La place des Frères Viseur, située à Divion, est un lieu chargé d'histoire, intimement lié à la vie de la communauté minière locale. Cet article explore l'histoire de cette place, en se concentrant sur les événements marquants qui s'y sont déroulés, notamment les festivités et les tragédies minières qui ont façonné son identité.
Un Lieu de Festivités et de Rassemblement
La place des Frères Viseur est avant tout un lieu de rassemblement pour les habitants de Divion, en particulier ceux du quartier de La Clarence. Elle est située à proximité de l'École Curie et de l'église, ce qui en fait un point central de la vie communautaire.
Le samedi 19 juin 1954, la place était en fête pour la ducasse de La Clarence. Les manèges avaient envahi l'espace, et un grand bal populaire clôturait la journée. Cette fête, moment de joie et de convivialité, permettait aux familles minières de se réunir et de célébrer. C'était l'occasion d'inviter la parenté, de jouer, de danser et de profiter d'un jour de répit dans un quotidien souvent difficile.
Aujourd'hui encore, la place continue d'accueillir des événements festifs. Par exemple, un marché aux puces se tient régulièrement sur la place, offrant originalité et convivialité aux visiteurs. Des spectacles pyrotechniques et des démonstrations d'artisanat, comme la confiserie sculptée, y sont également organisés.
Les Catastrophes Minières : Un Deuil Profond
La joie et l'animation de la place des Frères Viseur contrastent tragiquement avec les événements sombres qui ont marqué l'histoire minière de Divion. La fosse 1-1 bis, voisine de la place, était l'une des plus profondes et des plus grisouteuses d'Europe. Plusieurs catastrophes y ont endeuillé la communauté minière.
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La Catastrophe du 19 Juin 1954
Au fond de la fosse 1-1 bis, le poste de nuit touchait à sa fin. Soudain, à 4h15, une violente explosion ébranla la taille Rosalie, à -875 mètres. Dix mineurs furent tués, et deux autres gravement blessés. L'éboulement consécutif à l'explosion rendit la remontée des corps difficile, le dernier n'étant remonté que le mardi matin. Les funérailles eurent lieu le jeudi 24 juin à Divion.
Cette catastrophe était la seconde due au grisou à la fosse 1, après celle du 3 septembre 1912, qui avait fait 79 morts et 23 blessés. Malgré une modernisation en 1951, la fosse restait dangereuse, et une évacuation avait même eu lieu une semaine avant l'explosion en raison d'une accumulation de grisou.
L'Effondrement du 21 Juin 1954
Quelques jours plus tard, le 21 juin, une autre tragédie frappa la mine. À 20h15, six mineurs, dont cinq ouvriers marocains, consolidaient le toit d'une petite taille à -550 mètres lorsqu'un éboulement se produisit. Malgré l'arrivée rapide des secours, les six mineurs furent retrouvés décédés. Les obsèques du chef de taille eurent lieu à Annezin le lundi 25 juin au matin.
L'Accident de la Cage d'Ascenseur du 17 Juin 1954
Quelques jours auparavant, le 17 juin, un autre accident avait coûté la vie à cinq mineurs. À 22h15, 27 mineurs entamaient leur descente pour le poste de nuit dans la cage d'ascenseur. En raison d'un choc plus violent qu'à l'accoutumée, les portillons de sécurité de la cage s'ouvrirent, et cinq mineurs chutèrent dans le vide. Leurs corps furent retrouvés au fond du puits.
Hommages et Réflexions
Ces catastrophes minières ont suscité une vive émotion et de nombreuses réflexions au sein de la communauté. Lors des hommages rendus aux victimes, plusieurs personnalités ont pris la parole, dont M. Roland Cressent, maire de Divion, des représentants syndicaux (M. Joseph Sauty de la C.F.T.C., M. Morel de F.O., et M. Léon Delfosse de la C.G.T.), et M. Verret, Président du Conseil d'Administration des H.B.N.P.C.
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Les discours ont souligné la bravoure et l'ardeur au travail des mineurs, tout en dénonçant les conditions de travail dangereuses et le manque de mesures de sécurité. Les syndicats ont réclamé une enquête approfondie pour déterminer les causes des catastrophes et punir les responsables.
Témoignages et Souvenirs
Les témoignages des rescapés, comme celui de Gaston Thellier, sont poignants. Thellier, qui a survécu à l'explosion du 19 juin, a décrit l'horreur de l'événement et la peur de mourir. Son témoignage, ainsi que ceux des familles des victimes, contribuent à perpétuer la mémoire de ces tragédies.
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