Le genre western spaghetti, avec ses codes et son esthétique particulière, a marqué l'histoire du cinéma. Parmi les nombreuses œuvres produites, certaines, moins connues, méritent d'être redécouvertes. C'est le cas d' Un Homme, un Cheval et un Pistolet, un film qui s'inscrit dans la lignée des westerns italiens, avec son lot de violence, de personnages atypiques et de paysages arides. Ce film réalisé par Luigi Vanzi, sorti en 1970, est le second volet d'une trilogie centrée autour du personnage de l'Étranger.
Synopsis : Vengeance et Or dans l'Ouest Sauvage
L'histoire se déroule dans l'Ouest américain, où un gang de desperados, dirigé par un tueur à gages redoutable, prépare un coup audacieux : l'attaque d'une diligence particulière, réputée être faite d'or. L'enjeu n'est pas le contenu de la diligence, mais la diligence elle-même, objet de convoitise et de légende. Un étranger solitaire, motivé par la justice et la vengeance, se dresse sur leur chemin. Malheureusement pour lui, il est capturé par les bandits et laissé pour mort dans le désert. Cependant, doté d'une grande ingéniosité, il survit et jure de se venger.
Un Héros Entre Cynisme et Désinvolture
Le personnage principal, l'Étranger, interprété par Tony Anthony, est un archétype du western spaghetti. Il oscille entre le cynisme froid d'un Homme sans nom à la Clint Eastwood et la désinvolture d'un Trinita. As de la gâchette, capable de viser dans des positions improbables, il est paradoxalement incapable de se rouler une cigarette. Tony Anthony s’implique davantage puisqu’il est à l’origine du canevas du scénario. De fait, le personnage de l’Etranger gagne en épaisseur dans cette suite. Anthony a ainsi créé une sorte d’hybride entre le cynisme de l’homme sans nom et la désinvolture de celui que l’on appellera Trinita trois ans plus tard. S’il demeure un as de la gâchette, le personnage parvient à viser dans les positions les plus improbables, alors qu’il est par ailleurs incapable de se rouler une cigarette.
Un Casting Solide Malgré Quelques Lacunes
Si le casting manque un peu de charisme, il est tout de même dommage que ce western spaghetti soit si méconnu car la réalisation de Luigi Vanzi ne manque pas de rythme et de panache, la musique est très belle et l'histoire est bien agréable à suivre.
Tony Anthony (né Roger Pettito), acteur américain ayant fait une petite carrière dans le western en Europe, incarne l'Étranger. Son jeu, parfois jugé limité, rappelle un mélange entre Serge Reggiani et Mister Bean. Dan Vadis remplace Klaus Kinski, initialement prévu pour incarner l'antagoniste, et Marco Guglielmi campe un prédicateur roublard de manière convaincante. Malheureusement, le film manque d'un personnage féminin aussi marquant que celui interprété dans le premier volet de la trilogie.
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Réalisation et Esthétique : Entre Minimalisme et Idées Délirantes
La réalisation de Luigi Vanzi est efficace, avec un rythme soutenu et des scènes d'action bien chorégraphiées. La photographie de Marcello Masciocchi est particulièrement réussie, notamment lors des scènes au coucher du soleil et des scènes nocturnes. Le film bénéficie également d'une superbe musique de Stelvio Cipriani, qui contribue grandement à son atmosphère.
Si le minimalisme maîtrisé du premier volet est toujours de mise, certaines idées délirantes préfigurent Pendez-le par les pieds. A titre d’exemple, l’Etranger fait une apparition fracassante dès l’ouverture, muni d’une ombrelle rose. On apprécie également l’idée de la diligence en or, mais il est difficile de savoir si elle provient de Joe l’implacable d’Antonio Margheriti, sorti la même année, où s’il s’agit d’une trouvaille inédite. Enfin, lors du massacre final, l’Etranger s’interrompt pour partager un repas avec un des bandits avant de l’éliminer froidement. A ce propos, les scènes d’action sont très efficaces. L’Etranger est désormais muni de son arme fétiche, un fusil à quatre canons dont la puissance de tir engendre une violence graphique particulièrement jouissive. Le film bénéficie ainsi de cadrages efficaces. Vanzi sait où placer sa caméra et n’use pas d’artifices comme des zooms intempestifs ou de grands mouvements de caméra pour éblouir le spectateur.
Un Scénario Classique Mais Efficace
Le scénario, bien que suivant un schéma assez classique, réserve quelques surprises et retournements. Cependant, l'histoire peine parfois à se mettre en route, et le rythme peut sembler un peu lent. Le budget limité du film, bien que plus conséquent que celui du premier volet, a contraint le tournage à ne pas se dérouler en Espagne, privant le film de paysages plus spectaculaires. Tout d’abord, on pourra lui reprocher le fait de suivre de manière trop prévisible le même schéma que celui d’Un dollar entre les dents. Ensuite, l’histoire peine à se mettre en route et le film souffre d’un rythme un peu trop lent. Il faut dire que le budget, bien que plus conséquent pour ce volet (car bénéficiant désormais de capitaux ouest-allemands) demeure limité. Si les décors sont plus variés, le film n’a pas pu être tourné en Espagne et les paysages ne sont à nouveau pas spectaculaires.
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