Pierre de Coubertin, figure emblématique du renouveau des Jeux olympiques, a marqué l'histoire du sport bien au-delà de sa vision olympique. Son engagement personnel dans diverses disciplines sportives, notamment le tir, témoigne d'une passion pour l'excellence physique et mentale. Cet article explore le lien entre Pierre de Coubertin et le tir sportif, en retraçant son parcours, ses convictions et son influence sur l'intégration de ce sport aux Jeux olympiques modernes.
L'Éveil d'une Passion Sportive
Charles Pierre Fredy de Coubertin, né le 1er janvier 1863 à Paris, a été formé par les Jésuites. Initialement attiré par une carrière militaire, il s'est finalement tourné vers des études de droit. Ses séjours en Grande-Bretagne ont été déterminants, lui faisant prendre conscience de l'importance du sport dans la formation scolaire. Il pratique alors l'aviron, la boxe, l'équitation et l'escrime.
Sept Fois Champion de France de Tir au Pistolet
Coubertin ne s'est pas contenté d'être un observateur du sport. Il était lui-même un athlète accompli. Fait moins connu, Pierre de Coubertin a été sept fois champion de France de tir au pistolet. Cette performance souligne son engagement personnel et son expertise dans cette discipline. Il imposera le tir au pistolet dès les premiers Jeux Olympiques modernes.
Le Tir aux Jeux Olympiques : Une Discipline Fondatrice
Dès la création des Jeux olympiques modernes, le tir fait partie des neuf sports inauguraux. Aux côtés de l'athlétisme, du cyclisme, de l'escrime, de l'haltérophilie, de la lutte, de la natation, du tennis et de la gymnastique, le tir (fusil, pistolet et feu rapide) s'inscrit comme une discipline olympique à part entière. La présence du tir dès les débuts des JO témoigne de son importance dans la conception du sport de Coubertin.
Coubertin, Promoteur du Sport Éducatif et Amateur
Dès les années 1880, Pierre de Coubertin s'efforce d'imposer le sport comme un pilier du système éducatif français et participe à l'éclosion de compétitions sportives au sein des établissements d'enseignement secondaire. Cette initiative, directement inspirée des méthodes éducatives britanniques de Thomas Arnold, a pour dessein de former les futures élites suivant un idéal de virilité et de vertu dans lequel les performances physiques, la grandeur morale et l’intelligence se trouvent confondues. Souhaitant internationaliser la pratique du sport et des compétitions, Coubertin milite dès 1894 pour la rénovation des Jeux olympiques.
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La Restauration des Jeux Olympiques : Un Projet Ambitieux
Afin de développer le sport, Pierre de Coubertin souhaite lui donner une dimension internationale. L’idée de restaurer les Jeux olympiques n’est pas nouvelle. En 1796, 1797 et 1798 s’était tenue à Paris l’Olympiade de la République, avec même une course de char. Cependant les participants étaient uniquement français. Durant le XIXe siècle, plusieurs tentatives, de portée nationale, avaient vu le jour : à Grenoble en 1832, en Scandinavie en 1834 et 1836, au Canada entre 1843 et 1846, en Grande-Bretagne à partir de 1849… Le richissime grec Evángelos Záppas avait tenté aussi en 1859 et 1870 de ressusciter à Athènes les Jeux olympiques grecs, avec un retentissement limité. Les fouilles menées sur le site d’Olympie par des archéologues allemands à la fin du XIXe siècle créent un contexte favorable à un mouvement de plus grande ampleur de résurrection des JO.
Sous l’impulsion de Pierre de Coubertin se tient, du 16 au 23 juin 1894, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le Congrès pour le rétablissement des Jeux olympiques, avec des représentants d’une douzaine de nations, en particulier de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. A la clôture, le 23 juin, Coubertin fonde le Comité international olympique (CIO) afin d’organiser tous les quatre ans - comme dans l’Antiquité - les Jeux olympiques modernes.
Le Pentathlon Moderne : Une Épreuve Chère à Coubertin
Le fondateur des Jeux Olympiques modernes est fasciné par le pentathlon antique. Il accorde une grande importance à la création et à l’intégration du pentathlon moderne aux Jeux Olympiques modernes. On peut trouver mention de son épreuve athlétique pluridisciplinaire, alors dénommée “pentathle”, dans le Bulletin du CIO de 1894. La proposition d’inclure le pentathlon moderne aux Jeux Olympiques est débattue pour la première fois lors de la 12e Session du CIO en 1909 à Berlin, et à nouveau lors de la 13e Session en 1910 à Luxembourg. Bien que les disciplines du pentathlon moderne - tir, natation, escrime, équitation et course - soient décidées à Luxembourg, leur ordre final n’est fixé qu’en mai 1911. Lors de la 14e session du Comité international olympique à Budapest en mai 1911, le pentathlon moderne est officiellement intégré au programme des Jeux Olympiques de Stockholm en 1912. Le tir, aux côtés de la natation, de l'escrime, de l'équitation et de la course à pied, est l'une des cinq épreuves du pentathlon moderne. Pour Pierre de Coubertin, le pentathlon moderne “mettrait à l’épreuve les qualités morales d’un homme autant que ses ressources physiques et compétences, produisant ainsi l’athlète idéal et complet“.
Idéaux et Symboles Olympiques
Dans un discours du 25 novembre 1892, Pierre de Coubertin avait déjà énoncé les idéaux olympiques. Il glorifiait le sport qui, selon la conception grecque, devait développer les qualités du corps en même temps que celles de l’esprit, ainsi que la volonté. Ce développement harmonieux devait contribuer à établir des sociétés pacifiques, fraternelles, en favorisant la compréhension mutuelle, l’entente et le fair-play. La jeunesse devait être éduquée dans cet esprit, sans discrimination, alors que le sport était souvent l’apanage des élites sociales. Toutefois, sa conception restait très proche de celle des pays anglo-saxons. Il faisait aussi la promotion des fédérations sportives indépendantes, avec le droit au sport pour tous. Il évoquait déjà la naissance du CIO, reprenant les idéaux antiques, afin de codifier un évènement transnational, les JO, en choisissant les villes organisatrices.
La devise latine, Citius, Altius, Fortius (plus vite, plus haut, plus fort), est reprise dès l’origine de celle du collège Albert-le-Grand d’Arcueil. En 1908 apparaît le credo olympique, « Le plus important aux Jeux olympiques n'est pas de gagner mais de participer ». Il est inspiré d’un sermon de l'évêque de Pennsylvanie lors des Jeux de la IVe olympiade de Londres : « L'important dans ces olympiades n'est pas tant d'y gagner que d'y prendre part ». C’est en 1913 que Coubertin élabore le drapeau olympique, présenté l’année suivante. Les cinq anneaux entrelacés évoquent les cinq continents, affirmant l’universalité des J.O., union entre les nations. Les couleurs sont tirées des drapeaux des nations participant aux premiers Jeux à Athènes en 1896. Le premier serment olympique est écrit par Coubertin et prononcé pour la première fois aux JO d’Anvers en 1920.
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L'Évolution du Tir Sportif en France
En France, le Roi Charles V promulgue en pleine guerre de Cent Ans, un édit du 3 avril 1369, recommandant la pratique des jeux de l’arc et de l’arbalète. Cette tradition qui ne s’est jamais démentie au cours des siècles, a conduit en 1866 à la création des premières sociétés de tir, déjà organisatrices de championnats départementaux, régionaux, puis nationaux, à l’instar de nos clubs actuels. Le 15 mars 1967, l’Union des Sociétés de Tir fusionne avec la Fédération Française de Tir aux Armes de Chasse pour devenir la Fédération Française de Tir (FFTir). Juridiquement, la fédération est une association régie par la Loi de juillet 1901 qui regroupe l’ensemble des clubs de tir en France. Après la première guerre mondiale, la promulgation du décret-loi du 18 avril 1939 réglementant l’acquisition et la détention des armes, éloigne du tir nombre de personnes découragées par cette nouvelle réglementation. La pratique du tir continue de se développer jusqu’en 1914. Actuellement, plus de 270.000 licenciés pratiquent le tir sportif dans 1.687 clubs.
Héritage et Actualité du Mouvement Olympique
De 1896 à 1925, Pierre de Coubertin dirige le CIO et structure le mouvement olympique. Il crée la devise du mouvement olympique, “Citius, Altius, Fortius” (“Plus vite, plus haut, plus fort“), phrase initialement prononcée par le prêtre dominicain Henri Didon lors d’une compétition sportive scolaire en 1881. En 1913, le baron conçoit les anneaux olympiques et en 1915, celui-ci établit le siège du CIO à Lausanne, où il fonde un musée et une bibliothèque olympiques.
L’œuvre de Pierre de Coubertin se poursuit après sa mort avec la création, le 3 août 1950, de l’« Association nationale pour la défense et le développement du sport, des actions physiques et de plein air », autrement appelée « Comité Pierre-de-Coubertin ». Trois personnalités en sont à l’initiative : l’homme politique Alfred Rosier et les journalistes Jean-François Brisson et Pierre Rostini. L’association poursuit aujourd’hui encore l’œuvre de Pierre de Coubertin en faveur du sport amateur et éducatif et milite pour que l'olympisme conserve ses valeurs humanistes originelles.
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