Histoire des Armes à Feu : Un Résumé de Leur Évolution

Depuis l'aube des civilisations, l'humanité a cherché des moyens d'améliorer sa capacité à chasser, à se défendre et à faire la guerre. Les armes à feu, avec leur capacité à projeter des projectiles à grande vitesse, ont transformé les conflits et les sociétés. Cet article propose un résumé de l'histoire des armes à feu, de leurs humbles débuts à leur omniprésence moderne.

Les Prémices : De la Poudre Noire aux Premiers Canons

L'histoire des armes à feu commence avec la poudre noire, un mélange explosif inventé en Chine au VIIIe siècle. Initialement utilisée pour les feux d'artifice, la poudre noire a rapidement trouvé des applications militaires. Dès 1150, des armées étrangères (Moyen-Orient) intègrent les systèmes à poudre noire dans leurs armements. Elles prennent la forme d’un canon à main, propulsant une flèche. Cette arme (le Madfaa) est l'ancêtre des armes portatives occidentales (arrivée vers la fin des années 1200).

L'Invention de la Poudre à Canon et les Premiers Canons

On ne peut savoir avec certitude qui a inventé la poudre à canon, bien que beaucoup de pays la revendique. Il est généralement admis que la première mention écrite de la recette de la poudre soit apparue en Angleterre vers 1260. La poudre à canon, appelée aujourd’hui « poudre noire », est relativement peu explosive. Enflammée à l’air libre, elle n’explose pas, mais brûle violemment. Enflammée dans un milieu clos, elle produit une pression modérée.

Au cours de la mise à feu, la poudre noire produit, en raison des impuretés contenues dans le matériau de base, beaucoup de flammes et d’étincelles ainsi qu’un gros nuage de fumée grise. L’expression « le brouillard de la guerre » vient du fait de cet immense nuage de fumée qui s’élève au dessus des champs de bataille. La poudre d’artifice a été inventée par les chinois pour produire du bruit et de la lumière, elle ne comportait que deux ingrédients. Il fallu attendre vers 1300 pour qu’elle soit composée de trois éléments : le souffre, le charbon et le salpêtre. C’est alors que les premiers canons sont apparus.

Ces premiers canons avaient une facture grossière. Il s’agissait d’un objet en forme de vase placé sur un support en bois, mais, rapidement, on trouve des fûts faits de barres en fer soudées et placées sur ce que l’on pourrait appeler un affut. La poudre était enflammée en introduisant un fer rougi dans un petit trou sur le côté du canon (la lumière). Le projectile n’était pas vraiment aux dimensions du canon (d’où la présence du sabot de bois pour le bloquer) et rendait l’arme peu précise. En raison de leur manque inhérent de précision, les premiers canons ne pouvaient seulement être utilisés avec succès que contre de grandes cibles.

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En Août 1324, apparait une des premières utilisations en France d’une bombarde pour l’attaque de la ville de la Réole (Gironde). Celle-ci est montée sur un fût en bois, et posée à même le sol. Son pointage rudimentaire, se fait à l’aide de cales de bois glissées sous le fût. Tir à la Bombardelle Doc. Bombardelle à culasse mobile : calibre 15 cm, boulet de 3 à 4 kg en pierre puis en fonte de fer, lancé à 200 mètres. La balistique de ce type d’arme est faible, mais son effet psychologique est important. En effet le bruit rappelle le tonnerre de source divine, et l’odeur de soufre, le diable !

L'Émergence des Armes à Feu Portatives

Les premières armes à feu portables ne furent rien d’autre que des canons miniatures. Ils furent introduits vers 1380 et généralement appelés « bâtons à feu ». Ces armes étaient faites d’un canon en fer coulé (ou de douves de fer assemblées) fixé au bout d’une perche. Ces premiers traits à poudre n’étaient pas d’un maniement aisé et furent vite remplacés par une arme pourvue d’un fût : une pièce de bois pouvant supporter l’arme et être appuyée sur le corps lors du tir. On l’appela « arquebuse ».

Vers 1370, l’hacquebute (primitive) : Littéralement « canon à croc » du germanique « hakenbüchse , destinée à tirer en crochetant un mur ou une palissade avec son croc de fer situé en dessous de l’arme pour que le mur encaisse le recul à la place du tireur. Elle comporte un long fût de bois (ou parfois de fer), à l’avant duquel est fixé un canon de fer de courte dimension (20 à 25 cm). Son calibre fait généralement de 18 à 28 mm. Une balle ronde en plomb, de 18 mm de diamètre part à la vitesse de 130 mètres par seconde, avec une charge de 4 grammes (7 grammes au moyen âge) de poudre noire. Allumage au boutefeu à mèche ou par un ringard chauffé au rouge. (Une planche de pin de 3 cm d’épaisseur est traversée à 15 mètres).

A partir de cette époque les balles rondes en plomb pour armes portatives à canon lisse seront enveloppées dans un petit carré de tissu graissé appelé « Canepin » destiné à les caler. On verra également rapidement vers 1450 apparaitre les « gargousses , ancêtres de la cartouche, doses de poudre préparées à l’avance dans un tissu ou du parchemin et les « apôtres » dont le rôle est identique mais en bois vers 1480. (Les gargousses de poudre resteront en service pour les canons jusqu’au milieu du 19ème siècle.

L'Arquebuse et l'Ère des Platines

L'arquebuse, ancêtre des mousquets et fusils, marque une étape importante dans l'évolution des armes à feu.

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Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, mot découlant d’hacquebute : C’est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tient sous l’aisselle ou que l’on commence à épauler. La mise à feu est faite par un « serpentin » en fer fixé sur le côté du fût et tenant une mèche.

Systèmes de Mise à Feu : Mèche, Rouet et Silex

Vers 1411, le système de mise à feu fut aussi modifié en remplaçant le fer rougi par une mèche se consumant lentement (une amorce en amadou) maintenue dans un serpentin fixé sur le côté du canon. Un mécanisme à ressort fut ajouté à ce serpentin quelques années plus tard. De cette manière, le tireur pouvait viser la cible et faire feu en même temps en poussant sur un levier.

Bien que les découvertes initiales en matière d’armes à feu concernent plutôt les grandes armes (les canons), c’est à partir de ce moment que les plus grands développements techniques furent apportés aux armes portatives. La rayure des canons et les différents systèmes de mise à feu apparurent d’abord sur les armes portatives avant d’être appliqués aux canons. Les premières armes à feu à mèche, à mécanisme à serpentin, étaient d’assez grandes dimensions. Leur utilisation requérait beaucoup d’habileté (notamment pour le chargement) et un certain courage. L’utilisation de la mèche lente (ou incandescente) pour déclencher le tir n’avait pas que des avantages. En premier, le tireur était immédiatement repéré. L’ennemi pouvait facilement voir l’extrémité rougie de la mèche en combustion ou sentir son odeur. L’expression hollandaise « flairer une allumette » (qui veut dire « sentir le danger ») tire son origine lorsque les espagnols utilisaient des armes à mèche.

La solution à ce problème fut apportée en Italie, au début du XVIe siècle, par Léonard de Vinci. Un mécanisme avec un ressort fut fixé contre l’arme. Les étincelles sont produites par le frottement d’un morceau de pyrite frottant sur une roue mise en mouvement par le relâchement d’un ressort. Ces étincelles mettent le feu à la poudre contenue dans le bassinet qui, à son tour enflamme la poudre principale en passant par la lumière du canon. Cette importante innovation permit de transporter une arme chargée et prête à faire feu n’importe quand. Cette invention permit désormais aux cavaliers de tirer d’une seule main. Il existe un grand nombre de variantes d’armes à rouet. Beaucoup d’inventions furent expérimentées lors de son apogée comme par exemple le tir en rafale (une arme capable de tirer plusieurs coups en même temps ou très rapprochés, notre fusil d’assaut moderne, en quelque sorte). Cependant, le mécanisme à rouet était difficile à réaliser et couteux. La solution à ces problèmes fut inventée en Italie vers 1547 : la platine à chenapan.

La platine à silex utilise toujours un bassinet rempli de poudre d’amorçage qui communique le feu à la charge principale par la lumière du canon. Cependant, ce n’est plus le frottement de la pyrite sur la roue qui produit les étincelles, mais le raclement d’un silex contre une plaque d’acier. La platine à silex est de conception plus simple que le rouet et donc, plus économique à produire. Sa fabrication ne nécessite pas le concours d’armuriers hautement qualifiés et expérimentés.

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L'Impact de la Platine à Silex

Ainsi, il devint possible d’équiper une armée entière de mousquets à platine à silex. Cette platine était plus fiable, d’un entretien facilité et passablement plus étanche à l’humidité. Cette platine constitua une importante amélioration et les armes à feu commencèrent à être produites en grandes quantités et déclinées en beaucoup de variations, depuis les petits pistolets de poche jusqu’aux armes à multiples canons. Toutes les armées du monde commencèrent alors à équiper leurs soldats avec ce type d’armes et ils furent produits par dizaines de milliers.

Mis au point vers 1630, le fusil à platine de silex, se chargeant par la bouche, restera en service pendant près de deux siècles. Initiée par Louvois, ministre d’état, et sur le conseil du maréchal de Vauban, Louis XIV, généralisera par ordonnance la platine à silex à la française (déjà partiellement en service dans l’armée depuis 1660 sur des mousquets allégés dits à fusil) , sur les mousquets en allégeant leur poids en 1703.

En 1728-40, généralisation en France de la cartouche de guerre en papier, comportant 10 à 12 grammes de poudre noire (suivant la qualité de la poudre) et une balle de 16,3 mm en général. La balle est plus petite d’environ 1,2 mm que le calibre de 17,5 mm, pour qu’elle rentre facilement lors du rechargement, même si le canon est un peu encrassé par le tir précédent. Il n’y a plus de calepin de tissu graissé avec la cartouche, le papier de celle-ci en faisant office, tassé avec elle lors du rechargement. La platine à silex est la combinaison de deux systèmes primitifs antérieures, qui utilisés également le choc du silex : la platine à chenapan et la platine à miquelet. L'inventeur de cette arme, serait le Français Marin Le Bourgeois, armurier à Lisieux entre 1620 et 1630. On utilisa ce type de platine jusqu'au XIXe siècle. Dès 1630, les soldats suédois utilisaient couramment la cartouche en papier. Son usage ne se généralisa qu'au XVIIIe siècle. Au départ, elle n'était composée que de poudre.

L'évolution du mousquet

L’arquebuse étant assez courte, se prêtait mal au tir de guerre sur plusieurs rangs, l’embouchure du canon se retrouvant au niveau de l’oreille du rang précédant. Il fut donc décidé de rallonger l’arquebuse et d’en augmenter le calibre, donc le poids du projectile et la puissance destructrice. Le mousquet était né. Le nom « mousquet » provient de l’italien « moschetto , issu du latin « musca , la mouche, à cause de la balle (qui sifflait et qui était invisible en vol comme une mouche aux oreilles des soldats. Le mousquet peut être interprété comme le « lanceur de mouche ). L’expression « prendre la mouche , qui exprime la colère, viendrait du fait de recevoir des mouches (balles) ce qui n’est guère plaisant. Pour des raisons de vitesse et de facilité de rechargement, le canon resta lisse, et la balle inférieure d’un à deux mm environ au calibre de ce dernier. Cette balle était enveloppée d’un « canepin , pièce de tissu graissé au suif, pour la caler dans le canon. Le nom canepin sera déformé en « calepin » à partir du 17è siècle.

Le XIXe Siècle : Percussion, Chargement par la Culasse et Répétition

Le XIXe siècle a été témoin de progrès significatifs dans la technologie des armes à feu, avec l'introduction de la percussion, du chargement par la culasse et de la répétition.

De la Platine à Percussion à la Cartouche Moderne

Les travaux sur les agents chimiques explosant suite à un choc, réalisés par le chimiste français Bertholet, comme le fulminate de mercure et le muriate de potassium, amenèrent le pasteur écossais Alexandre John Forsyth en 1808 à concevoir la première platine à percussion par chien (sans pierre) dite à « flacon de parfum , n’utilisant pas le silex, mais le fulminate de mercure, sur un fusil de chasse. Le fusil à piston anglais (1831) et le fusil à capsule français (1840) utilisent une amorce au fulminate de mercure pour une meilleure fiabilité de la mise à feu.

C'est en Écosse (Belhelvie), que le pasteur et chasseur Alexander John Forsythe, inventa en 1807 la mise à feu par percussion d'une amorce fulminante. Ce système permettait notamment de ne plus rater la mise à feu par temps de pluie. Dés lors que les fusils purent être chargés par la culasse, on imagina d'incorporer l'amorce à la cartouche. Un grand nombres d'inventeurs proposèrent leurs solutions (Casimir Lefaucheux, Béringer et Flobert…).

Le fusil à aiguille Dreyse (Prusse, 1841) et le fusil Chassepot (France, 1866), avec la généralisation de la culasse, représentent un perfectionnement essentiel. En effet, c'est en 1835 qu'un Allemand, ancien élève de l'arquebusier, Johann Nikolaus von Dreyse mit au point un fusil comportant une culasse à verrou. En 1841, sa forme définitive fut créée et adoptée par l'armée prussienne. Cela, lui permit en 1866, de remporter facilement la victoire sur l'Autriche et le Danemark.

Le fusil Gras (1874) avec culasse mobile préfigure le fusil Lebel (modèle 1886) qui rend possible le tir à répétition. C'est le 22 avril 1887, que le fusil Modèle 1886 fût officiellement adopté par la France. Il est beaucoup plus connu sous le nom de Lebel. Nom du commandant de l'école de tir de Châlons, qui durant un an en avait dirigé les essais. Cette arme fut produite en très grande quantité afin d'équiper les soldats français de la première et la seconde guerre mondiale. On en retrouva encore pendant la guerre d'Indochine et d'Algérie.

L'amorçage intégré fut exploité lors de la guerre de Sécession aux États-Unis (1861-1865). C'est en 1836, que la balle minié fut inventée par les capitaines Delvigne et Minié. Elle permettait une utilisation efficace du canon rayé. Les armuriers comprirent rapidement qu'ils pourraient ainsi augmenter considérablement la portée des fusils. Le diamètre de la balle minié était un peu inférieur à celui du canon et elle se forçait automatiquement sous la pression des gaz. Grâce à elle, la portée du fusil d'infanterie passa de 200 à plus de 1000 mètres.

Il existaient de nombreuses imperfections dues aux cartouches de papier ou aux autres matériaux : sensibilité aux intempéries, fuites… Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, des inventeurs se penchèrent sur ces problèmes. En 1865, le Français Gosselin, présentait devant la Commission de Vincennes, des étuis en laiton étiré. Cependant, le faible niveau de connaissances en matière d'usinage de cuivre n'en permit pas la généralisation. A la même date, un second Français, Schneider, ainsi que les Anglais Boxer et Daw mirent au point des munitions totalement métalliques à percussion centrale. Leurs modèles ne comportaient pas d'étui monobloc mais une douille formée d'une mince feuille de laiton enroulée en spirale.

L'Invention du Canon Rayé

En 1520, l’arquebuse à canon rayé (rainuré) hélicoïdalement : Il semble que le germanique Auguste Kotter, remarquant que les « viretons d’arbalète » (traits aux ailerons inclinés qui partaient en tournant sur eux-mêmes) avaient une plus grande précision que les « traits classiques » comme le « carreau . Il inventa le « rayage (rainurage) hélicoïdal » de l’intérieur des canons d’arquebuses. Cela apporta une précision nettement plus efficace de l’arme par stabilisation gyroscopique de la balle dans l’espace, et une augmentation de puissance en supprimant les fuites de gaz propulseurs des armes à canon lisse dont la balle était plus petite que l’âme du canon. L’ancêtre de la carabine était né. Le nom « carabine » provient d’un corps de gardes à cheval du roi de France Henri III qui étaient équipés d’une arquebuse à canon rayé, et d’un habit satiné qui les faisaient ressembler à un « Escarabin » (Le scarabée fouisseur de cadavre) mais aussi à cause de leur tir précis qui transformait souvent leur cible en cadavre (pour « scarabée ). Ils furent donc nommés « carabins » et par analogie leur arme carabine. (Louis XIII quarante ans plus tard, remplacera leur carabine par un mousquet à chargement plus rapide grâce au canon lisse, ce qui les fera nommer tout naturellement « mousquetaires »).

L'Ère Moderne : Fusils d'Assaut et Innovations Récentes

Le XXe et le XXIe siècles ont vu l'émergence des fusils d'assaut, des armes automatiques légères capables de tirer en rafale, ainsi que d'autres innovations.

Il est remplacé en 1936 par le MAS 36, puis après 1951 par un fusil semi-automatique, le FSA 49-56. Automatiques ou semi-automatiques, les fusils d'assaut ont un calibre 5,56.

En 1878, l'invention de la poudre sans fumée permit de diminuer le calibrage de 11 à 8 mm, puis à 7,5 mm, voire même jusque 6,5 ou 6 mm. Aujourd'hui, ces cartouches sont toujours utilisées. Elles permettent un tir efficace jusqu'à 1000 mètres. Depuis quelques années, il existe des cartouches de très petit calibre à haute vitesse initiale (5,56 mm).

L'apparition de la poudre sans fumée a permit d'obtenir des vitesses initiales très puissantes auxquelles les projectiles en plomb ne pouvaient résister. En 1878, le colonel Suisse Rubin inventa la balle composite. Celle-ci était composée d'un noyau de plomb gaîné d'une enveloppe de métal plus résistant (cupronickel, laiton, acier plaqué ou non…). Ces balles étaient réservées aux armes de guerre ou de tir.

C'est le fusil d'assaut allemand Sturmgewehr 44 qui fut le premier à être produit dans un grand nombre d'exemplaires. Il était très léger. Le soviétique Mikhail Kalashnikov s'en inspira pour créer en 1947 son célèbre AK 47. Durant les années 1950, ce sont les Belges qui mirent au point le premier fusil d'assaut tirant une cartouche de guerre. Ce F.A.L 7,62 mm a été vendu à des centaines de milliers d'exemplaires dans le monde.

En 1956, aux États-Unis, Eugène Stoner conçut l'AR-15 une arme comparable à la Klashnikov au niveau de l'emploi.

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