Tirer au flanc : Définition, Origine et Évolution d'une Expression Populaire

L'expression "tire-au-flanc", désignant une personne qui évite une tâche par fainéantise, est apparue dans le vocabulaire militaire dans le courant du XIXe siècle. Une expression datant d'une ancienne époque de la guerre et qui revient encore dans les différents échanges verbaux à ce jour. Que signifie cette expression ?

Définition de "Tire-au-flanc"

L'expression "tire-au-flanc" désigne une personne qui cherche à éviter l'effort, le travail ou les responsabilités, souvent en feignant ou en adoptant une attitude de paresse ou d'indolence. Elle concerne les personnes qui montrent un enthousiasme face à une demande, mais lorsque vient le moment d'appliquer ou de réaliser cette activité, cette dernière se montre plutôt réticente ou la confie à une autre personne et reste sans rien faire. C'est d'ailleurs ce que montre l'origine de ce mot du XIXe siècle.

Origine Militaire de l'Expression

L'expression "tire-au-flanc" trouve son origine dans le langage militaire. Elle voit le jour particulièrement au XIXᵉ siècle et désignait les soldats qui cherchaient à éviter leurs devoirs en prétextant des douleurs physiques, notamment au flanc. En effet, à cette époque, le flanc, partie latérale du corps humain, était souvent invoqué comme siège de douleurs difficiles à vérifier. Ce qui permettait à certains d'échapper aux corvées, à l'entraînement ou aux combats. Et quant au verbe "tirer" dans ce contexte, il évoque l'idée de se dérober ou de s'extraire d'une situation.

Sur un champ de bataille, les combats les plus sanglants avaient toujours lieu sur le front, en première ligne. A contrario, les flancs des troupes étaient des endroits généralement abrités des assauts, et donc moins dangereux. Dans le jargon militaire, un homme «tirait au flanc» («tirer» était synonyme de partir vers un endroit) quand il fuyait le gros des affrontements pour se réfugier sur les côtés. Les flancs deviennent-ils vulnérables ? On dira alors que l’armée prête le flanc à l’ennemi. Le poltron décidera alors de tirer au cul, c’est-à-dire à l’arrière, où le danger sera moindre sauf si l’ennemi prend à revers.

La bataille aussitôt devint une mêlée. Le premier moment d’une bataille est toujours affreux. La rage des deux partis est encore toute fraîche ; les forces sont entières, on veut se dévorer les uns les autres. » (Léon Gautier, Les Épopées françaises, ch.

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Évolution et Utilisation Moderne

L'expression s’est ensuite étendue au langage courant pour qualifier toute personne évitant un effort ou une responsabilité. En général, ces faits sont souvent affirmés par des excuses exagérées ou une attitude de paresse manifeste. Tirer au flanc et tirer au cul se sont lexicalisés pour signifier « se soustraire à une obligation » (notamment, naguère, celle du service militaire). Dans son Dictionnaire historique des argots (1965), Gaston Esnault date de 1881 la première locution et de 1883 la seconde. Cette expression s'est rapidement substantivée en "tire-au-flanc" pour désigner celui qui tire au flanc.

Tire-au-flanc versus Fainéant

La différence entre un "tire-au-flanc" et un fainéant réside principalement dans l’attitude et la manière d’agir face au travail ou aux responsabilités. Le fainéant est une personne paresseuse par nature, qui évite délibérément tout effort ou toute activité sans forcément chercher à dissimuler son manque de volonté. En revanche, le tire-au-flanc agit de manière plus subtile : il cherche activement à échapper à ses obligations en inventant des excuses, en simulant des incapacités ou en feignant des difficultés. Autrement dit, le fainéant assume son inaction, tandis que le tire-au-flanc emploie des stratagèmes pour masquer sa paresse ou se soustraire aux tâches qu’il considère comme indésirables.

Exemples d'Utilisation

Avoir connaissance d'une expression permet de l'employer convenablement dans certaines narrations ou conversations.

  • « Allez, allez, dehors, et tout de suite, vous me faites l'effet d'un tire-au-flanc »
  • Lorsqu’une personne fait semblant de travailler ou préfère se reposer, on peut dire que c’est un «tire-au-flanc».
  • Disons qu'il a un côté tire-au-flanc et passe beaucoup de temps près du distributeur de boissons.

Autres pistes d'explication

Certains dictionnaires anciens proposent une autre explication pour le flanc en faisant un lien avec les animaux qui se couchent sur le flanc pour se reposer. Or qui dit repos, dit aussi parfois paresse. Et qui dit paresse, dit usage de moyens pour éviter les choses fatigantes comme les corvées, par exemple.

Expressions similaires et traductions

  • Tirer au cul: Variante de "tirer au flanc", désignant également le fait de se soustraire à une obligation. Le poltron décidera alors de tirer au cul, c’est-à-dire à l’arrière, où le danger sera moindre sauf si l’ennemi prend à revers.
  • To be bone idle: Équivalent anglais signifiant "être paresseux comme un os".

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