Moniteur de Tir et Missions Spécialisées dans la Gendarmerie Nationale

La gendarmerie nationale, garante de la sécurité et de l'ordre public, s'appuie sur un personnel hautement qualifié et formé, notamment dans le domaine du tir. Parmi ces spécialistes, on distingue l'instructeur armement et tir, le moniteur en intervention opérationnelle et le tireur d'élite (TEG), chacun ayant des missions et des qualifications spécifiques. Cet article explore ces différents rôles, leurs missions, les compétences requises et les voies d'accès à ces spécialisations au sein de la gendarmerie.

L'Instructeur Armement et Tir

L'instructeur armement et tir joue un rôle essentiel dans la formation et le maintien des compétences du personnel de la gendarmerie en matière de tir. Il assure cette formation en utilisant des méthodes d'entraînement réel et des outils de simulation. Ce métier s'exerce en régiment, en école ou dans un organisme de formation. Il est important de noter qu'il s'agit d'un métier de deuxième partie de carrière, accessible aux gendarmes ayant déjà acquis une expérience significative sur le terrain.

Le Moniteur en Intervention Opérationnelle

Le moniteur en intervention opérationnelle (IO) est un acteur clé dans l'application des fondements légaux et des règles de sécurité lors des missions de service et des séances d'entraînement. Il possède une maîtrise des savoir-être et savoir-faire nécessaires dans les différents domaines de l'intervention professionnelle.

Missions et compétences

Ses missions sont à la fois pédagogiques et opérationnelles :

  • Missions pédagogiques : Le moniteur en IO est capable de préparer et de conduire des séances de formation en intervention professionnelle, en adaptant sa pédagogie aux besoins actuels et en actualisant constamment ses connaissances. Il est un référent dans le domaine de la formation initiale et continue, appliquant les règles de sécurité spécifiques à l'intervention professionnelle. En unité, il instruit son personnel et est détaché en école pour des périodes de formation. Il est également habilité à évaluer les militaires dans tous les domaines de l'intervention professionnelle (sélections, recyclage, contrôle annuel…).
  • Missions opérationnelles : Fort de son expérience terrain, le moniteur en IO conseille le commandement dans la préparation tactique et technique des interventions. Il garantit le niveau des stagiaires pour l'attribution du certificat de port d'armes.

Le Tireur d’Élite de la Gendarmerie (TEG)

Le Tireur d’Élite de la Gendarmerie (TEG) est un spécialiste du tir de précision. Les TEG interviennent dans des situations de surveillance ou lorsque la vie d’autrui est en danger. La précision du tir est la qualité première que l’on associe aux tireurs d’élite.

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Missions et compétences

Sur le terrain, le tireur d’élite peut mettre en œuvre des techniques de camouflage et d’infiltration, pour opérer dans la plus grande discrétion. Chaque intervention est unique. Il peut être positionné sur le toit d’un bâtiment, dans un appartement ou à l’orée d’une forêt. Sa cible peut aussi bien se trouver à 50 mètres qu’à plusieurs centaines de mètres. Il se fond dans son environnement et peut maintenir sa posture pendant plusieurs heures.

Contrairement à la plupart des autres gendarmes, le TEG ne porte pas le traditionnel uniforme de la gendarmerie sur le terrain. Il possède également une tenue spéciale « grand froid » pour les interventions hivernales.

Qualités requises

La rigueur est une qualité essentielle, car un TEG n’a pas le droit à l’erreur. Les tireurs d’élite sont assez rares dans la gendarmerie nationale. C’est une spécialité rigoureuse et très exigeante qui recrute peu. Les postes se situent sur tout le territoire français.

Les tireurs d’élite de la gendarmerie interviennent principalement lors d’événements ou de crises. Ils peuvent être amenés à travailler de jour comme de nuit, les week-ends et les jours fériés. Ce métier exige une grande disponibilité, de l’endurance et une forte résilience. Malgré ces défis, il s’agit d’une profession pour les passionnés, toujours en quête de perfectionnement et d’excellence.

Rémunération

Le salaire d’un tireur d’élite de la gendarmerie est appelé la solde. Il se compose d’une rémunération fixe et de diverses primes et indemnités. En plus de la solde de base, les gendarmes reçoivent des primes et indemnités. À noter qu’un TEG a déjà plusieurs années d’expérience dans la gendarmerie lorsqu’il intègre cette spécialité. Devenir tireur d’élite représente un objectif important pour de nombreux gendarmes. Cela dit, comme tous les gendarmes, un tireur d’élite a des opportunités d’évolution de carrière. Par exemple, un sous-officier de gendarmerie débutant peut toucher environ 2.145€ net par mois dès la sortie d’école.

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Comment devenir Tireur d'Élite ?

Avant de pouvoir devenir tireur d’élite, il faut d’abord devenir gendarme. Le candidat doit réussir des épreuves écrites, orales et sportives. À noter : il est possible d’intégrer la gendarmerie sans condition de diplôme grâce aux sélections de Gendarmes Adjoints Volontaires (GAV). L’organisation de ce concours est similaire à celle du concours de SOG. Il est composé d’épreuves écrites, sportives et orales, mais le niveau y est beaucoup plus élevé.

La spécialité de tireur d’élite n’est pas ouverte aux gendarmes débutants. Pendant ces deux jours, les candidats passent des épreuves physiques, des épreuves de tir et de connaissances militaires. Les sélections sont éprouvantes. À l’issue des 48 heures, les plus performants sont sélectionnés pour suivre la formation de TEG.

À la fin du stage, le tireur doit être capable de tirer sur un objectif de 15 cm de côté à 200 mètres de distance, en toute condition (jour, nuit, pluie, vent…). Ceux qui font partie des antennes du GIGN, des PSPG, de la GTA et de la Garde républicaine effectuent deux stages de Moniteur Tireur d’Élite Gendarmerie (MTEG) par an.

Formation et Certifications complémentaires

Depuis l’arrêté du 3 août 2007, des agents de police municipale peuvent devenir moniteurs en maniement des armes. Ces agents doivent subir une formation de 6 semaines dans une école de police nationale ou de gendarmerie où ils sont évalués chaque semaine avant de prétendre au certificat de moniteur. Depuis le 20 avril 2017, date de la publication de l’arrêté du 14 avril 2017 modifiant l’arrêté du 3 août 2007 relatif aux formations des agents de police municipale, les policiers municipaux peuvent devenir moniteurs en bâtons et techniques professionnelles d’intervention.

Le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) « Moniteur de Tir Sportif » est un diplôme reconnu par la branche professionnelle sport. À ce titre, son titulaire peut encadrer en autonomie sans limite de temps (cf. avenant N° 156 du 17/02/22 portant sur l’annexe 1 de la CCN du sport du 7/07/05 relative au CQP). La formation est accessible à tous publics majeurs. Vous souhaitez préparer votre entrée en formation pour la saison suivante, vous pouvez vous inscrire sur le circuit de la formation fédérale en commençant par le CAC, BFA et BFI. Rapprochez vous de votre Responsable Formation Ligue dit RFL. Si les blocs de compétences ne sont pas validés sur la première session de certifications, une session de rattrapage est mise en place un mois après pour laisser le temps au stagiaire d’acquérir la ou les compétence(s) non validées. NB : la formation du CQP est intégrée au ruban pédagogique du DEJEPS et du DESJEPS.

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Témoignages de Moniteurs de Tir Sportif

De nombreux moniteurs de tir sportif témoignent de l'intérêt et de la valeur ajoutée de la formation CQP « Moniteur de Tir Sportif » :

  • « J’ai souhaité passer un CQP moniteur de tir sportif, pour partager ma passion et mon expérience de compétiteur au service de l’encadrement de mon club. Ce diplôme m’a conforté dans la manière d’enseigner le tir sportif à différents publics, sur le plan pédagogique et relationnel. »
  • « Après plusieurs années de bénévolat au sein d’une école de tir, je souhaitais progresser et améliorer mes savoirs techniques. J’avais envie de passer de bénévole à professionnel pour pouvoir être rémunéré tout en partageant ma passion. »
  • « J’ai suivi cette formation CQP « Moniteur de Tir Sportif » avec beaucoup d’implication de manière à développer et enrichir mes connaissances tant sur le plan technique que pédagogique. »
  • « La formation CQP « Moniteur de Tir sportif », même si elle s’appuie pour partie sur le contenu de la formation initiateur permet d’aller plus loin, tant sur l’aspect des savoirs, de la technique que de la pédagogique. »
  • « La formation du CQP que j’ai effectué durant l’année 2020-2021 m’a permis de découvrir le champ de l’initiation et de la découverte du tir sportif. Grâce aux formateurs et à mon tuteur, j’ai appris tant sur la technique que sur la pédagogie, j’ai pu mieux identifier mes points forts et mes points faibles en tant que futur éducatrice. »

Ces témoignages soulignent l'importance de la formation continue et de l'acquisition de compétences spécifiques pour exercer efficacement les métiers liés au tir, que ce soit dans le domaine sportif ou au sein de la gendarmerie.

Le Fusilier Marin : Un Exemple de Parcours et de Formation

Le parcours du Maître Maxime, fusilier marin, illustre bien la diversité des missions et des opportunités offertes par la Marine nationale, et plus particulièrement par cette spécialité. Son témoignage met en lumière l'importance de la motivation, de la rusticité et de l'esprit de corps pour réussir dans ce métier exigeant.

Un rêve de gosse

Fils de skipper, le monde maritime n’était pas inconnu au MT Maxime. Intégrer la Marine nationale n’était donc pas anodin pour lui. « Ça a commencé un peu comme beaucoup, par des vidéos, des reportages. Ça a été le déclic lorsque j’ai vu ces militaires patrouiller sur un zodiac ». Cette envie s’est concrétisée lorsqu’il a eu l’occasion de faire son stage en 4e à l’école des fusiliers marins. « Un coup de bol » qui l’a convaincu que c’était sa voie.

Quinze jours après avoir passé son baccalauréat, « histoire d’avoir quand même un diplôme avant de m’engager », il était à l’école des fusiliers marins prêt à entamer ce métier qu’il avait découvert il y a longtemps. « Ce que j’aime dans ce métier c’est à la fois pouvoir être militaire embarqué mais aussi à terre, on est marin mais pas que ! ».

Une formation pas comme les autres

Rentré par la petite porte, comme il le dit lui-même, en 2012, il entame sa formation à Lorient en tant que quartier-maître de la flotte. C’est donc parti pour 4 mois à l’École des fusiliers marins pour Maxime, tout juste âgé de 18 ans. A cet âge, il se souvient avoir été marqué par la rusticité « c’est quelque chose auquel on n’est pas préparé quand on arrive du monde civil. On nous met dans les bois, avec quasiment rien et on mange très peu, on dort très peu ». Pendant ces 4 mois, beaucoup vont abandonner la formation. Pour réussir et devenir fusilier, il faut persister et avoir un bon mental. « C’est une spécialité dont chaque jour est différent. Un jour, on va faire une marche commando, on va aller se baigner dans une eau à sept degrés dans la cuve, le lendemain on va partir en marche topographique de nuit, dormir dehors, puis on va faire du zodiac. Une carrière de fusilier, elle peut être tellement diverse et variée.

La capacité à se remettre en question

« Il y a plein de moments où on se remet en question. Je pense que c’est humain ». Pendant sa formation, il y eu des moments de doutes et d’hésitations, jusqu’à essayer de se trouver une excuse pour partir. Mais il n’est jamais allé jusqu’au bout, n’est jamais passé à l’action comme ont pu le faire d’autres. Dans ces moments-là, « il faut réussir à se dire, bon, là j’en peux plus, mais les autres ont tout aussi froid que moi et même peut-être davantage ! » C’est dans ces moments-là, que l’on découvre pleinement la vie en collectivité, on crée des liens avec des personnes que l’on ne connaissait pas il y a quelques jours. « C’est justement cet esprit de corps qu’on va chercher chez les fusiliers. On ramasse ensemble, on participe aux activités physiques ensemble, on vit et on passe chaque étape ensemble ».

Le patron se souvient d’une anecdote qu’il a vécue lors d’une marche topographique aux côtés de son binôme, aujourd’hui devenu un très bon ami. C’était de nuit en forêt, les deux jeunes recrues étaient à la recherche d’une balise. « Cela faisait une heure et demi qu’on cherchait, au point où on a fini par allumer nos lumières. Un de leurs instructeurs, un second-maître ancien commando marine, qui les terrifiait tous à l’époque les a alors surpris en arrivant dans leurs dos. « Ok, là à trois cent mètres, vous êtes morts… Bande de boudin ! La balise, elle est là-bas ! », se souvient le MT Maxime. Malgré la terreur que leur inspirait cet ancien commando, l’instructeur FMC a alors trouvé très pédagogue la façon dont celui-ci les a guidés. Cette fameuse balise, au cœur de tous les soucis, était pile derrière un lac. « On s’est retrouvé tous les deux, pendant des heures dans le lac », se remémore en riant Maxime.

De la vie en unité jusqu’à son envie d’instruire à son tour

Pour sa première affectation en unité, le jeune Maxine s’est retrouvé sur le porte-avion Charles de Gaulle. Ses premiers pas en unité furent particuliers. Habitué à être à terre, à marcher et à dormir en forêt, à patauger dans la boue, c’était tout nouveau pour lui d’être sur un bateau. Malgré quelques difficultés au début, il a réussi à s’intégrer au bord, en s’intéressant, en tant que jeune matelot, aux différentes spécialités qui existent sur le porte-avion. Un peu plus d’un an après, il a fait une permutation pour se retrouver au groupement fusiliers marins de Toulon. A la suite de ces trois ans, il retourne à Lorient pour faire son BAT à la suite duquel il est affecté à Brest. Il a enchaîné diverses missions et est ensuite retourné l’École des fusiliers marins, non pas comme élève cette fois, mais comme instructeur. « J’ai pu voir l’envers du décor de l’instruction ». A l’issu de cette expérience, il part pour 6 mois au brevet supérieur dans le but de devenir chef de section. Un an après avoir été affecté à la compagnie des fusiliers marins de Lanvéoc, on lui propose le poste d’instructeur à l’École navale. « J’ai toujours adoré l’instruction et c’était un poste qui m’intéressait depuis longtemps.

Une spécialité qui vous envoie au bout du monde

Entre Djibouti, la Martinique, la Guyane ou encore Abou Dhabi, le maître Maxime a beaucoup voyagé pour diverses missions. Que ce soit pour des missions de protection ou pour la police des pêches, il en garde une expérience enrichissante. Il se souvient d’une journée qui aurait pu mal tourner en mission à l’étranger. Alors qu’il procédait à la garde de la base navale, une bagarre a éclaté devant l’entrée. Cette base faisait face à un palace, protégé par l’armée du pays. Un des militaires s’est d’ailleurs approché et a pris en joue l’attroupement. Malgré l’assourdissement et le désordre qui régnait, le fusilier a réussi à garder son sang-froid et à agir rapidement, réussissant à lui faire poser son arme. Le lendemain, devant son supérieur, on lui a demandé s’il aurait tiré. « « Oui, s’il avait ouvert le feu j’aurais tiré ». Coup de bol, il a appuyé sur la détente, mais par manque de formation, il a oublié de charger donc aucune balle n’est partie. Je l’ai vu ensuite raquer mais j’ai réagi avant lui ». En tant qu’instructeur, aujourd’hui il aime rappeler cette anecdote.

Vouloir évoluer

« Pour être fusiliers marin, il faut être prêt physiquement, être capable de courir, de nager, faire des pompes… » Le MT Maxime a eu une chance improbable. Il a rencontré un camarade classe, arrivé en terminale. Il avait tenté la formation, mais avait dû abandonner à cause d’une blessure. Malchance pour lui mais coup de chance pour Maxime. Il a ainsi pu recevoir de bons conseils. « Même si j’étais déjà en terminal, il n’y a pas besoin de s’y préparer six ans à l’avance. A partir du moment où on décide de faire un métier, que l’on est motivé, on peut commencer ».

Il faut vouloir également évoluer. Il a d’ailleurs le projet de poser le concours officier à l’École navale. Car après quelques années en tant qu’instructeur il a envie de faire évoluer la façon d’enseigner.

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