Le Stand de Tir de Vendôme: Une Histoire Riche et Engagée

La Société Mixte de Tir de Vendôme, créée en 1883, est une institution vénérable de la ville. Son histoire est jalonnée d'événements significatifs, de défis surmontés et d'un engagement constant envers le développement du tir sportif et la vie locale.

Une Renaissance Inattendue

Au début des années 1950, la société de tir a quasiment disparu. Cependant, Robert Gontier a assuré la survie du club en déposant des comptes rendus fictifs d'Assemblée Générale de 1955 à 1976. Cet acte de dévouement a permis de maintenir l'existence du club pendant une période difficile.

Une École de Tir Reconnue

L'USV Tir sportif abrite une École de Tir reconnue par la fédération, accueillant 40 élèves. Cette école joue un rôle essentiel dans la formation des jeunes tireurs et la promotion du tir sportif auprès des jeunes générations.

Convivialité et Performance

Le club vendômois est reconnu nationalement et a remporté de nombreuses épreuves. L'USV aligne des tireurs dans chaque épreuve et dans chaque catégorie des championnats départementaux, régionaux et nationaux. Tout cela se déroule dans la convivialité et le plaisir, et le club aime fêter les anniversaires.

Transmission du Savoir-Faire

Jusqu’à la fin de l’année, François Celerin reste l’entraineur des tireurs de haut niveau. Après 40 ans de bons et loyaux services, et après avoir formé dernièrement au sein du club par des stages, 6 nouveaux moniteurs, il laissera sa place. «Bien sûr que je le regrette mais à 70 ans passés, les déplacements partout en France deviennent très compliquer à récupérer» conclut il. Mais avec une nouvelle équipe dirigeante, motivée «l’encadrement reste très important dans notre discipline» précise le président Christian Goujon.

Lire aussi: TMNH : Histoire et impact

L'Importance de la Maîtrise de Soi

Apprendre à contrôler son corps dans l’immobilité la plus complète n’est pas chose aisée, la vue, la respiration et le cerveau, tout se coordonne pour viser juste. La concentration est essentielle dans le tir sportif. Comme le dit l'adage, quand on vise, il ne faut pas penser à autre chose pour aller chercher le petit point sur la cible.

Un Champion du Monde Formé au Sein de la Société

Membre de la société mixte de tir de Vendôme, le Vendômois Thomas Debenne a remporté à Osijek (Croatie) trois titres de champion du monde : deux par équipe (arbalète 10 m et 30 m), et un individuel (arbalète 30 m). Une performance impressionnante de la part du tireur prodige âgé de 17 ans.

Thomas Debenne avait été sélectionné en équipe de France pour ces championnats du monde qui se sont achevés samedi soir. Pas de vacances pour le champion, qui troquera mardi, aux championnats de France 50 m à Bordeaux, l'arbalète pour la carabine. Huit autres tireurs vendômois sont engagés dans la compétition.

Une Médaille Commémorative

Une médaille a été frappée pour commémorer les concours de la Société Mixte de Tir de Vendôme.

  • Avers: Écu couronné de la ville de Vendôme, dans une couronne de chêne et de lauriers. Titulature avers : ANÉPIGRAPHE.
  • Revers: Inscription autour d’une couronne de laurier. Titulature revers : . SOCIETE MIXTE DE TIR . - DE VENDOME // CONCOURS / - / G. VERRIER / - / 1889 / -.

La Société et la Troisième République

La Société Mixte de Tir de Vendôme a traversé la période de la Troisième République (1870-1940). La nouvelle de la capitulation de Sedan provoque la révolution du 4 septembre 1870 à Paris. Proclamée à l'Hôtel de Ville, la République est dotée d'un gouvernement provisoire appelé gouvernement de la Défense nationale. Anticléricale, la Troisième République rend l'école gratuite, laïque et obligatoire mais continue la politique coloniale pour ses ambitions économiques, stratégiques et morales. La séparation des Églises et de l'État est votée en 1905.

Lire aussi: Tout savoir sur la réglementation

Le Tir National et l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France

La Société Mixte de Tir de Vendôme était affiliée à l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France, dont l'organe officiel était "Le Tir National".

En 1893, le conseil d'administration de l'Union était composé de :

  • Président : M. Mérillon
  • Vice-Présidents : MM. Boucher-Cadart, Le L'-C Bonnet, Harent, Dumas-Quilin
  • Secrétaire général : M. Lermusiaux
  • Secrétaire : M. Paul Lefèvre
  • Trésorier : M. Decourcelle
  • Trésorier adjoint : M. Lécoeuvre

Le Conseil d'administration de l'Union appelle toute l'attention des Sociétés et des tireurs sur les programmes des Championnats publiés dans le dernier numéro du Tir national. Il importe à l'existence même des Championnats qui sont annuellement la seule manifestation commune à toutes les Sociétés du territoire, que les. Sociétés fassent un effort pour y amener un nombre de ; tireurs- suffisant pour couvrir les frais.

L'assemblée générale du 10 juin 1893 procède à la formation du bureau. En vertu de l'article 22 des statuts, M. Mérillon, président de l'Union, est appelé à présider l'assemblée. Sont ensuite élus comme assesseurs : MM. Charron, président de la Société de tir de Rochefort et Faure, président de la Société de tir de Versailles. M. Paul Lefèvre, président de l'Avenir du XVII" arr.

Affiliations et Membres

En 1892, l'Union comptait 278 sociétés affiliées, plus 3 fédérations (Nord, Centre et région de Paris). En 1893, malgré des radiations, 29 nouvelles sociétés ont rejoint l'Union, portant le nombre total à 288 sociétés plus les 3 fédérations.

Lire aussi: Sport et tradition à Romans

Implication dans la Vie Locale

La Société Mixte de Tir de Vendôme, à travers son histoire, a été liée à de nombreux aspects de la vie locale, notamment en ce qui concerne les bâtiments communaux et les édifices religieux.

Bâtiments Communaux

La ville de Vendôme a entrepris de nombreux travaux sur ses bâtiments communaux, tels que l'hôtel de ville, le château, le théâtre municipal, la halle aux grains, le marché couvert et l'abattoir. La Société de Tir a pu être impliquée dans certains de ces projets.

Édifices Religieux

La Société de Tir a également été témoin des transformations des édifices religieux de Vendôme, notamment l'église de la Trinité, l'église de la Madeleine et l'église Saint-Martin.

Assemblée Générale de la Ligue de Tir du Centre - Val de Loire (2023)

Les membres de la LIGUE DE TIR DU CENTRE - VAL DE LOIRE, association déclarée à la Sous-préfecture d'ORLÉANS sous le numéro 5221, se sont réunis en assemblée générale ordinaire à la cité du numérique à MIGNIERES (28) le 22 octobre 2023. L’assemblée est présidée par M. Gilles DUMERY. Il a été établi une feuille de présence qui a été émargée par tous les membres représentants les clubs de la Ligue à l’entrée de la salle. Gilles DUMERY remercie le Comité départemental de l’Eure et Loir et son Président Guy GUILLON et son équipe pour son accueil. Après avoir effectué la vérification des pouvoirs, Thierry HENAULT, assisté de Christian DUBOIS constatent que le quorum est atteint avec 244 sur 300 voix possibles.

La pratique du loisir comme la pratique sportive doit répondre à l’éthique fédérale qui est notre défense absolue pour conserver la confiance des services de l’État et le respect de la Loi. Le corps d’arbitrage est remercié pour son action fondamentale dans le déroulement des championnats en région Centre Val de Loire. L’équipe technique de la Ligue est également remerciée pour son travail. Il est souligné l'importance d'accentuer en 2023/2024 la communication et le développement de la Ligue et de ses associations.

Rolande DUBOIS présente la situation comptable de la saison 2022/2023, arrêtée au 31/08/2023, situation remise aux clubs à l’entrée en séance. La trésorière présente le budget prévisionnel 2023/2024 qui ressort à l’équilibre en dépenses et recettes à 418 100 €. Elle explique cette augmentation dans les chiffres, due à l’achat des cibleries SPORT QUANTUM qui ont été rétrocédées aux clubs après une importante participation du Conseil Régional. Rolande DUBOIS présente l’évolution des licences sur les 4 dernières années en notant l’augmentation relative cette saison. Au 31/08/2023, la saison s'est terminée avec 9 730 licenciés (9313 la saison précédente).

8 jeunes ont participé au 11ème GRAND PRIX DE France organisé par la Ligue, + 2 qui y étaient pour l’équipe de France. La Ligue continue son aide aux jeunes avec convention tripartite au niveau du financement d’armes ou de matériel.

Le calendrier 2023/2024 des compétitions régionales et nationales ainsi que le calendrier des départements sont présentés. Iloane ARGOUT, salariée en communication et graphisme, prépare des petites vidéos afin d’aider les dirigeants (nouveaux et anciens) sur les principales thématiques auxquels ils sont confrontés pour gérer leur association.

Thomas Debenne: Un Talent Précoce

Pas très bruyant, pas très fort en gueule, Thomas Debenne, de Rahart. Tranquillement, il avait acquiescé à la demande de rendez-vous. « Maman, mercredi au stand(de l'USV tir de Vendôme) , ça ira ? »l'avait-on entendu demander. Une indication claire sur son état civil : Thomas a 16 ans. Il ne conduit pas, n'a pas l'âge de boire de l'alcool et a pourtant l'agenda d'un adulte hyperactif.

Il est depuis septembre notamment, par monts et par vaux. Il a intégré le pôle France jeunes de Wattignies, au sud de Lille. « J'ai environ 20 heures d'entraînement par semaine et des compétitions, quand il y en a, le week-end. »Seul son lundi est uniquement réservé aux cours qu'il suit au lycée de Wattignies. « Je suis en première », précise-t-il. Un an d'avance scolaire. Le jeune homme né un 4 janvier semble avoir une appétence au fait de prendre de l'avance. Il avait 6 ans quand il a commencé à fréquenter le stand de tir. « Il était hyperactif, on s'est dit que ça l'aiderait à se concentrer », explique Nathalie, sa maman. À voir le grand calme avec lequel il prépare ses armes, on a du mal à le croire.

Un Palmarès Conséquent

Côté agitation, c'est sa maman qui la ressent un peu, ne serait-ce que pour l'organisation d'une classique opération de dents de sagesse. « Il ne peut pas le faire en temps de compétition. Il faut donc prévoir ça pendant les vacances. »À cette évocation, Thomas se marre, comme l'ado qu'il est et assène pourtant avec une tranquillité adulte : « J'organise ma vie en fonction des compétitions. »

Des rencontres où il a commencé à ressentir plus que la joie de partager le tir en famille. « C'est la joie de gagner, de se sentir fort. »Champion de France poussin en 2010, il accumule les palmarès : il vient d'être champion de France UNSS (sport scolaire), a été cinq fois champion départemental et régional, a remporté trois premiers prix au Grand prix de Lorraine… « Dans les quinze meilleurs au niveau national », estime-t-il. « Plutôt les dix premières places », contredit tranquillement François Célerin, qui l'a accueilli au stand. « Il a une détermination hors du commun. »

Pourtant, Thomas trimballe sa modestie en bandoulière. « Je ne suis pas assez bon pour intégrer l'équipe junior », s'empresse-t-il de préciser quand son entraîneur historique évoque ses compétitions avec l'équipe junior, en arbalète, et ses stages avec les juniors en national. Son entrée au pôle France le conforte. « Ça a été dur au début : il fallait oublier tout ce qu'on savait pour réapprendre des gestes qui nous permettraient de progresser. »

Les mois ont passé et Thomas, après une chute dans ses scores, se voit progressivement gagner des points. « J'aime la recherche de la perfection, ça correspond assez bien au tir. »Il ne quitte jamais son ton tranquille et répète, inlassablement « je dois encore progresser ». Il sait aussi que son sport ne lui permettra pas de devenir professionnel, il envisage un métier dans l'informatique « ou le sport, pour devenir entraîneur ». D'ici là, il pourra peut-être aussi préparer un sacré Grâal : les jeux Olympiques. « Pas avant 2024. »La date est prise.

Sociétés de Préparation Militaire et Géographie

L'histoire des sociétés de préparation militaire en France, qui comptaient une centaine de membres au début des années 1870 et atteignirent plusieurs milliers en 1914, est bien connue. Pourtant, le rôle de la géographie dans la formation et le fonctionnement de ces sociétés a été négligé. Cette étude examine ce rôle dans sept départements distincts (Ariège, Cantal, Finistère, Loir-et-Cher, Meurthe-et-Moselle, Pas-de-Calais et Vienne).

Contexte et Développement

À partir des années 1870, le projet républicain en France recherchait de plus en plus des recrues militaires qui seraient jeunes, physiquement robustes et mentalement éveillées. Les rôles et les intérêts des instructeurs, des gymnastes et des militaires s’imbriquaient et se renforçaient les uns les autres. Les exercices de préparation militaire, de gymnastique et de tir se trouvaient intégrés dans le programme scolaire. Les années 1880 virent créer des bataillons scolaires, auxquels furent remis leur propre drapeau, pourvus de fusils et entraînés par des instructeurs nommés par les autorités militaires.

À partir de 1907, un ensemble de circulaires émanant du ministère de l’Instruction publique prévoyait la création des associations scolaires de tir dans tous les établissements d’enseignement dépendant de l’État. Mais il restait un vide à remplir entre le moment où les élèves quittaient l’école (la plupart à l’âge de 13 ans) et leur inscription possible dans l’armée (à l’âge de 20 ans). Ce vide dans la provision de préparation militaire post-scolaire et avant inscription se vit rempli par les sociétés de préparation militaire, les sociétés de gymnastique et celles de tir nées de l’initiative privée et encouragées par l’État.

Bien que l’histoire générale de ces sociétés soit bien connue, leur nombre précis et l’adhésion dans chaque catégorie est difficile à déterminer, étant donné la fiabilité insuffisante des sources (qui sont incomplètes et ne déterminent pas toujours avec précision les distinctions entre, par exemple, les sociétés pour les adultes, pour les scolaires et celles post-scolaires, et celles qui existaient entre les sociétés militaires, civiles ou mixtes).

Il faut distinguer d’une part la géographie des sociétés de préparation militaire telle que nous la regardons nous-mêmes en tant qu’observateurs de ces sociétés et en qualité d’historiens et géographes et, d’autre part, le rôle de la géographie dans ces sociétés tel que l’ont vécu leurs membres. L’étendue géographique des sociétés de gymnastique, de tir et d’instruction militaire à travers la France était très inégale. Dès 1882, sur les 21 départements situés au nord d’une ligne allant de la Seine Inférieure au Jura, 2 seulement n’avaient pas de sociétés de gymnastique, les 19 autres en regroupant 205 sur les 251 enregistrées en France. En termes généraux, les premières sociétés de préparation militaire se développèrent dans le nord et à l’est de la France, et dans ces régions, les plus signifiantes d’entre elles s’établissaient près de la frontière et dans les centres urbains et industriels. La distribution de ces sociétés était tout aussi mal répartie au niveau régional. Par exemple, dans le département de Meurthe-et-Moselle, le nombre de sociétés de gymnastique augmenta de 7 en 1879 à 90 en 1914, date à laquelle un tiers était situé dans le centre urbain principal (Nancy) et un deuxième tiers dans le nord industriel, autour de Longwy et Briey. Le nombre de sociétés de tir passa de 9 en 1880 à 142 en 1914, dont beaucoup étaient à la campagne, pas exclusivement dans les centres urbains, industriels et miniers. Ces deux types de société étaient surtout nombreux et populaires dans la zone qui longeait la frontière internationale. Ce même phénomène peut être attesté en Pas-de-Calais.

De plus, au niveau local, il y avait des considérations géographiques. Pour réussir, une société devait obtenir l’adhésion d’une masse critique de membres possibles, ce qui veut dire que ces sociétés ne devaient pas s’établir trop près les unes et les autres. En considérant le contenu géographique des sociétés de préparation militaire, il est important de faire une distinction entre l’importance directe et indirecte qu’avait leur localisation.

Le Cas de Vendôme et d'autres Départements

Dans le Loir-et-Cher, on vit fonder au début des années 1880 les premières sociétés dans les chefs-lieux de ses trois arrondissements (Blois, Romorantin et Vendôme), mais en 1900 leur nombre n’avait atteint qu’une douzaine environ. Dans l’Ariège, la première société de préparation militaire fut fondée en 1888 à Foix, chef-lieu du département. Dans cette région périphérique, il n’y avait, paraît-il, que peu d’enthousiasme pour des sociétés de ce type. Leur nombre était lent à augmenter, et commença surtout à partir de 1900 ; mais en 1913 il n’y en avait que 30, ce qui indique que moins de 10 % des communes en étaient pourvues.

Dans le Finistère, la première société de préparation militaire n’était fondée qu’en 1884, à Brest, chef-lieu du département, et en 1896, il n’en existait que quatre de plus. Dans le Cantal, la première société fut créée en 1882, mais dix ans plus tard il n’en avait toujours que trois ; en 1913 il en existait presque 60, ce qui ne signifie que seule une sur cinq des communes départementales était dotée d’une telle société. Point fascinant, les deux premières sociétés furent créées dans ces chefs-lieux de canton (Marcenat et Murat) et ce n’est qu’en 1886 qu’on vit créer une société à Aurillac, chef-lieu du Cantal. Son premier président exprima clairement l’espoir que cette société à Aurillac éveillerait le même esprit de fraternité et de patriotisme ailleurs, en servant d’exemple aux autres communautés du département.

Dans le département de la Vienne, la première société de tir fut établie à Poitiers en 1884 et vers 1893, sept de plus avaient été fondées (dont deux à Poitiers) ; à la même date, il existait aussi sept sociétés de gymnastique (dont une à Poitiers). Dans le Pas-de-Calais, plusieurs sociétés de tir furent créées comme réponse immédiate à la défaite de 1871. Un rapport présenté au conseil général quatre ans plus tard affirma que depuis 1871, plus de 50 communes avaient formé des sociétés (dont deux particulièrement à Amiens). En 1877, on constata que le nombre dans le département avait atteint 87. Une augmentation importante du nombre des sociétés de préparation militaire dans le Pas-de-Calais se ressentit dès le début de 1900.

Tracer le développement des sociétés en Meurthe-et-Moselle est extrêmement difficile, étant donné la nature incomplète des documents. Robert Joseph prétend que le nombre de sociétés de gymnastique passa de 7 en 1879 à 90 en 1914, et le nombre des sociétés de tir de 9 en 1880 à 142 en 1914. Bien que l’on sache que les premières sociétés de ce type furent fondées entre 1860 et les années 1870, et qu’en 1880 il y en avait presque 20, on ne peut établir avec certitude leur nombre les années suivantes.

Patriotisme, Géopiété et Connaissance Géographique

Beaucoup de ces sociétés - et peut-être la plupart - avaient un but patriotique. L’un de leurs objectifs était d’encourager les membres à transférer leur fidélité géographique de leur pays à leur patrie ou, tout au moins, à cultiver une double géo piété. Tout en promouvant l’idée du citoyen-soldat, ces sociétés aidaient à matérialiser l’idée abstraite d’une nation française. Mais elles servaient aussi à étendre la connaissance et la compréhension géographique de leurs membres. La majorité des sociétés étaient géographiquement situées sur une commune, un canton ou un arrondissement, et dans quelques cas sur le département. Par exemple, la Fédération des Sociétés de Tir du Finistère établie en 1900 avait pour but « de resserrer les liens d’amitié entre les sociétés [du département] en vue d’une action commune de provoquer la fondation de sociétés nouvelles, de leur prêter en toute occasion leur appui moral, et, en général de propager et d’entretenir le goût et la pratique du tir ».

Exceptionnellement, quelques-unes de ces sociétés étendaient plus largement leur prise. Ainsi « Les Tireurs Bretons », société de tir scolaire et post-scolaire fondée à Brest en 1900 sous la devise « Pour l’École, par l’École, pour la Patrie », opérait dans les cinq départements de la région bretonne à travers un réseau d’environ 60 comités locaux. Beaucoup de sociétés individuelles étaient liées avec d’autres à travers la région, et en fédérations partout en France. Un grand nombre de ces sociétés participaient à des fêtes et concours locaux, régionaux et nationaux, et y transportaient leurs membres sur le réseau croissant de trains et tramways.

Ainsi, la Fédération Républicaine des Sociétés de Gymnastique, de Tir et de Préparation Militaire de l’Ariège et de la Haute-Garonne fut établie en 1909. Ces années de formation s’avéraient difficiles mais en 1912, elle organisa une fête à Castillon qui réunit les membres de trente sociétés venant des deux départements.

Géographie Militaire et Connaissance du Terrain

L’âge d’or des sociétés de préparation militaire coïncida avec ce que Philippe Boulanger décrit comme étant l’apogée de la géographie militaire, entre les années 1880 et 1914. Cette période vit la floraison de la géographie militaire comme l’étude du milieu ou d’un espace à des fins stratégiques et tactiques, en employant une combinaison de critères d’ordre physique et humain. Mais la géographie entra aussi dans le jeu à un niveau moins élevé dans le développement des sociétés de préparation militaire, et elle le fit de plusieurs façons. Comme nous l’avons déjà noté, le développement et l’étendue des sociétés se basaient partiellement sur le réseau d’habitations, et par conséquent l’idée et la manière de fonder de telles sociétés se propagèrent de manière hiérarchique en fonction de l’habitat.

Ces sociétés étaient attentives aux considérations géographiques, au point d’encourager une reconnaissance de l’importance tactique qu’avaient la topographie et les relations spatiales (et donc l’interprétation des cartes) dans la conduite des opérations militaires. L’un des buts des sociétés de préparation militaire était de développer chez leurs membres les techniques de la lecture des paysages et des cartes, et de leur inculquer quelque peu des connaissances et de la compréhension topographique qui se trouvaient à la base des tactiques militaires de l’époque.

À Foix (Ariège), la société établie en 1887 se trouvait quatre ans plus tard avec plus de 170 membres, mais son expansion était freinée par le fait qu’elle utilisait le champ de tir de garnison local, lequel était considéré comme trop éloigné : selon son président, utiliser un champ plus proche de la ville entraînerait une augmentation rapide du nombre d’adhérents qui permettrait d’organiser des concours régionaux. Pour des raisons de sécurité, il fallait souvent situer les champs de tir dans des endroits pas toujours très accessibles. Le président de la société fondée à Gouesnac’h (Finistère) en 1908, avec 36 membres croyait que « par sa situation éloignée de tout centre, elle ne sera jamais un grand groupement de tireurs ».

Les sociétés de tir avaient des liens étroits avec les écoles de garçons et montaient fréquemment leurs stands de tir dans les cours des écoles. Il est évident que ces cours d’école n’étaient pas des sites idéaux. En 1908, le président de la société du village de Lassay indiqua au préfet du Loir-et-Cher que « nos tirs avaient lieu dans la cour de l’école, par conséquent dehors. Les tirs d’hiver ne pouvaient donc être assurés. Pour obvier à cet inconvénient, la société a fait ouvrir une ouverture dans un mur séparant les deux préaux de l’école. Elle y a fait poser un contrevenant pour la fermer en dehors des exercices.

Le Tir National: Organe Officiel de l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France (1893)

"Le Tir National" était l'organe officiel de l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France. Le numéro 24, publié le samedi 17 juin 1893, donne un aperçu de l'organisation et des préoccupations de l'Union à cette époque.

Conseil d'Administration de l'Union (1893)

Le conseil d'administration de l'Union en 1893 était composé de personnalités importantes du monde du tir en France :

  • Président : M. Mérillon
  • Vice-Présidents : MM. Boucher-Cadart, Le L'-C Bonnet, Harent, Dumas-Quilin
  • Secrétaire général : M. Lermusiaux
  • Secrétaire : M. Paul Lefèvre
  • Trésorier : M. Decourcelle
  • Trésorier adjoint : M. Lécoeuvre

Assemblée Générale de l'Union (10 juin 1893)

L'assemblée générale de l'Union du 10 juin 1893 a pris plusieurs décisions importantes, notamment :

  • Augmentation du coût de la cotisation annuelle des membres associés à huit francs.
  • Appel aux sociétés de tir à soutenir financièrement les Championnats de l'Union.
  • Élection du bureau de l'assemblée, avec M. Mérillon comme président et MM. Charron et Faure comme assesseurs.

Sociétés Affiliées à l'Union (1893)

En 1893, l'Union comptait 288 sociétés affiliées, plus 3 fédérations. Parmi les sociétés affiliées, on trouvait :

  • Abbeville (Somme)
  • Agen (Lot-et-Garonne)
  • Aignay-le-Duc (Côte-d'Or)
  • Ailly-sur-Noye (Somme)
  • Aïn-Béïda (Algérie)
  • Aix-en-Othé (Aube)
  • Aix-les-Bains (Savoie)
  • Albi (Tarn)
  • Alger (Algérie)
  • Amiens (Somme)
  • Ancenis (L.-Inf.)
  • Angers (Maine-et-L.)
  • Angoulême (Charente)
  • Anor (Nord)
  • Ardres (Pas-de-Calais)
  • Argentan (Orne)
  • Argenteuil (Seine-et-Oise)
  • Arras (Pas-de-C)
  • Auboué (Maine-et-L.)
  • Auchel (Pas-de-C)
  • Aumale (S.-Inf.)
  • Aurillac (Cantal)
  • Auxerre (Yonne)
  • Auxonne (Côte-d'Or)
  • Avesne (Nord)
  • Avesnes-le-Sec (Nord)
  • Avize (Marne)
  • Bacqueville-en-Caux (Somme)
  • Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyr.)
  • Bar-le-Duc (Meuse)
  • Baume-les-Dames (Doubs)
  • Bayonne (B.-Pyr.)
  • Beaumont (S.-et-O.)
  • Beaune (Côte-d'Or)
  • Bénévent (Creuse)
  • Bessines (H.-V.)
  • Béthune (Pas-de-C)
  • Billy-Montigny (Pas-de-Calais)
  • Blaisy-Bas (Côte-d'Or)
  • Blais (Loir-et-Cher)
  • Bohain (Aisne)
  • Bône (Algérie)
  • Bordeaux (Gir.)
  • Bourbourg (Nord)
  • Bourbourg-Campagne (Nord)
  • Bourg (Ain)
  • Boursault (Marne)
  • Boves (Somme)
  • Brest (Finistère)
  • Brie-Gomte-Robert (S.-et-Marne)
  • Brionne (Eure)
  • Calais (Pas-de-C)
  • Candé (Maine-et-L.)
  • Carcassonne (Aude)
  • Castellane (Basses-Alpes)
  • Castres (Tarn)

tags: #stand #de #tir #vendome #histoire

Articles populaires: