Le pistolet Tokarev, plus précisément le TT-33, est une arme emblématique de l'Union Soviétique et de la Seconde Guerre mondiale. Son histoire est intimement liée à celle de sa cartouche, la 7,62x25mm Tokarev, et à l'ingénieur Fiodor Vassilievitch Tokarev, un cosaque du Don dont l'œuvre a marqué l'histoire de l'armement. Il est même une des rares armes à avoir donné son nom à un titre de film: « Tokarev ». C’est avec Nicolas Cage mais l’arme est néanmoins bien meilleure que le film.
Fiodor Vassilievitch Tokarev : Un Ingénieur d'Exception
Fiodor Vassilievitch Tokarev (Фёдор Васильевич Токарев), né en 1871 et décédé en 1968, n'était pas seulement un concepteur d'armes de légende comme le TT-33, le SVT-40 et l'AVT-40. Ce que l’on sait moins c’est qu’il est aussi l’inventeur d’un appareil photographique de grande qualité et célèbre en ex-Union soviétique et qui avait pour caractéristique essentielle d’être panoramique, le FT1 (FT pour « Fotoapparat Tokareva » - Appareil photo de Tokarev bien sûr). Sa carrière a débuté au service du Tsar, puis il a mis son talent au service de la jeune Union Soviétique, contribuant à la modernisation de son armement.
Genèse de la 7,62x25mm Tokarev : Une Nécessité Post-Révolutionnaire
L’histoire du pistolet Tokarev est un peu compliquée car, en fait, elle part de sa cartouche, la fameuse 7,62×25 Tokarev. Après la guerre civile russe (10 millions de morts, en plus des 2 millions de la première guerre mondiale, et accessoirement 10 millions d’orphelins aussi), le pays est totalement ravagé et encore un bon quart de sa population d’origine paysanne est analphabète. Les élites blanches scientifiques, techniques et administratives sont, en bonne partie, mortes ou émigrées. Plus une usine n’est fonctionnelle. Misère et famines régulières sont généralisées. Mais, en plus, le pays est ostracisé. Ceci ne facilite pas la nécessaire reconstruction. L’URSS n’est d’ailleurs même pas reconnue internationalement (les USA ne reconnaitront l’URSS que fin… 1933, 16 ans après la révolution!). Officiellement, 200 millions de citoyens soviétiques n’existent pas.
Dans les années 1920, l'Armée Rouge cherchait à remplacer le vieillissant revolver Nagant M1895. L'Union Soviétique, isolée sur la scène internationale, dut innover. Elle s'est rapprochée de l'Allemagne, également mise au ban des nations après la Première Guerre mondiale. Cette collaboration permit à l'URSS d'acquérir des armes et des munitions allemandes, dont le pistolet Mauser C96 et sa cartouche 7,63x25 Mauser.
L'usine de munitions de Podolsk produisait la munition Mauser de 7,63×25. Celle qui allait bien dans le dit pistolet C96 Bolo. Le Mauser C96, arme impressionnante par sa taille, sa robustesse légendaire, et son port très martial, avait eu un très grand succès civil d’estime avant guerre (la première). C’est l’arme de Churchill aventurier, de Laurence d’Arabie, de Zhu De en Chine (le fondateur de l’armée chinoise moderne) et surtout de pas mal de révolutionnaires russes avant 1917. Elle était donc bien connue dans la nouvelle URSS. Dès 1908, l’armée tsariste avait inscrit le C96 en 7,63 sur la liste des armes de poing autorisées à l’achat par ses officiers et à leurs frais en remplacement du revolver Nagant M1895, lui en 7.62×38, une autre cartouche. De plus, entre 1914 et 1917, pas mal d’autres pistolets Mauser et munitions avaient été récupérés par la Russie sur les forces allemandes et turques. Enfin, l’arme fut donc intensément utilisée durant la guerre civile. Elle constituait notamment une arme de prestige et de récompense.
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Tokarev, en adaptant la 7,63x25 Mauser, créa la 7,62x25 Tokarev, dite « TT ». Certains ont évoqué de simples différences de charges. A mon sens, la vérité est à rechercher ailleurs. Et elle est bien dans le style de Tokarev, un russe malin. L’ami cosaque du Don a fait deux choses pour avoir une 7.63 Mauser un peu plus pêchue et efficace dans un PM, tirable aussi dans son nouveau pistolet tout en restant compatible avec le C96. Je pense qu’il a « additionné » une légère différence de cotes de munition (les fiches CIP des deux munitions sont d’ailleurs différentes) et une légère différence de cotes de rayures sur l’arme. La 7.62TT est, à peine, mais entre entre 1 dixième et quelques centièmes, plus dodue d’absolument partout comparée la 7.63 - avec un cône de raccordement très légèrement différent jusqu’à la limite de compatibilité C96. C’est du bricolage ou de la sorcellerie comme on voudra mais le résultat est là : pour des cartouches quasi similaires en dimensions et en chargement, la 7.62 TT sort d’un canon un peu près 10 à 15% plus vite que la Mauser qui est déjà très « tendue » comme munition. Cette munition se distinguait par sa vitesse et sa capacité de pénétration, des atouts majeurs sur le champ de bataille.
Développement et Adoption du TT-33
Au début des années 1930, l'URSS lança un concours pour la conception d'un nouveau pistolet semi-automatique chambré en 7,62x25mm. Plusieurs concepteurs proposèrent leurs modèles, dont Tokarev. Son premier prototype était un pistolet rafaleur. Dotée d’une lourde culasse non-calée, d’un sélecteur de tir, d’un canon démesurément long…l’arme ne répondait pas vraiment au critère de la compétition. Il présenta donc en suivant, un pistolet semi-automatique à culasse calée de dimension plus raisonnable : ce prototype, après quelques modifications, allait devenir le TT30. Du 25 Juin au 13 Juillet 1930, les armes vont être testées et comparées à des productions étrangères…comme à l’accoutumé ! L’arme de Tokarev s’avéra être la plus compatible avec les exigences d’une arme de service. Son arme n’était pas la plus précise (c’était celle de Korovin), mais elle était la plus compact et la plus fiable. L’arme de Prilutsky se distingua par sa facilité de démontage.
Le 7 janvier 1931, un test de la nouvelle mouture est réalisé devant des officiers de haut rang. Concluant, le 12 Février 1931, une demande est formulée pour commander un premier lot d’arme et le 13 Février, 1000 armes sont commandées. L’arme sera officiellement désignée « 7,62mm Pistolet obr. 1930 » mais fut également dénommée « TT » pour « Tula Tokarev », du nom du concepteur et de la ville située à 200 km au sud de Moscou et accueillant l’usine de production de l’arme. Le TT-30 fut adopté en 1930, mais sa production fut rapidement remplacée par le TT-33, une version améliorée et simplifiée.
Il est clair qu’en dessinant son TT-33 Tokarev s’est ouvertement inspiré d’un autre chef-d’œuvre de l’ingénierie armurière : le Colt M1911 de John Browning. Il en retint surtout le système de culasse courte à biellette oscillante (le célèbre « Colt-Browning system »), reconnu pour sa fiabilité. Cependant, Tokarev ne fit pas qu’une simple copie. Le TT-33 utilise aussi un mécanisme marteau/gâchette beaucoup plus simple que celui du M1911. Cet ensemble est conçu comme un bloc qui peut en plus être retiré du pistolet comme une unité modulaire (comme sur un P210). Ce bloc comprend en outre des lèvres d’alimentation usinées avec grande précision et en connexion directe avec le chargeur. Elles guident la cartouche du chargeur vers la chambre du pistolet sans être une partie fixe du chargeur lui-même mais une partie de l’ensemble marteau/gâchette. C’est nettoyable aisément et cela évite même les incidents d’alimentation et même lorsqu’un chargeur endommagé est inséré. Les chargeurs eux-mêmes peuvent être démontés pour le nettoyage, une autre mesure visant à prévenir les dysfonctionnements.
La modification la plus notable est la méthode de montage de la détente dans la carcasse. Originellement, le dos de la carcasse comporte une ouverture qui permet, après retrait d’une portière, le retrait du ressort de détente et de la détente, non sans avoir préalablement démonté le crochet de chargeur ! Sur le TT 33, un redessin judicieux de la détente, du séparateur et de la carcasse va permettre le démontage de la détente et de son ressort par simple retrait des plaquettes.
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Le pistolet Tokarev se caractérise avant tout pour sa simplicité : pas de fioritures, un minimum de pièces et un minimum de fonctionnalités. L’arme qui est en simple action, dispose comme unique sûreté, d’un cran de demi-armé qui, en plus de neutraliser l’action du chien, immobilise la culasse. Le TT-33 compte 47 pièces (à un niveau industriel) constituant 35 éléments démontables à l’aide comme seul outillage, d’un marteau et chasse-goupille. Pas de vis. Il ne s’agit pas vraiment d’un tour de force : au début du siècle, beaucoup de pistolets automatiques et de révolvers pouvaient être démontés en grande partie simplement sans ou avec peu d’outillage. Mais ici déjà, on peut ressentir une obsession bien soviétique : l’arme est finalement simple à produire au regard de l’époque. Car oui, souvent, ces armes « simples » n’avaient de simplicité que l’apparence et s’avéraient bien coûteuses à produire.
Au niveau mécanique, l’arme trouve bien évidemment des inspirations à l’étranger tout autant que des innovations indigènes : la chose sera récurrente avec les Soviétiques. Il n’est pas question ici d’orgueil national bien placé, mais de produire un outil qui correspond à un besoin. Ce procès est souvent mal mené par les détracteurs des armes soviétiques (souvent par idéologie plus que par analyse mécanique…). Tous les inventeurs ont eu recours à l’expérience de leurs prédécesseurs et du monde qui les entourent. La volonté absolue de s’éloigner d’un système qui fonctionne, pour ré-inventer un système au but similaire, mais potentiellement moins fiable, plus complexe, plus coûteux ne peut relever que deux choses : un orgueil mal placé (donc, de la stupidité), ou un appât du gain lié à une exploitation de brevet.
L'arme tir à culasse calée sur le principe du court recul du canon. Le verrouillage se réalise, à la façon du système inventé par John Mose Browning, par l’abaissement de la partie arrière du canon. Provoqué par une biellette liant la carcasse (via l’axe de l’arrêtoir de culasse) au canon, l’affaissement engendre la séparation du jeu tenon (canon) / mortaise (culasse), et donc le déverrouillage. Les tenons sont au nombre…de 3 !
Le système de mise à feu est un modèle de simplicité pour l’époque. Sur la platine elle-même : 8 pièces constitutives (9 à un niveau industriel), axe et ressort compris. En y ajoutant la détente et son ressort de rappel, on arrive à 10 (12 à un niveau industriel). Outre le fait que la platine soit amovible sans outil au démontage de l’arme, elle comporte la particularité d’avoir le ressort de chien habilement positionné…dans la crête du chien ! Ainsi, ce ressort ne pose aucun problème d’encombrement et la platine est d’une rare compacité.
Le séparateur, destiné à rompre la liaison entre la détente (par abaissement de celle-ci) et de la gâchette lors du mouvement arrière de la culasse, est mis à profit dans un deuxième rôle. Lorsque le chien est positionné sur son cran de demi-armé, une extension de la gâchette vient se loger sous l’extrémité inférieure du séparateur, empêchant son enfoncement. Ainsi, le disconnecteur verrouille la culasse. La chose peut paraître problématique pour la manipulation (il faut penser à retirer le cran de demi-armé pour manipuler la culasse) : en réalité, elle permet de mettre l’arme à l’étui sans crainte d’actionner la culasse par frottement. De même, à l’époque, il n’était pas inconcevable de porter l’arme, munition chambrée, chien en demi-armé : la disposition n’est pas moins sécuritaire que de porter un Colt 1911 ou un P.08 chambré, armée et sûreté engagée ! Le percuteur est de type frappé / appuyé, mais est assujéti à un ressort de rappel, sans doute dans un souci de sécurité.
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L’arme est approvisionnée par un chargeur simple-pile de 8 cartouches. Dans le but de fiabiliser l’arme, l’alimentation est « contrôlée ». Ainsi, lorsqu’une munition quitte les lèvres du chargeur, elle est prise en compte un court moment par la partie avant du corps de la platine qui comporte une lèvre. Quittant cette dernière, alors que le nez de la munition est déjà dans le canon, le culot est pris en compte par le large extracteur dessiné à cet effet. Cette spécificité de voir une partie du guidage de la munition être assurée par la carcasse (ici, par le corps de platine qui est solidaire de la carcasse au moment du tir) est déjà présente sur le Colt 1900. Le jeu extracteur / éjecteur (fixe sur corps de platine) est d’un grand classique, si ce n’est que le ressort d’extracteur surprend par sa faible dimension ! Il ne semble pourtant pas poser de problème : et pour cause, le positionnement de l’axe de l’éjecteur, très en avant, lui donne un avantage mécanique considérable par effet de levier ! Enfin, comme évoqué précédemment, l’extracteur prend en compte la munition par glissement à la sortie du chargeur et non par « saut » par-dessus le culot de la munition. L’arme est équipée d’un arrêtoir de culasse commandé automatiquement en fin de chargeur, qui fait également office de clef de démontage.
Caractéristiques Techniques et Performances
Le TT-33 est un pistolet semi-automatique simple action chambré en 7,62x25mm Tokarev. Ses caractéristiques principales sont les suivantes :
- Calibre : 7,62 x 25 Tokarev
- Canon : 11,6 cm
- Longueur : 19,5 cm
- Poids : 842 g
- Simple action
- Organes de visée : Hausse sur queue d'aronde et guidon fixe
- Chargeur : 8 coups
La puissance du TT-33 et de sa munition de 7.62TT ont fait sa réputation puisque, bien avant l’invention du Kevlar, il s’est avéré ultérieurement que notre TT-33 pouvait percer un gilet pare-balle de niveau II ! Elle peut même passer un III A (qui n’est pas un III mais un II amélioré). Il est effectivement plus pénétrant qu’un 9 para ou même un 45 ACP. Et pourtant son recul reste gérable même s’il est très sec. Une vraie arme de combat destiné à éliminer un adversaire aussi lourdement équipé de vêtements d’hiver ou de brêlages en cuir qu’il soit.
Production et Diffusion Mondiale
L’arme prouva sa valeur dans les gigantesques combats du Front de l’Est durant la seconde guerre mondiale. Outre 93.000 exemplaires du TT-30 ( une vraie rareté aujourd’hui), a minima 1.200.000 exemplaires ont été assemblés en URSS de 1933 jusque 1954. Si on y ajoute ses variantes chinoise, polonaise, pakistanaise, roumaine, nord coréenne, yougoslave et vietnamienne, on atteint largement plus des 2 millions d’exemplaires. Il a été réglementaire dans à peu près la plupart des pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient. Au moins une soixantaine. Et il a été utilisé par à peu près tous les mouvements de résistance, révolution ou terrorisme de cette planète.
Le Tokarev TT 33 a été produit par un grand nombre de pays du Pacte de Varsovie, notamment la Hongrie (FEG 48/Tokagypt), la Pologne (FB TT), la Roumanie, ainsi que la Yougoslavie (Zastava M57), la Corée du Nord (Type 68), ou la Chine (Type 54) sous des formes plus ou moins proches de l’original. Les Hongrois, les Yougoslaves et les Chinois ont notamment produit des versions chambrées en 9 mm Parabellum et dotées d’une sécurité renforcée pour l’exportation.
En 2000, les Tokarev TT 33 et Type 51 pouvaient se rencontrer encore couramment en Asie (Afghanistan, Cambodge, Chine, Irak, Laos, Syrie, Viêt Nam, Yémen), en Europe (Albanie, Bulgarie, Malte, Roumanie, Russie et en Afrique (Bénin, Burkinafaso, Mali, Congo-Brazzaville, Guinée, Guinée-Bissau, Libye, Mauritanie, Madagascar, Mozambique, Somalie, Sierra Leone, Zambie, Zimbabwe).
Héritage et Influence
Bientôt centenaire, le TT-33 reste encore réglementaire dans plusieurs pays encore aujourd’hui. 95 ans après son invention et près de 60 ans après la mort de son créateur. Le TT-33 a marqué l'histoire de l'armement par sa simplicité, sa robustesse et sa puissance. Son influence est visible dans de nombreux pistolets modernes, et il reste une arme prisée des collectionneurs et des tireurs sportifs.
Comme le Colt M1911 de calibre .45 ACP, le Luger P.08 de 9×19, le TT 33 fait partie de ces armes qui ont marqué l’histoire. Associé à tout jamais à l’URSS et à la Second Guerre mondiale, il constitue dans beaucoup de pays où l’acquisition d’armes de poing est possible, un achat sûr, l’arme étant fiable, « puissante », et souvent peu coûteuse.
Le TT-33 face au Makarov
En 1945, l’URSS lance une mise en compétition où Nikolay Fedorovich Makarov, concepteur au bureau d’étude de Tula (le KBP) et d’autres concepteurs de l’Union Soviétique (dont Tokarev, Simonov, Korovin, pour ne citer que les plus connus par les amateurs d’armes Soviétiques) sont appelés à concevoir le remplaçant du TT 33. En 1951, c’est l’arme de N.F. Makarov qui est adoptée en calibre 9×18 mm, bien que le concepteur ait proposé également une arme en 7,62×25. Son appellation officielle est “9mm Pistolet Makarova” (Пистоле́т Мака́рова), souvent abrégée en “PM”.
Souvent considéré à tort comme un clone pur et simple du Walther PP (qui date de 1929), le Makarov partage avec lui surtout une bonne partie de son ergonomie, mais finalement que peu de sa mécanique. On ne peut cependant pas nier que les Soviétiques furent influencés par l’arme allemande : ils la connaissaient bien ! D’un point de vue ergonomique, nous sommes en présence d’un pistolet semi-automatique équipé d’un système de mise à feu simple et double action et doté d’un levier de sûreté / désarmement positionné sur le côté gauche de la partie arrière de la culasse. Le chargeur simple pile est d’une capacité de 8 coups. Mécaniquement l’arme est finalement très différente du Walther PP et ne partage en réalité sur ce plan que son principe moteur, celui de la culasse non calée avec l’agencement du ressort récupérateur autour du canon, ce dernier étant fixe dans la carcasse. Au total, le Makarov compte 31 pièces constitutives dont 18 pièces mobiles lors des phases de mise en œuvre et de tir.
Bien que la chose puisse paraître dérisoire face au cours de l’Histoire, c’est ce que firent les Soviétiques pour leurs armes de poing et leurs calibre : repenser le concept pour un usage défensif. Le calibre de 9×18 mm « Makarov » fut finalisé vraisemblablement entre 1947 et 1948 par Boris Semin, un des pères de la 7,62×39 M43. Selon l’expression consacrée alors par les Soviétiques eux-mêmes (dixit D.N. Le 9×18 Makarov sera mis en service à travers deux armes en URSS pendant la guerre froide: le pistolet Makarov et le pistolet rafaleur Stechkin. Plusieurs types de munitions seront produits, dont des munitions à déformation programmée (sans doute pour un usage « Police »), des munitions perforantes et même des munitions traceuses. Notons également ici l’apparition au début des années 1990 d’une munition « modernisée » dénommée dans la littérature consacrée « 9×18 PMM ».
Le Pistolet Makarov Modernisé (PMM) et les Nouvelles Générations
Le pistolet modernisé Makarov (PMM) est une version mise à jour du légendaire PM, créé à l'époque post-soviétique pour améliorer les capacités de combat du pistolet classique Makarov. Développé dans les années 1990, le PMM était une tentative d'adapter une arme éprouvée à de nouvelles réalités, en augmentant sa puissance de feu et la capacité de son chargeur tout en conservant la simplicité et la fiabilité de l'original.
Le développement du PMM a été réalisé à l'usine mécanique d'Ijevsk, où le PM original était produit depuis les années 1950. Les concepteurs, parmi lesquels se sont distingués les ingénieurs Boris Pleshchinsky et Vladimir Lobanov, ont pris comme base le pistolet classique Makarov, en conservant son automatisation et sa disposition générale, mais ont apporté un certain nombre de modifications importantes. Après l'effondrement de l'URSS en 1991, le projet a été poursuivi en Russie et, en 1994, le PMM a été officiellement accepté en service sous l'indice 56-A-125.
Le PMM a conservé le principe de fonctionnement du PM - l'automatisation basée sur le recul d'un verrou libre, ce qui garantissait simplicité et fiabilité. Cependant, son chargeur est devenu à double rangée, contenant 12 cartouches au lieu de 8, ce qui a nécessité d'élargir la poignée et de changer sa forme. La conception du PMM est restée minimaliste, comme celle du PM, avec un nombre total de pièces d'environ 32, ce qui a simplifié l'assemblage et la maintenance.
Le PMM était destiné aux forces armées et aux forces de l'ordre russes. Il a été adopté par le ministère de l'Intérieur et certaines unités de l'armée en 1994, avec pour projet de remplacer certains des PM obsolètes. Cependant, le réarmement massif n’a pas eu lieu : la crise économique et le manque de financement ont limité la production de PMM.
Le pistolet Makarov modernisé est un exemple de la manière dont une arme éprouvée peut être adaptée à de nouvelles exigences sans s'éloigner radicalement de l'original. Son histoire est liée à la période difficile des années 1990, lorsque la Russie cherchait des moyens de moderniser son arsenal face à des ressources limitée.
Les concepteurs russes présentent les armes classiques comme les Tokarev, Korovine, Makarov et Stechkin aux actuels Serdyakov, Yarygin, Oudav, Lebedev, etc. Les nouveaux pistolets d'assaut comme les armes spéciales ne sont pas oubliés. Parmi les développements récents, on trouve le PPK-20. D’après l’armurier , le PPK-20 a été conçu sur la base du pistolet-mitrailleur Vityaz-SN, mis en service au sein des forces armées russes à partir de 2008. Et par rapport à ce dernier, il affiche des performances nettement supérieures, avec une portée de 360 mètres [contre 200 mètres]. En cas d’éjection au-dessus d’un territoire hostile, les pilotes et autres navigateurs disposent d’armes individuelles pour assurer leur autodéfense, avant l’arrivée d’une équipe CSAR. Et la tendance est actuellement de leur doter une puissance de feu accrue, qui va au-delà du seul pistolet.
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