Depuis octobre 2023, la frontière entre le Liban et Israël est le théâtre d'échanges de tirs, principalement entre le Hezbollah et les forces israéliennes. Ces événements ont ravivé les tensions dans la région et suscité des inquiétudes quant à une escalade du conflit. Cet article vise à faire le point sur la situation actuelle, les événements récents, les réactions internationales et les enjeux de cette crise.
Contexte Général
La situation actuelle s'inscrit dans un contexte régional tendu, marqué par le conflit israélo-palestinien et les tensions entre Israël et l'Iran, principal soutien du Hezbollah. Le Hezbollah, seul groupe armé libanais à avoir conservé ses armes après la guerre civile (1975-1990), a affiché sa solidarité avec le Hamas en lançant des attaques contre Israël.
Escalade des Tensions et Échanges de Tirs
Les échanges de tirs entre le Hezbollah et Israël se sont intensifiés ces derniers mois. Le Hezbollah a revendiqué des tirs de roquettes sur des villes du nord d'Israël, notamment Safed, en riposte aux frappes israéliennes au Liban. Israël, de son côté, a mené des frappes aériennes et d'artillerie sur des cibles au Liban, ciblant des infrastructures du Hezbollah et des zones considérées comme des rampes de lancement de roquettes.
Événements récents:
- 14 octobre : Le Hezbollah revendique une "grande salve de roquettes" sur Safed.
- Le Hezbollah a également annoncé avoir visé une base navale israélienne près de Haïfa, au lendemain d'une attaque similaire ayant tué au moins quatre soldats israéliens sur une base militaire dans la même région.
- Samedi matin : Les sirènes d'alerte ont retenti à Metula, un village israélien frontalier. Israël a mené des frappes au Liban, tuant trois personnes, dont une enfant.
- L'armée de l'air israélienne a intercepté trois roquettes tirées du sud du Liban vers la région de la Galilée (nord).
- En réponse, Benjamin Netanyahou a ordonné à l'armée de frapper des «cibles terroristes» au Liban.
- Cinq personnes, dont une enfant, ont été tuées et huit blessées dans une frappe à Touline, selon l'agence nationale d'information libanaise ANI.
- Samedi [22 mars]: Des tirs de roquettes depuis le Liban ont entraîné une reprise des bombardements israéliens sur le sud du pays. Deux personnes sont mortes, et huit autres ont été blessées dans la riposte israélienne.
Réactions et Condamnations Internationales
Les tirs de roquettes et les frappes israéliennes ont suscité de vives réactions internationales.
- Nations Unies : La Force intérimaire des Nations unies déployée dans le sud du Liban (Finul) a exprimé sa préoccupation face à l'escalade de la violence et a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue. Les attaques contre la Finul sont "complètement inacceptables", selon Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.
- France : Emmanuel Macron a assuré que la France est "pleinement engagée" pour "éviter une nouvelle escalade" et a rappelé la nécessité d'une solution politique sur la question de la Ligne bleue, sur la base de la résolution 1701. Paris a condamné "avec la plus grande fermeté" l'attaque. Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères recommande aux ressortissants français de ne pas se rendre au Liban, en Israël ou dans les territoires palestiniens.
- Royaume-Uni : Le Royaume-Uni a également condamné l'attaque.
- Iran : Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a mis en garde Israël contre les "conséquences imprévisibles" de nouvelles "aventures" militaires au Liban.
- États-Unis : La Maison Blanche a affirmé que le Hezbollah libanais a mené l'"horrible" attaque sur le plateau du Golan qui a causé la mort de douze jeunes. Antony Blinken, secrétaire d'État américain, a affirmé que "toutes les indications" montrent que la roquette tombée sur la localité druze de Majdal Shams a été tirée par le Hezbollah libanais.
Conséquences et Impacts
Les échanges de tirs ont des conséquences désastreuses pour les populations civiles des deux côtés de la frontière.
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- Déplacements de population : Côté libanais, plus d'un million de personnes ont fui le sud du pays, dont environ 100 000 sont toujours déplacées, selon l'ONU. Seulement 8% de la population est revenue à Metula et certains habitants sont repartis samedi après les tirs.
- Victimes civiles : Les frappes ont causé la mort de civils, dont des enfants, et ont fait de nombreux blessés.
- Destruction d'infrastructures : Les bombardements ont endommagé des habitations, des infrastructures et des terres agricoles.
- Crise économique : La situation sécuritaire exacerbe la crise économique que traverse le Liban depuis plusieurs années.
Tentatives de Cessez-le-feu et Perspectives d'Avenir
Un accord de cessez-le-feu avait été conclu le 27 novembre, mettant fin à la guerre entre l'armée israélienne et le Hezbollah. Cependant, les récentes escalades ont mis à mal cet accord et font craindre une reprise du conflit.
Obstacles à la paix :
- Désaccords sur la Ligne bleue : La question de la délimitation de la frontière entre le Liban et Israël reste un point de friction majeur.
- Présence du Hezbollah : La présence du Hezbollah dans le sud du Liban et son arsenal militaire sont considérés par Israël comme une menace à sa sécurité.
- Interférences régionales : Les tensions entre Israël et l'Iran, ainsi que le conflit israélo-palestinien, compliquent la résolution de la crise.
Efforts Diplomatiques et Médiation
Plusieurs acteurs internationaux, dont la France, les États-Unis et l'ONU, sont engagés dans des efforts diplomatiques pour désamorcer la crise et favoriser un retour au calme. La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise et des forces de l'ONU dans le sud du Liban, est considérée comme un cadre essentiel pour la stabilité de la région.
La Position du Hezbollah
Au moment où il a commencé à tirer des roquettes sur Israël en octobre 2023, en solidarité avec son allié du Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah était un acteur incontournable de la vie politique au Liban et le plus puissant mouvement dans le pays. Seule faction au Liban à avoir conservé ses armes au sortir de la guerre civile libanaise (1975-1990), le Hezbollah était alors accusé par ses détracteurs d'être un «État dans l'État».
Conséquences Politiques au Liban
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a mis en garde «contre le risque que les opérations militaires reprennent à la frontière sud. Le dirigeant libanais a condamné «les tentatives d’entraîner le Liban dans un nouveau cycle de violence», avant d’appeler «les forces concernées dans le Sud, notamment le comité de surveillance» de l’accord de trêve et l’armée, à «contrôler toute violation ou négligence qui pourrait menacer la nation dans ces moments délicats». Le ministre de la Défense libanais, Michel Menassa, a affirmé que l’armée libanaise a lancé une enquête sur les circonstances des tirs de roquettes. Il a également appelé les “parrains”, entendre les États-Unis, de l’accord de cessez-le-feu à dissuader Israël de poursuivre ses “violations et attaques sous des motifs fallacieux”.
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