L'histoire des stands de tir est riche et variée, allant des installations rudimentaires utilisées pour tester les armes aux complexes modernes dédiés aux compétitions sportives. Cet article explore cette évolution, en mettant en lumière des exemples concrets en France et en Belgique, ainsi que les événements marquants qui ont façonné cette discipline.
La Manufacture Nationale d'Armes de Châtellerault (MAC) : Un Stand de Tir au Cœur de l'Industrie Militaire
La Manufacture Nationale d'Armes de Châtellerault (MAC) est une institution emblématique de l'industrie et de l'histoire militaire française. Au sein de cette manufacture, un stand de tir d'importance capitale était présent. Ce stand servait principalement à tester et évaluer les armes produites. L'histoire, l'infrastructure, l'utilisation et l'évolution de ce stand de tir sont riches en détails, comme en témoignent les archives et les témoignages disponibles.
Infrastructure et Bâtiments
Le stand de tir était une composante intégrale de l'infrastructure de la MAC. Les archives de la MAC contiennent des informations détaillées sur l'infrastructure et les bâtiments associés au stand de tir, notamment :
- Descriptifs des magasins à poudre (bâtiments n° 144-146-147-148), incluant les aménagements et l'entretien.
- Plans du bâtiment n° 198, incluant le marteau-pilon, la toiture et les aménagements.
- Plans des bâtiments n° 109 à 115, montrant les aménagements, la démolition et la construction de l'atelier central.
- Détails sur les chaufferies et les chaudières industrielles.
- Plans du barrage sur la Vienne et de l'échelle à poissons.
- Informations sur les réseaux d'eau potable et industrielle, incluant les travaux, la consommation et la fourniture.
- Plans des annexes de la Brelandière, incluant les murs de clôture et les magasins.
- Détails sur les appareils sanitaires, les salles de bains et les cabines de douche.
- Informations sur les constructions métalliques, les panneaux de façades et les murs rideaux.
- Plans des bâtiments n° 119-120, montrant les aménagements des chambres, la réfection du monte-charge, l'éclairage et le chauffage.
Utilisation et Évolution
Le stand de tir a été utilisé pour diverses activités essentielles à la production et au développement d'armes, notamment :
- Tests de prototypes et d'armes en production.
- Évaluation de la précision et de la fiabilité des armes.
- Formation du personnel à l'utilisation et à la maintenance des armes.
L'évolution de la MAC a directement influencé l'utilisation du stand de tir. La manufacture a connu une croissance significative de ses effectifs, passant de 3144 ouvriers en 1841 à 5733 par la suite. Elle a fabriqué des fusils modèles 1902 et 1907, ainsi que le fusil mitrailleur Mle 1924 et Mle 1924 M29. Après plusieurs tentatives de reconversion, la MAC a finalement fermé ses portes en 1968.
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Anecdotes et Événements
Au fil des ans, le stand de tir a été le théâtre de divers événements et anecdotes, notamment :
- Locations et réquisitions de terrain, incluant le champ de tir de la Tricocherie et les jardins ouvriers.
- Location des bâtiments n° 138 et 198.
- Transformation de la forge en stand de tir.
- Achat d'immeubles pour le restaurant et les logements.
- Achat de terrains à la Brelandière.
Ces événements témoignent de l'intégration du stand de tir dans la vie de la manufacture et de la communauté locale. La formation du personnel était assurée par des maîtres, permettant aux ouvriers, techniciens et ingénieurs de progresser.
Le Tir Sportif Rigaudais : Un Nouveau Club dans le Nord-Vienne
Le Tir sportif rigaudais est un exemple contemporain de la vitalité du tir sportif en France. Lilian Monrouzeau, président du Comité départemental de tir, a salué la création de ce club, soulignant l'audace et la ténacité des bénévoles. L'inauguration du stand de tir du club s'est déroulée en présence du député de Chatellerault, Nicolas Turquois, et d'élus et sportifs du secteur, dans des locaux mis à disposition par la municipalité et aménagés par les membres du club.
Une Quinzaine de Tireurs
Annick Meyer, première présidente et fondatrice des tireurs rigaudais, a présenté les effectifs du club : « Déclaré le 14 juillet dernier, notre club compte une quinzaine de tireurs, souvent passés par divers clubs du Nord-Vienne. Carabine, pistolet et arbalète field sont les disciplines proposées. Une majorité de nos adhérents a déjà un passé de tireur sportif et nous mettons en place une école de tir qui compte déjà quelques jeunes sportifs ».
Le club dispose de 8 postes à 10 mètres à la gare de La-Roche-Rigault, et du tir en extérieur est aussi envisagé. Dès sa création, le Tir sportif rigaudais s’est inscrit en compétition. En arbalète, deux podiums départementaux ont été glanés récemment pour trois engagés et, le week-end dernier, sept tireurs ont participé aux championnats de la Vienne indoor à dix mètres. Le club organise sa première compétition interclubs samedi 16 et dimanche 17 novembre grâce à l’appui de plusieurs partenaires que les adhérents ont su convaincre.
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Les tireurs rigaudais s’entraînent sous la houlette d’Annick Meyer et de Lydie Doussaint, animatrices diplômées, le mardi (18 h-22 h) et le dimanche (9 h 30-12 h). L'école de tir est ouverte le mardi à partir de 17 h 30.
L'Union Royale des Sociétés de Tir de Belgique (URSTB) : Une Fédération Historique
L'Union Royale des Sociétés de Tir de Belgique (URSTB) a été fondée vers la fin de l’année 1903 par Joseph Greens, Paul Van Asbroeck et Charles Paumier du Verger. L'idée était de créer une grande fédération regroupant les nombreuses sociétés de tir. Le 10 novembre 1903, ces tireurs, avec Alfred Troffaes et Alphonse Rombaut, ont jeté les bases de la future fédération.
Développement et Reconnaissance
La jeune fédération est rapidement devenue puissante, grâce à la popularité des sociétés de tir Flobert et des cercles de tir au fusil. Dès le 3 décembre 1903, le ministre de Trooz a accordé à l’Union un subside de 1.800 francs pour la participation de la Belgique aux Championnats du Monde de 1904 à Lyon. L'équipe belge s'est classée 4ème dans l’épreuve à l’arme libre à 300 mètres, et Rysheuvels a remporté le Championnat du Monde en position debout.
Champions du Monde Belges
Plusieurs tireurs belges se sont distingués au niveau mondial :
- Julien Van Asbroeck : champion du monde au pistolet à Bruxelles en 1905.
- Paul Van Asbroeck : 2ème en 1905, et champion du monde au fusil, position debout à Paris en 1900 et Bruxelles en 1905. Champion au pistolet à Lyon en 1904, Zurich en 1907, Hambourg en 1909, La Haye en 1910, Biarritz en 1912 et Viborg en 1914.
- Charles Paumier du Verger : 3ème en 1905, et champion à l’arme libre à Bruxelles en 1905, à l’arme libre couché et à genou.
Les Guerres Mondiales et la Modernisation
La guerre de 14-18 a porté un coup dur à l’Union et Tir Belge, entraînant la disparition des armes et de nombreuses sociétés Flobert. La suppression de la Garde Civique a affecté la pratique du tir au fusil de guerre. La seconde Guerre Mondiale a été encore plus rude. Dès le 3 septembre 1944, quelques dirigeants étaient présents au Tir National de Bruxelles.
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Après la guerre, une équipe belge a participé aux Championnats du Monde de 1947 à Stockholm. En 1948, le Ministère de la Santé Publique a accordé un subside gouvernemental à l’Union. En 1952, aux compétions olympiques de tir à Helsinki, un incident est survenu au pistolet de Marcel Lafortune.
L'URSTB Aujourd'hui
L’URSTB-f compte actuellement plus de 20.000 membres et plus de 100 clubs. Elle dispose d’écoles de tir pour les jeunes dès l’âge de 8 ans. Le tir à l’arme à feu est autorisé à partir de 14 ans dans une discipline olympique ISSF, à condition que le jeune soit titulaire d’une licence de tireur sportif et qu’il soit accompagné par un moniteur ; il est encore autorisé dès l’âge de 16 ans dans une discipline internationale ISSF, à condition que le jeune soit titulaire d’une licence de tireur sportif et qu’il soit accompagné d’un moniteur. La fédération entraîne également des compétiteurs de haut niveau et internationaux. En août 2012, Lionel COX a décroché la médaille d’argent aux JO de Londres.
L’URSTB-f est la seule fédération de tir à balles et aux Clays reconnue pour toutes les disciplines olympiques, sportives ou de loisir par l’Adeps et la Communauté française.
Le Stand de Tir à l'Arc de Vouneuil sur Vienne : Une Histoire de Passion
Le club de tir à l'arc de Vouneuil sur Vienne a été créé en février 1989 par Jérôme Hilleret, Jacques et Jean-Pierre Echouard. Il a été affilié à la Fédération Française de Tir à l’Arc le 5 juin 1989. La section tir à l’arc du foyer comptait 12 adhérents à sa création en 1989. Le premier président du club est François Pageot.
Développement et Compétitions
Le club de Châtellerault (Jean-Pierre Reydy et la famille Armand) ainsi que René Malagu de Poitiers enseignent les rudiments du tir à l’arc à tous les adhérents. En novembre 1992, le club a inauguré une compétition qualificative au championnat de France en salle. En 1996, le challenge Vienne et Moulière a été mis en place. L'école de tir à l’arc réservée aux jeunes a été créée en 1997.
En 1997, le club a organisé trois compétitions, dont une étape du circuit national qui a vu la victoire de Sébastien Flûte, ancien champion Olympique. En janvier 1998, Jean-Marc Beaud est entré dans le cercle restreint des sportifs à la tunique bleu, blanc, rouge.
Défis et Succès
Malgré des résultats sportifs notoires, le club a traversé une mauvaise passe. Cependant, il a su rebondir et compte désormais plus de 45 licenciés, un record. Pour la première fois depuis 25 ans, le club a pu mettre en place une équipe féminine à la compétition de Lencloitre. La saison a vu l’arrivée de Maximilien Mangeot, champion de France 2012 de tir fédéral en arc à poulies.
Le Terrain Militaire de Biard et les Exécutions : Une Page Sombre de l'Histoire
Depuis la fin du XIXe siècle, le terrain militaire de l'armée française, situé sur la commune de Biard, servait à l’entraînement des soldats français. Ce site a été le théâtre d’événements tragiques à partir de 1942, lorsque l'occupant l'a choisi pour l'application des condamnations à mort prononcées par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur 677 de Poitiers ou dans le cadre de la politique des otages.
La Politique des Otages
L’attaque de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) par l’Allemagne nazie, le 22 juin 1941, a transformé les visages de la résistance. Les attentats contre les officiers allemands et le sabotage des intérêts de l’occupant se sont multipliés. La répression s'est radicalisée à l’été 1941. Hitler a exigé des représailles massives, et le maréchal Keitel a ordonné l’exécution de 50 à 100 communistes pour un soldat allemand tué. La « politique des otages » a été officiellement instaurée.
Les Exécutions
Principalement extraits de la prison de la Pierre-Levée à Poitiers, les condamnés à mort étaient transportés en convois jusqu’au champ de tir. Le 8 mai 1949, une dalle de bronze portant inscription de 130 victimes a été érigée sur le site.
Le 1er mars 1942, une sentinelle allemande a été exécutée rue de Tanger à Paris. Le 30 avril 1942, un sabotage meurtrier a frappé un train de soldats permissionnaires allemands dans le Calvados. En réaction, le Commandement militaire allemand a décrété l’exécution d’otages. Neuf d’entre eux, militants du Parti communiste clandestin, actifs en région parisienne, ont été extraits du Centre de séjour surveillé situé à Rouillé près de Poitiers. La justice française les avait préalablement condamnés pour activité communiste, diffusion de journaux clandestins, détention de matériel d’impression ou participation active à des manifestations interdites.
Témoignages
La sentence prononcée par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur 677 le 24 novembre 1942 a été exécutée le 3 décembre 1942. Des témoignages poignants racontent les derniers moments des condamnés, leur courage et leur patriotisme.
Le Tir aux Armes Préhistoriques : Un Retour aux Sources
L’association « Paléo Néo et Nous » organise pour la première fois dans la Vienne une manche du concours européen de tir aux armes préhistoriques. Des découvertes archéologiques et des représentations rupestres ont prouvé que nos lointains ancêtres de la préhistoire utilisaient des armes de jet relativement sophistiquées pour l’époque pour la chasse et peut-être aussi lors de conflits armés.
Origines et Évolution
Vers la fin des années 80, des archéologues belges, allemands et français ainsi que des passionnés de préhistoire se questionnaient sur la fabrication et le mode de fonctionnement de ces arcs rustiques et de ces sagaies à propulseurs. Puis l’idée est venue d’expérimenter les hypothèses sur ces armes lors de rencontres dans un esprit de convivialité et de fraternité, et pourquoi pas de les confronter en organisant une compétition sportive. De là est née l’idée d’un championnat européen de tir aux armes de jet préhistoriques.
Déroulement des Épreuves
Le championnat se déroule par manches. Chaque année une vingtaine d’entre elles sont organisées en Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Italie, Suisse. Elles sont régies par un règlement. Toute personne intéressée peut participer à condition d’être équipée d’un matériel (arc ou sagaie) tel qu’on peut se le représenter à partir des exemplaires préhistoriques ou ethnographiques connus. Suivant un parcours en milieu naturel, les compétiteurs tirent sur des cibles éloignées de 8 à 26 mètres représentant des silhouettes d’animaux ayant existé à l’époque préhistorique. Pour être classé, chaque compétiteur doit participer à trois manches minimums. Des stands et animations en lien avec le thème de la préhistoire donnent un caractère festif à l’évènement.
Le Site de Ternay
Les épreuves se déroulent dans le parc et les caves troglodytes du château de Ternay qui est exceptionnellement ouvert à la visite. Classé monument historique, le château de Ternay, situé sur la commune du même nom, date du XVème siècle pour sa partie la plus ancienne. Il est doté d’un impressionnant donjon.
Le samedi est consacré à l’arc préhistorique et le dimanche au tir au propulseur. L’association « Paléo néo et nous » a pour objectifs de sensibiliser les publics à tout ce qui touche au domaine de la préhistoire dans la région.
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