Lorsqu'il s'agit de choisir un type de munition, il est essentiel de comprendre les particularités des différents projectiles. Que ce soit pour la chasse ou le tir sportif, le choix du type de balle joue un rôle crucial dans la précision, l'efficacité et la sécurité. Ce guide a pour objectif de clarifier ces distinctions en présentant les options les plus courantes et leurs usages.
Composition de base d'une munition
Une munition est l'ensemble qui charge une arme à feu, contenant au minimum une charge propulsive et un ou plusieurs projectiles. La cartouche (nom de la munition complète) est composée d’une balle (le projectile), d’un étui (la « douille »), d’une amorce et de poudre. L’étui est à la fois support de l’amorce, de la balle et contenant de la poudre. L’amorce met le feu aux poudres.
L'étui (ou douille)
Aussi connue sous le nom de douille, cette partie de la munition a pour rôle principal d’unir toutes les composantes entre elles. C’est une sorte de récipient dans lequel est contenue la poudre, la capsule d’amorçage et l’amorce. Au bout du collet de la douille (son extrémité), entre ses lèvres en alliage adapté se trouvent les projectiles. Cette partie de la douille est souvent sertie de couche de graisse. Comme elle est censée se déformer sans pour autant céder, elle est faite avec un alliage adapté à cet effet. C’est pourquoi la douille est souvent faite soit en laiton, soit en aluminium. Quand elle est faite en laiton, elle peut se déformer sans pour autant céder, facilitant la reconstruction de la munition lors du prochain chargement.
Il existe 5 types de culot de douille différents pour deux catégories d’arme à feu : les armes de poings et les armes d’épaules.
- Douille à gorge: surtout utilisée pour les armes automatiques ou semi-automatiques.
- Douille à bourrelet réduit: similaire à la douille à gorge.
- Douille à demi-bourrelet: le plus souvent utilisée pour les revolvers. Le bourrelet de la douille va percuter le barillet de l’arme pour améliorer l’étanchéité des gaz et le système de blocage.
- Douille à bourrelet: même fonction que la douille à demi-bourrelet.
L'amorce
Cette capsule contient l’explosif primaire (composé résultant du Fulminate de mercure découvert en 1805) qui va servir à mettre le feu aux poudres. Cet explosif primaire, dont la vitesse de combustion est de 1000m/s, est très sensible aux chocs et aux frictions. C’est pour cette raison qu’il faut qu’il y ait une capsule qui soit en mesure de la contenir. La fonction principale de la capsule d’amorçage est de minimiser les risques, car si jamais l’explosif primaire est secoué ne serait-ce qu’un petit peu, le mécanisme se mettra d’aussitôt en marche. La capsule garantit plus de sécurité et de fiabilité à la munition.
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- Capsule d’amorçage type Boxer: utilisée pour les calibres supérieurs ou égaux au 9mm. Elle contient des canaux dénommés « évents » reliant l’amorce à l’intérieur de la douille. Le rôle de ces canaux est de faire la relation entre l’explosif primaire, une fois enflammé, et la charge propulsive. Ces canaux sont au nombre de deux ou trois pour les capsules de type Berdan.
- Cartouche à percussion centrale: l'amorce s’enflamme suite à une compression entre le percuteur et l'enclume.
- Cartouche à percussion annulaire: il n’y a pas de capsule d’amorçage. Le processus se met en marche lorsque le percuteur annulaire tape le culot de la douille.
La poudre
La poudre a pour fonction principale d’émettre le gaz qui propulsera le projectile hors de la douille. Pour les armes semi-automatiques ou automatiques, en plus de la propulsion, la charge projectile va servir à réarmer le système de percussion. La poudre n’est pas uniforme et sa forme change en fonction de sa fabrication.
Connue également sous le nom de charge propulsive, la poudre a été découverte au XIIIe siècle. À cette époque, elle était connue sous le nom de poudre noire, un mélange de 75% de potassium, 15% de charbon de bois et 10% de soufre. La combustion de cette poudre dégage une forte fumée noire et un peu de pression. En raison de ces quelques critiques négatives, une poudre moderne a été développée, la poudre sans fumée, découverte en 1845 par Alfred Schönbein. Cette dernière est un polymère formé de monomères de glucose, plus précisément du glucose nitré. La nitrocellulose est familière à la nitroglycérine qui est l’élément de base de la fabrication de la dynamite. Elle a été introduite pour la première fois pas Alfred Nobel en 1860.
Le projectile (ou balle)
Un projectile est un corps projeté en direction d’une cible avec une arme, ou à la main. Au début, les projectiles étaient des sphères de plomb mou pesant entre 31 à 37 grammes, et d’un diamètre moyen de 18mm. C’est seulement à partir des années 1850 que les premiers projectiles en forme de cône font leurs apparitions.
De nos jours, il existe plusieurs formes de projectile, et divers types voire de composition de chemisage. On distingue :
Les projectiles homogènes: faits avec une seule matière.
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Les projectiles chemisés: faits avec plusieurs matières. Il y a deux types de chemisage général : le TMJ (Totally Metal Jacketed) et le FMJ (Full Metal Jacketed).
- TMJ: souvent utilisé pour les munitions dépourvues de plomb ou métaux lourds dans l’amorce.
- Chemisage spécial munition militaire: certaines munitions militaires sont munies d'un projectile à noyau de plomb nu ou d'un mélange plomb acier avec un revêtement complet TMJ en acier ou en tombac (Cuivre + 5 à 20% Zinc). Ce type de chemisage permet d'éviter l'éclatement du projectile ou son "éclatement en champignon" dans un corps.
- Il arrive que la surface de certains projectiles homogènes ou garnis soit recouverte d'une minuscule couche métallique par électrodéposition de cuivre, nickel ou zinc pour éviter le dépôt de plomb à l'intérieur du canon.
- Les projectiles utilisés pour la chasse sont le plus souvent à pointe creuse (HP) ou à pointe molle (JSP). Dans un contexte de chasse, ces projectiles sont conçus pour faire le maximum de dégâts possibles dans le corps qu’ils touchent, mais surtout pour qu’il n’y ait aucun dommage collatéral (le projectile ne doit pas quitter sa cible).
- Certains modèles de projectiles, appelés projectiles traceurs ou lumineux, contiennent une charge pyrotechnique, généralement à base de phosphore ou de magnésium, qui produit une lumière vive lorsqu'elle est allumée.
Fonctionnement d'une balle
Lorsqu'on appuie sur la détente et que l'amorce éclate, la flamme intense créée par le mélange d'amorçage remplit l'intérieur de la douille et allume la charge de poudre au grand complet. La pression montante générée par la poudre en combustion va pousser sur la paroi de l'étui, ce qui va la déformer jusqu'à ce qu'elle s'applique au maximum contre la paroi de la chambre où la cartouche est logée. Les gaz ne pouvant plus se dilater davantage à l'intérieur de l'étui vont emprunter la seule sortie possible et vont alors pousser le projectile dans le canon.
Le projectile entre dans le canon et s'imprime de la rayure exprimée par une fraction 1/x (x étant la distance en pouces parcourue pour 1 rotation) ce qui va donner à l'ogive de se mettre en rotation sur elle-même tout au long de sa progression dans le canon (effet gyroscopique) c'est ce sens de rotation qui va donner la stabilité à l’ogive sur son parcourt jusqu'à la cible. On va faire tourner le projectile à grande vitesse (plusieurs milliers de tours par minutes) selon son axe longitudinal.
Les différents types de balles
Que ce soit pour la chasse ou le tir, il existe une multitude de balles avec leurs spécificités. Il est facile de se perdre dans ce labyrinthe de nominations. Voici les balles les plus courantes et leurs caractéristiques.
Balles FMJ (Full Metal Jacket)
Les balles FMJ se distinguent par leur noyau en plomb recouvert d’une enveloppe métallique rigide (souvent en cuivre ou en alliage cuivre-zinc). La base du noyau, toutefois, reste exposée.
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Avantages:
- Coût de fabrication réduit.
- Fiabilité et durabilité dans les armes automatiques et semi-automatiques.
- Pénétration accrue grâce à une moindre déformation à l’impact.
Inconvénients:
- Émission de particules de plomb, nocives en espaces clos.
- Moins de précision, à cause de l’exposition du noyau à la base.
Balles TMJ (Total Metal Jacket)
Contrairement aux FMJ, les balles TMJ sont entièrement enveloppées de métal, y compris la base du noyau en plomb. Ce type de balle réduit les risques de contamination par le plomb et offre une meilleure précision, au prix d’un coût de production plus élevé et d’une pénétration légèrement moindre.
Balles Hollow Point
Le terme Hollow Point désigne un type de balle à pointe creuse, spécialement conçu pour s’expanser à l’impact. Cette particularité favorise leur expansion dès qu’elles touchent une cible. Certaines variantes, appelées JHP (Jacketed Hollow Point), sont partiellement ou entièrement chemisées de métal, ce qui améliore le contrôle de leur fragmentation et de leur expansion.
Avantages:
- Pouvoir d’Arrêt: L’expansion de la balle augmente le transfert d'énergie à la cible, ce qui est crucial pour immobiliser une menace rapidement.
- Dommages Internes: La large blessure causée par l'expansion inflige des dégâts plus graves aux organes et aux tissus internes.
- Sécurité: La pénétration limitée réduit le risque de blesser des personnes ou des objets derrière la cible initiale.
Balles Soft Point
Les balles Soft Point sont conçues pour offrir une expansion contrôlée et une pénétration efficace, ce qui les rend particulièrement adaptées à la chasse et à des situations où un bon compromis entre expansion et pénétration est nécessaire.
Avantages:
- Expansion Modérée: Les balles Soft Point offrent un bon compromis entre pénétration et expansion.
- Polyvalence: Ces balles sont efficaces pour une large gamme d'usages, y compris la chasse et certaines applications de défense.
- Stabilité en Vol: Grâce à leur chemisage, les balles Soft Point ont une meilleure stabilité et précision en vol que les balles en plomb nu.
Balles LRN (Lead Round Nose)
L'appellation Lead Round Nose désigne les balles en plomb nu sans chemisage.
Avantages:
- Coût: Les balles LRN sont généralement moins chères à produire que les balles chemisées, ce qui les rend plus économiques pour l'entraînement et le tir récréatif.
- Disponibilité: Elles sont largement disponibles et utilisées dans une variété de calibres, en particulier pour les armes de poing.
- Douceur du Plomb: Le plomb nu est plus doux, ce qui peut être moins abrasif pour les canons que les balles chemisées.
Inconvénients:
- Plomb Nu: Le plomb nu peut entraîner un encrassement plus rapide du canon, nécessitant un nettoyage plus fréquent.
- Expansion Limitée: Les balles LRN ne sont pas conçues pour s’expanser à l'impact, ce qui les rend moins efficaces pour la chasse au gros gibier ou pour des situations où un pouvoir d'arrêt maximal est nécessaire.
- Risques de Ricochets: En raison de leur forme et de leur matériau, elles peuvent avoir un risque accru de ricochets par rapport à certaines balles chemisées ou à pointe creuse.
Balles Wad-Cutter (WC) / Semi Wad-Cutter (SWC)
Ces deux types de balles sont destinés au tir sportif, discipline pour laquelle leur conception permet un décompte plus facile des résultats.
Avantages:
- Précision: La forme plate et cylindrique des Wad-cutters améliore la stabilité en vol et la précision à courte et moyenne distance.
- Découpe Propre: Leur conception permet de créer des trous nets et circulaires dans les cibles en papier, facilitant le marquage des points et réduisant les erreurs de comptage.
- Faible Recul: Les Wad-cutters, souvent utilisées dans des chargements à faible vitesse, produisent moins de recul, ce qui est avantageux pour les séances de tir prolongées et pour les tireurs débutants.
Inconvénients:
- Pénétration Limitée: Les Wad-cutters ne sont pas conçues pour une pénétration profonde, ce qui les rend inappropriées pour la chasse ou la défense personnelle.
- Usage Limité: Leur conception spécialisée les rend moins polyvalentes que d'autres types de munitions, restreignant leur utilisation principalement au tir sur cible.
Balistique
Le projectile ayant quitté la zone de turbulences propre à la balistique intermédiaire, nous entrons dans le domaine typique de la balistique extérieure. Durant toute la phase de son vol, le projectile sera soumis principalement à deux forces : la force de gravité qui le fera chuter vers le centre de la Terre et la force de traînée, la retardation, due à l’air dans lequel il se déplace, qui le ralentira et l’empêchera d’aller aussi loin que s’il était tiré dans le vide. Plus l'air rencontré par le projectile est froid, plus l'air sera dense et plus vite le projectile sera freiné. Plus l'air rencontré par le projectile est chaud, moins l'air est dense et moins le projectile sera freiné. Il en résulte une portée plus longue.
Dès que le projectile entre en contact avec la rayure du canon, il est animé par un mouvement de rotation sur lui-même au fur et à mesure qu'il avance dans le canon.
Coefficient balistique
D'après le Dr Boris Karpov, du laboratoire de recherche de l'armée américaine, 1944, on utilise couramment aujourd'hui le coefficient balistique (BC ou G), qui représente non seulement les caractéristiques de la forme et du poids de la balle mais aussi tenir compte de la résistance réelle de l'air à une vitesse déterminée. Le coefficient balistique est la performance d’une ogive lors du tir, à maintenir sa vitesse, sa trajectoire, sa résistance aux vents latéraux et sa résistance dans l’air.
La trajectoire n’échappe pas à la loi de la gravitation mise en évidence par Newton ! En Europe, le coefficient est de 0,000 à 1,0. Un coefficient de 0,250 sera moins efficace qu’un coefficient de 0,550. En conclusion, plus le coefficient balistique est élevé, plus l'ogive ira loin avec une trajectoire plus tendue qu’avec une ogive qui aurait un coefficient balistique plus bas.
Le G7 est rarement publié par les fabricants de munitions et est utilisé le plus souvent par les fabricants d'ogive de qualité comme les Berger VLD ou les Scenar et Scenar-L de Lapua ainsi que certaine Sierra SMK, Hornady ELD Match et quelques autres. Le G1 s’applique à une ogive "flat base" d’une longueur de 2x le calibre, avec un bout rond comme les ogives pour armes de poing.
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