La Corée du Nord, officiellement la République populaire démocratique de Corée (RPDC), a une longue histoire de développement et de tests de missiles balistiques, suscitant des inquiétudes internationales quant à ses ambitions nucléaires. Cette chronologie retrace les principaux événements liés aux tirs de missiles nord-coréens, en mettant en évidence l'évolution de ses capacités et les réactions de la communauté internationale.
Les débuts du programme balistique (fin des années 1970 - années 1990)
À la fin des années 1970, la Corée du Nord a commencé à travailler sur une version du missile soviétique Scud-B, d'une portée de 300 km. Ce fut le point de départ de son programme de développement de missiles.En août 1998, le pays a effectué un essai de lancement du Taepodong-1, un missile qui a survolé le Japon avant de s'abîmer dans le Pacifique. Cet événement a marqué une étape importante dans le développement des missiles à longue portée.
Essais nucléaires et tirs de missiles (2000-2010)
Le 9 octobre 2006, la Corée du Nord a réalisé son premier essai nucléaire souterrain, intensifiant les préoccupations internationales quant à ses ambitions militaires.Le 5 avril 2009, le Nord a lancé une fusée longue portée qui a survolé le Japon et est tombée dans le Pacifique. Pyongyang a affirmé qu'il s'agissait d'une tentative de mettre en orbite un satellite.Au cours de cette période, la communauté internationale a réagi avec une inquiétude croissante. Le 4 juillet 2006, la Corée du Nord a procédé à six tirs de missiles, dont un essai manqué d'un engin à longue portée susceptible d'atteindre l'Alaska, voire Hawaï. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution comportant des mesures "contraignantes" pour Pyongyang, exigeant la suspension des activités liées au programme de missiles balistiques.
Intensification des essais et menaces (2011-2017)
Le 13 avril 2012, un tir de fusée a été effectué depuis la base de Tongchang-ri (site de Sohae). Bien que présenté comme un lancement de satellite, cet événement a été largement considéré comme un test de missile balistique.Le 6 janvier 2016, le pays a mené son quatrième essai nucléaire souterrain, renforçant encore ses capacités d'armement.Le 23 avril 2016, un essai de tir de missile a été effectué à partir d'un sous-marin, démontrant ainsi une nouvelle capacité de lancement.Le 3 août 2016, pour la première fois, le Nord a tiré directement un missile balistique dans la zone économique maritime du Japon, intensifiant les tensions régionales.Le 14 mai 2017, le Nord a tiré un missile qui a parcouru 700 km avant de tomber en mer du Japon.Le 4 juillet 2017, le Nord a tiré un missile dont la portée est estimée à 6 700 km et qui met l'Alaska à sa portée, selon les experts. Pyongyang a annoncé l'essai "historique" du Hwasong-14, présenté comme un missile intercontinental (ICBM).Le 29 août 2017, le Nord a tiré un missile qui a survolé le Japon avant de s'abîmer dans le Pacifique.En juillet 2017, la Corée du Nord a procédé à deux tirs réussis d'un missile balistique intercontinental, le Hwasong-14, d'une portée théorique d'environ 10 000 km. Kim Jong-un a déclaré que « tout le territoire américain est à notre portée ». En réponse, Donald Trump a promis le « feu et la colère » sur le Nord. Le 3 septembre 2017, les Nord-Coréens ont réalisé leur sixième essai nucléaire, affirmant avoir testé une bombe H. L'essai a provoqué un séisme d'une magnitude de 6,3. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté de nouvelles sanctions contre Pyongyang, concernant le textile, le gaz et le pétrole.
Tentatives de dialogue et poursuite du développement (2018-2019)
Le début de l'année 2018 a été l'occasion pour la Corée du Nord d'opérer un spectaculaire revirement diplomatique, Kim Jong-un décidant d'opter pour un rapprochement avec Séoul, notamment lors des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang. Les équipes des deux Corées ont défilé ensemble, sous un même drapeau.Le 24 mai 2018, la Corée du Nord a annoncé le démantèlement de son centre d’essai nucléaire. Une explosion a emporté les installations de Punggye-ri.Le 12 juin 2018, Donald Trump et Kim Jong-un se sont rencontrés à Singapour. Ce sommet entre un président américain et un dirigeant nord-coréen était une première historique. Les deux hommes ont signé un accord non contraignant dans lequel ils ont affirmé « leur engagement ferme et indéfectible à une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ».Le 8 janvier 2019, Kim Jong-un a effectué une visite surprise en Chine et a rencontré Xi Jinping. Le plus puissant allié de Pyongyang a appelé la Corée du Nord et les États-Unis à « faire un pas l’un vers l’autre ».Le 27 février 2019, le second sommet entre Trump et Kim a eu lieu à Hanoï, la capitale du Vietnam. Contrairement au premier, il a tourné court et a été abrégé. Les deux dirigeants se sont séparés sans déclaration ni accord communs.Le 30 juin 2019, Kim Jong-un et Donald Trump se sont rencontrés pour la troisième fois, de façon impromptue, dans la zone démilitarisée entre les deux Corées (DMZ). Le président américain a fait quelques pas en Corée du Nord, une première pour un locataire de la Maison-Blanche depuis 1953.Le 23 juillet 2019, Kim Jong-un a visité une usine de construction et a dévoilé un sous-marin lanceur d’engins, capable de tirer des missiles balistiques.Le 31 juillet 2019, la Corée du Nord a tiré deux missiles balistiques de courte portée, quelques jours après le tir de deux autres projectiles équivalents, pour protester contre la tenue d’exercices militaires conjoints entre Washington et Séoul en août.Le 2 octobre 2019, un jour après avoir annoncé la reprise des discussions avec les États-Unis, Pyongyang a procédé à un nouveau tir de missiles balistiques. Le missile aurait été tiré depuis un sous-marin, ce qui n’était pas arrivé depuis un premier tir de ce type en 2016.
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Réactions internationales et sanctions
Les tirs de missiles nord-coréens ont suscité de vives réactions de la communauté internationale. Les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont condamné ces actes et ont appelé à des sanctions plus sévères contre le régime de Pyongyang. L'ONU a également adopté plusieurs résolutions imposant des sanctions économiques et militaires à la Corée du Nord.
En mai 2017, les États-Unis ont mis en garde la Corée du Nord contre les tirs de missiles. En juin de la même année, l'ambassadeur américain au Japon et le chef de la diplomatie japonaise ont averti qu'un tel tir serait « grave et provocateur ». La Chine s'est dite « très inquiète », tandis que Moscou a convoqué l'ambassadeur de Corée du Nord et l'a mis en garde contre les conséquences « négatives » d'un tir. Le président américain de l'époque, George Bush, s'est dit d'accord avec le premier ministre japonais pour considérer qu'un lancement de missile serait « inacceptable ».
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