L'expression «tirer au flanc» est une locution française imagée, ancrée dans le langage populaire, qui évoque l'art d'éviter le travail ou les responsabilités. Son origine remonte au XIXe siècle et au vocabulaire militaire. Cet article explore en profondeur la définition de cette expression, ses origines, son évolution et ses différentes nuances.
Origines militaires de l'expression
L'expression «tirer au flanc» trouve ses racines dans le contexte militaire du XIXe siècle. À l'époque, elle était employée pour désigner les soldats peu courageux qui, au lieu de se rendre en première ligne lors d'une offensive, préféraient rester sur les «flancs» du champ de bataille. Ces parties extérieures du théâtre d'opération étaient perçues comme moins dangereuses que le contact direct avec l'ennemi.
Ces militaires qui choisissaient de «se tirer vers les flancs» étaient considérés comme des lâches par leurs pairs et étaient très mal vus. Ainsi, l'expression «tirer au flanc» est née pour stigmatiser ce comportement d'évitement du danger et du devoir.
Léon Gautier, dans Les Épopées françaises, décrit avec force l'intensité des batailles : « La bataille aussitôt devint une mêlée. Le premier moment d’une bataille est toujours affreux. La rage des deux partis est encore toute fraîche ; les forces sont entières, on veut se dévorer les uns les autres. » Dans ce contexte de violence et d'engagement total, « tirer au flanc » était une manière de se soustraire à cette réalité brutale.
Évolution et sens actuel
Au fil du temps, l'expression «tirer au flanc» a dépassé son contexte militaire initial pour s'étendre à la vie courante. Elle s'est lexicalisée, tout comme «tirer au cul», pour signifier «se soustraire à une obligation», notamment celle du service militaire autrefois.
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Aujourd'hui, l'expression est employée dans un sens plus général pour désigner une personne qui cherche à éviter le travail, les corvées ou les responsabilités. On parle alors d'un «tire-au-flanc» pour qualifier cette personne paresseuse ou peu encline à l'effort.
Certains dictionnaires anciens proposent une autre explication pour le 'flanc', établissant un lien avec les animaux qui se couchent sur le flanc pour se reposer. Le repos étant associé à la paresse, l'expression prend alors le sens d'éviter les tâches fatigantes.
Nuances et subtilités de l'expression
Il est important de noter que l'expression «tirer au flanc» peut avoir différentes connotations selon le contexte et la personne qui l'emploie. Elle peut être utilisée de manière humoristique pour taquiner quelqu'un qui rechigne à la tâche, ou de manière plus critique pour dénoncer un comportement d'évitement systématique.
Il convient également de distinguer «tirer au flanc» de la simple paresse. Une personne peut être paresseuse sans nécessairement chercher à se soustraire activement à ses obligations. «Tirer au flanc» implique une forme de ruse ou de subterfuge pour éviter le travail ou les responsabilités.
Exemples d'utilisation
Voici quelques exemples concrets d'utilisation de l'expression «tirer au flanc» :
- «Allez, allez, dehors, et tout de suite, vous me faites l'effet d'un tire-au-flanc» (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 135).
- «Disons qu'il a un côté tire-au-flanc et passe beaucoup de temps près du distributeur de boissons.»
Expressions similaires
Plusieurs expressions françaises partagent un sens proche de «tirer au flanc» :
- Tirer au cul
- Être paresseux comme un os
- To be bone idle (anglais)
Autres expressions avec le verbe "tirer"
La langue française est riche en expressions utilisant le verbe «tirer». En voici quelques exemples :
- Tirer à boulets rouges sur quelqu'un: Attaquer violemment quelqu'un.
- Tirer la couverture à soi: Accaparer l'attention ou les bénéfices à son propre avantage.
- Tirer le diable par la queue: Avoir des difficultés financières.
D'autres expressions, plus spécifiques, existent également, comme :
- babiche (tirer la -) loc. verb. rég. Canada CORDONN. "exercer le métier de cordonnier".
- boulets rouges (tirer à - sur qqn) loc. verb. RELAT. "fig.".
- but (tirer… de - en blanc) loc. verb. ARME "avoir une portée de [+ compl. de distance]".
- christiania de flanc loc. nom. m. SKI.
- chèque (tirer un -) loc. verb. FIN.
- coup (tirer un -) loc. verb. non conv. ÉROT.
- couverture (tirer la - à soi) loc. verb. non conv. POUVOIR "fig.".
- crampe (tirer sa -) loc. verb. arg. ARG. DÉPLAC. "s'en aller".
- diable (tirer le - par la queue) loc. verb. ARGENT "fig.".
- flanc (foutre sur le -) loc. verb. non conv. POUVOIR "fig. : annihiler".
- flanc (à -) loc. nom. m. ALP.
- flanc (être sur le - à perpétuité) loc. verb. non conv. SANTÉ "être mort".
- jeu (tirer son -) loc. verb. JEUX CARTES.
- marche de flanc loc. nom. f. ALP.
- marche de flanc loc. nom. f. SKI.
- marche à flanc loc. nom. f. SKI.
- oreille (se faire tirer l'-) loc. verb. RELAT. "fig.".
- rappel (tirer un -) loc. verb. ALP.
- rois (tirer les -) loc. verb. US ET COUT. "partager la galette de l'Épiphanie".
- tirer v.intr. ALP. "déplacer".
- tirer v.tr. PHOTOGR.
- tirer v.intr. US. ALIM. "boire (du vin)".
- tirer v.tr. ARTS "faire le portrait de".
- tirer v.tr. FIN. "signer un effet de commerce par lequel on charge un correspondant de payer la somme énoncée à celui qui présente cette lettre".
- tirer (se -) v.pron. arg. , non conv. DÉPLAC. "s'en aller, partir, s'enfuir".
- tirer (une longueur) v.tr. ALP.
- tirer : tire ! / tirez ! interj. RELAT. "/pour chasser qqn/".
- tirer au clair-fin loc. verb. OENOL.
- tirer au clair.
- tirer chemin loc. verb. non conv. DÉPLAC. "partir".
- tirer le/un portrait de qqn loc. verb. LITT.
- tirer les vers du nez loc. verb. non conv. RELAT. "fig.".
- tirer sur faute de loc. verb. FOOTBALL.
- tirer une carotte loc. verb. non conv. ARGENT "soutirer de l'argent".
- tirer à … mille loc. verb. ÉDIT. IMPRIM. "imprimer".
- tirer à la conscription loc. verb. non conv. MILIT.
- tirer à la courte paille loc. verb. US ET COUT.
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