Techniques de tir en position tactique : précision, maîtrise et sécurité

Depuis l'apparition de la poudre noire en Europe et des premiers canons au XIVe siècle, les armées ont cherché à maîtriser le tir, tant en précision qu'en concentration des effets, afin d'imposer leur supériorité sur le champ de bataille. Aujourd'hui encore, le tir reste au cœur de la capacité opérationnelle de l'armée de Terre, symbolisant la fonction ultime du soldat : vaincre l'adversaire par l'emploi des armes pour accomplir la mission confiée. Infanterie, cavalerie, artillerie… des matériels toujours plus sophistiqués ne suffisent pas. Les soldats doivent être capables d'intégrer efficacement dans leur manœuvre la précision, la portée et les effets. De la technique à la tactique, la maîtrise du tir individuel, collectif et interarmes doit être acquise, entretenue et contrôlée à tous les niveaux. Le tir sportif, discipline passionnante qui demande rigueur et précision, exige un entraînement régulier et l'adoption de techniques appropriées pour progresser rapidement.

Les fondamentaux du tir

Pour exceller en tir, il est essentiel de maîtriser les fondamentaux. La posture joue un rôle central dans la précision de chaque tir. Adopter une position stable et confortable permet de mieux contrôler son arme et d’aligner correctement les organes de visée. L’importance du maintien après le départ du coup ne doit pas être sous-estimée. Que ce soit avec un fusil ou un pistolet, maintenir la visée après le tir permet de minimiser les mouvements parasites. Enfin, il est essentiel de gérer la tension et le relâchement pendant le tir. Trop de tension peut nuire à la précision, tandis qu’un bon relâchement permet d’optimiser chaque séquence de tir.

La posture : clé de la stabilité

La stabilité est la clé d'une bonne position. La position du tireur est en position debout. A quelques exceptions près, le tireur peut s'accroupir pour des tirs à la rafle à courte distance. Dans le tir au fer, les positions du buste, des jambes et des appuis sont très variables. Le tireur au fer est en majorité légèrement penché en avant. Le tireur à la rafle accentue la flexion des genoux et du buste.

Plusieurs attitudes caractéristiques se retrouvent dans le choix de la position des pieds du tireur :

  1. Appuis serrés
  2. Appuis décalés
  3. Appuis très larges

On peut noter toutefois une tendance majoritaire à se tenir sur des appuis très décalés et parfois très larges notamment chez les jeunes à la recherche d'un meilleur équilibre.

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La position du tireur doit être stable, peu contraignante et reproductible tout au long du match. Elle doit être construite, stable et endurante. Vue de l'extérieur, elle doit apparaître naturelle et facile à prendre, avec le corps relativement droit, les pieds écartés de la largeur des épaules, le bassin naturellement posé et un léger verrouillage des abdominaux. Les plans des épaules, du bassin et des pieds doivent être alignés, sans vrille. La tête est naturellement tournée vers la cible, et l'arme est alignée avec l'œil au niveau de la hauteur et de l'axe de la ligne de visée.

La prise de position se déroule en plusieurs phases :

  • Le bas du corps : Les pieds écartés de la largeur des épaules, face à la cible.
  • La prise de l'arme : Comment chausser son arme ? (Chausser l'arme by Rink )
  • Haut du corps : Le plan des pieds, le plan du bassin et le plan des épaules sont alignés / empilés. Tourner la tête. Vérifier le serrage de la crosse. Penser au gainage du poignet. Tassement (osseux). Vérification du placement face à la cible (sinon translation). Vérification de l'axe de la cible (sinon rotation des pieds).

La tête, une fois en position, ne doit plus bouger (fixation de la tête). L'autre main (dite main faible) est à positionner naturellement sur le côté, dans la poche ou sur une ceinture. Les pieds sont alignés et l'écartement est sensiblement celui des épaules.

La position du doigt sur la queue de détente est cruciale : le doigt est positionné pour que la queue de détente soit au milieu de la phalangette.

Il est important de ne pas mordre le cercle de lancer, ni derrière, ni devant, ni latéralement. Il faut éviter d'être en déséquilibre avant en soulevant les pieds, et ne pas faire "le pas".

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La respiration : un allié pour la stabilité

La respiration joue un rôle déterminant dans la précision du tir. Apprendre à contrôler sa respiration permet de stabiliser le corps et de réduire les mouvements parasites. Une technique efficace consiste à inspirer profondément, à retenir son souffle pendant quelques secondes, puis à expirer lentement tout en maintenant la visée. Pratiquer des exercices de respiration régulièrement peut également aider à gérer le stress et à améliorer la concentration. Par exemple, des séances de méditation ou de yoga peuvent renforcer la capacité à rester calme et focalisé sur la cible.

Au niveau de la respiration, chacun comprendra que le geste du tireur s’accommode mal des ” bougers ” qu’elle peut engendrer.

La visée : alignement et choix

Au niveau de la vision, un œil domine l’autre : c’est l’œil directeur. Pour le déterminer :

  • regardez la cible, les deux yeux ouverts, à travers un trou percé dans un carton et fermez successivement un œil puis l’autre.
  • pointez un doigt, les deux yeux ouverts, sur une cible et fermez successivement un œil puis l’autre.

A la question de savoir s’il faut accorder une priorité à cet œil directeur au détriment de la latéralisation du tireur, la réponse est non. Il est recommandé de tirer en ayant les deux yeux ouverts. L’œil humain possède de nombreuses facultés mais il ne sait pas voir simultanément net de près et de loin. Pour s’en convaincre, il suffit de pointer le doigt sur la cible et de voir avec netteté, d’abord le doigt, puis la cible et ensuite essayer de voir net les deux à la fois. C’est impossible ! Puisqu’il faut, pour viser, aligner plusieurs éléments situés à différentes distances, le tireur devra faire un choix. En effet, un léger écart par rapport au visuel, de l’ensemble des instruments de visée bien alignés entre eux, se traduira par un faible écart en cible. Par contre, un alignement imprécis des instruments de visée se traduira par un écart très important en cible. Il serait à priori logique de viser le centre du visuel pour atteindre le 10 au pistolet ou d’utiliser un guidon qui cerne exactement l’image du visuel à la carabine. Mais dans ce cas, les instruments de visée de l’arme, qui sont noirs, se détacheraient mal sur le noir du visuel. Au pistolet, il est donc préférable de régler son arme pour toucher plus haut que le point visé et de voir se détacher parfaitement les instruments de visée sur le fond blanc du carton. La marge de blanc est une référence de placement de la visée autour de laquelle vous allez décrire de petits mouvements oscillants résultants du contrôle de votre stabilité.

Le lâcher : un geste déterminant

C’est une phase déterminante de la séquence de tir : un bon lâcher laisse l’arme stable au départ du coup ou n’amplifie pas ses mouvements si elle bouge légèrement. Ce défaut, courant au stade de l’initiation, est très limitant dans la progression du tireur. La partie la plus sensible de l’index se situe au niveau de la pulpe de la dernière phalange (ou phalangette).

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Il existe différents types de détente :

  • la détente filante : la course de la queue de détente n’offre aucun repère entre la position d’origine et le départ du coup. Elle est ressentie comme un glissement uniforme.
  • la détente à bossette : la course de la queue de détente s’effectue sous faible pression dans un premier temps (pré-course) jusqu’à un point dur (bossette). A partir de ce point, la pression nécessaire au départ du coup sera plus importante.

Le suivi : prolonger l'action

C’est la prolongation, au delà du départ du coup, de toutes les actions qui en sont à l’origine (position, visée, lâcher).

Ajustements et corrections

Une balle annoncée dans la certitude que tout était parfait se dit ” bien partie ” ce qui ne signifie pas que ce soit un dix si l’arme n’est pas encore réglée à la vue du tireur. On appelle ” point moyen “, le milieu d’un ensemble d’impacts.

Le principe est simple. Avec quatre ou cinq clics (selon les constructeurs) vous déplacez votre tir d’une zone. Elle consiste à décaler le guidon par rapport à la hausse.

Entraînement et progression

Un entraînement régulier est la clé de la progression. Il est recommandé de s’entraîner au moins une fois par semaine pour éviter la stagnation. Utiliser un carnet de tir permet de suivre ses résultats et d’analyser ses erreurs. Les exercices spécifiques sont essentiels pour travailler les différentes phases du tir. Par exemple, pratiquer le départ du coup avec un fusil aide à minimiser les mouvements parasites. Pour le pistolet, l’accent doit être mis sur la visée et l’alignement des organes de visée. La gestion de la concentration est par ailleurs importante. Des exercices de relâchement et de préparation mentale peuvent aider à rester focalisé sur la cible. L’endurance physique et mentale joue un rôle important dans la performance globale.

Pour progresser en tir, il faut savoir analyser ses résultats. Utiliser un carnet de tir permet de suivre ses performances et d’identifier les erreurs récurrentes. L’analyse des erreurs doit être suivie d’une correction ciblée. Par exemple, si un tireur constate des problèmes de visée, il peut se concentrer sur des exercices spécifiques pour améliorer l’alignement des organes de visée. Enfin, il est essentiel de rester motivé et de persévérer. La discipline et la vigilance sont des qualités indispensables pour progresser en tir.

Exercices d'entraînement

Des idées pour les entrainements:

  • Exercice : Construire sa position

Mettre de l'exigence dans la construction de ta position. ➽ Se sentir droit et stable dans sa position ➽ Variante : travailler devant un miroir➽ Option: se filmer pour s'observer en expliquant (par la voix) chaque phase de la construction de la position➽ Option: travailler à deux pour s'observer mutuellement

  • Exercice : La position des pieds

Essayer différentes positions des pieds ➽ tirer 10 plombs dans les situation suivantes (et en tirer conclusion)➽ Les pieds joints➽ les pieds écartés de la largeur des épaules➽ Les pieds très écartés

  • Exercice : Le poids du corps

Essayer différentes positions de répartition du poids du corps sur les pieds ➽ tirer 10 plombs dans les situation suivantes (et en tirer conclusion)➽ Poids du corps en avant➽ Poids du corps en arrière➽ Poids du corps équilibre entre l'avant et l'arrière➽ Poids du corps légèrement en avant➽ poids du corps sur le pied droit➽ poids du corps sur le pied gauche➽ Poids du corps équilibre entre la droite et la gauche

  • Exercice : Construire toujours la même position

Mettre de l'exigence dans la construction de ta position. Tous les deux coups, quitter sa position et faire quelques pas; puis reconstruire la position avec exigence.➽ Se sentir droit et stable dans sa position, reconstruire la position à l'identique à chaque fois➽ Variante : travailler devant un miroir➽ Option: se filmer pour s'observer en expliquant (par la voix) chaque phase de la construction de la position➽ Option: travailler à deux pour s'observer mutuellement

  • Exercice : Ecrire sa séquence de tir

Dans son carnet de tir, écrire la séquence de tir du jour avec le plus de détails sur la construction de la position➽ écrire sa séquence de tir c'est :➽ être capable de la verbaliser, de la décrire avec des mots➽ la mémoriser➽ c'est pouvoir la relire dans les entrainements, les matchs ou les moments de concentration

  • Exercice : chausser son arme

Apprendre à chausser son arme de façon constante Comment chausser son arme ?

Préparation physique et mentale

Le tonus musculaire est essentiel pour maintenir une posture stable et efficace. En travaillant sur le renforcement des muscles du dos, des bras et des jambes, vous pouvez améliorer votre endurance et votre capacité à maintenir la visée sur la cible. La coordination entre les différentes parties du corps est déterminante pour un tir précis. Travailler sur la séquence de tir, c’est-à-dire l’enchaînement des mouvements depuis la prise de l’arme jusqu’au départ du coup, permet de minimiser les erreurs et d’optimiser chaque tir.

La vigilance est un aspect souvent négligé mais déterminant pour progresser en tir. Rester attentif à chaque détail, depuis la posture jusqu’à la visée, permet d’identifier rapidement les erreurs et de les corriger. La préparation mentale est tout aussi importante que la préparation physique. Visualiser chaque séquence de tir, se fixer des objectifs clairs et rester positif peut grandement améliorer vos résultats. Gérer le stress avant une compétition est essentiel pour maintenir la concentration et la performance. Des techniques de respiration profonde, combinées à une visualisation positive, peuvent aider à apaiser les nerfs. Pour améliorer la précision, il est bénéfique de pratiquer des exercices de tir à sec, qui permettent de travailler la séquence de mouvements sans avoir à tirer. De plus, intégrer des séances de musculation ciblant le haut du corps renforcera votre stabilité et votre contrôle lors des tirs.

Le tir tactique : au-delà de la précision

Fun shoot ou fun tir sont des évènements trop peu rependus au sein de nos clubs FFTir. Pourtant ces activités mériteraient de venir rompre l’ennui dans nos stands. Le tir statique en poste sur un pas de tir 25 et 50 mètres a sa limite. Il permet certes d’intégrer les 4 règles de sécurité ACDC (ou ANGE), de forger les 5 principes fondamentaux du tir, et bien-entendu d’optimiser sa précision, mais cela peut rapidement ennuyer ceux qui pratiquent régulièrement des sessions de tir (toutes les semaines). Les séances de tir sur un pas de 25 m c’est ennuyant à la longue, et cela ne permet pas vraiment de développer la responsabilité d’un propriétaire d’arme. Pour moi, détenir une arme est une responsabilité forte à laquelle nous ne sommes pas préparé par les standards fédéraux et législatifs. Etre informé et éclairé de manière théorique par la lecture n’est pas suffisant, et nécessite un conditionnement pratique.

NTTC (Nouvelle Technique de Tir de Combat)

La NTTC (Nouvelle Technique de Tir de Combat) a pour origine les recherches d’un officier de l’US Army, Chuck Taylor, vétéran du Vietnam. Son expérience l’a mené à la réflexion suivante : l’instruction militaire classique, qui privilégie le tir à la cible et le tir de combat dans un environnement artificiel, engendre des réflexes souvent suivis de conséquences fatales au combat. Or les réflexes conditionnés jouent un rôle déterminant sous stress. Aussi la technique du drill devient un levier de progression idéal quand il s’agit d’appliquer sous stress des fondamentaux acquis à l’instruction et qui auront fait l’objet de mécanisations. L’enjeu de cette nouvelle méthode est donc d’enseigner dès le début de la formation des manipulations exactes, simples et cohérentes qui permettront non seulement d’engager son arme en cas de besoin, mais également de vivre pendant des jours, voire des mois, en toute sécurité.

Il est maintenant évident pour moi, qu’il faut effectuer des séances d’entrainements et de recyclages de ces techniques NTTC régulièrement. C’est la répétition qui permettra de conserver les acquis de cette première formation IBP/ICP (Pistolet). Le drill à sec, les munitions inertes, le système Mantis et la projection mentale devront permettre de maintenir un minimum d’automatisme entre chaque session d’entrainement (3 à 4 fois par an). C’est une expérience ultra-enrichissante en terme d’immersion, prenant en compte la compréhension d’une situation et votre réaction.

On peut donc considérer que l’homologation d’un stand est lié au type d’usage de l’installation, plus qu’aux prérogatives d’accès aux stands eux-mêmes. Utilisation d’armes de catégorie B pour faire du NTTC ou du tir de défense ? Pour ma part, je trouve cette situation ambiguë. Je comprends surtout qu’un stand sportif réponds à des usages encadrés par son homologation, et donc des caractéristiques techniques spécifiques avec des dispositifs et protections dépendant entre autre aux calibres et aux distances de tir (pièges à balles, rideaux anti-ricochets …).

Le tir à la pétanque : une autre forme de tir tactique

Bien que différent du tir aux armes à feu, le tir à la pétanque offre également une dimension tactique intéressante.

Pourquoi tirer à la pétanque?

  • Pour chasser la ou les boules adverses afin de gagner le point ou défendre le sien.
  • Pour chasser des boules adverses afin d'augmenter son capital de point à la fin de la mène.
  • Pour détruire le jeu en chassant le but pour l'annuler.

Sur le plan tactique, le tir permet de:

  • conserver, retrouver l'avantage ou mieux encore l'augmenter par l'apport d'un carreau ou d'un palet.
  • limiter les pertes dans une mène en situation de désavantage.

Techniques de tir à la pétanque

Les différentes techniques de tir :

  • Les tirs de base:
    • Le tir de rafle (longue et courte)
    • Le tir au fer
  • Les tirs "plus":
    • Le palet
    • Le carreau
  • Les tirs "techniques":
    • Le tir au but
    • Le tir à la sautée
    • La boule latérale
    • Aux boules collées
    • à la raflette ou la "refente"

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