Cet article explore l'histoire et les découvertes archéologiques de la région de Tir Lune Vallorbe, en se concentrant sur les artefacts de l'âge du bronze et du Hallstatt trouvés dans divers tumulus et dépôts.
Découvertes Archéologiques dans la Région de Tir Lune Vallorbe
La région de Tir Lune Vallorbe a livré un certain nombre de découvertes archéologiques importantes, témoignant d'une occupation humaine ancienne et continue. Les artefacts mis au jour, notamment ceux de l'âge du bronze et du Hallstatt, offrent un aperçu précieux des cultures et des sociétés qui ont façonné cette région.
Secteur de Dompierre-les-Tilleuls, Frasne, La Rivière-Drugeon
Le secteur de Dompierre-les-Tilleuls, Frasne, La Rivière-Drugeon a révélé diverses trouvailles provenant de la plaine de l’Arlier.
Cachette ou dépôt de l’âge du Bronze de La Rivière-Drugeon
Une cachette ou un dépôt de l’âge du Bronze a été découvert à La Rivière-Drugeon.
Circonstances de la trouvaille
Une copie de lettres dans les archives du musée archéologique de Besançon ne fournit que de vagues indications sur cette découverte. Il semble qu’il s’agisse d’un don du notaire Barthelet, de la Cluse, aux environs de 1855. Cet homme de loi aurait reçu l’ensemble d’un certain Gresset de La Rivière-Drugeon qui affirme avoir trouvé le tout en pleine terre et non dans un tumulus, ce qui n’a rien d’étonnant.
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Le mobilier
Le mobilier est conservé au musée de Besançon et comprend :
- Épingle de Binningen (fig. 5, no 2)
- Épingle à tête globuleuse type « Champs d’urnes » (fig. 5, no 3)
- Fragment de hache à ailerons médians (fig. 5, no 4)
- Tranchant de hache (fig. 5, no 5)
- Tranchant de hache (fig. 5, no 6)
- Spirale en bronze (fig. 5, no 7)
- Pointe de lance à douille fortement martelée (fig. 5, no 8)
- Fragment de lame de faucille (fig. 5, no 9)
- Fragment de bracelet déformé par martelage (fig. 5, no 10), cette pièce ornée d’un ovale garni d’incisions et de points a disparu du musée de Besançon.
Observations et chronologie
Ce dépôt date du début du Bronze final (horizon de Binningen) et renferme un matériel chronologiquement homogène. L’état des pièces laisse supposer une récupération d’objets usagés en vue d’une éventuelle refonte.
Épingle de Bannans
Une épingle a été découverte à Bannans.
Circonstances de la trouvaille
Les circonstances de la trouvaille sont inconnues.
Le mobilier
Il s'agit d'une longue épingle à tête discoïdale. La partie supérieure de la tête est ornée de triangles hachurés disposés en deux cercles concentriques.
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Observations et chronologie
Cette pièce date du Bronze final dans sa dernière phase. Parure assez rare, connue dans les stations suisses (Desor 1874) (fig. 5, no 1).
Tumulus de Frasne
Un tumulus a été découvert à Frasne.
Circonstances de la trouvaille
Aucun document précis n'existe à ce sujet. Une aquarelle donnée par E. Clerc au musée archéologique de Besançon reproduit les matériels. Il s’agit vraisemblablement d’un tumulus arasé.
Le mobilier
Le mobilier est conservé au musée de Besançon et comprend :
- Plaque de ceinture fragmentée avec bossettes latérales, décor central avec groupes de deux croix séparées par deux nervures verticales (fig. 6, no 7)
- Bracelet ou anneau de jambe fragmenté, jonc lisse (fig. 6, no 1)
- Bracelet ou anneau de jambe avec cannelures fines et nervures tranversales (fig. 6, no 3)
- Deux bracelets ouverts, extrémités pointues, jonc lisse (fig. 6, no 2 et 4)
- Fragment d’un bracelet martelé (fig. 6, no 5)
- Bracelet ouvert (d’après un dessin conservé au musée de Besançon) (fig. 6, no 6)
Observations et chronologie
Il est impossible de distinguer les diverses sépultures.
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Tumulus du Champ de Tir dit Sur le Mont
Un tumulus a été découvert au Champ de Tir dit Sur le Mont.
Circonstances de la trouvaille
Au début du siècle existait à Pontarlier un champ de tir d’artillerie qui attirait de nombreux militaires. C’est sans doute l’un d’eux, le capitaine P. Besson, qui fit ouvrir un tertre au lieu-dit Sur le Mont.
Mobilier
Le mobilier est conservé au musée de Besançon et comprend :
- Bracelet à fortes cannelures (dents d’engrenage) (fig. 7, no 1)
- Deux bracelets avec des bossettes séparées par des plages de légères cannelures (fig. 7, no 2 et 3)
- Pièce de bois d’usage indéterminé et affectant la forme d’un poignard (fig. 7, no 4)
- Pierre à aiguiser ou pendeloque en pierre (fig. 7, no 5)
- Grelot-cage (fig. 7, no 6)
- Deux pendeloques-rouelles (fig. 7, no 7 et 8)
- Deux bracelets en lignite ou tonnelets (fig. 7, no 9 et 10)
Un fragment d’épée indéterminable avait été trouvé dans le tertre. D’après M. Piroutet, il s’agirait d’une épée en fer du Hallstatt ancien (Piroutet 1913). On peut être d’accord avec ce préhistorien avisé qui attribue cette arme à une sépulture primitive et y ajoute la pierre à aiguiser.
Observations et chronologie
Selon Piroutet, le reste du matériel provient de deux sépultures de femme : l’une avec les bracelets 2 et 3 ; l’autre avec les anneaux en lignite et le bracelet 1. A qui attribuer les rouelles et le grelot ? L’existence d’une troisième sépulture demeure vraisemblable. Hallstatt ancien et final.
Épée de Vaux-et-Chantegrue
Une épée a été découverte à Vaux-et-Chantegrue.
Une épée en bronze (rapière) du type de Rixheim trouvée en 1912 lors de la construction de la ligne PLM de Frasne à Vallorbe. Elle proviendrait d’une fouille « d’emprunts » sur le territoire de la commune de Vaux-et-Chantegrue. D’après le registre des entrées du musée des Antiquités nationales, elle était couchée (?) et la lame recouverte de mousse (no 57 169 du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye).
Épingle d’Houtaud
Une épingle a été découverte à Houtaud.
Une épingle à tête globuleuse (bulbe d’oignon) trouvée lors de labours sur le territoire d’Houtaud. Longueur 180 mm ; diamètre de la tête 13,5 mm (fig. 2). Propriété de M. G. Isely à Bulle.
Communes de Dompierre-les-Tilleuls et Frasne
Il existe sur le territoire de cette commune de nombreux tumulus, en particulier à l’ouest du village sur une crête dominant la plaine du Drugeon au lieu-dit les Bossus, et à l’est de la localité au lieu-dit Planquecet ou Planquesset. Les tertres occupent une zone de pâturages parsemés de buissons de noisetiers. Les habitants du village de Dompierre-les-Tilleuls connaissaient l’existence des buttes, notamment celles du lieu-dit les Bossus auquel elles donnèrent peut-être son nom. Des ossements auraient été découverts en ce lieu, suivant une tradition orale et proviendraient d’arasement de tombelles. Une autre tradition voyait là un cimetière de pestiférés et certains prétendaient même qu’il s’agissait là de simples éminences sur lesquelles on plaça durant la guerre 1914-1918 des pièces d’artillerie anti-aérienne. C’est en tout cas par une tentative d’arasement d’un tumulus aux Bossus que furent découverts des fragments métalliques qui provoquèrent des fouilles d’urgence.
Le tumulus des Bossus no 1
Situation
Département du Doubs. Commune : Dompierre-les-Tilleuls. Cadastre : lieu-dit les Bossus à 1 500 m au nord-ouest du village. Coordonnées : X = 892,345 ; Y = 216,353 ; Z = 870 m (fig. 8).
État
Il s’agit d’un tertre irrégulièrement hémisphérique, ovalisé suivant un axe N.-E./S.-O. La longueur du grand axe est de 18 m environ et celle du petit axe de 12 m environ. Le terrain formant socle est légèrement incliné vers le sud et la hauteur moyenne du monument est de 1,60 m. La partie N.-E. du tertre est très écrasée en raison du passage d’un chemin de terre qui entame d’ailleurs l’ensemble. Une légère dépression (ancien sondage ?) est visible dans le quadrant N.-O. La partie sud du tumulus est sérieusement endommagée sur une surface d’environ 1/5 du total et sur une profondeur de 60-70 cm. Il s’agirait d’une tentative ancienne d’arasement. Enfin, les traces d’un léger sondage sont visibles au sommet.
Structures et mobilier
La méthode des quadrants avec décapage soigneux après dégazonnage a été utilisée. Mais il faut noter que cette technique qui vise à l’exploration exhaustive du tumulus est ici difficile à appliquer en raison des remaniements à la suite d’enterrements successifs, de déplacements des objets ou des ossements par des animaux fouisseurs, des destructions liées aux tentatives de fouilles sauvages ou d’arasements. Enfin, l’acidité du sol au pH élevé contribue à la dissolution des os et à la corrosion des métaux. De plus, la structure en majorité caillouteuse du tertre interdit un décapage précis comme dans un sol argileux. Le matériau principal, ramassé aux environs est de petites dimensions, mais les hommes utilisèrent aussi des dalles calcaires levées aux environs dans le Portlandien et qui servent soit à délimiter les sépultures, soit à maintenir les terres sur le pourtour.
Les investigations méthodiques sont ici très difficiles à conduire. Des pierres rejetées lors des tentatives d’arasement ne sont plus en place, mais il faut y ajouter les rejets possibles de cailloux à l’occasion d’une inhumation secondaire. De plus, les ossements sont la plupart du temps en très mauvais état, réduits à l’état de fragments difficiles à déterminer. Des dents, très nombreuses, sont répandues parmis la pierraille. Dans de telles conditions, il est présomptueux de vouloir localiser avec netteté les sépultures (fig. 8).
- Groupe 1 de mobilier : vraisemblablement une sépulture détruite : un disque à renflement central (fig. 16, no 1) et deux brassards-tonnelets (fig. 16, no 2).
- Groupe 2 : vraisemblablement une deuxième sépulture : une fibule-arbalète (fig. 17, no 3) et un bracelet à petits tampons (fig. 17, no 4).
- Groupe 3 : sans doute une sépulture. Plus profonde que la précédente : des fragments d’os très petits sans connexion anatomique visible ; une fibule à arc en « sangsue », le sommet garni d’une ligne de petites perles, un bouton sur le pied (fig. 17, no 5) ; une fibule à arc simple pied ornithomorphe (tête d’oiseau), ressort bilatéral (fig. 17, no 5) ; une fibule à tête de bélier et masque humain (fig. 17, no 6 ; fig. 9) ; un anneau massif en bronze (fig. 17, no 6’).
- Groupe 4 : sans doute une sépulture avec des ossements très fragmentés qui correspondent à un radius, un cubitus, un tibia et un péroné ; un bracelet filiforme à fermeture-crochet (fig. 17, no 7) ; un tampon de bracelet (non figuré) ; un bracelet à tampons (fig. 17, no 9) ; un cabochon de fibule avec incrustation de corail (fig. 17, no 10) ; un fragment de tôle (garniture de ceinture ?) (fig. 17, no 11) ; une plaque de tôle de bronze nervurée ( extrémité de ceinture en cuir ?) (fig. 17, no 12).
- Groupe 5 : sans doute une sépulture avec traces d’un squelette en très mauvais état mais d’orientation N.-N.-O./ S.-S.-E. Position centrale au-dessus du sol en place à 1,20 m du niveau de base environ. Un rasoir semi-circulaire ajouré (fig. 17, no 13).
- Groupe 6 : limité par un entourage grossier de pierres volumineuses. Nombreux débris osseux minuscules. Un fragment de poterie très petit de forme indéterminable, des traces d’oxyde de cuivre et un fragment de bracelet filiforme.
- Groupe 7 : difficile à attribuer à une sépulture. Un anneau avec de petites perforations supportant des anneaux (fig. 17, no 14) ; plaque en bronze avec des rebords repliés et destinés à renforcer l’extrémité d’une ceinture en cuir, décor géométrique de carrés et triangles hachurés (fig. 17, no 15) ; une fibule à arc massif uni, ressort bilatéral et une épingle en bronze à tête cannelée (fig. 17, no 16 a et b).
- Groupe 8 : matériel très dispersé difficilement attribuable à une sépulture. Une garniture d’usage indéterminé (garniture d’un ressort-arbalète ?) (fig. 18, no 17) ; une agrafe en tôle de bronze (fig. 18, no 18) ; une fibule à grosse timbale (fig. 18, no 19) ; un fragment de tôle de bronze, indéterminable ; une épingle à chas (fig. 18, no 20) ; un bouton en bronze (fig. 18, no 22).
- Groupe 9 : une sépulture. Squelette en très mauvais état et de très petite taille. Sans doute un enfant. Orienté N.- O./S.-E. A chaque bras, un bracelet filiforme (fig. 18, no 23 et 24) ; une ceinture en bronze décoré au trémolo (fig. 18, no 25).
- Groupe 10 : ossements indéterminables en très mauvais état. Un disque de bronze mince avec un décor de cercles oculés (fig. 18, no 26). Débris d’un fil de bronze. Le squelette pouvait être orienté S.-O./N.-E.
Observations et chronologie
La poterie est rare. Outre le tesson déjà signalé, de menus fragments étaient concentrés dans le quadrant sud-est.
Il est difficile de noter la présence d’une couronne de pierres. A l’ouest et au sud-est, des dalles légèrement inclinées vers le centre impliqueraient l’existence d’une couronne en partie détruite ou de dalles placées en bordure du monument pour contenir la masse des terres. L’état des os, leur absence, la dispersion du matériel ne permettent point de fixer avec certitude le nombre des sépultures (10 vraisemblables). Au sommet, le petit disque en bronze relèverait d’une sépulture adventice de l’époque des invasions. La stratigraphie des trouvailles schématisée sur la figure 8 laisse entrevoir la possibilité de la construction d’un premier tumulus déjà réutilisé, puis surélevé, sans que l’on puisse tirer des renseignements de chronologie relative quant à la position des tombes, ceci à cause des perturbations postérieures.
Les matériels, dans le schéma traditionnel, dateraient du Hallstatt ancien, Hallstatt final et Tène ancienne.
Le tumulus des Bossus no 2
Situation
Il existe au musée de Pontarlier une série d’objets provenant du même lieu, sans autre précision. Commune : Dompierre-les-Tilleuls. Cadastre : lieu-dit les Bossus
État
Ils appartenaient à un tertre anciennement arasé.
Mobilier
- Fibule à arc brisé avec un décor cannelé (fig. 18, no 1)
- Fibule-arbalète en partie brisée (fig. 18, no 4)
- Fibule serpentiforme (fig. 18, no 3)
- Sorte de bague avec des renflements aux extrémités (fig. 18, no 2)
Observations et chronologie
Ces objets, qui pourraient provenir de diverses sépultures, datent du Hallstatt final/Tène ancienne.
Le tumulus no 1 dit de Planquecet
Situation
A la sortie est du village sur la route conduisant à La Rivière-Drugeon, sur un pâturage communal s’élève un ensemble de quatre tertres assez bien alignés suivant une ligne est-ouest. Commune : Dompierre-les-Tilleuls. Cadastre : lieu-dit Planquecet. Coordonnées : X = 893,625 ; Y = 214,925 ; Z = 833 m (fig. 10).
État
Cette butte de faible épaisseur dut être édifiée sur un terrain jamais mis en culture. Mais le piétinement des bovins contribua à son abaissement. Diamètre : 10-12 m ; hauteur : 80 cm.
Structures et mobilier
Contrairement à d’autres tertres de la Chaux d’Arlier, ce monument est composé exclusivement de terre végétale. Les traces d’une couronne périphérique, en majorité de blocs de petites dimensions, sont visibles dans la moitié sud. Il n’en subsiste que de maigres traces dans la moitié nord.
Sépulture 1 : au niveau du centre et sur le sol, un squelette en mauvais état orienté S.-O./N.
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