Farid Tir : Chronique d'un braqueur multirécidiviste et d'une évasion spectaculaire

Farid Tir, un nom qui résonne avec les faits divers liés au grand banditisme dans le Nord de la France et en Belgique. Ce Roubaisien d'une quarantaine d'années a défrayé la chronique au début des années 2000 pour une série de braquages et de car-jackings. Sa cavale spectaculaire, son arrestation et ses démêlés judiciaires ont alimenté les rubriques des faits divers pendant des années.

Condamnations et braquages

Farid Tir a été condamné à dix ans de réclusion criminelle pour cinq braquages et deux car-jackings commis en 2001 et 2002 dans le Nord et en Belgique. La cour d'assises du Nord a revu à la baisse la condamnation de dix-huit ans de prison, prononcée par contumace en 2006. Les jurés ont suivi les réquisitions du procureur, mais l'avocate de Farid Tir ne se montrait pas déçue : « Le jury a suivi mon raisonnement en relaxant mon client pour trois braquages. »

En mars 2001, lourdement armé, le visage découvert et le plus souvent seul, Farid Tir braque au moins huit banques.

Malgré les trois ans de détention provisoire déjà effectués, Farid Tir est loin d'être tiré d'affaire. Suite à son évasion de 2005, aidé par un commando de trois hommes armés et cagoulés, il avait également été condamné à quinze ans de prison par la cour d'assises d'Amiens, une peine dont il a fait appel. « Quinze ans, c'est trop sévère pour une évasion peu spectaculaire. Il n'a pas utilisé d'hélicoptères ! », explique son avocate. « Nous espérons réduire cette condamnation, car en l'état cela représenterait vingt-cinq ans de prison. » En pratique, ce n'est pas vraiment le cas, puisque lorsqu'un prévenu est condamné pour deux faits distincts, le total des condamnations ne peut excéder le maximum encouru pour le fait le plus grave. Dans le cas de Farid Tir, cela représente vingt ans (pour une attaque à main armée).

L'évasion spectaculaire du CHU d'Amiens

L'évasion de Farid Tir du centre hospitalier universitaire (CHU) d'Amiens en mai 2005 a marqué les esprits par son audace et son organisation. Alors qu'il était en détention provisoire depuis 2002 et hospitalisé depuis la veille de son évasion, un commando de trois hommes armés et cagoulés a fait irruption dans l'établissement pour le libérer.

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Le commando, très bien renseigné, s'est rapidement dirigé vers le service de chirurgie orthopédique où Farid Tir se trouvait. Ils avaient avec eux des armes dissimulées dans des « bagages à main ». A l'approche de la chambre du braqueur, ils ont sorti leurs fusils à pompe et leurs pistolets, qu'ils ont pointés sur les deux policiers chargés de sa surveillance. Après avoir maîtrisé les fonctionnaires, ils sont repartis en emmenant avec eux leur comparse. L'opération a duré moins de dix minutes.

Deux malfaiteurs ont été arrêtés à la sortie du bâtiment. Deux des fuyards sont montés dans une BMW, tandis que leurs complices embarquaient dans une Rover. Ce dernier véhicule a rapidement été repéré par des policiers au nord d'Amiens, à une vingtaine de kilomètres des lieux de l'évasion, qui sont parvenus à interpeller les deux truands qui se trouvaient à l'intérieur. Un des deux suspects arrêtés n'est autre que le frère aîné de l'évadé, Rabah Tir, 39 ans. Les deux hommes ont été placés en garde à vue.

La cour d'assises de la Somme a condamné Farid Tir à une peine de quinze ans de réclusion pour cette évasion. Les jurés ont également condamné les deux complices du braqueur présents lors de ce procès, son frère Rabbah et son beau-frère Slimane Mejdoub, respectivement à douze et huit ans de réclusion pour complicité.

Arrestation et saga judiciaire

Après son évasion, Farid Tir est resté en cavale pendant plusieurs années. Il a finalement été arrêté le 28 juillet 2008 à Lille. S'ensuit une saga judiciaire qui le conduit d'un tribunal à l'autre.

Lors de son procès, Farid Tir a plaidé l'innocence, contestant les éléments à charge. Il a notamment nié se reconnaître sur les clichés de vidéosurveillance des braquages. Cependant, les empreintes génétiques retrouvées sur les lieux des crimes ont constitué un élément accablant. Farid Tir a reconnu que c'étaient les siennes, mais a tenté d'expliquer leur présence par des circonstances fortuites.

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Le contexte familial et les liens avec le trafic de stupéfiants

L'histoire de Farid Tir s'inscit dans un contexte familial complexe, marqué par la violence et les liens avec le trafic de stupéfiants. Plusieurs membres de sa famille ont été victimes d'une guerre que tout relie au trafic de stupéfiants.

Son grand-père Saïd Tir, surnommé « le Vieux », est le premier à tomber sous les balles en 2011. Deux mois plus tard, c'est le beau-frère de Saïd, Akim Grabsi, qui est abattu. Deux des oncles de Farid Tir sont ensuite assassinés. D'autres membres du clan réchappent à des tentatives d'assassinat.

En 2016, le parquet de Marseille avait publiquement prêté à cette famille une rivalité avec un autre clan, les Remadnia, dont certains tremperaient dans les « stups ».

Cependant, il est important de souligner que tous les membres de la famille Tir ne sont pas impliqués dans le banditisme. « L'immense majorité des quelque 300 membres du vaste clan Tir est, en effet, totalement inconnue des services de police », écrivait L'Express en 2016.

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