Tentative d'assassinat de Donald Trump en Pennsylvanie : le point sur l'enquête

La tentative d'assassinat de Donald Trump lors d'un meeting en Pennsylvanie a suscité une onde de choc aux États-Unis et dans le monde entier. L'incident, survenu le samedi 13 juillet, a relancé le débat sur la sécurité des personnalités politiques et a soulevé des questions sur les motivations du tireur.

Chronologie des événements

Selon la chaîne américaine NBC News, Thomas Matthew Crooks, le jeune homme de 20 ans identifié comme l'auteur de la fusillade, s'était rendu sur le site du meeting de Donald Trump quelques jours avant l'événement pour repérer les lieux.

Le jour de l'attentat, Crooks a été repéré une heure avant la fusillade par les services de sécurité. Selon le sénateur John Barrasso, il avait un télémètre et un sac à dos, mais les services secrets l'ont perdu de vue.

Selon une source des forces de l’ordre locales, un tireur d'élite de la police locale a repéré Crooks observant le bâtiment et regardant dans un télémètre, un instrument couramment utilisé par les tireurs d'élite pour déterminer la distance d'une cible. Le tireur d'élite l’aurait pris en photo et aurait immédiatement contacté par radio le poste de commandement. Les autorités auraient alors perdu la trace du suspect, qui serait réapparu plus tard avec un sac à dos. Selon CBS, des renforts sont alors appelés. Deux policiers municipaux auraient tenté de grimper sur le toit où Crooks a déjà pris position. Le suspect aurait alors pointé son fusil vers le premier policier qui a lâché prise, tombant du toit.

Alors que Donald Trump débutait son discours devant des milliers de partisans, des coups de feu ont retenti. Donald Trump a été légèrement touché à l'oreille, tandis qu'un spectateur a été tué et deux autres grièvement blessés. Crooks a été abattu par les tireurs d'élite des services secrets.

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L'enquête et les découvertes

Après la fusillade, les enquêteurs ont trouvé dans la voiture de Crooks un gilet pare-balles, trois chargeurs neufs contenant une centaine de munitions et deux engins explosifs télécommandés, selon CNN. Le FBI a interrogé plus de 200 personnes, analysé plus de 14 000 images et examiné le téléphone portable de Crooks. Selon le quotidien israélien Haaretz, la police fédérale aurait eu recours à une technologie israélienne de la société Cellebrite pour déverrouiller l'appareil.

D'après le New York Times, le jeune homme aurait recherché des photos de Trump comme de Biden, et les dates des meetings des deux candidats à la présidentielle.

Les investigations sur les allées et venues de Crooks dans les jours précédant l’attentat ont montré des préparatifs méthodiques, quoique de dernière minute. Vendredi, la veille du meeting, il est allé s’entraîner au club de tir dont il était membre. Samedi matin, il s’est rendu dans un magasin de bricolage où il a acheté une échelle de 1,50 mètre de hauteur. Puis, dans une armurerie, il a acheté 50 cartouches de munitions. Il a ensuite conduit environ une heure vers le nord, jusqu’à Butler, où il a garé sa voiture à l’extérieur du périmètre de sécurité. Il aurait utilisé l’échelle pour monter sur le toit du bâtiment d’où il a fait feu à au moins cinq reprises avant d’être abattu. Sous le couvert de l’anonymat, les enquêteurs ont aussi affirmé qu’il portait sur lui un détonateur à distance, alors que le coffre de sa voiture contenait une boîte d’explosifs reliée par des fils à un récepteur.

Le FBI a réussi à extraire les données du téléphone de Thomas Matthew Crooks. Ils n’y ont rien trouvé que de très classique s’agissant d’un jeune homme de 20 ans, étudiant ingénieur, intéressé par le code et les jeux vidéo. Pas plus que dans son ordinateur. Aucun manifeste, aucun signe de radicalisation.

Le profil du tireur

Le FBI a identifié le tireur présumé comme étant Thomas Matthew Crooks, un jeune homme de 20 ans originaire de Bethel Park, en Pennsylvanie. Selon le Washington Post, Crooks était inscrit sur les listes électorales républicaines. Le New York Times a précisé qu’il n’avait pas d’antécédents criminels.

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Des images non vérifiées montrent le corps de l’assaillant présumé, gisant sur le toit incliné d’un bâtiment bas d’où il a tiré. De nombreux témoins ont déclaré avoir vu le tireur avant la fusillade et avoir alerté la police de Butler qui a affirmé avoir "répondu à un certain nombre de rapports d’activité suspecte", sans donner plus de précisions.

Le jeune homme a obtenu son diplôme du lycée Bethel Park en 2022, selon les médias locaux et une vidéo de la remise des diplômes de l’école qui compte environ 1 400 élèves, cités par CNN .

Les réactions politiques et l'indignation

La tentative d'assassinat a suscité une vague d'indignation dans le monde entier. Le président démocrate Joe Biden a condamné de "telles violences" et s'est dit soulagé d'apprendre que Donald Trump était apparemment en bonne santé.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est dite "profondément choquée par la fusillade qui s'est déroulée durant un meeting de campagne". Pour le président français Emmanuel Macron, "c'est un drame pour nos démocraties. La France partage le choc et l'indignation du peuple américain".

Le sénateur du Wisconsin, Ron Johnson, a qualifié le compte rendu fait par les enquêteurs devant le Sénat d'« incroyablement pauvre en information ». La sénatrice du Tennessee, Marsha Blackburn, s'est dite « consternée d'apprendre que les services secrets étaient au courant d'une menace avant que le président Trump ne monte sur scène ».

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Les questions sur la sécurité et les failles du Secret Service

L’attentat contre l’ancien président républicain le 13 juillet en Pennsylvanie aurait-il pu être évité ? C’est ce que pensent de nombreux journaux américains, qui estiment que le Secret Service, chargé de la protection de Donald Trump, a failli. “L’attentat contre Trump est l’échec le plus retentissant du Secret Service depuis des décennies”, assène The Wall Street Journal à l’unisson d’un grand nombre de journaux et de commentateurs politiques. “Au cœur de l’enquête-fleuve qui s’annonce, une question se pose : comment un tireur isolé âgé de 20 ans a-t-il pu occuper une position de tir à la vue de tous sur un toit situé à guère plus d’un terrain de football de l’ancien président ?”

Peu après la tentative d’assassinat de Donald Trump le 13 juillet lors d’un meeting à Butler, en Pennsylvanie, le président Biden a ordonné “une enquête indépendante” sur le dispositif de sécurité en place, rapporte The New York Times. “Fondé en 1865, le Secret Service est censé empêcher les attaques de ce type, et des dizaines d’agents étaient déployés sur place samedi, écrit USA Today. En tant qu’ancien président et candidat présomptif des républicains à la présidence, les apparitions en public de Trump sont gérées par le Secret Service, qui travaille avec les forces de l’ordre locales pour mettre au point des plans de sécurité et des protocoles de contrôle de la foule.”

Selon CBS News, “l’équipe du Secret Service chargée de la sécurité de Trump a eu droit à des renforts prévus par le protocole pour les candidats présomptifs, du fait Offres spécialesPour lire la suite de cet article, abonnez-vous Abonnez-vous et accédez à :l’hebdo, tous les contenus, l’application, le Réveil Courrier, les newsletters abonnés. 3,99 €/mois Sans engagement • Résiliable à tout moment Nos services

Le Secret Service estime qu’il n’était responsable que du périmètre intérieur de l’espace réservé au meeting républicain du 13 juillet en Pennsylvanie et non de la zone extérieure, où s’était positionné le tireur, confiée, elle, à la police locale.

Les tireurs d'élite et leur rôle

Lors du meeting de Donald Trump, deux tireurs d’élite ont permis de mettre hors d’état de nuire l’assaillant. Le rôle de ces tireurs d’élite est de repérer « d’éventuelles menaces sur l’environnement de la personne à protéger et d’être en mesure de la stopper », explique au Parisien Chris R, ex-instructeur du GIGN. Selon lui, les agents des services secrets se trouvaient « entre 160 et 200 mètres » du tireur, ce qui « n’est rien pour eux ».

Tentative d'assassinat et quête de statut

L'histoire nous enseigne que certaines formes de violence extrême n'ont pas de fondement idéologique. En partant en quête d'une telle motivation, on pourrait faire fausse route. Pour vraiment comprendre certains actes, mieux vaut chercher dans des recoins inexplorés.

Survivre à une tentative d'assassinat a toujours été un puissant moyen de consolider sa réputation et d'élever son statut à un rang héroïque. La popularité de Ronald Reagan aura ainsi grimpé en flèche après sa tentative d'assassinat par Hinckley. Idem pour Fidel Castro - qu'il ait survécu à nombre de complots de la CIA n'a fait que renforcer son statut de légende aux yeux de ses partisans.

L'ironie, c'est qu'en essayant d'assassiner Donald Trump, Crooks lui a offert, sans le vouloir, la meilleure occasion de montrer les mêmes qualités qui en avaient déjà fait un héros, une icône, un personnage culte. La réaction immédiate de Trump - se relever et dresser le poing vers la foule qu'importe le danger immédiat et manifeste - illustre le type de courage physique brut que notre programmation évolutionnaire associe à un leadership efficace et à un statut élevé.

La tentative de Crooks d'acquérir un statut par la violence s'est retournée contre lui de manière spectaculaire. Au lieu d'entrer dans l'histoire par la porte de l'infamie, il y a été relégué, au mieux, en note de bas de page. Son action, loin d'infléchir l'ordre social existant, l'a renforcé non seulement en élevant le statut de Trump, mais aussi et surtout en augmentant ses chances de redevenir président des États-Unis.

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