Le Lee-Enfield est un fusil britannique emblématique qui a servi pendant plus d'un siècle. Cet article explore l'histoire du Lee-Enfield, ses différentes versions, et son adaptation au calibre français.
L'Histoire du Lee-Enfield
Les fusils Lee-Metford et Lee-Enfield ont joué un rôle important dans l'histoire contemporaine sur tous les continents pendant près d'un siècle. Les Lee-Metford, les premiers fusils à répétition de petit calibre adoptés par l'armée britannique, se sont distingués aux mains des soldats de Lord Kitchener au Soudan contre les troupes du Mahdi, puis en Afrique du Sud contre les Boers. Entre les deux guerres mondiales, les Lee-Enfield ont participé aux missions de maintien de l'ordre en Inde et au Moyen-Orient.
Le fusil Enfield (Grande-Bretagne) était à l'origine le P 53, adopté en 1853 et resté en service jusqu'en 1867. Une version de tireur d'élite avait été faite avec une lunette Malcolm. Elle fut utilisée par la 1ère Section Sharpshooter jusqu'en 1885. Huit ans plus tard, le M1866 .577 "Snider Enfield a été abandonné avec l'adoption du Martini-Henry Rifle. Il a été mis à l'essai en 1869 puis mis en service en 1871. Le Martin Henry a tiré une nouvelle cartouche sur base de la .577 mais rétrécie au calibre .45 et nommée .577 / 450 Martini Henry.
Le fusil à verrou a été conçu par l’écossais d’origine James Paris Lee. Lee est finalement passé en Amérique pour se lancer dans une carrière de concepteur d’armes à feu. Les derniers essais de 1887 ont abouti à l'adoption par la Grande-Bretagne du Lee Box, le magasin à 6 cartouches qui alimente la carabine à verrou. La cartouche .303 a été conçue par le Major Rubini, directeur du laboratoire d'armes du gouvernement suisse. En 1892, la Colombie britannique a mis au point une cartouche sans fumée à base de Nitroglycérine au nom de cordite. Le chargement de la .303 a été ensuite augmenté pour pouvoir à tirer un projectile chemisé de 215 grains à 2060fps, et c’est donc à partir de 1892 que les fusils construits pour tirer cette charge, ont été désignés comme étant les « Mark I ». En 1895, les ingénieurs Enfield sont parvenus à concevoir un canon à rayure plus profonde et à cinq rainures.
La première introduction du Lee Enfield sur un théâtre d’opération a été faite lors de la guerre des Boers en Afrique du Sud. Malheureusement, le plus MLE ou Long Tom comme il a été communément connu était extrêmement lourd alors que les deux modèles avaient une précision inférieure par rapport au Mauser 7x57 utilisé par les Afrikaners. D'autres modifications mineures ont également été apportées au cours des années suivantes, celles-ci ont abouti sur la SMLE Mk II (1906), suivie par le Mk III (1907). Le SMLE Mk III tire une balle de 174 grains à 2440fps. En 1910, malgré les modifications apportées au SMLE, on a lancé l’étude d’un tout nouveau prototype à l'Armory Enfield. Le déclenchement de la première guerre mondiale en 1914 arrête les nouvelles expérimentations et le fusil (renommé « P14 » Pattern 1914 Enfield) a été tout simplement modifié pour tirer la cartouche de calibre .303. À la fin de la première guerre mondiale, de nouvelles modifications à la SMLE Mk III ont abouti à la SMLE Mk III *, mais le système des appellations était devenu une source de confusion et par conséquent, il a été décidé de renommer tous les fusils de SMLE en 1926. Le SMLE Mk III * a été renommé SMLE No.1 Mk III. SMLE n ° 2 était une conversion pour la formation en .22LR et le Rifle No.3 était la nouvelle désignation du P14 .303 British. En 1939, c’est la seconde guerre mondiale qui éclate. Le SMLE No.1 Mk III ayant fait ses preuves, il ne faisait aucun doute que ce serait l'arme d'infanterie standard pour les batailles à venir.
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Les Différentes Versions du Lee-Enfield
Le SMLE (Short Magazine Lee-Enfield)
Le Lee Enfield MKIII, c’est l’arc “long bow” des archers anglais du XXième siècle, une arme mythique. C’est avec ce flingue qu’une « misérable petite armée » de moins de 240.000 professionnels selon le mot méprisant de l’Empereur germanique Guillaume II (la sienne en comptait 1,8 millions et des sévères !) maintenait un Empire équivalent au tiers du monde connu, et sur lequel le soleil ne se couchait jamais, en paix quasi totale comme il convient à tout Empire qui se respecte.
Quand le MKIII fut mis en service, Édouard VII venait de succéder à l’insubmersible Impératrice Victoria et rien ne pouvait compromettre la pérennité de tout un monde « Made in Britain ». Quatre ans plus tard Gavrilo Princip, un serbe très décidé, allait se charger de mettre fin à tout ça avec quelques balles de 380 ACP tirées d’un Browing 1910 sur un obscur Archiduc autrichien sans oublier l’épouse du dit Archiduc.
Les Lee Enfield ont servi l’armée britannique, et ses nombreux dominions, de 1895 à 1957.Le notre est de la rare version MK III, sans étoile encore une fois, version apparue en 1907, arme superbe et riche d’histoire. C’est avec cette arme là, et dans cette très exacte configuration, que que l’armée britannique a débarqué musique en tête sur le continent en août 1914. Et ils les ont tous modifiés en 1915 et après.
Le Lee Enfield était le fusil à verrou le plus rapide de son époque. Le record du monde, toujours à battre à ce jour, pour un tir avec un fusil à verrou est détenu par le Lee Enfield et un instructeur de tir britannique - le sergent instructeur Snoxall - qui, en 1914, mit 38 coups dans une cible de 300 mm de large (12?) à 270 m (300 yards) en une minute avec son MKIII.
En plus, l’arme fonctionne dans un très bon calibre de guerre et de chasse (les deux activés ne sont jamais très loin l’une de l’autre) - le 303 British. Nombre de tigres et d’éléphants de l’Empire lui doivent un départ prématuré pour un monde meilleur.
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L’arme est donc une excellente arme de tir. Elle aussi est très moderne comparée aux concurrents allemands et français car elle est courte. Une autre nouveauté pour l’époque.
Rendez vous compte: l’arme “standard” du fantassin est dotée d’une hausse très finement réglable en site et en dérive, cas unique dans les armées modernes de l’époque. Notre exemplaire de ce jour est quasi parfait et text book des productions de la seconde guerre mondiale. D’abord les pièces métalliques sont toutes au même numéro (hausse, culasse, chambre, …).
L’arme porte bien sur le coté droit, gravés dans le métal au niveau de sa poignée, la Couronne royale au dessus de GR ( pour “George Rex”) - Mais il s’agit cette fois-ci de Georges VI (Roi de 1936 à 1952) et non plus du Georges V de 14-18 (Roi de 1910 à 1936). “et mention “Sht LE III (*)” pour le “short Magazine Lee-Enfield modèle III”. date » 1943 » finement estampée.
Pour situer la rareté de la chose, seuls 160.000 exemplaires MKIII (*) ont été produits par BSA entre 1940 et 1943 dont 60.000 seulement en 1943. Le gros de la production était devenue le N°4.
Le Lee-Enfield N°4
Une version modernisée, appelée « fusil N° 4 », fut adoptée en 1926, mais ne fut réellement mise en production qu’à partir de 1940. Elle participa glorieusement aux campagnes de libération de l’Europe avec les soldats de l’Empire britannique avant d’être parachutée en masse aux mouvements de résistance européens, ce qui explique qu’il n’est pas rare d’en découvrir encore aujourd’hui dans certaines granges françaises.
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Bien que semblable en apparence au n ° 1 Mk III, le nouveau n ° 4 Mk I était un fusil très différent notamment au niveau de son action. Le canon de l'No.4 Mk I était aussi beaucoup plus lourd que le n ° 1 MK III pour augmenter la précision lors de tirs soutenus le faisant monter en température.
En 1933, la nouvelle numérotation entre en vigueur simultanément avec l’adoption de la nouvelle variante du Lee-Enfield. Le SMLE devient Rifle N°1 et est désormais rendu obsolète par l’arrivée du N°4 MkI. Visuellement le N°4 est instantanément différenciable du N°1 au niveau de l’embouchoir et il n’y a quasiment aucune pièce interchangeable. Si l’on considère le N°1 MkIII comme référence, le N°4 dans sa version initiale peut être décrit par les attributs suivants :
- Marquage typique sur la gauche du boitier derrière la détente
- Marquage typique sur le flanc gauche du boitier. Marquage souvent constate sur le flanc gauche du boitier « No.4 MK.I. 19XX » précédé des initiales du fabricants.
- Boitier à la géométrie renforcé avec flanc gauche plus haut et plus épais.
- Portique pour lame chargeur usiné d’un seul tenant avec le boitier.
- Sécurité simplifiée.
- Viseur rabattable dit « Singer Type 1 » pivotant via un axe monté toute à l’arrière du boitier. En position rabattu, un œilleton de combat propose un zero à 200 yards et jugé utilisable pour le tir jusqu’à 400 yards. En position relevée, un œilleton plus fin est réglable en hauteur de 200 à 1300 yards avec intervalles de 50 yards. Le réglage en hauteur est marqué par des clics. Un chapitre est dédié au 5 variations de hausse rencontrées sur le N°4 MkI puis MkI*
- Nouveau canon à cinq rayures de longueur identique mais au profil plus lourd que celui employé sur le SMLE, dit MkI. Deux tenons situés à environ 1cm en retrait de la bouche permette la fixation d’un nouveau modèle de baïonnette, là où celle du SMLE se fixait sur l’embouchoir. Rapidement dès Mai 1941 et pour faire face aux difficultés de lenteur de la production un canon à deux rayures est adopté, dit MkII. Long Branch et Stevens ont aussi équipé leur N°4 avec des canons 6 rayures.
- Garde-main supérieur en deux parties avec jonction sous la grenadière intermédiaire. Sans ouverture pour l’embase de hausse puisque celle-ci est désormais à l’arrière du boitier. Les premiers N°4 ont une garde-main avec stries de préhension.
- Fut adapté pour les diverses modifications listées. Le profil plus lourd du canon permet de supprimer l’anneau de mise en tension du canon vers le bas, ainsi la fixation de cet anneau sur le fut est omise.
- Embouchoir grandement simplifié avec oreilles de protection droites et ouvertures circulaires de part et d’autre pour permettre le réglage en dérive du guidon en créneau monté sur queue d’aronde. L’embouchoir est désormais rendu solidaire de l’embase du guidon par une vis. Sur les premiers N°4, les oreilles sont très légèrement recourbées vers l’extérieur à leur extrémité avec un léger texturage. Très rapidement ce modèle précoce sera remplacé par l’embouchoir avec un profil simplifié.
- Le garde-main et le fut sont maintenus ensemble via une grenadière intermédiaire avec battant de bretelle. La grenadière est d’un seul tenant et n’est plus articulé sur le dessus. Une deuxième grenadière plus large mais de conception similaire est située juste en arrière de l’embouchoir
- Noix de percuteur circulaire semblable à celle du SMLE MkIII. Celle-ci sera très vite remplacée par celle semblable au standard SMLE MkIII* et le plus couramment rencontrée de forme oblongue avec 3 stries de préhension de chaque côté. Durant la période de simplification extrême pour accélérer la production, les stries de préhension seront momentanément supprimées.
- Plaque de couche légèrement revue au niveau de la trappe. Les versions en Zamak sont plus couramment rencontrées sur le N°4 mais celles en laiton ont également été utilisées.
- Battant de bretelle de crosse en acier d’abord usiné puis embouti selon deux variantes
- Le disque d’unité est définitivement absent de la crosse.
- Adoption d’une nouvelle baïonnette cruciforme dit N°4 MkI. Celle-ci subit plusieurs simplifications successives. MkI, construction par usinage d’un seul tenant avec lame cruciforme, MkII avec lame simplifiée de section carré, MkII* simplifié avec support et lame fabriqué séparément puis assemblés, MkIII simplifié avec une douille entièrement emboutie.
- Deux autres types de baïonnettes sont compatibles avec le N°4. La N°7 MkI, aussi compatible avec le pistolet mitrailleur STEN MkV, tente en 1944 de rendre la baïonnette utilisable pour un plus grand nombre de tâches autre que le combat. Trop complexe, elle ne sera jamais associée au N°4 en quantités importantes. La deuxième, dit N°9 MkI et produite à partir de 1947, permettra de remplacer la baïonnette N°4 de manière satisfaisante.
Malgré une adoption en 1933, la production met un temps interminable à se mettre en route et les premiers N°4 ne sont placés dans les mains des troupes qu’à partir de Juin 1941. Et malgré ce laps de temps, le démarrage de la production fut si lent que la participation de Long Branch et Stevens fut requise. A l’issu de l’année 1941 durant laquelle seules les usines anglaises produisent le N°4, moins de 34 000 sont achevés. En conséquence, à l’ouverture de la deuxième guerre, les troupes se voyaient encore souvent confié un SMLE MkIII*.
Globalement l’évolution du N°4 perds cette habitude maladive de créer une nouvelle dénomination dès le moindre changement mineur. Afin d’accélérer la production il sera acté que les battants de bretelle et plaque de couches sont interchangeables entre N°1 MkIII et N°4 MkI. Plus intéressants, ce besoin d’équilibre entre la configuration adoptée, l’urgence du conflit et les difficultés de production vont mener à pas moins de 5 variations de la hausse et 3 variations du porte-guidon.
Variations des organes de visée du N°4
La hausse Mk1I dit « Singer » est un bel objet. Finement réglable via une molette, usinée dans la masse, avec une planchette d’œilleton quadrillée pour éviter les reflets, avec une échelle finement graduée. Elle est aussi très fastidieuse à produire et est un des premiers points de recherches d’optimisations. Le viseur MkII est l’extrême opposé. Viseur pivotant non réglable. Deux œilletons, un avec petit orifice pour le tir de précision calibré à 600yds et un grand pour le tir de combat calibré à 300yds. Cette variation est assumée comme une mesure extrême et temporaire le temps de développer un modèle simplifié par rapport au MkI mais aux performances acceptables
La hausse MkIII reprend les caractéristiques de la hausse MkI avec les exceptions suivantes : L’œilleton est monté sur glissière, l’échelle graduée est en tôle emboutie, la planchette d’œilleton reçoit un quadrillage moins profond. Adoption fin 1942. Un marquage « MkII » en haut de l’échelle graduée permet d’identifier ce modèle. La hausse MkII n’était pas marquée donc la hausse MkIII reçoit la dénomination « MkII », faisons simple…
La hausse MkIV est quasi identique à la MkIII avec simplement une amélioration du mécanisme de verrouillage de la planchette d’œilleton. Celle-ci est marqué « MkIII » en haut de l’échelle graduée.
On rencontre aussi des hausses marquées « CMk2 » et « CMk3 ». Celle-ci sont quasi identiques à la hausse MkIV, avec de très légères variations sur la planchette d’œilleton. Ce sont des productions exclusives à Long Branch d'où l'ajout du "C" signalant une production Canadienne.
Au final, nombre d’exemplaires récupérerons une hausse MkI par la suite une fois que leur production deviendra suffisante. Ainsi, les variantes MkII, MkIII, MkIV et C sont assez rares et tout particulièrement la rudimentaire MkII qui a été produit pendant quelques mois seulement.
Le support de guidon a été simplifié à deux reprises. Le premier type a des oreilles de protection séparée du support de guidon et le guidon est monté sur queue d’aronde et sécurisé par une vis. Le deuxième type supprime la sécurisation par vis, le guidon n’est retenu que par la friction de la queue d’aronde. Le troisième rend monobloc le support de guidon de oreilles de protection.
Lee-Enfield N°4 MkI*
Le N°4 MkI reprends la méthode d’extraction de la culasse déjà présente sur le SMLE. Il s’agit d’un bouton guide cranté positionné juste en arrière du portique de lame chargeur. Afin d’extraire la culasse il convient d’enfoncer ce bouton afin de le mettre hors de la trajectoire de la tête de culasse. Il s’avère que cette pièce a posé des problèmes d’approvisionnement et une solution alternative fut approuvé en juin 1942 puis employé à partir de 1946 exclusivement sur les productions nord-américaines de Long Branch et Savage. L’idée est de se passer de l’usage du bouton. Il est supprimé et le rail de guidage de la tête de culasse est interrompu vers l’avant du boitier sur une longueur à peu prêt équivalente à la longueur de la tête de culasse. Le démontage consiste à placer la tête de culasse au niveau de cette interruption et de la dissocier du rail de guidage. Cette modification induit un risque accru de démontage accidentel mais dispense de l’usage du bouton dont l’approvisionnement faisait défaut.
- Marquage typique sur le flanc gauche du boitier
- Marquage « US PROPERTY » pour les productions Savage
- Oreilles de protection du guidon emboutie spécifique au productions Savage.
De 1941 à l’introduction du N°5 MkI en 1944 puis du N°4 Mk2 en 1949, ce sont 2 021 913 N°4 MkI qui sortiront des usines anglaises BSA, Maltby et Fazakerley. A cela s’ajoute les productions américaines, 1 236 000 pour Savage et 330 000 pour Long Branch. En prenant en compte les contrats pour l’étranger, ce ne sont pas moins de 4 170 000 N°4 MkI et MkI* qui seront produits ce qui explique leurs statut d’incontournable de l’armement réglementaire.
Lee-Enfield N°4 MkI(T)
Le N°4 Mk1 (T) est un sujet relativement complexe pour lequel je voue un intérêt particulier. De plus, ces armes complètes ou incomplètes valent malheureusement des sommes d’argents importantes désormais et il y a beaucoup de fausses informations volontaires ou non les concernant. Aussi, je vais aller bien plus en détail sur le sujet.
Variante pour tireur d’élite du N°4 MkI, le MkI(T) retiens les leçons de la myriade de montages et d’optiques utilisés sur le SMLE. Un modèle unique standardisé, y compris avec les autres membres du Commonwealth est souhaité. Dès 1940, un montage amovible est conçu pour associer au N°4 l’optique N°32, initialement conçue pour le Bren. Les premiers exemplaires sont confiés aux troupes en février 1942.
Environ 28 900 MkI(T) seront produits le plus souvent sur une base de N°4 fabrications BSA, estimé à 85%, ce qui atteste d’une qualité de fabrication un tant soit peu supérieure aux autres fabricants. Le processus de conversions comprend une sélection d’exemplaires particulièrement performants en précision qui sont ensuite envoyés chez un prestataire chargé de la conversion. Holland&Holland réalisera environ 26 442 des MkI(T), 1 403 seront convertis par Enfield, 950 par Savage et 100 par BSA. Un authentique N°4 MkI(T) se reconnait par les attributs suivants :
- Les marquages varient selon le prestataire ayant effectué la conversion mais sont en général assimilable à ceux apposés par Holland&Hollando « TR » sur la gauche du boitier en arrière de la détente et en dessous des marquages réguliers. Ce marquage est apposé à l’issu des tests de précision et désignait l’arme comme recevable pour une conversion en Mk1 (T).
- « T » sur le flanc gauche du boitier. Ce marquage confirme l’étape de montage et zérotage de l’optique associée à l’arme.
- « S51 » sous la crosse. Celle-ci était souvent changé dans le cadre de la conversion par des modèles longs ou courts.
- Numéro de l’arme marqué sous le fut vers l’embouchoir.
- Matricule de l’optique sur le dessus de la crosse juste en arrière de la jonction avec le boitier.
- La crosse est ajustée à l’arme et le numéro de l’arme figure en avant du numéro de l’optique. Visible uniquement si la crosse est démontée, caché par le boitier sinon.
- Le numéro de l’arme figure sous la première section du garde-main (entre e boitier et le grenadière)
- Hausse modifiée avec l’œilleton de combat supprimé.
- Appuis-joue ajouté et sécurisé par deux vis.
- Embase de montage ajouté sur le flanc gauche du boitier. Embase avant brasée et sécurisée par trois vis fendues, embase arrière brasée et sécurisée par deux vis fendues. Les vis sont souvent pointées car la fixation se défaisait parfois avant d’atteindre 1 000 coups. Cette modification par pointage date de 1946 mais a été pratiquée sur la plupart des exemplaires.
- Battant de bretelle pivotant type Parker Hale ajoutée sur le pontet en avant du magasin. Cependant, cette attache de bretelle doit être de fabrication Enfield et non Parker Hale sur un véritable MkI(T).
La Carabine Jungle No.5 Mk I
C’est au cœur du conflit mondial, en 1943, que naît l’idée d’un fusil plus compact destiné aux unités britanniques opérant dans des environnements denses et hostiles, comme la jungle du théâtre pacifique. Ainsi commence le développement du No.5 Mk I, connu officieusement sous le nom de “Jungle Carbine”.
Lorsque le Japon a tenté d'augmenter ses territoires en occupant les îles de la jungle du Pacifique Sud, les forces alliées ont dû trouver des armes plus appropriées pour la jungle. Le n ° 4 Mk I, a été jugé trop long et difficile à manier. Par conséquent, une variante plus courte du Enfield a été créé pour la guerre de jungle. Produit au Fazakerley Arsenal en 1944 en plus petites quantités, la carabine jungle No.5 Mk I avait un canon plus court de 18.5 " et une plaque de couche en caoutchouc.
L’objectif est clair : alléger et raccourcir le célèbre fusil britannique tout en conservant la puissance de feu de la munition .303 British. Pour cela, les ingénieurs raccourcissent le canon, affinent la crosse, et effectuent un allègement ciblé en usinant certaines parties du boîtier de culasse, du levier d’armement et du canon.
Après une phase de tests, l’arme est officiellement adoptée en septembre 1944 sous la désignation Rifle No.5 Mk I. Deux usines prennent en charge la production : Birmingham Small Arms (BSA) et la Royal Ordnance Factory (ROF).
Malheureusement pour les collectionneurs, de nombreux remontages existent et se font passer pour de véritable N°5 Mk.I.
Ce N°5 MkI est une arme bien équilibrée et plaisant à utiliser. Le tir est assez agréable grâce à l’amortisseur derrière la crosse et le cache-flamme joue bien son rôle.
En effet, le Jungle Carbine a été victime du phénomène appelé Wandering Zero. Le point d’impact pouvait varier de manière aléatoire même lorsque les conditions de tir étaient identiques.
Le Calibre .303 British (7.7x56mm R)
Dans la lignée de l’étude des différents calibres et des carabines qui utilisent ces cartouches, je reviens vers vous avec un article axé sur le calibre .303 British (7.7x56mm R) et le fusil Enfield qui a été en service actif pendant plus d'un siècle en Grande-Bretagne.
La cartouche .303 a été conçue par le Major Rubini, directeur du laboratoire d'armes du gouvernement suisse. En 1892, la Colombie britannique a mis au point une cartouche sans fumée à base de Nitroglycérine au nom de cordite.
Avec des projectiles classiques, le .303 British donne des performances plus ou moins identiques à la .308 Winchester bien qu'il ne soit pas si pénétrant.
La cartouche .303 British (7.7x56mm R - Le « R » pour Rimmed = cerclée) a servi les forces du Commonwealth jusqu'en 1954 avec le Lee-Enfield, et celui-ci a été officiellement remplacé par le fusil FAL belge et d’autres variantes dans le calibre 7,62 OTAN. Une petite quantité de fusils No.4 désigné 2A et 2A1 ont été convertis en 7,62 OTAN de 1964 à 1965.
Il y a encore un certain nombre de charges d'usine disponibles pour les .303 British. Toujours en munition civile ou de chasse, Remington produit deux charges pour le .303, une charge avec une FMJ de 174 de grain avec un relativement pauvre BC de .315 (l'original Mk. 7 projectile BC était de .400) dont la vitesse est annoncée à 2475fps mais avec un 2400fps réaliste et la cartouche de chasse de 180 grains Core-Lokt RNSP à un 2460fps annoncés pour une vitesse réelle autour des 2400fps. Prvi Partisan a commercialisé deux bonnes cartouches de .303 british de 150 et 180 grains à des prix très économiques. Ces cartouches ne sont pas chères et la 150 grains donne une performance très similaire à la Hornady Interlock.
Adaptation au Calibre Français
Une petite quantité de fusils No.4 désignés 2A et 2A1 ont été convertis en 7,62 OTAN de 1964 à 1965. Le SMLE a été fréquemment converti en un .308 pour être utilisé comme un fusil de chasse.
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