Le tir sportif est une discipline qui attire de plus en plus d'adeptes, séduits par le mélange de précision, de technique et de maîtrise de soi qu'elle exige. Accessible à tous, quel que soit l'âge ou la condition physique, le tir sportif offre une variété de disciplines adaptées à différents goûts et niveaux de compétence. Des armes longues à la balistique, en passant par les stands de tir et les considérations de sécurité, cet article se penche sur les différents aspects du tir sportif.
Diversité des Disciplines de Tir
La Fédération Française de Tir (FFtir) propose une large gamme d'activités régulières, susceptibles d’accueillir les passionnés d'armes longues et de précision. Le tir sportif se décline en plusieurs disciplines, chacune ayant ses propres spécificités :
- Carabine : Les disciplines de tir à la carabine se pratiquent à des distances de 10 m (plomb diabolo), 50 m (munition 22LR) et 300 m. Les épreuves à 10 m se tirent uniquement en position debout, tandis qu’aux distances de 50 et 300 m, les épreuves imposent, selon le cas, la position « Couché » ou bien l’utilisation de l’ensemble des trois positions réglementaires « Couché », « Debout » et « Genou ».
- Arbalète : L’arbalète match, héritière de l’arbalète traditionnelle utilisée au Moyen Âge, se tire à 10 m en position debout et à 30 m dans les positions debout et genou. L’arbalète field, très proche de l’esprit du tir à l’arc avec l’utilisation de corde, de branches d’arc et de flèches, se pratique sur des cibles utilisées au tir à l’arc, plutôt en extérieur aux distances de 35, 50 et 65 m, avec une pratique hivernale à 18 m en salle.
- Bench Rest/Hunter : Le tir avec appui (Bench rest ou Hunter) est conçu pour ceux qui sont attirés par la précision ultime et par la balistique. Il s'agit d'utiliser des armes d’épaule équipées de lunettes télescopiques à fort grossissement sur des cibles à 100 ou 200m. Cela se pratique également à 50m dans une épreuve nommée 22 Hunter. Assis à une table de tir, votre arme repose sur des supports adaptés et réglables. L'objectif est d'obtenir le plus petit groupement de 5 coups pour le Bench rest ou le meilleur score possible pour le Hunter.
- Tir aux Plateaux : Cette discipline comprend la Fosse olympique, où le tir s'effectue « épaulé » sur des plateaux fuyants lancés selon une trajectoire et un angle inconnus, et le Skeet olympique, où le tireur épaule seulement à l’apparition des plateaux qui ont des trajectoires connues. Le jeu consiste à tirer des plateaux « simples » ou des « doublés ».
Le Tir Sportif Adapté aux Personnes Handicapées
Le tir sportif est également accessible aux personnes handicapées, avec des compétitions spécifiques dans deux armes, le pistolet et la carabine. En fonction du type de handicap, il existe deux catégories, SH1 et SH2. Le pistolet ne concerne que la catégorie SH1.
Les tireurs de la catégorie SH2 peuvent utiliser un système de soutien de la partie avant de leur carabine, appelé potence, qui est mobile afin de n’agir que sur le soutien du poids de l’arme tout en laissant au tireur la responsabilité de la visée.
Il existe différentes adaptations pour les tireurs handicapés :
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- Handicap à un membre supérieur ou aux membres inférieurs : les tireurs participent assis ou debout.
- Handicap aux deux membres inférieurs : l'utilisation d'un support est nécessaire pour soutenir le poids de la carabine. Ce support en U est fixé sur un ressort, ce qui permet de ne compenser que le poids de l’arme et de laisser au tireur l’entière responsabilité de réaliser et maintenir la visée.
- Déficience visuelle : le tireur utilise un système de visée sonore. La compétition est ouverte uniquement au niveau national.
- Déficience auditive : la compétition est ouverte uniquement au niveau national.
Ouvrir un Stand de Tir : Démarches et Considérations
Ouvrir un stand de tir, c’est répondre à une demande croissante pour la pratique encadrée du tir sportif, à la fois ludique, technique et réglementée. Tout stand de tir sportif destiné à accueillir des licenciés ou à proposer de la formation au tir doit être homologué par la FFTir (Fédération Française de Tir).
Avant d’ouvrir un stand de tir, il est essentiel d'évaluer la faisabilité commerciale et réglementaire du projet dans la zone d’implantation. Cela implique :
- Analyse de la demande locale : Existe-t-il un public intéressé par la pratique du tir dans votre secteur géographique ?
- Etude de la concurrence : Y a-t-il d’autres stands de tir ou clubs dans la zone ?
Une vision claire du concept et de l’offre du stand de tir guidera les choix techniques, économiques et réglementaires. Le business plan est la colonne vertébrale du projet, formalisant les ambitions, chiffrant les besoins et prouvant la viabilité économique du futur stand de tir.
Le lieu choisi pour l’implantation du stand de tir doit allier sécurité, conformité réglementaire et compatibilité avec l’environnement local. Par ailleurs, certaines installations techniques sont indispensables pour garantir la sécurité et le confort des usagers.
Étapes Administratives et Techniques
- Disposer d’un terrain adapté : Il faut avoir du terrain, et en quantité.
- Déposer un permis de construire auprès de la mairie : Le projet doit être présenté au maire de la commune, à titre informatif mais aussi pour déposer un permis de construire.
- Saisir le président de la Ligue régionale de tir : Parallèlement, il faut contacter le président de la Ligue de Tir dont dépend le département concerné.
- Contacter la Commission Consultative Départementale de Sécurité (CCDS).
- Saisir la Commission de Sécurité pour les ERP : Enfin, le maire doit activer sa Commission de sécurité dans le cadre de la réglementation des Établissements Recevant du Public (ERP), catégorie à laquelle un stand de tir public est assimilé.
- Finalisation du projet : homologation et agrément.
Ouvrir un stand de tir n’est pas une aventure à prendre à la légère et nécessite beaucoup de courage, une volonté solide et une bonne dose de ténacité administrative pour mener à bien ce projet, sans oublier un partenaire bancaire fiable pour accompagner le financement de cette entreprise ambitieuse.
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La procédure d'homologation comprend une pré-visite technique par un expert mandaté par la ligue, suivie d'une visite de la commission d’homologation composée de spécialistes désignés par la ligue. Une fois l'homologation obtenue, le président du club peut délivrer les licences FFTir aux tireurs et ouvrir officiellement le stand à la pratique.
Communication et Animation
- Avant l’ouverture : Créez des pages sur les réseaux sociaux et commencez à partager les coulisses de création du projet et de l’aménagement des infrastructures.
- Au lancement : Organisez une inauguration avec essais gratuits ou offres promotionnelles permettant aux visiteurs de se familiariser avec la pratique et le stand.
- Après l’ouverture : Animez le lieu avec des initiations, des stages, voire des compétitions et fidélisez via des cartes d’abonnement ou réductions membres.
Gestion des Troubles de Voisinage
Concernant les troubles du voisinage en raison du bruit des détonations, il doit être constaté par un appareil scientifique défini par la réglementation et par une personne agréée. Le trouble du voisinage est régi par le Code de la Santé Publique qui défini de quelle façon la mesure de l’intensité du bruit occasionné par le tir doit s’effectuer.
C’est le décret du 31 août 2006 relatif à la lutte contre les bruits de voisinage qui prescrit que les mesures de bruit mentionnées doivent être effectuées selon les modalités définies par arrêté des ministres chargés de la santé, de l’écologie et du logement. La personne qui effectue la mesure doit être assermentée ou agréée par le Procureur de la République.
Les agents de police municipale sont habilités à effectuer des mesures acoustiques lorsqu'ils sont assermentés à cet effet.
Aspects Légaux et Administratifs
La suppression de l’obligation de déclaration des établissements d’APS (Activités Physiques et Sportives) a été décidée dans le cadre des mesures de simplification par le Président de la République. L’article 49, II, de la loi n° 2014-1545 du 20 décembre 2014 relative à la simplification de la vie des entreprises et portant diverses dispositions de simplification et de clarification du droit et des procédures administratives a supprimé l’obligation de déclaration des établissements d’activités physiques et sportives.
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Des sanctions peuvent être prononcées à l’encontre des établissements ne respectant pas les conditions susmentionnées.
Lexique du Tir Sportif
Pour mieux comprendre le monde du tir sportif, voici quelques définitions de termes couramment utilisés :
- Action : Action de doter une arme de sa ou ses munitions. Une arme dans laquelle le magasin est inséré est « approvisionnée » (mais pas chargée).
- Âme : La surface intérieure du canon : âme lisse, âme rayée…
- Amorce : Un appareil pyrotechnique qui sert à démarrer un processus explosif. L'amorce désigne la matière explosive servant à communiquer le feu à la charge d'un canon, d'un fusil, d'une mine, etc. Dans une arme à mèche ou à silex, l'amorce est constituée par une petite charge de pulvérin disposée dans un bassinet.
- Appui-joue : Une pièce située sur le dessus de la crosse d'une arme d'épaule sur laquelle on appuie sa joue pour viser. Certains appui-joue sont réglables.
- Appui-paume : La plaque appui paume, parfois réglable, est un élément de la poignée d'un pistolet située à la base de la crosse et perpendiculaire à celle ci et doit venir au contact de la main et presser doucement celle-ci afin que l'arme soit maintenue. On ne trouve cet accessoire que dans les armes de compétition et de précision.
- Arme automatique : Une arme à feu capable de tirer des projectiles par rafale, c'est-à-dire les uns après les autres, tant que la queue de détente reste pressée.
- Arme de poing : Une arme à feu à canon court, le plus souvent utilisable à une main, le plus souvent un revolver ou un pistolet.
- Arme d'épaule : Une arme à feu qui est épaulée (tenue à l'épaule) avant le tir.
- Arme semi-automatique : Une arme à feu qui ne tire qu'une seule munition à chaque action sur sa queue de détente mais assure seule les manœuvres nécessaires au rechargement tant que les munitions disponibles le permettent.
- Armée (arme) : Une arme est dite armée, ou chargée, lorsque l'action sur la queue de détente provoque le départ du coup.
- Baguette (refouloir) : Un dispositif utilisé avec les premières armes à feu pour pousser le projectile contre la poudre. La baguette a été utilisée avec des armes à chargement par la bouche tels que les mousquets et les canons, et était généralement tenue par une encoche située sous le canon.
- Balle : Projectile de calibre inférieur à 20 mm tiré par une arme à feu. Le terme "balle" est parfois improprement utilisé pour désigner une cartouche. La balle est le projectile propulsé hors du canon.
- Balle dum-dum : Un type de munition de guerre dont la tête du projectile est fendue afin de provoquer son expansion lors de l'impact. Son nom vient du fait qu'elle a été inventée par l'arsenal britannique de Dum-dum (en Inde) au xixe siècle son usage est prohibé par la convention de Genève à cause de la gravité des blessures qu'elle cause.
- Balle à pointe creuse : Un type de balle expansive dont la forme permet de diminuer la pénétration à l'impact et de transférer son énergie à la cible, endommager plus de tissus en maximisant le choc hydrostatique.
- Barillet : Un élément de forme générale cylindrique, rotatif, abritant souvent 6 chambres, parfois moins pour les revolvers puissants ou de faible encombrement, parfois davantage.
- Bassinet : Une pièce creuse recevant l’amorce (dose de poudre) sur les armes à mèche, rouet, chenapan ou à silex.
- Batterie : Un ensemble de pièces permettant la mise à feu sur les armes à silex.
- Bouche : La partie de l’arme par où sort le projectile.
- Bourre : Un dispositif de calage, généralement d'origine végétale, d'un projectile contre la charge explosive. Elle est souvent accompagnée d’un calepin, qui assure une fonction complémentaire pour le tir.
- Bourroir : Une tige destinée à tasser la poudre dans une arme à poudre noire.
- Boutefeu : Une baguette garnie à son extrémité d’une mèche d’étoupe qui servait à mettre le feu aux pièces d’artillerie ou aux mines.
- Busc : L'élément de la crosse d'un fusil ou d'une carabine sur lequel on appuie la joue lors de la visée.
- Calepin : Une rondelle de tissu, généralement du coton, légèrement grasse, entourant la balle au moment du chargement qui assure l’étanchéité balle/canon et évite les dépôts de plomb sur l’intérieur du tube.
- Canon lisse : Une arme à canon lisse ou à canon à âme lisse est une arme dont l'alésage du canon ne dispose pas de rayures.
- Canon rayé : Un canon doté de rainures. Le « rainurage » désigne le processus de fabrication de rainures hélicoïdales par l'alésage du canon d'une arme à feu.
- Carabine : Une arme à feu avec crosse, à canon court ou long et dont l'intérieur du canon (« âme ») présente des rayures hélicoïdales.
- Carcasse : L'armature, l'ossature, la structure ou des éléments de châssis ou de bâti.
- Cartouche : Un ensemble permettant de charger une arme.
- Cartouche à blanc : Une munition de petit calibre ne comportant pas de projectile (tel qu'une balle).
- Cartouche à percussion annulaire : Une cartouche dont la composition d'amorçage se trouve contenue dans le bourrelet de la cartouche qui est écrasé par la pointe du percuteur.
- Cartouche à percussion centrale : Une cartouche dont la composition d'amorçage se trouve dans une capsule d'ignition, ou amorce, placée au centre du fond de l’étui.
- Chambre d'arme à feu : Une chambre de combustion dans laquelle les cartouches sont insérées (chambrées) avant d'être percutées pour en propulser le projectile, puis éjectées.
- Champ de tir : Un endroit destiné à l'entrainement à l'usage d'armes à feu.
- Chargement par la bouche : Une arme à feu dont le projectile et la charge propulsive est chargée dans le canon à partir de la bouche de celui-ci.
- Chargement par la culasse : Une arme à feu (un fusil, un canon, etc.) dans laquelle la cartouche ou l'obus est chargé à l'arrière du canon (la culasse), par opposition à une arme à chargement par la bouche.
- Chargeur : Evolution technologique du magasin fixe, le chargeur est amovible, permettant à son utilisateur d'augmenter sa capacité de puissance de feu.
- Cheminée : Une pièce cylindrique creuse vissée sur la culasse d'une arme à percussion, portant l’amorce et transmettant le feu à la poudre.
- Chien : La pièce mécanique qui met le feu à la poudre dans les armes à feu anciennes ou qui sert à percuter l’amorce de la cartouche dans les armes plus modernes.
- Cible : Un objet portant une zone destinée à être visée, souvent représentée par des cercles concentriques.
- Collimateur : Un dispositif optique permettant d'obtenir un faisceau de rayons de lumière parallèles à partir d'une source de lumière.
- Compensateur de relèvement : Dispositif dirigeant une partie des gaz vers le haut, à proximité de la bouche du canon, afin de compenser le relèvement de l'arme.
- Coup de doigt : Un terme principalement utilisé pour les armes légères désignant l'action de presser brutalement et sans contrôle la queue de détente.
- Cran de mire : Entaille pratiquée dans la hausse d'une arme pour déterminer avec le guidon la ligne de visée.
- Crosse : La pièce d'une arme à feu servant à la préhension de celle-ci.
- Culasse : La pièce assurant la fermeture et regroupant certaines fonctions clés d'une arme à feu.
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