Tir au But : Définition et Humour

Le "tir au but" est une expression qui, bien qu'ayant une origine simple dans le monde du tir, a évolué pour exprimer l'idée d'atteindre un objectif ou de faire ce qu'il faut pour y parvenir. Mais au-delà de cette définition littérale, l'expression se prête à l'humour et à des interprétations variées, que ce soit dans le sport, la vie quotidienne ou même dans le langage de la pétanque.

Origines et Évolution de l'Expression

L'expression "tir au but" trouve son origine dans le vocabulaire du stand de tir. Elle est utilisée depuis le début du XXe siècle pour désigner l'action d'ajuster son tir pour qu'il atteigne sa cible. L'idée est de régler son tir pour qu'il atteigne son objectif. Aujourd'hui, on l'emploie également pour exprimer l'action de frapper juste, de faire ce qu'il faut pour arriver à son but.

Par analogie, le langage militaire utilise l'expression "échelonner un tir" pour signifier un fractionnement du tir en plusieurs tirs successifs, dont l'exécution et les cibles sont espacées de manière constante. Cela illustre l'idée de précision et de stratégie dans l'atteinte d'un objectif.

D'autres expressions liées au verbe "tirer" ont également des origines intéressantes. Par exemple, "boire à tire larigot" vient de l'association du verbe "tirer" (sortir un liquide de son contenant) et du nom "larigot", une sorte de petite flûte. Au XVe siècle, cela signifiait inciter les buveurs à faire sortir le vin des bouteilles comme on faisait sortir le son de l'instrument.

L'expression "tirer des plans sur la comète" vient de la fascination et de la peur qu'inspiraient les comètes. On disait qu'une comète était un signe annonciateur de malheurs, et chacun essayait de prédire quel serait le prochain malheur à s'abattre. Aujourd'hui, l'expression signifie qu'une personne s'imagine des choses (négatives en général) dans une situation donnée, mais qui n'arriveront probablement pas.

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"Tirer son épingle du jeu" proviendrait du XVe siècle. On dit que les fillettes jouaient à un jeu qui consistait à placer des épingles dans un cercle dessiné près d'un mur. Elles devaient ensuite les faire sortir avec une balle en réussissant à ce que celle-ci frappe le mur et vienne ensuite ricocher dans le cercle. Au minimum, il fallait récupérer ce que l'on avait mis en jeu. Ainsi, "tirer son épingle du jeu" signifie que l'on réussit à sauver sa cause, ses intérêts propres.

"Se faire tirer les oreilles" signifie que l'on se montre réticent ou bien que l'on se fait prier. Elle semble être née à la fin du XVIe siècle, mais fait référence à l'époque romaine pendant laquelle les mauvais payeurs étaient traînés devant les tribunaux par l'oreille.

"Tirer le bon numéro" est une référence à la conscription du XIXe siècle. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le service militaire n'était pas obligatoire. Ainsi, en cas de danger, tous les hommes âgés de 18 à 40 ans étaient en situation de réquisition permanente. Cependant, pour ceux d'entre eux qui ne voulaient pas abandonner leurs études ou leur famille, il y avait la possibilité de se faire remplacer, en payant quelqu'un d'autre pour aller se battre à sa place. Toutefois, cette option était jugée scandaleuse car seuls les plus riches pouvaient espérer rester en vie. C'est pourquoi fut mis en place en 1798 un système de tirage au sort. Si le bon numéro était tiré, le jeune homme ne partait pas, mais si à l'inverse il tirait le mauvais numéro, il devait partir en guerre ou payer entre 400 et 900 francs à un éventuel remplaçant. Cette pratique dura jusqu'en 1905. Aujourd'hui, "tirer le bon numéro" signifie que l'on a de la chance, et s'emploie en particulier dans un couple pour dire que l'on a rencontré la personne "idéale".

"Tir au But" et Humour : Une Question Sérieuse

L'humour est une question sérieuse, car il fait intervenir des mécanismes complexes dans notre cerveau. L'hilarité mobilise pas moins de 80 muscles grâce au cortex moteur. La compréhension de l'humour fait intervenir un troisième réseau composé d'aires situées dans le lobe frontal, dans le mésencéphale et dans le cervelet. Ces régions, associées au langage et à la mémoire, serviraient à former des attentes sur le dénouement d'une plaisanterie. Lorsque nos attentes sont déjouées, il en résulte un sentiment de surprise qui constituerait le déclencheur du rire. L'humour serait donc le résultat d'une dissonance entre une anticipation et une chute inattendue.

D'autres parties du cerveau, des aires « sociales », situées à la frontière des lobes temporal et pariétal, confèrent la capacité de se mettre à la place de nos interlocuteurs. L'activité cérébrale liée au rire peut être interprétée comme le résultat d'une dissonance cognitive, d'un instant de détente ou de lien social.

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Alors, comment savoir si une personne a le sens de l'humour ? Une étude a montré que plus une personne est chatouilleuse, plus elle a - généralement - un sens de l'humour développé.

L'Humour dans le Sport : L'Exemple de la Pétanque

La pétanque, sport de passionnés, est un terrain fertile pour l'humour. Chaque partie révèle cette passion avec des expressions et des citations propres aux joueurs. Pour éviter de passer pour un néophyte, il est utile de s'approprier le langage de la pétanque.

Voici quelques exemples de citations de pétanque placées sous le signe de l'humour :

  • Faire un biberon : votre boule vient se coller tout contre le but. La variante « faire un bibe » est assez commune.
  • Faire un crocheton : le tireur a raté la cible de plus de 50 cm.
  • Tirer au fer : le tireur réalise un excellent tir en heurtant la boule de pétanque visée avant de toucher le sol.
  • Perdre contre Paté, Jambon, Beurre : l’équipe la plus forte a perdu contre l’équipe la plus faible.
  • Faire un palouf : la boule est envoyée de manière beaucoup trop courte.
  • Faire casquette : la boule du tireur ne fait qu’effleurer le sommet de la boule visée.
  • Tuer le chien : pas de panique, aucun chien n’est blessé ou tué dans une partie de pétanque.
  • Pet de vieille : c’est un tir qui n’est pas un tir au fer. La boule visée est simplement effleurée, un peu comme quand on fait casquette.
  • Faire Fanny : lorsqu’une équipe n’a marqué aucun point, elle doit embrasser les fesses de Fanny, une représentation féminine.

L'humour à la pétanque est donc bien de la partie, et certaines expressions varient selon les régions de France.

Superstition et Pensée Magique dans le Football

La superstition et la pensée magique sont omniprésentes dans le football, quel que soit le contexte culturel. Pas de couverture d’un grand tournoi international du football sans articles de presse sur les rituels superstitieux qu’observent les joueurs avant le match. Ces articles présentent souvent une liste de comportements bizarres du genre « Le top 10 des superstitions » ou « Les douze rituels d’avant-match les plus étranges ».

Du côté des psychologues, on a vite identifié le sport comme un refuge naturel pour des croyances irrationnelles de toute sorte. Le caractère calmant et rassurant des rituels superstitieux pratiqués par les sportifs peut effectivement permettre de produire une meilleure performance dans certaines disciplines, ce qui en retour renforce la croyance initiale.

Dans le sport, un rituel, c’est-à-dire une action répétée et codifiée qui n’a aucun lien direct avec la performance sportive elle-même, n’est pas superstitieux par essence. Il peut être effectué par le sportif dans le but tout à fait rationnel de mieux maîtriser ses émotions d’anxiété.

Du côté des anthropologues, les chercheurs qui ont osé s’intéresser au football ont été frappés par la présence massive de comportements ritualisés dans le football. La superstition dans le football connaît aussi sa version « hard », qui peut virer au tragique par le biais d’hystéries collectives violentes : la sorcellerie dans le football africain.

Il existe de nombreux exemples de supporters qui ont des rituels pour s’assurer que leur club favori gagne. Par exemple, un supporter doit boire une bière munichoise lorsque l’équipe joue. Il est absolument interdit de boire de la Dab, qui vient de Dortmund. Pour assurer la victoire du Bayern, il doit écrire en allemand le matin du jour du match. Une action complémentaire concerne la manière d’ouvrir sa bière dans sa cuisine. La capsule de bière doit être placée à un endroit très précis sur le comptoir de la cuisine. Sinon, le match risque d’être désastreux pour le Bayern. Il doit aussi porter la poisse aux penalties.

Ces rituels peuvent paraître irrationnels, mais ils sont une affaire sérieuse pour les supporters. Certaines personnes haussent les sourcils lorsqu’elles entendent parler de ces petites superstitions.

Lorsque l’Allemagne joue, un supporter doit boire une bière allemande et éviter la nourriture provenant du pays de l’équipe adverse. Il a plusieurs preuves de la nécessité de ces précautions. En 2012, lors des championnats d’Europe, l’Allemagne a affronté l’Italie en demi-finale. Il a oublié sa « règle alimentaire » et a mangé des pâtes pour le déjeuner. Pour les personnes extérieures, celles qui ne s’intéressent pas au football, cela peut paraître « complètement cinglé », mais une fois dans cet univers, il n’y a pas de limite aux microrituels censés aider votre équipe.

Un collègue, également universitaire, qui aime le football italien et possède un éventail similaire de superstitions, affirme que le fait d’être obligé de faire toutes ces choses signifie avoir un rôle important dans le jeu, avoir un certain contrôle sur celui-ci. Ils sont tous deux conscients du caractère presque obsessionnel compulsif de leurs actions, mais que voulez-vous, s’ils ne le font pas, leur équipe risque de perdre.

Un statisticien hautement qualifié, expert en IA, qui enseigne toute l’année aux étudiants la différence entre corrélation et causalité, est superstitieux à souhait en matière de football. Tout est basé sur des « corrélations qui ont été prouvées des centaines de fois ». Selon lui, « tout ce que vous faites en regardant un match a un effet ». Lorsque l’Italie a évité l’élimination imminente lors de la Coupe du monde 2006, le retournement de situation a été « évidemment » dû au fait qu’il a enfilé un vieux t-shirt de Che Guevara, qu’il a ensuite porté tous les jours de match jusqu’à la victoire finale.

Le plaisir que procurent de telles corrélations ne doit cependant être partagé qu’avec d’autres supporters fous de football. Les spectateurs occasionnels risquent de tout gâcher, car ils ne comprennent pas le sérieux de la chose. Il est toujours convaincu que la présence de sa petite amie de l’époque est responsable de la défaite cuisante contre l’Espagne en finale de l’Euro 2012. Mais il n’est pas rancunier : entre-temps, elle est devenue sa femme et la mère de leur fils. La défaite de 2012 n’est pas de sa faute à elle, mais bien de la sienne, car il aurait dû lui faire comprendre qu’elle n’était pas censée regarder la rencontre avec lui. En 2021, contre l’Angleterre, il l’a fait sortir du salon et l’Italie a marqué - « encore une preuve scientifique irréfutable », insiste-t-il en riant.

Plus important encore que de contribuer à la victoire : savoir faire perdre certaines équipes en « jetant un sort ». Exemple : alors qu’il voyait, déçu, la France mener 3-1 contre la Suisse en 2021, pensant que le match était virtuellement terminé, il a commencé à écouter un podcast avec son casque. Contre toute attente, les Suisses sont revenus dans le match. Il s’est alors senti obligé de continuer à écouter le même épisode du même podcast, encore et encore, jusqu’à ce que les Suisses égalisent et remportent la séance de tirs au but.

Pour un individu qui ne croit absolument pas aux pouvoirs surnaturels et qui est familier avec des concepts psychologiques tels que le « biais de confirmation », le rituel superstitieux est un élément facétieux qui rehausse encore le plaisir de regarder le football. C’est une compensation pour l’impossibilité d’assister au match dans le stade, une façon amusante de participer et d’avoir le sentiment de « faire son travail », comme il le dit.

L’application (stricte !) de rituels qu’on peut qualifier de superstitieux, participe de l’augmentation du plaisir de suivre un match et toute la saison. Qui plus est, elle permet d’établir une connivence avec d’autres fans qui « savent ». Bien entendu, le match de football leur donne un feedback immédiat sur l’efficacité de leurs rituels, et inévitablement, ils doivent parfois constater que la superstition s’est avérée défaillante. Dans ces cas, ils ont recours à des procédés bien connus pour résoudre une dissonance cognitive : ils apportent une cognition complémentaire, soit en accusant un facteur externe (une personne, une circonstance, un objet, etc.), soit en s’accablant eux-mêmes pour avoir honteusement failli de respecter le protocole complexe préétabli.

Les objets de leur superstition, « classiques » pour la plupart, se ressemblent : boissons et repas, vêtements de toute sorte, chants ou autres performances, lieu et positionnement dans ce lieu, ainsi que les autres personnes présentes. Ils semblent partager le désir de compenser une absence (coupable ?) du stade en apportant autant que se peut une contribution qu’ils perçoivent comme obligatoire. La poisse menace de partout, elle doit être repoussée par tous les moyens !

L’élément le plus troublant qui ressort de ces observations est peut-être la coexistence entre leur humour tangible et le sérieux avec lequel ils persistent à respecter leurs rituels. Loin de se limiter à l’univers du football, la pensée magique est bien vivante dans nos sociétés présumées scientifiques et rationnelles.

La compréhension de la magie qu’ont aujourd’hui de nombreuses disciplines des sciences humaines et sociales remonte à Marcel Mauss et Henri Hubert et leur Esquisse d’une théorie générale de la magie publié au tout début du XXe siècle. Mauss y explique la magie par des phénomènes collectifs qui s’apparentent à la religion. La magie se distingue toutefois de la religion en ce que ses rituels servent des objectifs techniques plutôt que de constituer le culte d’une notion sacrée.

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