Le Tir à l'Arc en Guinée: Entre Défis et Performances

Le tir à l’arc, discipline sportive consistant à tirer des flèches au centre d’une cible à l’aide d’un arc, connaît un développement particulier en Guinée. Malgré les obstacles rencontrés, les archers guinéens se distinguent et parviennent à remporter des médailles lors de compétitions internationales.

Un Sport Discret Mais Performant

Il est difficile de se faire une place dans un pays où le football déchaîne les passions. Et ce ne sont pas les archers guinéens qui diront le contraire. Depuis quelques années maintenant, ces athlètes ramènent des breloques des compétitions auxquelles ils prennent part. Le Directeur technique national de la fédération guinéenne de tir à l’arc, Sâa François Hamza Komano, attribue cette réussite au travail acharné.

Réalisations Notables

Les efforts de la fédération se concentrent sur la réalisation de performances lors des compétitions internationales, notamment sur les plans régional et zonal, afin d'atteindre les scores nécessaires pour la participation aux Jeux Olympiques. Les archers guinéens ont obtenu 65 médailles dont 22 en or, ces dernières années.

L’année 2024 a été particulièrement fructueuse, avec la participation au championnat du monde, à la Coupe du monde et au championnat d’Afrique. La Guinée détient le record d’Afrique chez les femmes en termes de performance, grâce à son athlète Fatoumata Sylla. Lors des Jeux Olympiques, elle était la seule Africaine à sortir de l’eau, une fierté pour le continent.

Formation des Administrateurs

La première session de formation des administrateurs de la fédération guinéenne de tir sportif, de loisir et de compétition, démarrée le 24 Août dernier à Conakry, s’est achevée le samedi 26 Août. La cérémonie de clôture a eu lieu dans la salle de l’académie nationale de Guinée sise au stade du 28 septembre. Elle a connu la présence des cadres du comité national olympique et sportif guinéen et du représentant du ministère de la jeunesse et des sports.

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Le porte-parole des stagiaires, Boubacar Soumah, est revenu sur les différents thèmes abordés avant de promettre de restituer à bon escient lesdits thèmes : les statuts et les règlements de la fédération guinéenne de tir sportif, l’éthique et valeur, les dispositions réglementaires et sécuritaires, le marketing et le sponsoring entre autres. L’expert Américain de la fédération internationale de tir sportif, ARTHUR PENDRAGON, s’est dit très content d’avoir échangé ses connaissances avec les participants. Le président de tir sportif, de loisir et de compétition, Madany CAMARA, a exhorté les participants à démontrer qu’ils sont dignes de confiance. Selon Elhadj Ben Daouda Nansoko, président du CNOSG, cette formation est venue à point nommé et son institution est prête à accompagner le tir sportif guinéen. Le représentant du ministre de la Jeunesse et des Sports, Salifou Alya Camara, a remercié les organisateurs et félicité les participants avant de les inviter à vulgariser cette discipline à travers le pays.

Défis Majeurs Entravant le Développement

Ce succès cache cependant beaucoup de difficultés que traversent les archers. Les archers pratiquent cette discipline sur la terre battue, un terrain inapproprié à la pratique de ce sport. Les flèches que nous utilisons le minimum c'est 5 euros l'unité pour les débutants, alors que pour les athlètes d'élite, ça va jusqu'à 35 euros et que chaque archer doit posséder 12 flèches. Par manque de soutien, les archers utilisent les cibles en cartons alors que ce sont les cibles en mousse qui sont adaptées. Ce problème d'équipement fatigue les archers et freine le développement de la discipline en Guinée.

Le développement du tir à l’arc est freiné par deux facteurs principaux :

  1. Le manque d’espace : Il n’y a pas beaucoup d’espace en Guinée. Même dans les préfectures, il est difficile de trouver de l’espace parce que certains ne voient pas le tir à l’arc en tant que sport.
  2. L’acquisition du matériel : Le matériel de tir à l’arc n’est pas fabriqué en Guinée et ne peut pas être trouvé n’importe où sur le marché.

Actuellement, il y a 467 licenciés dans tout le pays. L'équipement est personnel. Méconnu du grand public sportif guinéen, le tir à l’arc peine à drainer du monde. Tout ce que nous faisons se limite au stade du 28 septembre. Même au ministère, je n'ai pas de souvenir de réception des archers par le ministre des sports alors que la dernière olympiade (2016-2020), nos athlètes ont obtenu 65 médailles dont 22 en or.

Menaces sur les Infrastructures

La pratique du tir à l’arc commence toutefois à attirer l’attention des jeunes notamment les filles. Cependant, avec la rénovation du stade du 28 septembre, le tir à l’arc risque de disparaître. Le ministère a demandé à la fédération de déguerpir le stade du 28 septembre et jusqu’à présent, il n’y a pas de point de chute. La fédération a été orientée vers le stade de Coleyah, mais les discussions avec les dirigeants de ce stade n’ont pas abouti. Les discussions sont en cours avec le ministère pour trouver les solutions. Le département est engagé à maintenir la pratique de cette discipline, en trouvant un autre espace.

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Perspectives d'Avenir et Objectifs

Les perspectives sont nombreuses. Dans le plan d’action, figurent la formation des athlètes, des entraîneurs, des arbitres, etc. Il est également prévu la vulgarisation vers d’autres préfectures qui n’ont jamais connu le tir à l’arc, sans compter les compétitions sur le plan local.

Pour préparer les athlètes, ils ont besoin de travailler dans un espace sécurisé propre. Sur le plan international, des camps d’entraînement sont en vue. L’objectif est de participer aux Jeux Olympiques de Los Angeles avec une paire d'athlètes et d’aller sur le podium. Pour cela, il faut commencer à habituer les athlètes à des grandes compétitions et à être plus près des potentiels adversaires.

Des camps d’entraînement sont prévus, ainsi que la participation à la Coupe du Monde et au Championnat du Monde. La fédération, par le biais du comité olympique, se prépare à envoyer Fatoumata Sylla dans un centre international pour une préparation de quatre ans, afin de remporter des médailles africaines et internationales.

Besoins Cruciaux

Les espoirs de la fédération reposent sur l’aide du ministère des Sports pour obtenir rapidement le stade de Coleah, sécurisé avec une clôture, afin que les athlètes puissent commencer les entraînements sans risque. Le camp d’entraînement doit commencer normalement le 10 mars, et la Coupe du Monde commence le 8 avril. Ces événements internationaux sont cruciaux pour engranger des points pour la qualification à Los Angeles en 2028.

Malgré ces défis, la Guinée a participé aux Jeux Olympiques de Paris 2024, une première pour le tir à l’arc guinéen. En 2024, la fédération a organisé son championnat national, un signe positif pour le développement de la discipline. Selon le dernier championnat, plus de 300 licenciés ont été enregistrés en 2024.

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