteur des armes, en poste à Alger. Il adresse, à cette date, un rapport concernant cette modification au Ministère de la Guerre, ainsi que la proposition de faire une fraisure de 1mm à l'orifice interne du trou taraudé de vis de plaque.
Revolver Modèle 1892 de Marine
En 1895, on retrouve une commande de 17 000 exemplaires de revolvers modèle 1892, pour la marine. A priori, les livraisons de cette commande s'étalent sur les années 1895, 1896, 1897, 1899, 1900, 1901, 1902, 1903 et 1904. On en retrouve un sur la période comprise entre 1916 et 1920 (revolvers sans marquages sur le canon), et un autre en 1922. Le revolver modèle 1892 pour la marine se distingue de son homologue pour l'armée de terre ou la gendarmerie, seulement par la présence d'une ancre sur la calotte de crosse.
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Revolvers de Récompense
Les revolvers modèles 1892 "Prix de Tir Offert par le Ministère de la Guerre" et les revolvers modèles 1892"Prix Offert par le Ministère de la Guerre" se distinguent des autres modèles, principalement par la plaque ovale en argent (gravée) présente sur la plaquette de crosse gauche. Les véritables modèles "Prix de Tir" se reconnaissent, car, bien que de fabrication de la MAS (Manufacture d'Armes de Saint Etienne), ils ne possèdent pas de numéro matricule sur la carcasse. La très grande majorité de ceux rencontrés sont datés de 1901 et 1902. Une autre variante de ce revolver modèles 1892 de récompense existe. C'est une arme de récompense, offerte a plupart du temps pour acte de bravoure.
Armes de Théorie
Les armes de théorie sont des armes qui ont été déclassées, puis rendu inapte au tir, et qui servent à apprendre la manipulation de ce type d'armes. Certains sont marqués "Théorie" sur le côté droit de la carcasse, et possèdent un numéro de série en X (ex: le modèle X27 est présenté dans la Gazette des Armes n° 400). Dans le cas de ces revolvers modèles 1892 transformés en arme de théorie, c'est le canon, la carcasse et le percuteur qui sont modifiés.
Le Revolver 1892 dans le Contexte Militaire
Tout comme l'arme de poing Mas, le revolver 1892 a joué un rôle clé dans de nombreux conflits militaires. On retrouve le revolver d'ordonnance modèle 1892 lors de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), en temps qu'arme d'ordonnance de l'armée française. C'est en effet avec ce revolver au côté que les officiers partent au combat en 1914. Tout au long de la Grande Guerre, il sera l'arme d'ordonnance réglementaire, au côté d'autres armes de poing, comme les pistolets automatiques de type Ruby et le pistolet automatique Star (dès 1915), ainsi que les revolvers du type "92 Espagnols" (Orbea, Garate Anitua, …) à partir de 1917. C'est encore le revolver modèle 1892 qui reste l'arme d'ordonnance des officiers durant toute la période de l'entre deux guerre, bien qu'on retrouve certains officiers équipés de pistolets automatiques, issus des stocks d'armes de poing de la Première Guerre Mondiale (Pistolets automatiques type Ruby ou Star).
Première et Seconde Guerres Mondiales
Lors de la Première Guerre mondiale, le revolver 1892 a été largement utilisé par les forces françaises. Sa fiabilité en a fait une arme de choix dans les tranchées boueuses et humides. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, bien qu'il ait été en grande partie remplacé par d'autres armes de poing, certains soldats et résistants français ont continué à l'utiliser en raison de sa robustesse et de sa fiabilité.
Utilisation dans la Gendarmerie
Le revolver modèle 1892 de Saint-Etienne est officiellement remplacé par les PA modèle 1935A et 1935S en 1937. Il continuera pourtant de servir loyalement l'armée Française, puisqu'il est encore massivement distribué en 1939 et 1940 (les pistolets d'ordonnance modèles 1935A et 1935S étant alors peu répandus), puis à l'armée d'armistice, puis lors de la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie.
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L’article ci-dessous tient à combler cette lacune en dressant l’inventaire de l’armement léger de la gendarmerie départementale et de la gendarmerie mobile, pendant la période définie par la dotation, en 1907, du pistolet-revolver 1892 et du pistolet automatique Sig Sauer Pro en 2004.
Les Accessoires du Revolver 1892
L'Étui Jambon
Un article complet sur l'étui jambon, ses évolutions, ses variantes, ses accessoires, son utilisation, … Ainsi, dès 1893, on adapte l'étui jambon (modèle 1876 modifié 1893), en modifiant les alvéoles dans la cartouchières, et en modifiant la cale interne de l'étui, qui deviens plus grosse. En 1909, on modifie encore l'étui jambon (modèle1876 - 1893 modifié 1909) : on supprimme les alvéoles pour cartouches, et on met en place des emplacements pour y ranger 3 paquets de 6 cartouches de calibre 8mm. La contenance de la pochette à munition passant ainsi de 12 à 18 cartouches en réserve. Sous le rabat principal, on retrouve 3 pochettes pour y ranger les boîtes de 6 cartouches (8mm92).
La Baguette de Nettoyage
"Une baguette pour revolver modèle 1892, avec tête à anneau, munie à son extrémité d'un porte-chiffon cannelé suivi d'un écouvillon démontable. Cet écouvillon est ordinairement employé au grassage du canon et des chambres du barillet. Cette baguette modèle 1924 pour pistolets et revolvers est décrite ainsi: "Baguette modèle 1924 pour pistolets et revolvers. Cette baguette modèle 1924 est en laiton. On y apprends aussi qu'en 1935, la baguette pour revolver en laiton, avec écouvillon à visser dessus n'est plus fabriquée. Concernant la baguette pour revolver, il est à noter qu'elle comporte un numéro matricule, sous la forme du numéro de série qu'on retrouve sur les revolvers réglementaires.
Le Revolver 1892 Aujourd'hui
Le revolver d'ordonnance modèle 1892 réglementaire, fabriqué à la Manufacture d'Armes de Saint Etienne (MAS) est aujourd'hui classé en catégorie B (arme dont le modèle est antérieur au 1er Janvier 1900, mais présente sur la liste des armes qui présentent une dangerosité avérée, arrêté du 24 Août 2018). Armes à feu portatives.
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Mythes et Réalités Autour du Revolver 1892
Tuons déjà un mythe. Le 92 ? Une arme très belle mais bonne à rien à cause de sa cartouche ? Une cartouche anémique au point d’être réduite par certains à une simple arme de suicide pour aviateur descendu en flamme sans parachute et refusant de voir la fin ? Personnellement, la fréquentation, chez moi presque fantomatique de la grande guerre, m’en fait fortement douter. C’est une guerre où on se tue soit (et surtout) à des kilomètres à coups d’obus de 75 ou 210 Mörser soit à « bout portant » ou courte distance en assaut de première ligne ou pire en « nettoyage de tranchée ».
En tous cas des conditions qui font que l’usage d’un révolver présente un intérêt opérationnel réel. L’expression « nettoyage de tranchée » est en soi assez claire et la 8mm 92 y suffit largement. Le 9 para du Luger tellement plus puissant ? Bof… Moins tendue que la 7,65 suisse. Je n’ai jamais lu le moindre récit mettant en cause directement l’anémie de la cartouche 1892 à la distance stand de 25 mètres (parce que, déjà, il faut être un tireur excellent pour abattre un homme mobile, lui peut être armé d’un fusil, et qui vous voit, au revolver et à 25 mètres. Et même déjà à 15 !).
Quant à une quelconque « anémie » en « nettoyage » de tranchée à un ou trois mètres maximum ou à bout touchant, on rêve! Le 8mm92, c’est pas du plomb-diabolo! Le 92 « anémique » ? C’est bon pour le stand à 25 mètre après une série au Desert Eagle ou au Smith 29. Pas mal de Landsers qui suppliaient qu’on les épargne et sans doute aussi quelques fuyards terrorisés repris en main par un sous-off qui ne veut pas que la panique gagne ses hommes, ne l’ont sans doute pas trouvé si anémique que cela, la 92. La guerre est dure. La cartouche n’est sûrement pas et de très loin la plus puissante mais elle a fait le job.
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