Les fusils japonais de la Seconde Guerre mondiale

Les fusils Arisaka, fruits d'études approfondies menées par l'arsenal de Tokyo, sont souvent considérés à tort comme de simples copies des Mauser. Ils ont été conçus sous la direction du colonel Nariakira Arisaka et du major Kijiro Nambu. Ces armes ont joué un rôle important dans l'armée impériale japonaise et ont connu une large diffusion, tant au Japon qu'à l'étranger.

Genèse et évolution des fusils Arisaka

Le fusil Type 30, conçu en 1897 par le colonel Niriaki Arizaka, directeur de l'arsenal de Tokyo, fut le premier d'une série d'armes à verrou combinant des éléments des Mauser 1893 et Mannlicher 1890. Adopté par l'armée japonaise, il utilisait la munition 6,5 mm Type 30 et fut produit par les arsenaux de Tokyo et de Kokura. Il donna naissance à une carabine Type 30 pour la cavalerie et à un fusil Type 35 pour la Marine impériale.

Le fusil Type 35, adopté en 1902 pour la Marine impériale, introduisit un couvre-culasse et un bouchon de culasse quadrillé tout en conservant l'alimentation par lame-chargeur du Type 30. Kijiro Nambu, cependant, pensait qu'il était possible de faire encore mieux.

Sorti en 1906, le fusil Type 38 est le cinquième modèle réglementaire conçu sur l'archipel. Il est issu des études très poussées de l’arsenal de Tokyo. Entre le type 30 et le type 38, il y a eu même un type 35, adopté en 1902 pour la Marine Impériale. Ce fusil type 35 introduit un couvre culasse, un bouchon de culasse quadrillé et conserve de son prédécesseur une alimentation par lame chargeur. Le Type 38 est le fruit des efforts de Kijiro Nambu pour améliorer la robustesse et la facilité de fabrication des fusils japonais. Il reprend le principe d'extracteur surdimensionné du Mauser 1898, assurant un contrôle total du déplacement des cartouches et une extraction sans défaut. Il est doté d'un couvre-culasse qui se déplace avec le levier d'armement, rendant l'arme étanche en permanence. La crosse en deux parties facilite la production de masse et limite le risque de bris.

Le Type 38 chambre la cartouche 6,5x50mmSR Arisaka, qui permettait le double d'emport par homme et une trajectoire rasante quasi deux fois supérieure par rapport aux munitions de la génération précédente. Les concepteurs du type 38 auront eu la sagesse de ne rien changer à cette munition 6.5×50mm SR Arisaka. Cette munition évoluera en 1922 avec une balle pointue et une vélocité augmentée passant de 686 m/s à 762 m/s. L'examen attentif, après guerre, des fusils de Type 38 par l'Armée US et la NRA révéla que le fusil Type 38 Arisaka était de loin le plus robuste de tous les fusils à verrou impliqués dans la seconde guerre mondiale et celui capable de supporter les cartouches les plus puissantes de toutes les armes de ce genre.

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Le successeur du fusil type 38 est le type 99, qui fait bien référence à l'année 2599 du calendrier nippon, soit 1939 pour nous.

Caractéristiques techniques et conception

Les fusils Arisaka sont réputés pour leur robustesse et leur fiabilité. Ils sont construits en acier usiné et en bois, avec une munition de 6,5 mm Type 38 tirée dans un canon comportant six rayures à droite. Le guidon est protégé par deux oreilles et la hausse à planchette est graduée jusqu'à 2 400 m, avec un cran de mire fixe étalonné pour 400 m.

La conception du fusil Arisaka demeura standard dans l’Armée impériale japonaise du tournant du siècle jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. L’Arisaka était précis, mais l’addition d’un cache anti-poussière en métal au-dessus de la culasse rendit sa recharge bruyante et sa chambre encline à s’obstruer. L’Arisaka fut construit pendant une durée exceptionnellement longue, ceci particulièrement en raison de la stature moyenne des troupes japonaises et du terrain serré de jungle dans lequel elles combattirent pendant la guerre, auxquels s’adaptait bien l’Arisaka.

Le Type 38 est équipé de la baïonnette Type 30 (1897). C'est la même baïonnette que l'on retrouve sur les fusils Type 30, Type 99 mais aussi les fusils-mitrailleurs Type 96 et pistolets-mitrailleurs Type 100 ! Il s'agit d'une baïonnette d'excellente facture avec une lame de 40 cm. Le collectionneur averti sera heureux d'apprendre qu'il existe un nombre incalculable de versions des baïonnettes type 30. Outre les différents marquages des fabricants, la qualité de fabrication de ces baïonnettes va commencer à décliner dans les années 30.

Production et distribution

Les fusils Arisaka ont été produits dans plusieurs arsenaux japonais, notamment à Tokyo, Kokura et Nagoya. Ils ont également été exportés vers d'autres pays, tels que la Grande-Bretagne, la Russie, le Mexique et la Thaïlande. 50 000 fusils Type 38 ont été commandés par la France au Japon en 1914. Mais les armes ont au dernier moment été envoyées à l'armée anglaise qui avait un besoin plus urgent d'équiper les troupes de l'arrière et libérer des SMLE pour les troupes sur le front.

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Un tout petit lot (Environ 20.000 armes seulement) de la production de l’Arsenal de Kokura ont été vendues au Royaume du Siam (actuelle Thaïlande) pour les soutenir contre les français et dans l’espoir d’attirer ce pays dans la « Grande Sphère de Co-prospérité Asiatique » (l’Axe à la japonaise façon pacifique).

Utilisation au combat

Le fusil Type 38 est devenu le fusil standard de l'infanterie japonaise dès 1906. Sa production continue jusqu'à la Seconde Guerre mondiale vers 1943 avant de céder petit à petit sa place à son successeur le Type 99 (1939). En fait, le Type 38 continuera à être largement utilisé durant la guerre du Pacifique face aux Springfield 1903, M1 Garand et USM1 américains, dénotant parfois d'une forme de retard technologique, alors qu'en réalité, le Type 38 est un fusil d'excellente facture et n'a pas souffert d'une production dégradée au fur et à mesure du conflit comme le Type 99 dont les versions “last ditch” ont aussitôt terni la réputation de tous les “arisaka” comme de fusils tout juste bon à tirer quelques cartouches avant d'être inutilisables…

Les fusils Arisaka ont été utilisés dans de nombreux conflits, notamment la guerre russo-japonaise, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale. Ils ont armé les fantassins japonais, ainsi que les forces armées d'autres pays, tels que la Russie, la Chine, la Thaïlande et le Vietnam. Ces fusils ont participé à la Guerre franco-thaïlandaise d’octobre 1940 à mai 1941.

Variantes et dérivés

Outre les fusils Type 30, Type 35 et Type 38, la famille Arisaka comprend plusieurs variantes et dérivés, tels que :

  • La carabine Type 30, destinée à la cavalerie.
  • Le fusil court Type 38.
  • La carabine Type 44.
  • Le fusil de sniper Type 97.
  • Le fusil de parachutiste Type 2.

Le fusil Arisaka Type 38 en tant qu'arme de collection

Voici un très bel exemplaire de ce fusil venu de loin récupéré par votre armurier préféré. Tout ça est à démonter intégralement et à nettoyer comme d’habitude mais c’est pas du courant. La plaque de couche, légèrement enveloppante sur le bois, façon K98 est en bon acier, oxydée mais en et en bon état voire TBE si nettoyée. A t-elle ouvert quelques crânes de GI ou de légionnaires du 5°REI en Thaïlande (de très concordants témoignages indiquent des mœurs de ce type comme très répandues dans l’armée du Mikado) ? En tout cas, l’arme n’aura pas trop souffert de ce genre de comportement réprouvé par la morale et par les Conventions Internationales comme celle de Genève de 1906 (Le Japon n’y adhèrera, dans son article 28 sur le traitement des prisonniers qu’en ….avril 1953 !). Car sa monture de bois aux rouges reflets, est en très bel état sans fissure, ni enture. Ces beaux bois rouges ont été très peu manipulés pour une fois - C’est rare sur ces armes. Aucun coup sérieux (rappel : mes photos sont en TRÈS TRÈS gros plan et accentuent les défauts au-delà du raisonnable!) - Aucune enture. Ces bois sont dans un état rare comparé aux autres Arisaka que j’ai pu voir et les petits points et taches que vous voyez, c’est la poussière (ou pire) de l’atelier en gros plan aussi ! La ligne de séparation entre les deux pièces de bois de la crosse (par construction de ces armes dont j’expliquai le propos au-dessus) permet de bien illustrer le sujet. Ce n’est pas une fracture, ce n’est pas une enture ! Et c’est du Made in Japan pour l’ajustement ! Toutes les têtes de vis sont en très bel état. Jamais cette arme n’a été restaurée ou touchée. Le bronzage d’origine est très beau et présent à 95% présent de façon uniforme sur l’arme. Une légère fleur de rouille de surface en pontet mais plus que nettoyable au WD40 et paille 000. C’est vraiment très léger et encore une fois TRÈS exagéré par mes gros plans. La mécanique est bonne, très fluide et produit un joli son métallique (c’est un peu lié au couvre culasse!). Tout est parfaitement usiné. Toutes les pièces sont d’origine et les siennes - Le tenon de baïonnette est bien présent (il a souvent été arasé sur ces armes). Le boîtier de culasse porte sur son côté gauche la marque de l’arsenal de Kokura, actif de 1916 à 1945. C’est loin d’être le plus courant. Devant cette marque d’arsenal, le numéro de série 18614 et le « caractère kana » , permet de dater notre Arisaka assez précisément. Ce caractère correspond à la série « 25 » symbolisé par ce caractère repris dans un célèbre poème japonais connu de tous les écoliers japonais de l’époque pour reprendre et leur apprendre tous les caractères Kana. Ce caractère nous indique que l’arme a été produite entre septembre 1939 et début 1940 ce qui confirme/explique son excellente fabrication. Autre particularité, il faut savoir qu’un tout petit lot (Environ 20.000 armes seulement) de la production de l’Arsenal de Kokura ont été vendues au Royaume du Siam (actuelle Thaïlande) pour les soutenir contre les français et dans l’espoir d’attirer ce pays dans la « Grande Sphère de Co-prospérité Asiatique » (l’Axe à la japonaise façon pacifique). On trouve ces fusils japonais passés par la Thaïlande en Allemagne et en France parce que, vers 1970, la Thaïlande a revendu en Europe ses exemplaires survivants de la commande de 1940. Les collectionneurs européens les pensent donc « plus fréquents » (c’est très relatif) que les exemplaires japonais au Chysantème non mutilé à 100%. C’est une impression « européenne ». Avec 50.000 exemplaires seulement dont moins de la moitié venant de Kokura, ils sont en fait plus rares au plan mondial que les exemplaires purement japonais à Chrysanthème intact ou même à Chrysanthème arasé qui sont légion, notamment, aux USA (et qui inversement sont plus rares en Europe).

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