L'amélioration des compétences de tir est cruciale pour les forces de l'ordre, garantissant à la fois la sécurité du policier et l'efficacité lors des interventions. Cet article explore les techniques de position de tir, les aspects essentiels de la formation, et les considérations importantes pour les policiers.
Importance de la formation continue
La formation régulière est la clé de l'amélioration des compétences de tir. Il est essentiel de rechercher des instructeurs qualifiés et certifiés en tir pour guider la formation. La formation doit inclure les bases, telles que la position de tir, la prise en main de l'arme, la visée et la respiration. Des séances de tir à sec peuvent aider à améliorer la manipulation de l'arme sans munitions. Il est important de se concentrer à la fois sur la précision et la vitesse, et de s'entraîner dans des situations de terrain réalistes. La gestion du stress doit également être intégrée à la formation.
Il est impératif de toujours suivre les protocoles de sécurité stricts lors des séances de tir. L'entraînement répétitif et régulier est essentiel pour maintenir et améliorer les compétences de tir.
Dans le Tarn, par exemple, les 300 fonctionnaires de police actifs suivent des séances de tir réglementées et contrôlées. Ces séances sont encadrées par un binôme, avec une priorité mise sur le rappel du cadre légal. Le Tarn compte trois formateurs aux techniques de sécurité en intervention (TSI) qui délivrent les habilitations, entraînent aux gestes techniques et encadrent les stages de tir.
Choix de l'arme
Le choix de l'arme, qu'il s'agisse d'une arme de poing ou d'une arme d'épaule, dépend de la sensibilité individuelle du policier. L'arme de dotation standard est souvent un Sig Sauer SP 20-22, qui suit le policier tout au long de sa carrière.
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Techniques de tir essentielles
Plusieurs techniques sont essentielles pour un tir précis et efficace :
Respiration
La respiration joue un rôle crucial dans la stabilité du tireur. Les mouvements engendrés par la respiration peuvent nuire à la précision du tir. Il est donc important de contrôler sa respiration pendant la visée et le tir. Au niveau de la respiration, chacun comprendra que le geste du tireur s’accommode mal des ” bougers ” qu’elle peut engendrer.
Vision
La vision est un autre élément clé. Un œil domine l'autre : c'est l'œil directeur. Il est recommandé de tirer en ayant les deux yeux ouverts. L’œil humain possède de nombreuses facultés mais il ne sait pas voir simultanément net de près et de loin. Puisqu’il faut, pour viser, aligner plusieurs éléments situés à différentes distances, le tireur devra faire un choix. Un léger écart par rapport au visuel, de l’ensemble des instruments de visée bien alignés entre eux, se traduira par un faible écart en cible. Par contre, un alignement imprécis des instruments de visée se traduira par un écart très important en cible. Au pistolet, il est donc préférable de régler son arme pour toucher plus haut que le point visé et de voir se détacher parfaitement les instruments de visée sur le fond blanc du carton. La marge de blanc est une référence de placement de la visée autour de laquelle vous allez décrire de petits mouvements oscillants résultants du contrôle de votre stabilité.
Pour identifier l'œil directeur :
- Regardez la cible, les deux yeux ouverts, à travers un trou percé dans un carton et fermez successivement un œil puis l’autre.
- Pointez un doigt, les deux yeux ouverts, sur une cible et fermez successivement un œil puis l’autre.
Lâcher
Le lâcher est une phase déterminante de la séquence de tir. Un bon lâcher laisse l'arme stable au départ du coup ou n'amplifie pas ses mouvements si elle bouge légèrement. Ce défaut, courant au stade de l'initiation, est très limitant dans la progression du tireur. La partie la plus sensible de l’index se situe au niveau de la pulpe de la dernière phalange (ou phalangette). Il existe deux types de détente :
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- La détente filante : la course de la queue de détente n’offre aucun repère entre la position d’origine et le départ du coup. Elle est ressentie comme un glissement uniforme.
- La détente à bossette : la course de la queue de détente s’effectue sous faible pression dans un premier temps (pré-course) jusqu’à un point dur (bossette). A partir de ce point, la pression nécessaire au départ du coup sera plus importante.
Une technique pour éviter d’anticiper le départ du coup consiste à se répéter « PREEEESSSSSSSSSER » lorsque vous appuyez sur la queue de détente.
Suivi
Le suivi est la prolongation, au-delà du départ du coup, de toutes les actions qui en sont à l'origine (position, visée, lâcher).
Réglage de l'arme et analyse des impacts
Une balle annoncée dans la certitude que tout était parfait se dit ” bien partie ” ce qui ne signifie pas que ce soit un dix si l’arme n’est pas encore réglée à la vue du tireur. On appelle ” point moyen “, le milieu d’un ensemble d’impacts. Le principe est simple : avec quatre ou cinq clics (selon les constructeurs), vous déplacez votre tir d’une zone. Elle consiste à décaler le guidon par rapport à la hausse.
Position de tir
La position de tir est essentielle pour la stabilité et la précision. Voici les étapes pour adopter une bonne position de tir :
- Se mettre face à l’objectif
- Écarter les jambes à la largeur des épaules, pieds parallèles
- Avancer le pied coté main faible d’environ 30 cm
- Gardez la tête droite sans avoir le corps raide
- Pointez votre arme vers votre objectif, épaules légèrement penché en avant
- Prenez une visée.
- RELÂCHEZ LA VISÉE SANS BOUGER LES PIEDSFermez les yeux et faites le mouvement de prise de visée.
- Ouvrez les yeux. Si vous êtes en cible, c’est bon.
L'essentiel est de se sentir aussi bien que stable. La pointe du pied gauche doit être en direction de la cible.
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Pointage
Le pointage consiste à créer une ligne droite qui part de l'œil directeur (l'autre restant ouvert), court le long du bras, du poignet, de l'arme et jusqu'à la cible. L'épaule gauche est légèrement en avant et les muscles de l'épaule droite sont collés contre la joue. On fait "monter la viande" vers la joue, mais sans tirer l'ensemble du bras en arrière.
Prise en main de l'arme
Il faut empoigner l'arme, la monter à hauteur des yeux, en effaçant un peu l'épaule droite, dont la masse musculaire vient faire un gâté à la joue droite. Ceci laisse la place à la main gauche de venir envelopper la dextre qui tient l'arme. Ce contact est ferme, et sans laisser de jour. Le bras qui tient l'arme pousse en avant, celui qui ne tient pas l'arme tire en arrière, ce qui met l'arme "à l'étau". Les pouces doivent être parallèles, en général superposés. Une fois la position prise, serrez légèrement les coudes.
Entraînement Vidéo Assisté (EVA)
L'entraînement vidéo assisté (EVA) est un outil innovant qui permet aux policiers de s'entraîner à tirer dans des conditions proches de la réalité. Ce programme, inventé par un policier, plonge les fonctionnaires dans des scènes de la vie de tous les jours, les incitant à l'analyse et à la prise de décision rapide.
Importance de l'expérience et du cadre légal
L’envie d’aider les collègues, corriger leurs techniques, partager leur expérience avec un discours cohérent, guide les formateurs au quotidien. Le cadre légal est systématiquement rappelé et ressassé.
Nathalie Fabre, responsable du Centre départemental des stages et de la formation du Tarn, souligne que « tout le monde n’a pas la même approche de l’arme. Mais il n’y a pas de compétition par rapport à l’arme. C’est plutôt du plaisir pour certains, cela fait partie du métier pour d’autres. » L’arme est indispensable pour la sécurité du fonctionnaire et pour éviter toute bavure.
Le commandant Sintes précise que « dans une carrière, utiliser son arme, c’est rare.
Déroulement d'une session de tir
En session de tir, le port des lunettes, du casque intégré et du gilet pare-balles est imposé. Selon l’exercice, le stand de tir est aménagé en créant des situations, en extérieur. Le tireur est toujours encadré par un formateur. L’exercice est réalisé en fonction du ressenti du formateur et dure deux heures, avec un rappel du montage, du démontage et du nettoyage de l’arme. L’exercice peut partir d’une situation de riposte, avec des abris simulés pour se protéger. L’objectif est de se soustraire à l’agression tout en ripostant.
Armes et formation continue
Les armes soumises à une formation continue régulière incluent l’UMP 9 (pistolet-mitrailleur) et le HKG 36 (fusil d’assaut), utilisé par les fonctionnaires affectés en brigade anticriminalité notamment, ainsi qu’aux formateurs.
Aujourd'hui, après avoir été formé à l'utilisation d'armes de poing en école de police, chaque policier doit effectuer trois séances de tirs par an, avec 90 cartouches tirées au total. Ces séances font partie des 12 heures - portées à 15 depuis début 2022, selon le commandant Delenclos - de formation continue aux "techniques et à la sécurité en intervention".
Linda Kebbab, syndicaliste d'Unité-SGP, juge cela "insuffisant". "Personne ne peut prétendre être un bon tireur avec trois séances de tirs par an".
Impact de la formation sur la sécurité
Thierry Collas, formateur à l'école de police de Nîmes et délégué zonal UNSA, explique qu' "un policier mieux formé a moins peur sur la voie publique" et peut mieux assurer sa sécurité et celle des citoyens.
Arme de service et usage
L’arme de service, qui ne doit être utilisée qu’en dernier recours, matérialise le tabou d’une violence potentiellement mortelle infligée par des agents de l’État. C’est le symbole de leur pouvoir, inspirant la crainte ou la curiosité. L’essentiel des policiers et gendarmes français sont équipés du Sig Sauer Pro 2022, un pistolet semi-automatique noir à quinze cartouches.
En 2017, en France, la police a tiré 394 fois, contre 91 pour la gendarmerie. L’IGPN explique cette augmentation notamment par « une hausse […] des tirs en direction des véhicules en mouvement fonçant sur les policiers ou susceptibles de blesser des tiers ».
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