Le Pistolet Manufrance Le Français : Une Innovation Armurière Française

Le pistolet 6.35mm Manufrance Le Français est une réalisation emblématique dans l'histoire de l'armurerie française. Son héritage est intimement lié à la Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne, une entreprise dont l'histoire a commencé le 10 novembre 1887. C'est dans les ateliers de Saint-Étienne, un véritable creuset de l'innovation française, que le pistolet Le Français a vu le jour en 1912, aboutissant à un brevet déposé en 1913. Cette invention a marqué le début d'une production qui allait s'étendre sur plus de cinq décennies.

Étienne Mimard, cofondateur de Manufrance avec Pierre Blachon, est l'architecte principal de cette arme. La société, acquise initialement pour 50 000 pièces-or, a prospéré sous leur direction, employant jusqu'à 2 000 personnes dès 1905. Le pistolet semi-automatique 'Le Français' en calibre 6.35mm, créé par Étienne Mimard, est un modèle emblématique de la production Manufrance.

Conception et Caractéristiques Techniques

Le pistolet 'Le Français' fonctionne grâce à un système à culasse non calée associé à une double action. Le modèle de poche se distingue par ses dimensions compactes de 11 x 8 cm, avec un canon de 6 cm et un poids variant entre 300 et 340 grammes selon les versions. Il est doté d'un chargeur d'une capacité de 7 cartouches.

Le calibre 6.35mm (.25 ACP) est décliné en trois versions distinctes :

  • Le modèle Policeman : Il possède un canon allongé de 8,4 cm pour une longueur totale de 15 cm, avec un poids oscillant entre 350 et 410 grammes.
  • La version Français-Champion : Conçue pour le tir sportif entre 1929 et 1934, elle se caractérise par un canon de 15 cm et une longueur totale de 24 cm.

Évolution et Modifications Techniques

L'histoire des brevets du pistolet semi-automatique LeFrançais commence en 1913 sous l'impulsion d'Étienne Mimard. Cette arme de fabrication française, produite à Saint-Étienne, représente une innovation majeure dans l'industrie armurière nationale.

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Le pistolet LeFrançais a subi plusieurs modifications techniques au fil du temps. Une première évolution notable intervient en 1924 avec une modification de la forme de la poignée sur le modèle de poche. Le système de double action et la culasse non-calée constituent des caractéristiques techniques distinctives.

La gamme LeFrançais s'est déclinée en plusieurs modèles. Le modèle de poche en 6,35 mm se distingue par ses dimensions réduites de 11 x 8 cm et son canon de 6 cm. Le Policeman, version plus imposante, mesure 15 x 8 cm avec un canon de 8,4 cm. Le Français-Champion, conçu pour le tir sportif entre 1929 et 1934, arbore des dimensions de 24 x 11 cm avec un canon de 15 cm. La version en calibre 7,65 Browning, produite de 1950 à 1969, totalise 10 000 exemplaires.

Production et Commercialisation

La fabrication du pistolet 6-35mm Manufrance Le Français représente une réussite industrielle française. La production du pistolet Le Français s'étend sur une période significative, de 1913 à 1969. Le modèle en calibre 6.35mm existe en plusieurs versions : le modèle de poche avec une production massive, le Policeman destiné aux forces de l'ordre, et le Français-Champion pour le tir sportif commercialisé de 1929 à 1934. Le modèle 7.65 Browning atteint 10 000 exemplaires entre 1950 et 1969.

La commercialisation du pistolet Le Français s'organise principalement via le réseau de vente par correspondance de Manufrance. L'entreprise stéphanoise, fondée en 1887, développe une stratégie de distribution nationale avec l'ouverture de son premier magasin parisien en 1892. Le pistolet trouve sa clientèle auprès des civils et des polices municipales françaises. La marque atteint son apogée en 1973 avec 64 magasins et 30 000 références au catalogue.

Le Français Type Armée et Champion

Le « Type Armée » est une version agrandie du modèle « de poche » commercialisé depuis 1913 par la manufacture d’armes et cycles de Saint-Étienne. Cette vieille maison avait tenté entre les deux guerres de mettre au point une version de gros calibre de son modèle de poche, tout en conservant son principe de fonctionnement à culasse non calée. Pour ce faire, elle avait choisi de chambrer l’arme pour la cartouche de 9 mm Browning long, qui permettait ce type de fonctionnement.

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A une époque où l’armée française envisageait d’adopter un pistolet semi-automatique en remplacement du revolver modèle 1892 et des multiples pistolets et revolvers achetés en Espagne pendant la Grande Guerre, la manufacture d’armes et cycles de Saint-Étienne avait tenté de faire adopter son pistolet « Type Armée ». Malheureusement, l’armée avait décidé entre-temps d’abandonner le calibre 9 mm au profit du 7,65 mm long.

Pour séduire les particuliers, désormais seuls susceptibles d’acheter son arme, la manufacture de Saint-Etienne tenta de moderniser la ligne de son pistolet en le dotant à partir de 1931 d’un canon allégé par des cannelures.

Le PA « Le Français Type champion » représente une autre tentative de la manufacture d’arme set cycles de Saint Étienne pour élargir la gamme de ses pistolets « Le Français » avec un modèle destiné au tir de compétition, doté d’un canon allongé à 150 mm chambré en 6,35 mm ou en 22 long rifle et d’une platine permettant le tir en simple action, sous réserve d’armer le percuteur à la main.

Le pistolet fonctionne comme un semi-automatique normal avec un chargeur de 8 coups dans la version en calibre 6,35. Il ne fonctionne plus que comme pistolet à un coup, lorsqu’il est monté avec le canon de calibre .22 LR. L’arme ne connut aucun succès commercial et sa fabrication, commencée en 1926, fut arrêtée très rapidement.

Le « Type Armée », comme le « Type Champion » sont deux pistolets au mécanisme aujourd’hui dépassé, fabriqués en très petite quantité et dont seulement un nombre réduit a survécu jusqu’à aujourd’hui.

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Le Pistolet Le Français sur le Marché de la Collection

Le pistolet semi-automatique Le Français, emblématique de la production Manufrance, représente une pièce recherchée sur le marché des armes de collection. Fabriqué de 1913 à 1969, ce modèle incarne l'excellence du savoir-faire de Saint-Étienne. Un exemplaire du modèle de poche en calibre 6.35mm se négocie aujourd'hui aux alentours de 320 euros, selon les cotations actuelles. Les versions Policeman et Français-Champion, plus rares, atteignent des valeurs supérieures sur le marché des collectionneurs.

La présence de la boîte d'origine augmente significativement la valeur de l'arme. L'état de conservation constitue le premier critère d'évaluation. Les traces d'utilisation modérées, typiques des exemplaires disponibles, affectent modérément la valeur. Le type de modèle impacte directement l'estimation : le Français-Champion destiné au tir sportif ou la version Type Armée en 9mm Browning Long, limitée à 4 000 exemplaires, commandent des prix plus élevés.

L'Héritage de Manufrance

Le pistolet Manufrance 'Le Français' symbolise l'excellence industrielle française du XXe siècle. Conçu en 1912 par Étienne Mimard, ce pistolet semi-automatique s'inscrit dans la tradition des armes de qualité produites à Saint-Étienne. La Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne représente une réussite entrepreneuriale majeure. Le pistolet 'Le Français' illustre la capacité d'innovation de l'entreprise, notamment avec son système en double action. Les différentes versions - modèle de poche, Policeman, Français-Champion - attestent de la diversité des réponses aux besoins du marché.

Les pistolets Manufrance 'Le Français' sont recherchés par les passionnés d'armes anciennes. Ces pièces, classées en catégorie B1, nécessitent des autorisations spécifiques pour leur acquisition. Les modèles conservés, particulièrement ceux dans leur boîte d'origine, témoignent du savoir-faire de l'armurerie française.

Analyse Technique Approfondie

La carcasse nue du pistolet est en acier, entrant dans un bloc aux dimensions de 146 mm x 96,5 mm x 15 mm (sans les tenons de guidage de la culasse inclus à l’éjecteur), ou 17,9 mm (en incluant les tenons). Le logement de la queue de détente est usiné sur la face gauche de la carcasse. L’éjecteur est une pièce rapportée, maintenue en place par deux goupilles serties.

La culasse est guidée à l’avant par le canon et à l’arrière par deux petites “oreilles” de l’éjecteur, qui empêchent la culasse de se relever. Les bras relais de ressort récupérateur prennent place sur la carcasse dans deux alésages prévus à cet effet. Deux petits cylindres sont sertis sur la carcasse, servant de butées aux bras relais du ressort récupérateur.

Sur la face gauche, un usinage important de la carcasse forme la portée de la gâchette. Cette surface détermine la position verticale de cette dernière. La gâchette et la queue de détente ne faisant qu’une seule pièce, le tir est commandé par l’action du doigt du tireur. Au même endroit, mais sur la face droite de la carcasse, se trouve la butée de la gâchette.

L’axe de canon, également en acier, est amovible, permettant le retrait du canon de la carcasse. La tête de l’axe de canon se verrouille sur un pion porté par la carcasse. L’axe de rotation a un diamètre de 4,5 mm. Le ressort et poussoir de relevage du canon sont positionnés à l’avant de la carcasse dans un logement prévu à cet effet. La longueur dépliée est de 13 mm et le diamètre extérieur du ressort est de 6 mm.

La queue de détente est une pièce complexe en acier, possiblement formée de plusieurs pièces soudées. Il est important de noter que cette arme ne possède pas de barrette séparatrice, un dispositif qui empêche le tir en rafale sur les pistolets automatiques. Une petite roue limite les frottements entre la queue de détente et la carcasse.

Le ressort de queue de détente et la tige guide de ressort de queue de détente ramènent la queue de détente sur sa butée avant et sur le dessus de son rail de guidage. Les dimensions du ressort déplié sont de 57 mm, avec un diamètre externe de 5 mm et une extrémité évasée mesurant 5,5 mm.

Le ressort récupérateur est particulièrement dur. Monté sur sa pièce support, il est difficilement compressible à la main. Le diamètre extérieur du ressort est de 8,4 mm. La tige guide du ressort récupérateur, en acier, maintient l’ensemble assemblé. Un trou existe sur le noyau de la tige guide (près de l’entrée du chargeur), permettant d’y glisser une goupille ou autre, comprimant légèrement le ressort et facilitant ainsi la remontée de la culasse.

Le support du ressort récupérateur, en acier, coulisse dans un logement prévu à cet effet à l’avant du logement du chargeur. Il est usiné de sorte que deux petites oreilles sont présentes de chaque côté. Les bras relais de ressort récupérateur, au nombre de deux, sont également en acier.

Le ressort de clé de démontage a deux fonctions principales : maintenir la clé de démontage dans son logement et verrouiller le canon en position basse. La clé de démontage, en acier, verrouille le canon tant que le chargeur est engagé. Une fois le chargeur désengagé de son logement de quelques centimètres, la clé de démontage pivote sous l’effet du ressort de clé de démontage et libère le canon, permettant à ce dernier de se relever.

Le canon, monté sur la carcasse, mesure 83 mm de longueur et a un diamètre de corps de 12,5 mm. Le bourrelet de la cartouche ne dépasse pas de la face arrière du canon, mais est en retrait de 0,3 mm (une côte pouvant varier selon le fabricant de la cartouche). Deux excroissances existent sous le canon : une à l’avant servant de pivot au canon (largeur de 7,3 mm) et une chambre entourée sur le dessus d’un renfort (diamètre de 17 mm). Le guidon est taillé dans le canon.

La culasse nue, en acier, a un bloc capable de 127,8 mm x 24,9 mm x 22,5 mm. Le logement du percuteur est une succession de forages de divers diamètres, comprenant un canal de percuteur, un logement pour le ressort de rebondissement, un logement pour le ressort de percussion et un logement pour le bouchon arrière. On retrouve en dessous de la culasse les rails de guidage de la culasse. Il est à noter l’absence de sécurité de percuteur, ce qui est compréhensible pour une arme ancienne, mais soulève la question de sa nécessité sur une arme utilisant ce principe de percussion et de détente.

Une butée est aménagée à l’avant de la culasse, servant de surface de contact avec la carcasse. La face arrière de la culasse est conçue pour recevoir le bouchon arrière de la culasse.

Le bouchon arrière, en acier, permet un démontage rapide du percuteur et de ses ressorts, facilitant ainsi l’entretien.

Le ressort de percussion a une longueur dépliée de 53 mm et un diamètre extérieur de 6,7 mm. Le percuteur, en acier, mesure 68 mm de longueur.

Le ressort de rebondissement du percuteur a pour fonction d’empêcher la pointe du percuteur de faire saillie en permanence dans la cuvette de tir. Il plaque également le percuteur en arrière, permettant à la gâchette de le saisir toujours au même endroit. En l’absence de ce ressort, le percuteur ne pourrait être saisi par la gâchette car il se trouverait trop en avant. La longueur du ressort est de 23 mm et son diamètre extérieur est de 4,9 mm.

L’extracteur, son ressort et son axe sont en acier. L’extracteur est obtenu dans une tôle de 2,5 mm d’épaisseur. L’axe d’extracteur a deux diamètres, il est évasé, avec une partie inférieure d’un diamètre de 1,6 mm.

La hausse, en acier, est montée par queue d’aronde sur le corps de la culasse. La largeur du cran de hausse est de 1,6 mm.

Le système de détente est une des parties les plus intéressantes de cette arme. La gâchette et la queue de détente ne font qu’une seule et même pièce. Bien que le tireur comprime le ressort de percussion en pressant la queue de détente, le poids du départ n’est pas insurmontable. Le départ devient plus dur lorsque la gâchette atteint le pan incliné qui la forcera à s’abaisser et à libérer le percuteur.

Le cycle de percussion se déroule comme suit : le servant presse la queue de détente. Dans une première phase, la gâchette longe la portée parallèle au-dessus de la carcasse, conservant sa hauteur initiale. Dans une seconde phase, à la fin de la première course, la gâchette rencontre un pan incliné vers le bas.

Sur le pistolet Le Français en 7,65 mm, le verrou du chargeur est porté par le chargeur lui-même. Le profil du corps de chargeur mesure 10,7 mm x 27 mm. L’élévateur de cartouche est en acier estampé. Le ressort a une longueur dépliée de 167 mm et un profil extérieur de 22,3 mm x 7,5 mm.

Déclin et Héritage

Le pistolet Le Français a connu un déclin en raison de la concurrence de modèles plus modernes et du durcissement de la législation sur les armes de poing. La production a cessé en 1969.

Cependant, le pistolet Le Français reste une référence, un jalon dans l'évolution des pistolets modernes. Manufrance était un manufacturier avec un "truc" particulier : toutes les armes de ce constructeur ont une conception optimisée et minimaliste, mais terriblement efficace. Le nombre de pièces est minoré, les aciers et traitements thermiques sont bons, et les finitions sont simples mais de grande qualité.

Le pistolet Le Français est une arme très bien conçue, qui a inspiré des modèles ultérieurs comme le Beretta. Il est intéressant de noter que Beretta a repris le principe de ressort récupérateur porté par la poignée pistolet et le canon basculant, mais pas le principe de percussion et de détente.

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