Le Petit Pistolet de Femme : Histoire et Évolution

Introduction

Le petit pistolet, souvent discret et facilement dissimulable, possède une histoire riche et complexe. De son invention au XIXe siècle à son rôle symbolique dans la culture populaire, cette arme a traversé les époques, marquant de son empreinte les récits et les expressions de la langue française. Cet article explore l'histoire du petit pistolet, en mettant en lumière son utilisation par les femmes et son évolution dans la langue française.

L'Origine du Deringer

Le deringer est un petit pistolet à un coup, souvent chambré en .45, inventé au milieu du XIXe siècle par l'armurier américain Henri Deringer, qui lui a donné son nom. L'arme avec laquelle Abraham Lincoln fut assassiné était un deringer Philadelphia, et non les derringers à deux canons popularisés par les westerns.

Le Pistolet : Définition et Expressions Associées

Aujourd'hui, le pistolet est la plus courte des armes à feu portatives. Il fait partie de l'armement de la marine et des troupes à cheval.

Plusieurs expressions françaises sont associées au pistolet :

  • Faire le coup de pistolet: Combattre dans la cavalerie.
  • Tirer son coup de pistolet: Dire son mot dans une discussion.
  • C'est un drôle de pistolet: Se dit d'un original, d'un homme fort bizarre.

Les Femmes et les Armes à Travers l'Histoire : Un Aperçu Général

Traditionnellement, la guerre et le port d'armes étaient associés à la noblesse et au masculin. Cependant, l'histoire révèle que certaines femmes ont déjoué les conventions, participant activement aux conflits et revendiquant leur droit à l'autodéfense.

Lire aussi: Le petit jeu de tir : définition et histoire

Alors que la guerre était associée au masculin, quelques femmes en France ont combattu au cours des guerres civiles des XVIe-XVIIe siècles ou ont servi dans les armées royales, qu’accompagnaient de plus de nombreuses civiles. En réclamant le port des armes au sein de la garde nationale, des militantes révolutionnaires revendiquaient ainsi un des droits politiques du citoyen, ce qui provoqua un ferme refus.

Dans la société d’Ancien Régime, guerre et port des armes sont liés à deux qualités : la noblesse et le masculin. Chef militaire du royaume, le monarque est lui-même un « roi de guerre » assumant le commandement réel des troupes. Valorisée dans la société aristocratique, la chose guerrière est également associée au masculin. Là encore, si tous les hommes ne sont pas des soldats, le masculin est, aux XVIe-XVIIe siècles, symbolisé en grande partie par la guerre, le combat, les armes, en opposition au féminin.

Si elle n’a pas combattu, d’autres nobles ont été amenées à le faire dans les temps troublés des guerres de religion et de la Fronde. Trois mois plus tard, cette dernière faisait tirer le canon de la Bastille sur l’armée royale, sauvant les Frondeurs. Plus fréquemment, c’était pour défendre leur domaine assiégé que, en l’absence de leur mari, des femmes nobles dirigeaient la résistance face à l’ennemi, parfois les armes à la main. En 1590, l’épouse de Coligny, à la tête de ses serviteurs, mit par exemple en fuite les Ligueurs à Châtillon-sur-Loing.

Le thème de la guerrière connaissait une certaine vogue dans la littérature ou la peinture. Fort apprécié, le mythe - revu et corrigé - des Amazones de l’Antiquité fut utilisé pour glorifier les héroïnes des guerres civiles, présentées par leurs admirateurs comme leurs descendantes chrétiennes, fortes et vertueuses, envoyées par Dieu pour sauver le pays.

Si la guerre était une affaire d’hommes, l’armée n’était cependant pas un lieu entièrement masculin. Non « professionnalisée » au sens où on l’entendrait aujourd’hui, elle n’était pas coupée de la population et, jusqu’à la fin du XVIIe siècle, logeait chez l’habitant ; la discipline y était tout à la fois très sévère et relâchée.

Lire aussi: Tout savoir sur le tir de petit pois

Le Smith & Wesson 1902 Ladysmith : Un Revolver Conçu pour les Dames

Imaginé et conçu par Daniel B. Wesson, le 1902 M Frame Model .22 Hand Ejector, commercialisé sous le nom de Ladysmith, sera le tout premier revolver à double action de calibre 22 produit par Smith & Wesson de 1902 à 1921.

Il fut étudié pour plaire aux femmes, mais aussi, avec l'avènement de la bicyclette, présenté comme revolver pour cycliste. C'est un revolver à 7 coups avec un canon de 2.1/4", 3" ou 3.1/2"(ou même 6" pour le 3ème modèle).

Le barillet basculant, muni d'un éjecteur manuel, mesure juste un peu moins d'un pouce de long et chambrait la cartouche .22 S.&W. Long. Les plaquettes de crosse des deux premiers modèles étaient généralement en ébonite et celles du troisième en bois. Des plaquettes plus luxueuses en nacre ou en ivoire ont aussi existé.

La munition 22 long Z (ou la 22 CB long) est aujourd'hui le meilleur compromis si on veut tirer quelques cartouches avec cette arme ancienne. Mais si on a la chance d'en posséder une en bon état il sera prudent de ne pas la faire miauler trop souvent.

Il y eut donc trois différents modèles :

Lire aussi: Fusils de petit calibre : Caractéristiques clés

  • Premier modèle (1902-1906) : 4575 exemplaires (numéros 1 à 4575)
  • Deuxième modèle (1906-1910) : 9375 exemplaires (numéros 4576 à 13950)
  • Troisième modèle (1910-1921) : 12204 exemplaires (numéros 13951 à 26154)

Production totale : 26154 exemplaires.

Ces armes ont malheureusement pu être utilisées pour tirer des .22 LR ou trop régulièrement des .22 short actuelles, ces munitions trop puissantes et inadaptées ont très souvent entraîné quelques dommages. Les parois des canons et des cônes de forcement sont minces de sorte qu'il est possible de les gonfler ou de les fissurer avec des charges trop fortes.

Beaucoup sont donc détériorées et il n'est pas facile d'en trouver une en bon état. De la mondaine à la prostituée, il fut détenu et sûrement apprécié par toute sorte de "ladies" et par quelques "gentlemen" de la société américaine du début du XXe siècle. C'est aujourd'hui un petit révolver très recherché qui fait le bonheur des collectionneurs.

Le Pistolet de Poche au XVIIIe Siècle

Le pistolet de poche du XVIIIe siècle était une arme de défense rapprochée, souvent dissimulée dans une poche de l'habit ou dans une cache aménagée dans un livre. Ces pistolets étaient généralement de petit calibre, environ 10 mm, et étaient conçus pour être tirés "à brûle-pourpoint" pour être efficaces.

Essentiellement d'un usage privé, dans une poche de l'habit ou comme présenté ici dans une cache, je me demande s'il était aussi utilisé par les officiers comme arme de dernier recours…

Un exemple de ces pistolets est présenté sur le forum Passion-Militaria par CAVE CANEM, qui décrit un exemplaire datant du milieu du XVIIIe siècle avec un canon en bronze et une longueur de seulement 17,5 cm. L'arme est dissimulée dans un livre de droit in-quarto de 1723.

Les Femmes et le Couteau : Un Parallèle Historique

L'histoire du couteau offre un parallèle intéressant avec celle du petit pistolet, en mettant en lumière le rôle des femmes dans son utilisation et son évolution.

Depuis la nuit des temps, la femme manie le couteau. Chasseuse préhistorique, prêtresse antique, guerrière médiévale, pirate, révolutionnaire ou scientifique : chacune tranche, découpe, explore, défend. D’autres tombent sous la lame. Secespita, dague, poignard… le couteau fixe règne jusqu’au XVe siècle, où le pliant fait son apparition dans les poches. Mais derrière chaque lame se cache bien plus qu’un simple outil. Le couteau accompagne les femmes dans leurs gestes quotidiens comme dans leurs actes d’exception. Il soigne, nourrit, tue ou libère. Le couteau reflète une condition sociale, une époque, une lutte. Des vestales aux samouraïs, des reines celtes aux cheffes étoilées, cet article rend hommage aux femmes et aux couteaux qui ont traversé les siècles. Et l’histoire ne fait que commencer.

Les femmes et les couteaux avant l’an mil

À la préhistoire, les femmes fabriquent les outils primitifs, participent à la chasse et à la pêche au même titre que les hommes. Madame homo abilis se sert de silex, d’os et d’obsidienne pour écraser, couper, racler et percer.

Les dagues sacrificielles des prêtresses antiques

La dague sacrificielle de la prêtresse égyptienne Hetpet symbolise le lien entre le monde des vivants et celui des morts.

Les Vestales, vierges purificatrices, possèdent, pour leur part, un couteau spécial : la secespita ou sécespite. Ce poignard ouvre le corps des victimes souvent abattues à la hache.

Agrippine assassinée par le poignard dans la Rome antique

L’empereur Néron en 59 APJC ne supporte plus sa mère trop envahissante. Ses conseillers lui suggèrent une disparition par naufrage. Mais bonne nageuse, Agrippine se réfugie dans sa villa. Anicetus, Herculeius et Obitarius se chargent donc de l’assassiner. Selon les dires de l’historien Tacite, un premier coup de bâton la frappa à la tête. Puis lorsqu’elle aperçut le reflet de la lame du poignard, elle supplia « frappe au ventre ».

Boudicca mène les Bretons contre les Romains

Reine guerrière celte du 1er siècle, Boudicca (ou Boadicée) dirige la grande révolte des Bretons contre l’occupant romain : C. Suetonius Paullinus. Son armée utilise des poignards, des épées et des haches.

Boudicca incarne l’esprit d’indépendance, de courage et de force. Soutenue par la puissance des druides, elle mène au combat des milliers d’hommes et de femmes.

Le moyen-âge : les couteaux dans les mains des femmes guerrières

Au moyen-âge, les nobles dames utilisent la dague. Outre pour leur protection, ce poignard témoigne aussi du statut, du pouvoir, de la richesse et de l’influence de sa propriétaire. Au XVe siècle, Christine de Pizan écrit que « les dames doivent avoir cœur d’hommes…, savoir les droits d’armes… pour assaillir ou pour défendre ».

L’historienne Sylvie Steinberg explique que l’éducation des jeunes filles prévoit de se substituer à leur frère. Cette prérogative pour les femmes nobles s’arrête néanmoins à la participation physique aux combats.

Jeanne Hachette, la Beauvaisienne

Le 27 juin 1472, alors que le héraut bourguignon somme les habitants de Beauvais de se rendre, ces derniers refusent de parlementer. Face aux armes ducales, ils empoignent leurs arcs, arbalètes, couleuvrines et autres couteaux.

Jeanne Laisné repousse avec sa hachette les Bourguignons de Charles le Téméraire. Son geste motive les Beauvaisiennes à la suivre sur les remparts pour défendre leur « bonne ville ». En remerciement, le roi Louis XI l’exempte d’impôts à vie.

Jeanne d’Arc, la pucelle d’Orléans

La jeune « paysanne ignorante » symbolise la résistance lors du siège d’Orléans. Charles VII, le petit roi de Bourges, règne sur le pays d’Oc, mais peine à lutter contre la puissance de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, allié des Anglais. L’archange Saint-Michel apparaît à Jeanne sous l’aspect d’un chevalier accompagné de deux saintes. Il l’intime de conduire le dauphin à Reims et de « bouter les Anglais hors de France ». Elle rencontre ce dernier à Chinon qui lui fait fabriquer une armure. Quant à sa lame, elle viendrait de la chapelle Sainte-Catherine-de-Fierbois. La ville d’Orléans est sauvée le 8 mai 1429. Aux yeux de Jeanne, cette victoire prouve le caractère divin de sa mission.

Les femmes asiatiques et les couteaux

Tandis qu’en Europe les femmes luttent pour protéger villes et couronnes, en Asie aussi, certaines prennent les armes.

Au XIIe siècle, sous le premier shogun Yoritomo Minamoto, les femmes samouraïs officient comme agents de police. Elles approvisionnent les soldats et défendent elles-mêmes des domaines féodaux. La première des guerrières samouraïs, Tomoe Gozen tue Uchida Leyoshi lors de la bataille d’Awazu en 1184. Avec Hangaku Gozen et Takeko Nakano, elle forme le trio légendaire japonais. Leur couteau favori est un naginata, perche surmontée d’une lame. Takeko crée Joshitai : l’armée des femmes.

En 1555, Wa Shi mène ses troupes chinoises au combat au nom de la dynastie Ming. Elle porte une épée Dao.

En 1705, Mai Bhago dirige les soldats sikhs contre les Moghols avec un long couteau à lame incurvée

Mary Read et Anne Bonny : les ladies pirates

Les deux femmes plus connues de la piraterie féminine s’habillent en corsaires, portent l’épée, manient le poignard et le pistolet. Le capitaine Jonathan Barnett les capture lors de l’abordage du navire de John Rackham. Condamnées à la pendaison, elles « implorent le ventre » (se disent enceintes pour échapper à la mort) et bénéficient d’un sursis.

La renaissance : les femmes s’effacent mais résistent

La Renaissance et l’influence de Catherine de Médicis éloignent les femmes des armes. Certaines, comme Kit Cavanagh, Hannah Snell, défient néanmoins les lois. Geneviève Premoy s’engage en 1676, déguisée en homme, sous le nom de chevalier Balthazar. Alors qu’elle est blessée, Louis XIV la fait membre de l’ordre de Saint-Louis, mais lui demande de porter la jupe. On dit qu’elle obéit mais se vêtit avec des hauts masculins (non, mais !).

Seuls les spectacles d’escrimeuses montrent les femmes dotées d’épées de guerre, d’épées de côté ou d’épées longues, de cuirasse et de casque.

Alberte-Barbe d’Ernecourt Saint-Baslemont défend tout de même ses terres au début du XVIIe siècle grâce à la science militaire transmise par son père.

La révolution passe par la lame de Charlotte Corday

Dès son plus jeune âge, Charlotte Corday admire les héros de Corneille tel Alcide. À la mort de Louis XVI, elle pleure de voir que « ceux censés donner la liberté ne sont que des bourreaux ». Le 13 juillet 1793, elle s’arrête chez un coutelier et achète un couteau de cuisine. La veille dans son Adresse aux Français amis des lois et de la paix, elle désigne Marat comme le plus « vil des scélérats… tombant sous le fer vengeur ».

Rue des Cordeliers, elle entre dans le domicile du Député de la Convention et, d’une main ferme, plonge le couteau dans sa poitrine. Elle meurt quatre jours plus tard sous la lame de la guillotine.

Pendant la révolution, les femmes appellent le législateur à statuer sur leur droit à porter une arme. Pauline Léon, notamment, écrit une lettre que 300 autres femmes signent. Théroigne de Méricourt prend la parole en faveur de l’armement des femmes pour « se défendre contre les fers et défendre la patrie ». Les hommes rechignent à leur octroyer le port du couteau, symbole de virilité masculine.

L’ère industrielle : la femme s’émancipe et retrouve le couteau

Rue Lhomond, dans le Ve arrondissement, Marie Curie tranche un sac de minerai noir avec la lame de son petit couteau. Ces 100 kilos de pechblende issus du seul gisement d’uranium de l’époque marquent un tournant dans la science.

Marie Curie, après des études de physique et de mathématiques, démontre que les rayonnements produits par l’uranium sont une propriété atomique et non chimique. Avec son mari, elle découvre également le polonium et le radium, encore plus radioactifs que l’uranium. Première femme professeur à la Sorbonne, elle obtient le prix Nobel de chimie en 1911.

Elle marque la 1re guerre mondiale avec ses ambulances radiologiques : les « petites curies ».

La femme à la dague : l’art de la vulnérabilité et de la puissance

En 1899, Ilya Yefimovich Repin, peintre réaliste russe, voit en la dague le symbole de la vulnérabilité et de l’autonomisation des femmes. Le poignard représente la dualité de la vie et de la mort, de la défense et de l’attaque. Avec ce tableau, Repin donne au sexe dit faible une voix puissante, complexe et chargée d’émotions.

Au XIXe siècle, le couteau s’impose dans la main de nombreuses corporations féminines : les coutelières, filetières de poisson, ouvrières en tannerie, couturières, sages-femmes (lames chirurgicales), coiffeuses, etc.

Les femmes du XXe siècle et les lames

Lors de la 1ère guerre mondiale, Eugénie Brazier se fait connaître avec sa fameuse poularde demi-deuil. La cuisinière s’émancipe et ouvre La mère Brazier, la table la plus renommée de Lyon dès 1920. Elle gagne deux étoiles en 1932 puis trois en 1933. À partir de 1946, elle présente ses couteaux de chef et forme un jeune cuisinier… Paul Bocuse.

tags: #petit #pistolet #de #femme #histoire

Articles populaires: