Le Stand de Tir de Vercel : Une Histoire Riche et Complexe

Le territoire de Vercel, riche d'une histoire millénaire antérieure à la période gallo-romaine, témoigne d'une occupation humaine très ancienne. Parmi les éléments marquants de son passé, le stand de tir "La Miotte" à Belfort occupe une place particulière. Son histoire est intimement liée au développement de la pratique du tir dans la région de Franche-Comté et du Territoire de Belfort, ainsi qu'à la préparation militaire des jeunes générations.

Les Origines du Stand de Tir : Une Nécessité Militaire et Civile

Dès 1901, l'idée de doter la région d'un stand de tir émergea, motivée par le désir de perfectionner les compétences des jeunes et des moins jeunes dans cette discipline. Il est vrai que cette activité n’est pas récente, elle remonte à plusieurs siècles en arrière quand le tir s’effectuait… à l’arquebuse ! Cette initiative s'inscrivait dans un contexte où la préparation militaire était considérée comme essentielle, et la pratique du tir jouait un rôle crucial dans cette préparation.

La Société de Tir "La Miotte" : Un Acteur Majeur

L'industriel Pierre Dollfus joua un rôle déterminant dans la concrétisation de ce projet en créant la Société de tir "La Miotte". Les statuts de l'association, de type loi 1901, furent déposés à la préfecture le 31 août 1907. Pierre Dollfus prit en premier la parole. Il remercia les personnalités, rappela la forte volonté pour mettre à disposition cet équipement dans la Cité du Lion permettant aux tireurs de s’entretenir et se perfectionner régulièrement mais aussi susciter les jeunes à cette pratique nécessaire en vue du service militaire. La nouvelle association porta le projet du stand de tir, car l’absence d’un tel équipement ne facilitait pas la pratique du tir, pratique extrêmement importante à cette époque. Il fut implanté à l’ouest de la ville où le bruit ne pouvait que déranger les animaux.

Un Lieu Prisé par les Tireurs Civils et Militaires

Rapidement, cet équipement devint un lieu très courtisé par les tireurs tant civils que militaires. L'emplacement stratégique du stand, à l'ouest de la ville, permettait de minimiser les nuisances sonores pour les habitants et les animaux. Le stand de tir "La Miotte" devint un lieu de rencontre et d'entraînement pour les passionnés de tir de tous horizons.

La 6e Fête Fédérale de Tir : Un Événement Marquant

En 1912, la Fédération des sociétés de tir de Franche-Comté et du Territoire de Belfort attribua à la Société de tir S.A.G.* ‘’La Miotte’’, l’organisation de la 6e Fête Fédérale de Tir et de préparation militaire. *S.A.G. : Société Agréée par le département de la Guerre. Le défi fut relevé; elle se déroula du 16 au 27 mai. Cette manifestation d'envergure contribua à renforcer la notoriété du stand de tir et à promouvoir la pratique du tir dans la région.

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L'Organisation et le Déroulement de la Fête Fédérale

L’organisation mise en place pour la Fête Fédérale et son déroulement furent hautement appréciés par la Fédération. Cette réussite fut concrétisée par l’attribution à la société La Miotte des Concours nationaux prévus en 1915, lors de l’Assemblée générale de la Fédération le 27 mai 1912. La société "La Miotte" avait déjà démontré son engagement envers la pratique du tir en offrant à la meilleure unité des régiments de la Place forte de la Cité du Lion un superbe bronze ‘’Gloria victis’’ réalisé par Antonin Mercié, le sculpteur du Monument Quand Même, implanté sur la place d’Armes de la ville.

Personnalités et Discours Inauguraux

Le président de la société la Miotte accueillit les personnalités dont le maire de Belfort, Charles Schneider, avec le sénateur beaucourtois Philippe Berger, du secrétaire général de la préfecture, Raoul Fauran, du président du tribunal de commerce, M. Charles Schneider fit un discours mettant en lumière le travail effectué par le Comité de la société La Miotte et félicita son président. Pierre Dollfus prit en premier la parole. Il remercia les personnalités, rappela la forte volonté pour mettre à disposition cet équipement dans la Cité du Lion permettant aux tireurs de s’entretenir et se perfectionner régulièrement mais aussi susciter les jeunes à cette pratique nécessaire en vue du service militaire. Charles Schneider et Philippe Berger lui assurèrent de leurs appuis pour obtenir les aides escomptés.

Le Mont : Un Quartier en Plein Essor

Dès 1912, le Mont va peu à peu se viabiliser et voir la construction d’une vingtaine de maisons. Le développement du stand de tir "La Miotte" contribua à l'essor du quartier du Mont, qui connut une urbanisation progressive avec la construction de nouvelles habitations.

Vercel-Villedieu-Le-Camp : Un Nom Composé Chargé d'Histoire

Le nom de Vercel-Villedieu-Le-Camp trouve en fait ses origines au Valdahon où, vers 1900, on décida de créer un camp militaire avant de l’agrandir quelques années plus tard. Ainsi, le gouvernement de l’époque décida d’exproprier entièrement le village de la Villedieu (en 1906, 182 habitants peuplaient le village que l’on appelait alors Villedieu-le-Camp afin de le distinguer des nombreuses autres localités du même nom). Les derniers habitants quittèrent définitivement leur village en 1926, avant de le voir entièrement rasé et rayé de la carte… quand bien même le nom fut rattaché à Vercel par décret en 1962.

Vercel : Un Carrefour au Cœur du Doubs

Nous sommes au cœur du département du Doubs, en plein centre, et à mi-chemin de bien des bassins de vie (Morteau, Pontarlier, Besançon). Sur un des plateaux du Jura, à 655 m d’altitude, le bourg de Vercel s’élève vers l’est jusqu’à l’anticlinal de la Léchère, à 826 mètres, où les sapins ont largement pris le dessus. Le site de la commune de Vercel est habité depuis des temps très anciens, antérieurs à la période gallo-romaine.

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Vercel : Entre Histoire, Économie et Culture

Il deviendra un bourg fortifié, avec son château, dont la mention est faite au XIème siècle, avant que le château ne soit attesté en 1265 comme étant "une maison forte de pierres", située entre les fossés dont l’enceinte protégée représente environ 4,5 hectares. Quoique peu étendu, l’ensemble des bâtiments, avec ses tours (Mouchat, Malvoisin), et avec sa porte à pont-levis donne une impression de sécurité et de puissance. A l’époque féodale, Vercel devint également un lieu de commerce et d’échanges très important avec ses nombreuses foires et un pain d’épice réputé. Vercel, c’est aussi l’élevage bovin (de surcroît hérité de la tradition des foires) et la culture du lait dans ce qui est aussi évidemment le pays du fromage ! 58 millions de litres de lait y sont en effet transformés chaque année sur 3 sites pour la fabrication du Comté, de l’Emmental Grand Cru, de la Raclette et du Morbier. Vercel est également le pays de deux Prix Goncourt qui y ont évidemment chacun leur rue : Louis Pergaud (originaire de Belmont, à 5 minutes) et Roger Vercel (en fait Roger Cretin, devenu Vercel - pseudonyme puis patronyme - en raison du village auprès duquel il passait ses vacances). Enfin, Vercel est aujourd’hui un bourg plein de vie et d’activité : pas moins de 900 élèves de 3 à 25 ans font aussi le quotidien du village, par ailleurs également porté par un tissu associatif ultra dense qui bénéficie d’équipements et de structures qui semblent pour le moins favorables au dynamisme local.

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