Le tir du Roy est bien plus qu'une simple compétition de tir à l'arc ; c'est une tradition séculaire, un héritage vivant qui traverse les âges et continue de fasciner les archers d'aujourd'hui. C'est certainement une des manifestations les plus anciennes de l'archerie. Elle perdure à travers des siècles. Cet article explore les origines, l'évolution et les coutumes associées à cette pratique emblématique.
Origines Médiévales et Rôle Militaire
Le Tir du Roy trouve ses racines au Moyen Âge, plus précisément au XVe siècle, où il était initialement connu sous le nom de "tir au Papegai". Cette tradition nait au XVème siècle où elle permettait de recruter des archers. En effet, le Moyen-Âge n’était pas une époque sûre et chaque alliance constituée avec le seigneur voisin pouvait être remise en cause à tout instant. Pour se protéger les seigneurs décident de constituer des milices bourgeoises. Ils décident donc d’organiser un concours de tir à l’arc. Ce concours entrainait permettait à son vainqueur d’acquérir de nombreux avantages que les villageois rêvaient d’obtenir et pour prétendre y participer il fallait être bon en tir à l’arc, et donc s’y entrainer. De nombreux villageois devinrent ainsi archers dans les milices bourgeoises.
À cette époque, le contexte social et politique était marqué par l'instabilité et la nécessité pour les seigneurs de se protéger. Les milices bourgeoises, composées d'habitants entraînés au maniement de l'arc, étaient essentielles pour assurer la défense des villes et des territoires. Le tir au Papegai servait alors de moyen de sélection et d'entraînement pour ces archers.
Ce tir consistait à toucher un oiseau positionné en haut d’un mat ou d'une tour. Partant en cortège de la maison du Roy de l’année précédente et suivant la bannière ou enseigne de la compagnie, les jeunes gens inscrits se rendaient au lieur du tir. Après que l’oiseau avait été abattu, le Roy du Papegay proclamait à haute voix le nom du vainqueur qui était à son tour acclamé Roy pour un an. Le premier dimanche de mai, le Roy du Papegay et ses officiers offraient un banquet à la jeunesse inscrite sur les rôles et des réjouissances avaient lieu.
L'Évolution de la Cible : Du Papegai à l'Oiseau de Bois
Si l'oiseau à une certaine époque était vivant, il fut vite remplacé par un oiseau de bois ou de carton. Nos ancêtres disposaient cet oiseau sur le haut d'une perche ou sur les branches d'un arbre. Cette pratique portait le nom de jeu du papegay, qui reste encore de nos jours très prisé dans le nord de la France et en Belgique. Papegay signifie perroquet. Celui qui abattait cet oiseau était honoré et déclaré Roy de la Compagnie. Il bénéficiait alors, de la part de la ville, des privilèges d'exemption de charges pour l'année en reconnaissance des actions de défense de la ville.
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D'un tir à la verticale (tir à la perche), le tir est devenu horizontal. Un oiseau de bois est posé sur un support et s'offre ainsi à l'habileté du tireur le plus chanceux.
Aujourd'hui, les compagnie ou club perpétuant ce rituel, ne pouvant pas toujours tirer l'oiseau en haut d'une perche de 30 mètres (raison de sécurité), effectuent ce tri à l'horizontale à une distance variant de 15 à 50 mètres selon l'organisateur.
L'oiseau présente aux archers un corps de 5 cm de hauteur sur 2.5 cm de largeur. Lorsqu'il est touché par une flèche, il doit porter l'impact de la flèche qui l'a touché. Dès que l'Oiseau est touché, le Capitaine (si ce n'est pas lui qui a fait tomber l'Oiseau) accompagné d'un officier va constater si le coup est bon. L’Oiseau doit être marqué nettement par la flèche, sans équivoque possible.
Déroulement du Tir du Roy: Tradition et Protocole
Aujourd’hui encore, le tir au Papegay est pratiqué dans certaines villes. Chaque candidat au titre de Roy tire un morceau de papier déterminant l’ordre de tir qui est donc aléatoire. L’oiseau peut être très rapidement touché, au bout de 3 archers seulement par exemple ce qui ne laisse pas d’opportunité aux suivants de tenter leur chance.
Le Tir du Roy est un concours annuel interne à chaque compagnie où les participants tirent chacun leur tour sur un oiseau en bois appelé Papegay ou Papegault et placé soit sur une perche d'une trentaine de mètres de haut, soit sur une cible à une distance de 50 mètres. La première personne à atteindre l'oiseau est déclaré Roy ou Reine de l'année, à condition que l'oiseau soit bien marqué, ce que va immédiatement vérifier le capitaine ou un autre officier alors que l'archer reste au pas de tir. Au nom de saint Sébastien, Martyr du jeu de l'arc, ce jeu noble et si franc auquel il n'y a aucune tromperie.Sire !
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Le roi doit confectionner lui-même l'oiseau pour le concours de l'année suivante. Les archers tirent une flèche l'un après l'autre, selon l'ordre établi par le capitaine, jusqu'à l'abat de l'oiseau.
Le Roy a le privilège d'être le seul à pouvoir passer sous la porte du Roy pour entrer sur le terrain de tir, il participe aux réunions du bureau de la compagnie avec voix consultative, s'il n'est pas déjà membre du dit bureau.
Le Roitelet: L'Avenir de la Tradition
Pour les jeunes archers, le tir se fait à partir d'une distance de 30 mètres ; celui qui arrive à "tirer" l'oiseau est appelé roitelet. Les jeunes archers ne tirent qu’à 30 m lors d’un tournoi parallèle ou organisé un autre jour, pour désigner le Roitelet qui pourra également participer au tir du Roitelet de France (depuis 2000).
Les Privilèges et Responsabilités du Roy
L’archer qui touche l’oiseau devient Roy et il a droit à certains privilèges (peu en club) et il est chargé d’organiser un événement où tous les archers sont invités (en remplacement du banquet donné à l’époque médiéval. Ensuite, le Roy prend possession des cadeaux que chacun avait apportés mais laisse le sien qu'il remettra en jeu pour le Prix du Roy dans un concours dont il déterminera les modalités.
Les Titres Honorifiques: Chevalier et Conétable
CHEVALIER Quelques rares archers peuvent être admis au titre de Chevalier (écharpe blanche) , s'ils font preuve de grande probité et de courtoisie après avoir prêté le serment traditionnel.
CONÉTABLE Une compagnie peut décerner le titre de Conétable (écharpe violette) à un mécène, archer ou non, qui se consacre particulièrement au bon fonctionnement de la compagnie.
ROY Est sacré Roy de l'année (écharpe rouge) l'archer vainqueur du Tir du Roy.
Le Tir du Roy à Travers les Époques: Une Tradition Vivante
Abat l'oiseau, ou aussi appelé le "tir du Roy", rituel remontant au Moyen-Âge est une tradition remarquable qui réussi à traverser les bouleversements historiques. Ce jeu était incité par les rois de France car en développant l'émulation entre les archers et arbalétriers (puis arquebusiers …), il permettait de maintenir partout la présence d'hommes habiles pouvant être utiles en cas de guerre. Chaque année, le Roi du Papegeai (perroqquet) bénéficiait de l'honneur et de la renommée mais aussi de privilèges fiscaux.
Organisé un peu avant Pâques ou le 1er mai, il se déroulait sur 2 jours. Une parade en ville le 30 avril présentait l'oiseau de bois appelé aussi "papegai". Le lendemain, les tireurs devaient faire choir l'oiseau placé en haut d'une perche, fixé à une tour ou sur un toit.
L'Importance de la Date et du Déroulement
La date : Initialement fixée le 1er mai ou le premier dimanche de mai, après décision de l’assemblée générale des Officiers et Chevaliers du dernier dimanche d’avril (17ème siècle), elle est préconisée courant mars, avril ou mai, après décision du jour et de la durée par l’assemblée de la Compagnie de janvier et indiquée par affiche (19ème siècle), puis de préférence avant le 1er mai, courant mars ou avril (20ème siècle).
Le jour du tir : Au 18ème siècle, les Officiers et Chevaliers, portant leur épée au côté et la médaille de Saint-Sébastien à la boutonnière, devaient se réunir dans la salle à l’heure précise indiquée, puis accompagner le drapeau jusqu’à l’endroit du tir, sous peine d’amende. Tous devaient s’être préalablement acquittés de leurs arriérés envers la compagnie. Au 19ème et 20ème siècle, il en va de même si ce n’est qu’il n’est plus fait mention de l’épée ni de la médaille, substituées par un uniforme et les insignes des grades. On note aussi l’apparition d’un tambour pour accompagner le drapeau. L’expression « Joyau du Roy » disparaît, seul reste le prix. Actuellement ces règles sont toujours appliquées.
Ainsi, on peut lire dans la Charte de la Chevalerie d’Arc de France3 : « Nul ne peut prendre part à ce tir s'il a conservé une dette envers sa Compagnie ou un grief envers ses camarades. Par ailleurs, il est d’usage de commencer la journée par un accueil chaleureux autour d’un café, chocolat chaud ou vin chaud, accompagné de brioches que le Roy de l’année précédente aura pris soin d’offrir. S’ensuit un salut aux buttes (lorsque c’est possible) accompagné d’un moment de silence drapeau baissé, partagé par tous les participants (archers et accompagnants).
L'Évolution de l'Oiseau: Matériaux et Dimensions
L’oiseau : 18ème siècle, il était « de bois et de la forme en usage dans chaque compagnie », posé sur deux pattes de bois sans utilisation de fer ni de laiton. Au 19ème siècle, sa taille est précisée, il devait être d’environ un pouce, sans relief des ailes ni des pattes. Il était placé devant le noir de la carte, collé par la queue sur une tige, sans fer ni laiton. Ces dimensions sont toujours actuelles : « L’oiseau est fiché au centre des cartes Beursault. La taille de la partie faisant face au tireur ne devra pas dépasser un pouce par deux pouces soit 26 mm de large et 52 mm de haut.
Le Tir du Roy: Un Patrimoine à Préserver
Au travers du "Petit Journal" publié par la commission Valeurs et Tradition de la FFTA, nous replongeons dans l'histoire du tir à l'arc et de ses traditions. Avec le Bouquet Provincial, l’abat l’oiseau est l’une des traditions à avoir traversé les siècles depuis le Moyen-Age, se transmettant de génération en génération d’archers jusqu’à nos jours.
Le jeu du papeguay (ou papaguay ou papegault), qu'on pourrait assez justement appeler le Tournoi de la bourgeoisie, remonte au commencement du XIVème siècle. C'était un tir à l'arc, à l'arbalète ou à l'arquebuse, dont le vainqueur prenait le titre de roi. Au moyen-âge, papegault signifiait perroquet. Un dérivatif du tir de l'oiseau est le tir du roi. Les archers tirent toujours sur un oiseau factice en bois mesurant 1 pouce sur 2, soit environ 2,5 cm sur 5,1 cm, depuis une distance de 50 mètres. Celui qui touche l'oiseau est le roi de sa compagnie pour une année.
Conclusion
Le Tir du Roy est bien plus qu'une simple compétition sportive ; c'est un rituel chargé d'histoire, de symbolisme et de valeurs. Il témoigne de la pérennité des traditions et de l'attachement des archers à leur patrimoine. En perpétuant cette pratique ancestrale, les compagnies d'arc contribuent à préserver un pan important de notre culture et à transmettre aux générations futures le goût de l'effort, de la précision et du respect des règles.
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