Le Stand de Tir d'Auteuil : Histoire et Héritage

L'histoire du stand de tir d'Auteuil est intimement liée à l'évolution de Paris et de sa périphérie, aux pratiques armurières et aux loisirs sportifs. Cet article explore les divers aspects de cette histoire, des fortifications aux armureries parisiennes, en passant par les stands de tir et leur rôle dans la société.

De la Porte de Billancourt au Quai Saint-Exupéry : Une Transformation Urbaine

Ce que l'on pouvait voir sur une photo des années 1920, c'était l'ancienne porte de Billancourt, avec sa grille et son bureau d'octroi. Le pont à droite était l'ancien viaduc d'Auteuil, aujourd'hui pont du Garigliano. Cet endroit, aujourd'hui le quai Saint-Exupéry, marquait jusqu'en 1925 la limite entre Paris et Boulogne-Billancourt. Aujourd'hui, cette limite est située environ 500 mètres avant, entre la tour TF1 et le périphérique.

Que s'est-il passé ? Paris a annexé 500 mètres de quais ! Outre un mur d'enceinte de 10 mètres de haut, le dispositif défensif comprenait un fossé, un talus en pente douce (la contrescarpe) et un glacis. Ce glacis était un no man’s land militaire de 250 mètres de large, non constructible pour ne laisser aucun abri à l'ennemi. Si l’enceinte se trouvait sur le territoire de Paris, le glacis était situé sur les communes voisines. On y coupait même tous les arbres afin de laisser aux défenseurs une vue large et dégagée.

Ces fortifications furent mises à l'épreuve lors de la guerre franco-prussienne et se révélèrent peu efficaces lors du siège prussien de septembre 1870. Le démantèlement de l'enceinte fut envisagé dès 1882, moins de quarante ans après sa construction. La paix revenue, la Zone fut détournée de son objectif militaire. Aux portes de Saint-Denis, Clignancourt ou Montreuil, la « Zone » vit l'installation de bidonvilles, dont les habitants étaient appelés les « zoniers » ou « zonards ». Au début du XXe siècle, leur nombre s'élevait à 30 000.

Le Projet de Stand de Tir et la Démilitarisation de la Zone

Pour l'anecdote, le Village de Billancourt a retrouvé dans les archives nationales le projet de construction d'un grand champ de tir pour officiers, de 400 mètres de long, au même endroit. Il s'agissait du projet de stand de tir de la Réunion des Officiers de l'Armée de Terre et de Mer.

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Les fortifications furent finalement déclassées par une loi du 19 avril 1919. Que faire de cette zone démilitarisée ? Les murailles furent détruites et les fossés comblés progressivement. Au début des années 1930, les remparts côté Boulogne-Billancourt avaient disparu des photos aériennes.

Faut-il rendre la zone aux communes limitrophes ? Non. Les limites de la petite couronne furent donc repoussées à celles de la Zone non aedificandi, au grand désarroi des communes qui virent leur superficie rabotée. Le décret ne prévoyait aucune indemnisation. C'est ainsi que 500 mètres de berges sur la Seine furent perdus. Boulogne-Billancourt perdit également les terrains sur lesquels furent bâtis le stade du Parc des Princes (1967), le stade Jean Bouin (1925), le stade Français, le stade Pierre de Coubertin (1937) et la piscine Molitor (1929). En tout, Paris prit 40 hectares à Boulogne-Billancourt en 1925, soit plus de 7% de sa superficie de l'époque.

Les Armureries Parisiennes : Un Aperçu Historique

Paris fut indéniablement une capitale armurière avec de grands noms : Lepage, Lefaucheux, Vidier, Modé, Flobert, Devisme, Houllier-Blanchard, Léopold Bernard, Gastinne-Renette et tant d'autres. Sur place, on fabriquait des bascules, des canons, des crosses, et l'on y inventait même de nouveaux mécanismes d'armes à feu. Les armuriers faisaient aussi venir des armes de Saint-Etienne et de Liège. De nos jours, plus aucune arme de fabrication récente ne porte le poinçon de Paris.

Vers 1900, il existait plus de 120 commerces dans le secteur de l'armurerie dans Paris intra-muros.

  • Fauré Le Page : Au 8 rue de Richelieu, dans le premier arrondissement, se tenait la boutique de Fauré Le Page, célèbre armurier parisien connu pour avoir distribué des armes à la foule pendant la révolution de 1830. Le magasin a changé plusieurs fois d'adresse et s'est reconverti dans la maroquinerie.
  • Gastinne-Renette : Au 39 avenue Franklin Roosevelt, dans le 8e arrondissement, l'armurerie Gastinne-Renette était connue pour son club de tir, ses pistolets de duel et sa réputation de luxe. Fondée en 1812, elle ferma ses portes en 2002.
  • Callens & Modé : Au 5 avenue de la Grande Armée, dans le 16e arrondissement, le magasin de Callens & Modé était placé dans la contre-allée. Il avait ouvert ses portes en 1956 pour fermer au début des années 1990.
  • Modé-Pirlet : Au 91 avenue de Richelieu, dans le 2e arrondissement, se situait la maison Modé-Pirlet. En 1913, Charles Modé avait racheté la société du célèbre fabricant Lefaucheux, puis Pirlet en 1924.
  • Pirlet : Au 24 rue du faubourg Saint-Honoré dans le 8e arrondissement, non loin du palais de l'Elysée, se situait l'armurerie Pirlet. Dans les années 1900, M. Pirlet employait une dizaine d'artisans pour réaliser la fabrication de fusils.
  • Devisme : Au 36 boulevard des Italiens dans le 9e arrondissement, Devisme, armurier et inventeur, proposait ses pistolets, carabines et fusils dans les années 1850.
  • Flobert : Au 12 boulevard Saint-Michel dans le 6e arrondissement, l'armurerie Flobert avait ouvert ses portes en 1889. Ce fut également Flobert qui déposa le brevet de la cartouche à percussion annulaire dès 1849.
  • Léopold Bernard : Nicolas Bernard, ancien chef ouvrier de la Manufacture d'Armes de Versailles, s'établit à Paris en 1821. Son fils aîné Albert Bernard s'installera à son tour dans la capitale en 1823, et sera le premier canonnier parisien à s'intéresser à la fabrication de canons au moyen de machines.
  • Houllier-Blanchard : Houllier-Blanchard, arquebusier, s'était installé à Paris au milieu du 19e siècle. Sa fabrique était installée au 36-38 rue de Cléry.
  • Vidier : En 1902, le fabricant Vidier était installé au 1 bis, rue de Chaillot. Il proposait à sa clientèle le fusil Czar, qui comportait une nouveauté exceptionnelle pour l'époque : le canon monobloc.
  • Lefaucheux : Casimir Lefaucheux avait déposé le brevet de la cartouche à broche en 1827. Eugène Lefaucheux suivra les traces de son père dans le monde de l'armurerie, avec un révolver dont il déposera le brevet en 1854.
  • Lepage Frères : L'armurerie Lepage Frères ouvrit ses portes à Paris en 1823, proposant à sa clientèle un grand choix, incluant des armes venues de Liège et de Saint-Etienne.
  • Geerinckx : Dans les années 1860, Geerinckx, successeur de Gauvain arquebusier, tenait boutique au 93 boulevard de Montparnasse.
  • Aux armes de Saint-Jean : Au 126 rue Lafayette dans le 10e arrondissement, à quelques pas de l'ancien siège du Parti Communiste, Aux armes de Saint-Jean existait depuis au moins 1936.
  • Ateliers Saint-Eloi : Fondés en 1978, les Ateliers Saint-Eloi produisirent des armes fines et de luxe pendant un quart de siècle.
  • Armes Gambetta : Armes Gambetta se trouvait 8 bis rue Belgrand dans le 20e arrondissement de Paris.

La ville d’Issy-les-Moulineaux, à proximité immédiate de Paris, était extrêmement liée au monde de l’armurerie parisienne, d’une part à cause de la présence du Banc d’Epreuve de Paris, mais aussi de la cartoucherie Gévelot.

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Le Stand de Tir Moderne : Issy-les-Moulineaux comme Exemple

Niché au cœur du quartier dynamique d'Issy-les-Moulineaux, le stand de tir local attire les amateurs et professionnels du tir sportif. La riche histoire du stand de tir à Issy-les-Moulineaux remonte à plusieurs décennies. Depuis sa création, il a évolué pour devenir une référence incontournable dans la région parisienne. À ses débuts, le site était équipé de quelques pas de tir seulement. Avec le temps, grâce au soutien du comité directeur et des membres engagés, le stand s'est agrandi et modernisé.

Le stand propose une variété de disciplines adaptées à tous les niveaux. Pour assurer une maîtrise parfaite des armes et des techniques, des sessions de formation sont régulièrement organisées. L'adhésion au club offre divers avantages, tels que l'accès illimité aux installations pendant les heures d'ouverture, et des prix réduits sur les sessions de formation et événements spéciaux.

Le comité directeur joue un rôle clé dans le maintien de standards élevés et de la bonne gestion du stand. Grâce à un niveau d'excellence maintenu, le stand accueille régulièrement des compétitions de niveau régional et national. Des ateliers spécialisés et des séminaires animés par des experts du secteur permettent aux participants de découvrir de nouvelles perspectives et d'affiner leurs compétences. Les journées portes ouvertes offrent une occasion idéale pour découvrir le stand de tir.

Les Défis et les Évolutions du Secteur de l'Armurerie

En France, plus de la moitié des armuriers ont disparu depuis les années 1950, notamment à cause du cadre législatif qui s'est progressivement durci. La disparition de nombreux importateurs et grossistes en armes de chasse et de tir a supprimé toute possibilité d'approvisionnement local pour les armuriers parisiens. De plus, dans le cadre de l'Union européenne, il faut ajouter « l'évolution » de la réglementation sur les armes, ce qui ajoute des incertitudes.

Le Tir Sportif : Une Discipline Exigeante

Le tir de précision est un sport qui demande d’énormes facultés mentales, de concentration et d’habileté. Pour enchaîner les 10, il faut être relâché et savoir contrôler son émotion. Le tir olympique se pratique avec une arme, mais ce n’est qu’un outil, un support à notre expression. Elle doit s’effacer devant les capacités mentales qui sont reines. Pour arriver à toucher le centre d’une cible, il faut de la finesse, de la stabilité et de la précision. Ces trois éléments sont conditionnés par la concentration. On recherche la coordination entre une image et l’action mentale qui va faire partir le coup. Le lâcher n’est alors que la continuité de cet intense travail.

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