Dès 1836, les concours de Tir deviennent en Suisse un sport national. L'engouement pour ces compétitions intéresse bien vite l'industrie et les manufactures plus ou moins naissantes de la seconde moitié du 19ème siècle. Ces dernières distribuent à l'occasion de ces manifestations des pièces sélectionnées parmi les plus belles du catalogue quand elles ne sont pas fabriquées spécialement pour l'occasion. Ces montres de tir sont des témoins précieux de l'histoire horlogère suisse et des traditions populaires du pays.
L'essor des concours de tir et l'implication de l'industrie horlogère
Les concours de tir, devenus un véritable sport national en Suisse dès 1836, ont rapidement suscité l'intérêt de l'industrie horlogère. Les manufactures, en plein essor durant la seconde moitié du 19ème siècle, ont vu dans ces événements une opportunité de promouvoir leur savoir-faire et de récompenser les tireurs méritants. Ainsi, des pièces horlogères, sélectionnées parmi les plus belles de leur collection ou spécialement conçues pour l'occasion, ont été offertes en prix.
Les manufactures horlogères suisses et les montres de tir
À côté des pièces anonymes, on trouve facilement dès la seconde moitié du 19ème siècle des pièces proposées par les manufactures plus ou moins naissantes et signées Longines, Omega, Ulysse Nardin, Zenith, Vacheron et Constantin, LeCoultre, IWC et bien d'autres manufactures prestigieuses. Ces montres, souvent des montres de poche, étaient gravées avec des motifs patriotiques ou des scènes de tir, et portaient le nom du concours et l'année de l'événement. Elles étaient un symbole de fierté pour les tireurs et un témoignage de leur performance.
Georges Favre-Jacot, qui crée sa manufacture en 1865, comprend très vite l'intérêt de ces concours qui sont l'occasion de présenter au public des pièces de qualité. Il propose donc des montres de classe A (17 rubis au moins) et la plupart du temps des calibres de 19 lignes ou de 18 lignes 3/4. Ces montres sont offertes avec un bulletin de marche établi par le bureau officiel d'observation de la ville du Locle "qui prévoit une observation de 8 jours et une limite de variation de 20 secondes comme marche moyenne et différence du plat au pendu". La manufacture atteste dans ce bulletin, joint à la montre avoir fabriqué tant la boite que le mouvement dans ses propres établissements. Elle aurait pu mentionner aussi les cadrans qui sortaient également de ses ateliers.
Ces prix étaient très recherchés et constituaient une récompense appréciée des concurrents qui les portaient fièrement en faisant apprécier à leur entourage leurs performances que la montre était une occasion d'évoquer.
Lire aussi: Plongez dans l'univers artistique de la Médaille du Concours de Tir
Zenith et les montres de tir : un exemple emblématique
Les montres de Tir proposées par Zenith comportaient sur la lunette la plupart du temps la mention du lieu et de l'année du concours. Sur le fond gravé figurait en relief un motif souvent inspiré de la peinture ou de la sculpture. Ces gravures étaient exécutées soit par la maison Holy, soit par la maison Huguenin. Historiquement, Huguenin fut souvent associé à la fabrication des boites Zenith notamment pour les pièces niellées.
Huguenin Frères & Cie S. A. : un acteur majeur dans la fabrication des boîtiers
Fondée en 1868 que deux jeunes artisans, Fritz Huguenin, graveur, et son frère Albert, guillocheur, qui installèrent un petit atelier de décoration de boîtes de montres, l'entreprise tirant parti du procédé de frappe, achète son premier balancier. Editeurs de médailles dès 1888, les frères Huguenin se spécialisent dans le "Niel", procédé de décoration en noir des boîtes argent, qui les fait connaître dans le monde entier.En 1899, ils passent de l'artisanat à l'industrie et l’entreprise est reprise par les trois fils qui développent de nouveaux produits, notamment les distinctions de tir.En 1934, l'entreprise qui a mal traversé la guerre puis la crise de 1929 est transformée en société anonyme: Huguenin Frères et Cie S. A. Cette transformation contribue à la redynamiser.Après 1955, la société se spécialise dans les monnaie et médailles et elle porte aujourd'hui le nom de Faude & Huguenin SA.
La montre Zenith de Bellinzona 1929 : un témoignage de résilience
En 1929, la crise mondiale est ressentie jusqu'au fond des cantons Suisses… Pourtant de manière quasi imperturbable, les concours de Tir perdurent… Zenith offre notamment pour le concours de Bellinzona dans le canton du Tessin, l'une des villes Suisse les plus Italienne, une montre exceptionnelle. Dotée d'un calibre de 19 lignes avec 17 rubis, ce chronomètre reçoit également une superbe boite en argent de 900 millièmes . la boite est exécutée par Huguenin …La gravure fine est particulièrement réussie. Une loupe permet de découvrir la signature d'Huguenin juste sous le poinçon d'argent.
La pièce a maintenant 82 ans et la jeune fille qui a servi de modèle sans doute beaucoup plus. Comme toutes les montres de tir Fédéral faites par la manufacture Zenith, cette Zenith est restée extrêmement précise malgré une usure évidente consécutive à un porté quotidien. Cela vaut bien un petit hommage discret.
Longines et l'Union des Sociétés de Tir de France
Dès 1836, les concours de Tir deviennent en Suisse un sport national. L'engouement pour ces compétitions intéresse bien vite l'industrie et les manufactures plus ou moins naissantes de la seconde moitié du 19ème siècle distribuent à l'occasion de ces manifestations des pièces sélectionnées parmi les plus belles du catalogue quand elle ne sont pas fabriquées spécialement pour l'occasion. A coté des pièces anonymes parfois, on trouve donc facilement dès la seconde moitié du 19ème siècle des pièces proposées par les manufactures plus ou moins naissantes et signées Longines, Omega, Ulysse Nardin, Zenith, Vacheron et Constantin, LeCoultre, IWC et bien d'autres manufactures prestigieuses. Les Français ont emboîté le pas et les manufactures Suisses en ont profité pour récompenser les concours de la même manière qu'en Suisse. Une montre Longines pouvait ainsi récompenser un concours français, avec un boîtier gravé par Dubois, s'inspirant du dessin original d'un certain AM.
Lire aussi: Médailles olympiques françaises en tir à l'arc
A l'époque il était fréquent de ne pas signer sur le cadran, en y pensant d'ailleurs il est fort possible que cette montre soit plutôt fin XIXème surtout que ce calibre est certainement une ébauche d'un futur mouvement plus connu. Ce qui peut expliquer la non signature du cadran : Dès 1880, la marque est déposée à l'Office fédéral de la propriété intellectuelle, tandis que le logotype est déposé en 1889. En 1893, ils bénéficient d'une protection mondiale avec un dépôt aux Bureaux Internationaux réunis pour la protection de la propriété intellectuelle, l'ancêtre de l'OMPI. Longines est ainsi la plus ancienne marque encore en activité déposée, sans modifications, à l'OMPI.
Lire aussi: Victoire historique au tir à l'arc
tags: #médaille #de #tir #suisse #histoire #et
