Complexe de Tir de Villemaury : Histoire, Entraînement et Évolution

Introduction

Le complexe de tir de Villemaury, situé près de Carcassonne dans l'Aude, est un site d'entraînement militaire exploité depuis 1964 par le 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (3e RPIMA). Ce lieu, bien que dédié à l'entraînement militaire, possède une histoire riche et un impact significatif sur la région. Cet article explore l'histoire du complexe, son utilisation actuelle, les incidents qui s'y sont produits, et son rôle dans la formation des militaires.

Histoire du Tir à Carcassonne

Les Débuts de la Société Mixte de Tir (Fin XIXe siècle)

L'histoire des stands de tir à Carcassonne remonte à la fin du XIXe siècle. En avril 1886, une Société Mixte de Tir est fondée sous l'égide du lieutenant-colonel Raynaud, commandant le 127e régiment territorial d’infanterie. Cette société avait pour objectif de développer les aptitudes militaires et de promouvoir le tir sportif, en organisant des concours avec des prix pour les tireurs les plus talentueux. L'objectif était de renforcer le sentiment patriotique et de rendre le tir accessible à tous sous la nouvelle IIIe République.

Expansion et Défis Initiaux

La Société Mixte de Tir connaît un succès rapide, attirant trois cents adhérents dès sa création. L'année suivante, le nombre de membres atteint 650. Cependant, ce succès pose rapidement des problèmes logistiques pour l'organisation des concours et des entraînements.

La Recherche d'un Terrain Approprié

Les tireurs étaient transportés tous les dimanches depuis le square Gambetta jusqu'au champ de tir de garnison à "Brescou", près de Cazilhac, situé sur l'actuel emplacement des « Ecuries de Sainte-Croix ». Ce site, loué par la commune pour 1000 francs, était éloigné de la ville et difficile d'accès, ce qui décourageait certains membres. L'urgence était de trouver un terrain plus proche du centre-ville pour construire des stands de tir.

Tentatives d'Acquisition de Terrains

Dans un premier temps, la Société Mixte de Tir identifie un terrain idéal près du Pont d'Iéna, le long de la voie ferrée Carcassonne-Quillan. Paul Drevet, vice-président de la société, est chargé de négocier avec les propriétaires Jouy et Netzer. Cependant, les négociations avec la municipalité pour obtenir une subvention se heurtent à la gourmandise des vendeurs, qui doublent le prix initial.

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Acquisition et Défis Financiers

La société doit alors chercher une autre parcelle suffisamment grande pour des tirs à 300 mètres. Un accord est finalement conclu le 28 avril 1892 avec Madame Guillard Hortense-Eugénie, veuve de J-F Carrère, et la ville de Carcassonne pour le compte de la Société Mixte de Tir, qui devient usufruitière du bien pendant 30 ans, sur les actuelles rues d'Isly et Daumier. Le coût de construction des stands de tir, selon l'architecte de la ville, est estimé à 24 000 francs. Cependant, la transformation des armes de guerre et la puissance des fusils Lebel obligent l'État à modifier les normes des stands de tir, augmentant ainsi les coûts. Malgré l'aide du Génie de Castres, la facture dépasse de 11 000 francs le devis initial, et la Société de Tir se tourne vers la ville pour obtenir de l'aide financière.

Déclin et Vente du Terrain

Le 7 février 1896, le préfet de l'Aude approuve les plans et les devis, et le 23 mars, la commune autorise la Société Mixte de Tir à procéder à l'adjudication des travaux. Les exercices de tir sur cet ancien étang appelé Estagnol ne durent que quelques années. Mal entretenu et désaffecté, le site est abandonné avant la Première Guerre mondiale. En octobre 1914, les tirs sont interdits en raison du danger pour le voisinage.

Litiges Fonciers

En 1919, après un incendie, la mairie vend les deux parcelles à Jules Garric, ce qui provoque une protestation du Stand Carcassonnais (ex, Société Mixte de Tir). Une longue procédure judiciaire s'ensuit, au cours de laquelle la cour estime que la Société de tir, utilisant les terrains dans un intérêt public, n'exerce pas un véritable usufruit et n'est pas soumise à la limitation de trente ans. La famille Garric conserve la nue-propriété sans pouvoir l'utiliser à sa guise. Les parcelles, transformées en jardins potagers, restent inconstructibles jusqu'au milieu des années 1960, lorsque la famille Garric est autorisée à lotir et à construire le quartier Pasteur selon les plans d'Henri Castella.

Le Camp de Villemaury Aujourd'hui

Utilisation Actuelle

Aujourd'hui, le champ de manœuvres et de tir de Villemaury est un site essentiel pour l'entraînement militaire dans la région. Exploité depuis 1964 par le 3e RPIMA, il est mis à la disposition de plusieurs corps basés dans l'Aude, le Tarn et la Haute-Garonne. Le site permet aux soldats d'élite de se livrer à des manœuvres et de se perfectionner au tir.

Caractéristiques Naturelles

Le camp de Villemaury s'étend sur mille hectares clôturés, composés de bois, de garrigues et traversés par une barrière rocheuse. L'armée veille à la protection de l'environnement en ramassant les douilles après le tir, en évitant de laisser des déchets sur place et en aménageant des réserves d'eau après plusieurs incendies. Grâce à ces mesures, la nature prospère : sangliers, lièvres et lapins de garenne y vivent à l'abri des chasseurs, et les insectes, non affectés par les pesticides, sont très nombreux.

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Collaboration avec le Conservatoire des Espaces Naturels

Une convention a été signée entre le chef de corps du 3e RPIMA et le Conservatoire des espaces naturels du Languedoc-Roussillon pour améliorer encore la situation environnementale. Cette collaboration permet aux personnels du Conservatoire de travailler sur les pelouses naturelles sèches du site, qui n'ont pas été impactées par le pâturage depuis 1964.

Exercices et Entraînements

Le camp de Villemaury est utilisé pour divers exercices militaires. Par exemple, l'exercice "Falcon Amarante 2021" a réuni environ 2 000 soldats du 7 au 19 novembre 2021. De même, l'exercice Extel Cathare 25, impliquant 900 militaires du 3e RPIMA et une centaine de réservistes, s'est déroulé entre Narbonne et Carcassonne. Les entraînements quotidiens comprennent des exercices de tirs et de combat au corps à corps.

Types d'Entraînements

Les entraînements de tir varient en fonction des armes utilisées et de la distance entre le tireur et la cible. À courte distance (5 mètres), les parachutistes utilisent généralement une arme de poing, tandis qu'à longue distance (400 mètres), ils privilégient les armes lourdes comme les fusils d'assaut et de précision, ces derniers pouvant atteindre une cible à 1 000 mètres. Les exercices de combat au corps à corps sont également encouragés pour développer la mémoire musculaire et les réflexes des soldats.

Installations

Le site de Villemaury dispose d'un parcours de tirs, de tranchées et d'une simulation de scénario adaptatif pour tester la réactivité des militaires face à des situations en constante évolution.

Incidents et Sécurité

Accident Mortel de 2021

Le 2 juin 2021, un militaire du 3e RPIMA a été mortellement touché par une balle lors d'un entraînement au complexe de tir de Villemaury. Selon les premiers éléments de l'enquête, un soldat du même régiment a ouvert le feu accidentellement sur un autre soldat. Le drame serait dû à une mauvaise manipulation d'une arme de poing. Les secours, arrivés sur place vers 15 heures, n'ont pu que constater le décès de la victime, âgée de 23 ans et engagée depuis quatre ans. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de cet accident.

Mesures de Sécurité

La sécurité est une priorité absolue lors des entraînements militaires. Des mesures strictes sont mises en place pour éviter les accidents, notamment le respect des consignes de sécurité, la manipulation correcte des armes et la surveillance constante des exercices.

Ouverture d'un Stand de Tir : Démarches et Considérations

Ouvrir un stand de tir, c’est répondre à une demande croissante pour la pratique encadrée du tir sportif, à la fois ludique, technique et réglementée. Tout stand de tir sportif destiné à accueillir des licenciés ou à proposer de la formation au tir doit être homologué par la FFTir (Fédération Française de Tir).

Quelle démarche pour ouvrir un stand de tir ?

Avant d’ouvrir un stand de tir, vous devez évaluer la faisabilité commerciale et réglementaire du projet dans la zone d’implantation.

  • Analyse de la demande locale : Existe-t-il un public intéressé par la pratique du tir dans votre secteur géographique ?
  • Etude de la concurrence : Y a-t-il d’autres stands de tir ou clubs dans la zone ?

💡 A noter : Une étude de marché peut être menée seul, à condition de disposer des bons outils et/ou d’un modèle adapté.

Une vision claire du concept et de l’offre de votre stand de tir guidera vos choix techniques, économiques et réglementaires. Le business plan est la colonne vertébrale du projet. Il formalise vos ambitions, chiffre vos besoins et prouve la viabilité économique de votre futur stand de tir. Le lieu choisi pour l’implantation du stand de tir doit allier sécurité, conformité réglementaire et compatibilité avec l’environnement local. Par ailleurs, certaines installations techniques sont indispensables pour garantir la sécurité et le confort des usagers.

Étapes Administratives et Techniques

  • Disposer d’un terrain adapté. La première condition est évidente : il faut avoir du terrain, et en quantité.
  • Déposer un permis de construire auprès de la mairie. Le projet doit être présenté au maire de la commune, à titre informatif mais aussi pour déposer un permis de construire.
  • Saisir le président de la Ligue régionale de tir. Parallèlement, il faut contacter le président de la Ligue de Tir dont dépend le département concerné.
  • Contacter la Commission Consultative Départementale de Sécurité (CCDS).
  • Saisir la Commission de Sécurité pour les ERP. Enfin, le maire doit activer sa Commission de sécurité dans le cadre de la réglementation des Établissements Recevant du Public (ERP), catégorie à laquelle un stand de tir public est assimilé.

Finalisation du projet : homologation et agrément. Mais ce n’est qu’une étape.

Ouvrir un stand de tir n’est pas une aventure à prendre à la légère. Il faudra beaucoup de courage, une volonté solide et une bonne dose de ténacité administrative pour mener à bien ce projet. Sans oublier un partenaire bancaire fiable pour accompagner le financement de cette entreprise ambitieuse. Mais à la clé, c’est un outil sportif, citoyen et structurant qui verra le jour au service des tireurs et de la discipline.

  • Pré-visite technique : en amont de la visite officielle, un expert mandaté par la ligue se rend sur place pour identifier les éventuelles non-conformités.
  • Visite de la commission d’homologation : une commission composée de spécialistes, désignée par la ligue en fonction des types de pas de tir concernés, se rend sur le site.
  • Affiliation et ouverture : avec ce document, le président du club peut délivrer les licences FFTir aux tireurs et ouvrir officiellement le stand à la pratique.

Communication et Animation

  • Avant l’ouverture : Créez vos pages sur les réseaux sociaux et commencez à partager les coulisses de création du projet et de l’aménagement des infrastructures.
  • Au lancement : Organisez une inauguration avec essais gratuits ou offres promotionnelles permettant aux visiteurs de se familiariser avec la pratique et le stand.
  • Après l’ouverture : Animez le lieu avec des initiations, des stages, voire des compétitions et fidélisez via des cartes d’abonnement ou réductions membres.

Gestion des Troubles de Voisinage

Concernant les troubles du voisinage en raison du bruit des détonations, il doit être constaté par un appareil scientifique défini par la réglementation et par une personne agréée. Le trouble du voisinage est régi par le Code de la Santé Publique qui défini de quelle façon la mesure de l’intensité du bruit occasionné par le tir doit s’effectuer. C’est le décret du 31 août 2006 relatif à la lutte contre les bruits de voisinage qui prescrit que les mesures de bruit mentionnées doivent être effectuées selon les modalités définies par arrêté des ministres chargés de la santé, de l’écologie et du logement. La personne qui effectue la mesure doit être assermentée ou agréée par le Procureur de la République texte "Article 1er Les agents de l’Etat mentionné au 1° du I de l’article 21 de la loi du 31 Décembre 1992,", ce texte précise que la personne doit être un OPJ : (Officier Police Judiciaire) ou APJ : (Agent de Police Judiciaire). Les agents de police municipale sont habilités à effectuer des mesures acoustiques lorsque ils sont assermentés à cet effet.

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