Le stand de tir de Labry est intimement lié à l'histoire d'une passion qui se transforme au fil du temps, celle des armes et de la chasse. Cet article explore cette relation à travers le récit d'un armurier de longue date, Alain Leroy, dont le parcours professionnel reflète les mutations profondes du secteur.
Alain Leroy : Un Demi-Siècle au Service des Armes
L'histoire d'Alain Leroy est celle d'une vocation née dans l'enfance, au contact de son père chasseur. "Gamin, j’allais à la chasse avec mon père. Les armes, c’est une histoire de famille." Cette passion familiale l'a conduit à acquérir une armurerie à Jarny, il y a près de cinquante ans, saisissant ainsi l'opportunité d'allier passion et métier.
L'Âge d'Or des Armureries (Années 60-70)
Les années 60 et 70 représentent l'âge d'or de l'armurerie. "Les gens fabriquaient leurs cartouches pour le petit gibier, moi je vendais beaucoup de fusils dits "lisses". À l’époque, il y en avait du petit gibier…". À cette époque, les chasseurs étaient nombreux et constituaient le principal fonds de commerce des armuriers.
L'Érosion du Nombre de Chasseurs
Au fil des décennies, le nombre de chasseurs a considérablement diminué. "On en comptait trois millions à l’époque. Maintenant, il n’y a plus qu’un million de licenciés." Cette érosion a eu un impact direct sur l'activité des armuriers, confrontés à une baisse de la demande.
Mutations des Pratiques de Chasse
Les pratiques de chasse ont également évolué, influençant les besoins des clients des armureries. "Les grandes exploitations ont pris le dessus sur les petites. Ces vastes champs de maïs ont fixé le grand gibier, le sanglier, ce qui a modifié les besoins de mes clients. Pareil pour le canard : avant, on pouvait s’y approcher en barque à l’étang de Droitaumont. Aujourd’hui, le site, classé Natura 2000, ne l’autorise plus. Plus grand monde ne tire le canard. Résultat, les ventes sont en baisse. D’autant qu’avec le saturnisme, on ne peut plus tirer avec des balles en acier…".
Lire aussi: TMNH : Histoire et impact
Les Défis d'un Métier en Mutation
Alain Leroy a été confronté à de nombreux défis au cours de sa carrière, notamment la concurrence du Luxembourg et d'internet. "Le Luxembourg et ses taxes avantageuses, la concurrence d’internet : on n’a pas été épargné." Peu d'armuriers ont survécu à ces difficultés.
Le Stand de Tir de Labry : Un Héritage
Alain Leroy est membre fondateur du club de tir à l’arc de Conflans et du stand de tir de Labry. Son implication dans ces structures témoigne de son engagement pour la promotion des activités liées aux armes et au tir sportif. Le stand de tir de Labry représente donc un héritage, un lieu où les passionnés peuvent se retrouver et pratiquer leur activité dans un cadre adapté.
La Difficulté de la Transmission
Malgré son souhait de vendre son armurerie, Alain Leroy n'a pas pu trouver de successeur en raison d'une réglementation stricte. "Depuis 2012, il faut être titulaire d’un certificat de qualification professionnelle émanant de la préfecture. Seuls un armurier en exercice ou un vendeur en armurerie, exerçant depuis au moins trois ans, peuvent l’obtenir." Cette difficulté de transmission souligne la complexité du métier d'armurier et les enjeux liés à sa pérennisation.
Lire aussi: Tout savoir sur la réglementation
Lire aussi: Sport et tradition à Romans
tags: #stand #de #tir #labry #histoire
