Le métier de tireur de précision, souvent entouré de mystère et de fascination, est un rôle crucial au sein des forces armées et des unités d'élite. Au-delà de l'image véhiculée par les films, il s'agit d'une spécialité exigeante qui requiert des compétences techniques pointues, une condition physique irréprochable et des qualités humaines exceptionnelles. Cet article explore en détail la définition du tireur de précision, ses missions, le parcours pour y accéder et les compétences essentielles pour exceller dans ce domaine.
Définition du Tireur de Précision
Le tireur de précision est un combattant qui, à l’aide d’un fusil de précision, délivre des feux sélectifs dans la profondeur sur des objectifs clés. Contrairement au tireur d'élite qui opère à longue distance, le tireur de précision intervient à moyenne distance pour appuyer sa section.
Missions du Tireur de Précision
Les missions du tireur de précision sont variées et cruciales pour le succès des opérations militaires et de sécurité. Elles comprennent notamment :
- Neutralisation de cibles prioritaires : Le tireur de précision est chargé d'éliminer les menaces spécifiques, telles que les tireurs ennemis, les observateurs ou les chefs de groupe, afin de protéger ses camarades et de faciliter la progression des forces amies.
- Observation et renseignement : Le tireur de précision est un observateur qualifié, capable de localiser une cible identifiée, de l’observer à distance et de collecter du renseignement afin de servir un objectif plus large. Il transmet ces informations cruciales à sa hiérarchie pour une prise de décision éclairée.
- Soutien de la section : En fournissant un appui feu précis et ciblé, le tireur de précision contribue à la sécurité et à l'efficacité de sa section lors des opérations.
- Sécurisation de zones : Le tireur de précision peut être déployé pour sécuriser des zones spécifiques, telles que des points de contrôle ou des itinéraires, en surveillant et en neutralisant les menaces potentielles.
- Protection de personnalités : Dans certaines unités, comme le GIGN, le tireur de précision assure la protection rapprochée de personnalités menacées.
Le métier de tireur d'élite ne se limite pas seulement au simple fait d'appuyer sur la gâchette d'un FRF2 et de PGM pour neutraliser des cibles longue distance. Une des missions est de changer d'emplacement après chaque tir.
Qualités Requises pour Devenir Tireur de Précision
La vie de tireur de précision n'est pas de tout repos. Si vous souhaitez embrasser une carrière de sniper, sachez que vous allez devoir vous armer d'une extrême patience car, avant de tirer et de remplir votre mission, vous serez susceptible de rester en mode observation pendant de très longues heures. Pour tenir le coup, un entraînement physique de haut niveau est indispensable. Votre condition physique doit être irréprochable car, en mission, vous allez rester en position statique très longtemps pour fixer votre cible.
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Bien entendu, votre acuité visuelle doit être parfaite. Vous devrez faire preuve d'une grande capacité de concentration mais également d'un sens aigu de l'analyse pour récolter le plus d'informations et de renseignements possibles sur la situation, de manière à les transmettre clairement à votre hiérarchie.
Le métier de tireur de précision est particulièrement stressant et dangereux. Dans les zones de guerre, votre vie même est susceptible d'être mise en jeu à la moindre erreur. De vous, dépendront aussi la réussite d'une mission et la survie des soldats sur le terrain. Vous devez avoir le sens du devoir et des responsabilités chevillé au corps. Réactivité, sang froid et efficacité doivent être vos maîtres mots.
Au-delà de ces qualités fondamentales, le tireur de précision doit posséder :
- Maîtrise du tir de précision : Une connaissance approfondie des techniques de tir, de la balistique et des facteurs environnementaux influençant la trajectoire des balles.
- Capacité d'adaptation : Être capable de s'adapter à des environnements variés et à des situations imprévues.
- Sens de l'observation : Une aptitude à détecter les détails importants et à identifier les menaces potentielles.
- Sang-froid : La capacité de garder son calme et de prendre des décisions rationnelles sous pression.
- Esprit d'équipe : Être capable de travailler en collaboration avec les autres membres de sa section et de suivre les ordres de ses supérieurs.
- Autonomie : Savoir survivre en autonomie complète durant 48 heures. Couchage, vêtements, nourriture, eau, sans compter le fusil SCAR-H, au total, les sacs oscillent entre 45 et 55 kilogrammes.
Parcours pour Devenir Tireur de Précision
Le parcours pour devenir tireur de précision est exigeant et sélectif. Il commence généralement par un engagement dans l'armée de Terre, la Marine ou la Gendarmerie.
- Engagement initial : Avant même de penser tir de précision, il faut franchir la première étape : s’engager dans l’armée de Terre. Accessible dès 17 ans et demi avec le bac ou un niveau scolaire équivalent, cette voie requiert une nationalité française, un dossier solide, une bonne condition physique et une motivation à toute épreuve. Pour entrer dans l’armée il faut : avoir entre entre 17 ans et demi et 32 ans être de nationalité française avoir un diplôme de niveau IV (bac ou équivalent). Le recrutement est réalisé sur dossier mais aussi sur la base de tests médicaux, d’évaluations sportives et psychotechniques et d’un entretien. Les jeunes recrues seront ensuite formées à l’ENSOA (École Nationale des Sous-Officiers d’Active) et pourront ensuite choisir une spécialité : infanterie, cavalerie, artillerie, etc. Dans la Marine, c’est à l’EDM (École de Maistrance) que les prétendants seront testés et formés ensuite pendant cinq mois avant de choisir leur spécialisation. Pour intégrer la gendarmerie, il est nécessaire : d’avoir le bac d’être âgé de 18 à 35 ans pour se présenter à l’une des quatre ESOG (Écoles de Sous-Officiers). Une fois accepté, le futur soldat est formé à l’ENSOA ou en régiment. Ce n’est qu’après avoir acquis de l’expérience dans un régiment que l’on peut postuler pour devenir tireur de précision. La spécialité tireur de précision est généralement accessible dans les régiments d'infanterie ou de cavalerie légère.
- Formation initiale : Les recrues suivent une formation initiale de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, au sein d'un Centre de Formation Initiale des Militaires du rang (CFIM) ou d'une École Nationale des Sous-Officiers d’Active (ENSOA). Cette formation leur inculque les bases du métier de soldat, notamment le maniement des armes, les techniques de combat, la topographie et le secourisme.
- Spécialisation : Après avoir acquis de l'expérience dans un régiment, les soldats peuvent postuler pour devenir tireur de précision. Il faut alors être repéré par sa hiérarchie, faire acte de candidature, puis réussir les sélections : tir, orientation, topographie, condition physique. Le stage TP (Tireur de Précision) dure plusieurs semaines.
- Formation de tireur de précision : Les candidats sélectionnés suivent une formation spécifique de tireur de précision, qui leur enseigne les techniques avancées de tir, l'observation, le camouflage, la communication et la survie en milieu hostile. Cette formation est dispensée par des instructeurs qualifiés et expérimentés.
Formations Complémentaires et Évolution de Carrière
Une fois tireur de précision aguerri, place à l’élite. La spécialité de tireur d'élite est accessible à partir du poste de tireur de précision. Pour cela, ils doivent en premier lieu valider la formation d’adaptation complémentaire de qualification (FACQ). L’accès au statut de TE (Tireur d’élite) ou TELD (Tireur d’élite longue distance) se fait sur sélection et recommandations. La formation des tireurs d’élite dépend essentiellement de l’unité d’élite à laquelle ils appartiennent. Ainsi, les tireurs d’élite de la Police nationale sont formés au Centre national de tir (CNT) de Montlignon par des animateurs en Activités physiques et professionnelles (APP) de la Direction des ressources et des compétences de la police nationale (DRCPN). Les snipers des Pelotons d’intervention de la gendarmerie (PI2G), des Pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) et des Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) reçoivent une formation auprès de tireurs d’élite du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIPN). Les autres unités d'élite sont, quant à elles, formées au sein du Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier.
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Le stage de formation dure jusqu'à huit semaines, entre camouflage, survie, infiltration et tirs à plus de 1000 mètres. Quatre semaines au cours desquelles les apprenants suivront : des cours théoriques des exercices pratiques (tir de combat longue distance, topographie, camouflage, infiltration). Seuls les meilleurs tireurs de précision pourront suivre la formation TELD qui dure de quatre à huit semaines.
En règle générale, un tireur d'élite commence sa carrière en tant que tireur de précision au sein d'une unité d'infanterie de l'Armée de terre. Après plusieurs années d'expérience sur le terrain, il peut espérer être promu au poste de tireur d'élite qui constitue, en quelque sorte, une consécration pour un sniper. Si vous parvenez à ce niveau d'excellence, vous disposerez alors d'une totale autonomie que ne possèdent pas les tireurs de précision. Cela signifie qu'en mission, vous serez amené à gérer votre propre survie en emportant votre nourriture, vos vêtements, vos munitions. Tout cela augmentera considérablement le poids de votre sac. Il faut également savoir qu'un tireur d'élite travaille généralement en binôme avec un observateur que l'on appelle le chef de pièce. Bien souvent, ce dernier est un ancien tireur d'élite. Si son rôle principal est de donner les corrections de tir au sniper, il peut toutefois le remplacer lorsque la mission d'observation dure plusieurs heures.
Où Exercer le Métier de Tireur de Précision ?
Outre l'armée de terre et ses unités d'infanterie, les tireurs d'élite peuvent également travailler au sein du GIGN, de l'unité d'élite de la Police nationale (RAID), du Service de protection des hautes personnalités (SPHP), de la Brigade de recherche et d'intervention - Brigade anti-commando (BRI-BAC) de la préfecture de police, de la Garde républicaine et de la Gendarmerie des transports aériens (GTA), des Pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG), des Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) ou encore du Groupe de sécurité du président de la République (GSPR). Malgré les différentes unités d'élite au sein desquelles les tireurs d'élite peuvent intervenir, le métier reste néanmoins réservé aux agents les plus performants.
Rémunération
Le salaire brut mensuel d'un débutant est d'environ 1 500€. Comme tout militaire, le salaire d’un tireur d’élite dépend du grade. Un jeune soldat débute autour de 1 550 € brut/mois. Un caporal-chef ou un sergent peut espérer entre 1 700 € et 2 000 €. Les tireurs d’élite perçoivent des primes de risques et d’opérations extérieures. Ces bonus varient de quelques centaines à plus de 1000 € selon la durée et la difficulté des missions. la rémunération en opération extérieure peut être multipliée jusqu'à 2,5.
L'importance des Fondamentaux du Tir de Précision
Au-delà de la formation et de l'équipement, la maîtrise des fondamentaux du tir de précision est essentielle pour exceller dans ce domaine.
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La Respiration
Au niveau de la respiration, chacun comprendra que le geste du tireur s’accommode mal des ” bougers ” qu’elle peut engendrer.
La Vision
Au niveau de la vision, un œil domine l’autre : c’est l’œil directeur.
- regardez la cible, les deux yeux ouverts, à travers un trou percé dans un carton et fermez successivement un œil puis l’autre.
- pointez un doigt, les deux yeux ouverts, sur une cible et fermez successivement un œil puis l’autre.
A la question de savoir s’il faut accorder une priorité à cet œil directeur au détriment de la latéralisation du tireur, la réponse est non. Il est recommandé de tirer en ayant les deux yeux ouverts. L’œil humain possède de nombreuses facultés mais il ne sait pas voir simultanément net de près et de loin. Pour s’en convaincre, il suffit de pointer le doigt sur la cible et de voir avec netteté, d’abord le doigt, puis la cible et ensuite essayer de voir net les deux à la fois. C’est impossible ! Puisqu’il faut, pour viser, aligner plusieurs éléments situés à différentes distances, le tireur devra faire un choix.
En effet, un léger écart par rapport au visuel, de l’ensemble des instruments de visée bien alignés entre eux, se traduira par un faible écart en cible. Par contre, un alignement imprécis des instruments de visée se traduira par un écart très important en cible.
Il serait à priori logique de viser le centre du visuel pour atteindre le 10 au pistolet ou d’utiliser un guidon qui cerne exactement l’image du visuel à la carabine. Mais dans ce cas, les instruments de visée de l’arme, qui sont noirs, se détacheraient mal sur le noir du visuel. Au pistolet, il est donc préférable de régler son arme pour toucher plus haut que le point visé et de voir se détacher parfaitement les instruments de visée sur le fond blanc du carton.
La marge de blanc est une référence de placement de la visée autour de laquelle vous allez décrire de petits mouvements oscillants résultants du contrôle de votre stabilité.
Le Lâcher
C’est une phase déterminante de la séquence de tir : un bon lâcher laisse l’arme stable au départ du coup ou n’amplifie pas ses mouvements si elle bouge légèrement. Ce défaut, courant au stade de l’initiation, est très limitant dans la progression du tireur. La partie la plus sensible de l’index se situe au niveau de la pulpe de la dernière phalange (ou phalangette).
Types de détente :
- la détente filante : la course de la queue de détente n’offre aucun repère entre la position d’origine et le départ du coup. Elle est ressentie comme un glissement uniforme.
- la détente à bossette : la course de la queue de détente s’effectue sous faible pression dans un premier temps (pré-course) jusqu’à un point dur (bossette). A partir de ce point, la pression nécessaire au départ du coup sera plus importante.
La Prolongation
C’est la prolongation, au delà du départ du coup, de toutes les actions qui en sont à l’origine (position, visée, lâcher).
Le Point Moyen
Une balle annoncée dans la certitude que tout était parfait se dit ” bien partie ” ce qui ne signifie pas que ce soit un dix si l’arme n’est pas encore réglée à la vue du tireur. On appelle ” point moyen “, le milieu d’un ensemble d’impacts.
Le Réglage
Le principe est simple. Avec quatre ou cinq clics (selon les constructeurs) vous déplacez votre tir d’une zone.
Le Décalage
Elle consiste à décaler le guidon par rapport à la hausse.
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