L'histoire de la Corée du Sud est marquée par des invasions étrangères et des conflits internes qui ont façonné son identité et sa culture. De l'invasion mongole à la guerre de Corée, ces événements ont influencé le développement de son industrie de l'armement, initialement axée sur la modernisation de son armée face à la menace communiste. Aujourd'hui, la Corée du Sud est devenue un acteur majeur sur le marché mondial de l'armement, grâce à sa capacité de production rapide, ses prix compétitifs et ses transferts de technologie.
Un passé marqué par les invasions et les conflits
Les invasions étrangères ont joué un rôle crucial dans l'histoire et la culture coréenne, laissant une empreinte profonde sur tous les aspects de la société, de l'architecture à la cuisine. Ces invasions ont entraîné des échanges culturels, l'adoption de nouvelles technologies et l'introduction de nouvelles idées et croyances. L'identité coréenne met de davantage en avant notamment dans ces productions audiovisuelles les fissures de son unité. Les invasions, les contraintes qu’elle a pu subir à travers l’histoire.
L'invasion mongole (1231-1259)
L'invasion mongole en Corée, qui s'est déroulée entre 1231 et 1259, a eu des conséquences profondes et durables sur le royaume de Goryeo. Les Mongols ont lancé six grandes campagnes contre la Corée, entraînant des destructions massives et des pertes humaines importantes. Le royaume de Goryeo a tenté de résister en déplaçant sa capitale sur l'île de Ganghwa. La dynastie de Goryeo a été contrainte de devenir un vassal de l'empire mongol.
Malgré la violence et la destruction, la Corée a réussi à préserver sa culture et son identité. De plus, l'invasion mongole a également eu des effets positifs sur la Corée. Les Mongols ont apporté avec eux de nouvelles technologies, notamment dans le domaine de l'agriculture et de l'architecture. Les Mongols ont introduit des techniques de fortification avancées.
Les invasions japonaises (1592-1598)
Les invasions japonaises de la Corée, connues sous le nom de guerre Imjin, ont eu lieu de 1592 à 1598 sous la direction de Toyotomi Hideyoshi. Ces invasions ont été marquées par des destructions massives et des pertes culturelles importantes. Cependant, elles ont également conduit à des échanges culturels significatifs.
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Ce conflit a opposé la Corée de la dynastie Chosŏn/joseon (조선) et l’empire chinois au Japon. Les Japonais ont réussi à occuper une grande partie du pays, imposant leur autorité et leur culture. Cependant, malgré l’occupation japonaise, la Corée a résisté et a préservé sa culture et son identité. Le peuple coréen a mené des mouvements de résistance, luttant pour l’indépendance et la liberté. Les invasions japonaises ont causé des destructions massives de temples, de palais et d’autres structures importantes.
La guerre a conduit à des innovations militaires en Corée, notamment la création du premier cuirassé au monde, le bateau-tortue, par l’amiral Yi Sun-sin (이순신). La guerre d’Imjin a renforcé le sentiment de protonationalisme en Corée. Après les invasions, la Corée a adopté une politique d’isolement, limitant les contacts avec l’extérieur pour se protéger des futures invasions.
La résistance coréenne
Face aux invasions mongole et japonaise, les Coréens ont organisé des mouvements de résistance, se battant courageusement contre les forces étrangères. Aujourd’hui, la résistance coréenne est célébrée et honorée comme un exemple de détermination et de bravoure. Les héros de la résistance sont des figures emblématiques de la lutte du peuple coréen contre les invasions étrangères. Un des héros les plus célèbres est le général Yi Sun-sin. Pendant l’invasion japonaise, il a mené la marine coréenne à la victoire lors de la bataille de Myeongnyang, malgré des conditions défavorables. Un autre héros de la résistance est le roi Sejong, qui a régné pendant la dynastie Joseon. D’autres héros de la résistance comprennent des chefs de guérilla, des érudits, des artistes et des citoyens ordinaires qui ont joué un rôle crucial dans la lutte contre les invasions étrangères.
Une des batailles emblématiques les plus célèbres est la bataille de Myeongnyang, qui a eu lieu pendant l’invasion japonaise. Dans cette bataille, le général Yi Sun-sin a dirigé une petite flotte coréenne contre une armada japonaise beaucoup plus grande. Une autre bataille emblématique est la bataille de Haengju, qui s’est déroulée pendant l’invasion mongole. Les forces coréennes, dirigées par le général Kim Yushin, ont défendu la forteresse de Haengju contre une force mongole supérieure en nombre.
De la guerre de Corée à l'indépendance en matière d'armement léger
Située en Asie, la Corée du Sud est née après la Seconde Guerre mondiale de la scission de la péninsule coréenne en deux entités avec la Corée du Nord. En juin 1950, la guerre de Corée éclate. En juillet 1953, un armistice institue une zone démilitarisée entre Nord et Sud. Soixante-dix ans après la signature de l’armistice mettant fin à la guerre de Corée, Séoul et Pyongyang sont toujours techniquement en guerre.
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A la fin des années 1970, l’armée sud-coréenne avait un réel besoin de moderniser son armement. En effet, leur infanterie était équipée de matériel américain obsolète datant de la guerre de Corée (1950-1953). Il s’agissait principalement de pistolets mitrailleurs M3 (dits « grease gun »), de fusils Garand et de carabines M1. Pour ne pas manquer d’armes dans le cas d’une nouvelle invasion communiste, les coréens du sud ont acheté à Colt en 1974 la licence pour fabriquer des M16 sur leur territoire.
Une période de croissance économique et de tensions avec le nord va faire naître le besoin de produire de l’armement léger plus moderne. De plus, les frais de la licence Colt constituaient un coût non-négligeable à l’état sud-coréen. En 1981, le K1 est mis en service, ayant pour but de remplacer les vieux grease guns de la seconde guerre mondiale. Le K2 est mis en service dans l’armée en 1984 et remplace totalement le M16 en 1987. Cependant, le K2 a un canon de 18 pouces, une crosse en polymère pliable et ne partage pas la même mécanique. Celui-ci dispose d’un système d’emprunt de gaz à piston (à l’instar de l’AK et du Galil) largement éprouvé, et qui nécessite moins d’entretien que l’emprunt de gaz direct.
La Corée du sud a gagné son pari en investissant dans ce projet de modernisation. D’une part, ce petit pays a gagné son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis en terme d’armement léger. Ces fusils K1 et K2 sont toujours en service de nos jours, modernisés avec des rails picatinny pour y monter optiques et poignées.
La Corée du Sud, puissance montante de l'industrie de l'armement
Depuis quinze ans, Séoul a multiplié par huit sa production de matériel de défense. Pour la Corée du Sud, 2022 a été une année record. Le pays a exporté pour 17 milliards de dollars d'armement, notamment vers l'Arabie saoudite et l'Egypte. Mais c'est le contrat historique avec la Pologne qui pèse le plus: près de 15 milliards de dollars d'équipement, des chars K-2 aux chasseurs FA-50. Certes, la guerre en Ukraine a facilité les ventes, surtout avec Varsovie, qui souhaite se réarmer. L'explication? Le prix des armes sud-coréennes, inférieur à la concurrence, avec une qualité équivalente, même si ce n'est pas le principal argument de vente.
Les atouts de la Corée du Sud
- Capacité de production : Tous les trois à cinq jours, un canon d'obusier K-9 sort des usines Hanwha à Changwon. Un rythme intense expliquant pourquoi la Pologne se tourne vers ce pays plutôt que les Etats-Unis ou l'Allemagne.
- Délais de livraison : Pour son contrat passé en juillet 2022, la Pologne a vu sa première livraison arriver dès le mois d'octobre. "Cette capacité à honorer rapidement ses contrats vient du fait que Séoul puise dans ses stocks pour l'export.
- Investissements massifs : Le président Yoon a annoncé un investissement de près de 600 millions de dollars dans le secteur de l'armement d'ici à 2027.
- Transferts de technologies : Les contrats signés avec Séoul incluent des transferts de technologies et l'implantation de firmes dans les pays partenaires.
Hanwha, un acteur clé de l'industrie de l'armement sud-coréenne
Hanwha est un groupe sud-coréen spécialisé dans l'artillerie et l'électronique, doté d'un catalogue déjà très fourni. Ce groupe vient de racheter l'armateur DSME pour 1,4 milliard de dollars. Hanwha est le premier groupe à avoir une usine délocalisée en Australie.
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Le "K-Arsenal" : une stratégie industrielle prioritaire
La Corée du Sud considère la production d'armes comme une stratégie industrielle prioritaire. Elle maintient des niveaux élevés de dépenses militaires, consacre des fonds considérables à la R&D et soutient fortement ses exportations dans ce secteur. Cette stratégie avait été formulée par l'ancien président de centre gauche Moon Jae-in, mais elle a été reprise par Yoon Suk-yeol, son successeur conservateur arrivé au pouvoir en mai dernier.
Voisin d'une Chine de plus en plus agressive, d'une Corée du Nord toujours imprévisible et questionnant la solidité de son alliance avec les Etats-Unis, le pays cherche à doper ses propres capacités de défense en gagnant en autonomie industrielle et à multiplier ses partenariats militaires à l'international.
Avec ce succès croissant, Séoul se retrouve toutefois de plus en plus exposé. Les ONG de défense des droits de l'Homme commencent à dénoncer ses ventes à des dictatures, comme la Birmanie, et scrutent ses contrats au Moyen-Orient. Certains de ses partenaires occidentaux, qui lui fournissent encore des technologies clés pour ses chasseurs ou ses tanks, pourraient aussi la presser d'être plus vigilante.
Exemples de matériels militaires sud-coréens
- Obusiers automoteurs K-9 : Ces obusiers sont fabriqués par Hanwha et sont connus pour leur cadence de tir élevée et leur mobilité.
- Chars K-2 : Ces chars de combat sont produits par Hyundai Rotem et sont équipés de technologies de pointe.
- Avions de combat FA-50 : Ces avions de combat sont fabriqués par Korea Aerospace Industries (KAI) et sont appréciés pour leur polyvalence et leur coût abordable.
- Système de défense aérienne Cheongung : Ce système de défense aérienne est capable d'intercepter des missiles et des avions ennemis.
- Véhicule de combat d’infanterie AS-21 Redback : Le NIFV intègre plusieurs niveaux de protection balistique, dont un blindage de niveau 6 sur la tourelle et le châssis, ainsi qu’un plancher conçu pour résister aux mines. Le tout est complété par le système Iron Fist, capable de détecter et intercepter les roquettes et missiles entrants.
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