Introduction
La position de tir est un élément fondamental dans le domaine du tir sportif et tactique. Elle influence directement la précision, la stabilité et la rapidité du tireur. Parmi les différentes techniques existantes, la position de tir Chapman occupe une place de choix, notamment dans le Tir Sportif de Vitesse (TSV). Cet article explore en profondeur cette technique, en abordant son origine, ses principes, ses avantages et ses applications dans divers contextes.
Origines et Développement de la Position Chapman
La position Chapman est une variante de la position Weaver, popularisée par le colonel Jeff Cooper des US Marine Corps, qui l'enseigna dans son ranch de Gun Site en Arizona. Elle tire son nom de Ray Chapman, un compétiteur de tir sportif qui a contribué à son développement et à sa popularisation. Cette position s'inscrit dans l'évolution des techniques de tir de combat, adaptées aux exigences du TSV et des situations tactiques.
Jeff Coopper et Ray Chapman se sont inspirés des techniques de tir du Shériff Jack Weaver, le père de la célèbre position de départ du tir de combat à deux mains, ils ont crée et développé un véritable sport. Comme disait ce dernier, « le Bon Dieu nous a donné deux mains, c'est pour s'en servir ! »
Principes Fondamentaux de la Position Chapman
La position Chapman repose sur plusieurs principes clés :
- Orientation du corps : Le corps est positionné à un angle d'environ 35 degrés par rapport à la cible, ce qui permet de réduire la surface exposée tout en offrant une bonne stabilité.
- Position des bras : Le bras faible est légèrement plié, tandis que le bras fort est tendu (sans exagération). Cette configuration permet d'absorber le recul de l'arme et de maintenir une visée stable.
- Position des jambes : À l’inverse de la position Ayoob, c’est la jambe forte qui est en arrière.
- La tête légèrement penchée vers le bras fort peut prendre la visée.
Avantages de la Position Chapman
La position Chapman offre plusieurs avantages significatifs :
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- Stabilité : La répartition du poids et l'engagement des muscles du corps contribuent à une excellente stabilité, ce qui est essentiel pour un tir précis, même avec des calibres puissants.
- Absorption du recul : La position des bras permet d'absorber efficacement le recul de l'arme, ce qui facilite le maintien de la visée entre les tirs.
- Rapidité : La position Chapman favorise une transition rapide entre les cibles et permet des mouvements fluides, ce qui est crucial dans le TSV et les situations de combat.
Applications de la Position Chapman
La position Chapman est largement utilisée dans divers domaines :
- Tir Sportif de Vitesse (TSV) : De nombreux compétiteurs de TSV adoptent cette position pour sa stabilité, sa rapidité et son efficacité dans les parcours dynamiques.
- Forces de l'ordre et militaires : La position Chapman est également enseignée aux forces de l'ordre et aux militaires pour son adaptabilité aux situations de combat et sa capacité à gérer le recul des armes de poing.
- Autodéfense : Les civils pratiquant l'autodéfense peuvent également bénéficier de cette position pour sa stabilité et sa capacité à délivrer des tirs précis dans des situations stressantes.
Variantes et Adaptations
Bien que la position Chapman ait des principes fondamentaux, elle peut être adaptée en fonction des préférences du tireur et des exigences de la situation. Certaines variantes incluent :
- Ajustement de l'angle du corps : L'angle du corps par rapport à la cible peut être modifié pour optimiser le confort et la stabilité du tireur.
- Position des pieds : La position des pieds peut être ajustée pour améliorer l'équilibre et la mobilité.
- Tension musculaire : La tension musculaire dans les bras et les épaules peut être modulée pour optimiser l'absorption du recul et la stabilité de la visée.
La position Chapman et le Tir Sportif de Vitesse (TSV)
Le T.S.V. est une discipline de tir née aux États-Unis, créée notamment par le Colonel du Corps des Marines Jeff Coopper et par Ray Chapman. Aujourd'hui, elle est fédérée au niveau international au sein de l'International Practical Shooting Confederation (I.P.S.C.).
En T.S.V. (I.P.S.C.), les commandements se donnent en anglais, langue officielle et exclusive. Mais ils restent au nombre limité d'une douzaine, faciles à retenir même lorsque l'on n'est pas bilingue.
Cinq divisions regroupant les armes de poing sont prévues au sein de l'I.P.S.C.. Enfin, si le pistolet semi-automatique est l'arme reine, le revolver n'est toutefois pas complètement oublié des adeptes du T.S.V., une catégorie lui étant réservée.
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La précision est jugée par les impacts demandés (en général 2) sur la cible papier, zonée, ou sur les cibles métalliques appelées poppers que l'on doit faire tomber. Popper debout et au point manqué s'ajoutent des pénalités.
La puissance est jugée au travers des calibres utilisés, dits majeurs : le .45 ACP, le .40 S&W, le 10 mm Auto, etc.
Bien sûr, le casque et les lunettes de tir sont OBLIGATOIRES (sur-lunettes pour les porteurs de lunettes correctrices).
Le T.S.V. ne peut se pratiquer à l'entraînement que sous l'encadrement d'un moniteur T.S.V..
Les tireurs qui souhaitent pratiquer le T.S.V. se doivent d'être soucieux de sécurité, rigoureux, motivés, disponibles et désireux de pratiquer la compétition. Chaque tireur est soumis à l'obligation réglementaire de pratiquer la compétition.
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Il ne peut s'agir de participer à des entraînements uniquement pour s'amuser: le T.S.V.
Autres positions de tir
Selon les circonstances, la position de tir du : policier - gendarme - garde du corps - convoyeur de fonds - transporteur de valeurs - militaire - compétiteur - tueur à gage ou non s’apparente à différentes méthodes de tir.
Le policier amené à riposter pour sauver sa vie va instinctivement se ramasser pour réduire sa surface exposée aux tirs et se devra à réagir vite, très vite.
Pour l'officier de sécurité qui doit faire bouclier de son corps et retenir fermement son client ou le canaliser à l’aide de son bras faible, la seule position de tir acceptable reste une positon haute bien campée sur les jambes et à une seule main.
Le tir à une seule main peut aussi s'imposer au transporteur de fonds ou au convoyeur de valeur qui tient à la main une mallette, à l'officier de sécurité porteur du triptyque (bouclier kevlar dépliable) et au tireur blessé à un bras ou une main. La position de base du tir à une main s’apparente à la position Fairbairn. L’originalité de cette position pour l’époque (1920), était de n’utiliser que la main forte, bras tendu à hauteur de l'œil, laissant le bras faible disponible. Charles Askins allait la développer durant la deuxième guerre, et à partir de 1942, le colonel Rex Applegate (qui deviendra plus tard le garde du corps du président Roosevelt) formera les hommes de l’OSS (Official Strategic Services, l'ancêtre de la CIA) à cette position.
En cas d’une menace surgissant dans le dos de l'autorité, l’officier de sécurité qui se tient légèrement sur le côté et l’arrière droit (épaulette) de celle-ci, le saisit au col de la main gauche, effectue un pivot vers l’extérieur de manière à venir se retrouver dos à dos avec l'autorité, la main droite tenant l’arme. Cette position de tir se doit être maîtrisée par tout officier de sécurité. À noter qu'elle permet un engagement dans un secteur de 180°, environ, et qu'elle se transforme en position de tir à bras franc lorsque les épaules sont alignées avec le bassin. Elle pourra être aussi utilisée dans sa forme originale par un policier qui désire « figer » un individu. Pour ce faire, il le désigne de son bras faible pour qu’il n’y ait pas de doute sur la personne concernée, et la « marque ». Cette position peut se combiner avec la positon que Massad Ayoob appelle « punch », légèrement modifiée. Le tireur est toujours bien campé sur ses jambes, mais la position est dérivée du karaté. L’arme est puissamment projetée vers l’avant pendant que le poing de la main faible vient contre la poitrine, comme dans un « tsuki » (shotokan). Cette position sera plus naturelle à un karatéka qu'à un pratiquant du noble art.
BODYGUARD STANCE : cette position ne s’applique que si le défenseur armé est au contact de l’agresseur. L’arme est tenue contre la hanche forte pour en éviter sa saisie, le corps légèrement de profil et jambe forte en arrière. La paume de la main gauche (pour un droitier) est violemment projetée dans le visage de l'agresseur. Si le tir s’impose, le tir est délivré lors de la frappe, et le tireur fait un « step back » afin de se tenir à distance, se mettre hors de saisie, et si nécessaire doubler le tir. Une variante de cette position peut être utilisée pour dégager un importun qui s'interpose entre le tireur et l'adversaire. Là encore, selon la position de départ, il peut y avoir des variantes.
POSITION DE CÔTÉ : dans un lieu très encombré, dans un espace très réduit, le défenseur dispose d'insuffisamment de place ou d'espace pour délivrer un tir latéral, ou pour surprendre la victime. Le tireur adopte la position des « enfants sages », bras croisés. Le poignet droit venant se placer au creux du coude gauche, l’avant bras droit soutenant le bras armé, la main gauche en cuillère placée sous le coude droit. L’arme (position one, chargée et armée) est dirigée sur le côté gauche (pour un droitier). Par la simple rotation du corps, on peut engager une cible dans une zone d’environ 70°. La partie supérieure du bras gauche reste dans le prolongement du corps pour protéger le flanc, certains gilets pare-balles n'offrent quasiment aucune protection costale !
LE CROUCH : position de riposte popularisée par le lieutenant Mac Gee en 1974 qui a été adoptée par de nombreux policiers. Lorsqu’un coup de feu retentit, toute personne a tendance à se tasser sur elle-même pour réduire sa surface exposée. Le tireur se tasse à la verticale en écartant une jambe, ce qui lui permet de se retrouver dans la position d’un cavalier sans monture. Il faut impérativement garder les genoux à l’intérieur (important en cas de chute). Cela faisant, on abaisse son centre de gravité, augmente sa stabilité et réduit sa silhouette. En tir de riposte à courte distance, le tireur n’aligne pas l’arme à hauteur des yeux. Pour une distance moyenne, le tireur peut prendre sa ligne de vissée pendant qu’il pousse et monte son arme. Si le tireur maîtrise le tir à genoux, rien ne s’oppose à passer d’une position à l’autre pour engager sur les côtés (raison des genoux en dedans).
POSITIONS A GENOUX : cette position réduit encore plus la surface exposée, permet un tir plus précis, et de couvrir l'autorité dans un coin. Le tireur se doit de privilégier la position à genoux isocèle. Le genou fort est au sol à la hauteur du talon de l’autre pied (sans s'asseoir dessus), le corps de face (Ne pas être assis facilite les déplacements à genoux comme dans l’aïkido). Le tireur peut enchaîner, un « crouch » et se remettre à genoux de l’autre côté pour engager sur 180°. Cette position est moins verrouillée que la Weaver à genoux (assis sur la cheville, corps de biais, coude gauche appuyé sur le genou droit) qui offre une surface plus exposée. Se soyons pas dogmatique, rien ne s’oppose à un enchaînement de positions. Il suffit en partant de la position à genoux isocèle de s'asseoir sur le talon (ce qui nécessitera plus de temps pour se relever). Pour mettre un genou « en terre », il y a plusieurs méthodes. Reculer et plier progressivement la jambe droite pendant le fléchissement de la gauche. Aucune main ne vient se poser sur le sol.
POSITION ASSISE : position qui permet en cas d’abri restreint, de protéger un tiers. La maîtrise consiste à s'asseoir rapidement sur les fesses, les deux jambes ramenées vers l'entre jambe protègent une partie du thorax, les deux coudes ou avant-bras reposant sur les genoux, l’arme alignée avec les yeux de façon à former un triangle stabilisateur. La position permet un tir ajusté jusqu’à une cinquantaine de mètres. Là encore, certains tireurs mettent une main au sol pour prendre cette position. Espérons pour eux qu’il n’y a pas d’excréments dans le coin. Il faut fléchir au maximum sur les genoux, le corps restant bien droit afin de conserver sa stabilité sans rompre le centre de gravité, et venir poser les fesses au sol.
LA GRENOUILLE CREVÉE : position dérivée de la précédente. Elle sera prise par le défenseur surpris par une attaque soudaine, par exemple une porte qui s’ouvre sur un homme armé (un APR abattu n’est plus d’aucune utilité dans le dispositif, et si celui-ci a pourtant intégré l’éventualité d’être touché, cela n'en fait pas pour autant un kamikaze). Pour l’adopter, il faut faire le cobra, technique de penchak silat (Maître Charles Joussot). Vous croisez les deux jambes rapidement au niveau des chevilles, et vous descendez (toujours à la verticale) pour venir poser vos fesses au sol. Vous vous allongez ensuite sur le dos (les omoplates doivent bloquer le mouvement vers l’arrière) en ouvrant les cuisses sans décroiser les chevilles. Ainsi allongé sur le dos, les deux bras tendus tenant l’arme au niveau de l’entrejambe, vous pouvez riposter. Cette technique peut se révéler utile après une chute sur le dos ou pour l'enchaîner derrière un « crouch ». Vous devez être capable de vous relever de la même façon, c’est-à-dire sans décroiser les jambes. L'autre avantage de cette position, sa rapidité pour engager un tir sur l'arrière à 180° ! De la position verticale, vous faites un pivot vers l'arrière sans déplacer les pieds, ce qui a pour résultat de croiser vos jambes naturellement.
TIR COUCHÉ : technique utile pour votre défense personnelle ou pour couvrir un tiers lors d’un placage au sol ou d’une « tortue » (plusieurs APR s'allongent sur l'autorité). Optez de préférence pour un repli de terrain (un simple caniveau fera l’affaire). Cette position permet un tir ajusté à une cinquantaine de mètres et réduit considérablement la surface exposée aux tirs adverses. La position allongée sur le ventre, cou redressé, est très inconfortable pour les vertèbres et la respiration. Lui préférer la position de Ray Chapman (champion IPSC) qui ressemble un peu à la position du tireur couché au fusil. Le corps repose de profil sur le côté fort, les deux bras tendus vers l’avant, l’arme ne touchant pas le sol. La jambe gauche est pliée et le cou de pieds vient se placer dans le creux poplité du genou droit (pour les gauchers, il faut inverser les mouvements décrits). Là aussi, n’allez pas mettre une main au sol pour vous y aplatir ! Je sais, ils sont nombreux à le faire, mais vous devez par la maîtrise des chutes apprendre à vaincre cette appréhension du contact avec le sol. Pliez les genoux, tassez-vous et portez l’épaule droite au sol. Rien de plus simple, et ce qui ne gâche rien, plus rapide. Cette position peut aussi venir s’imposer par la prise de la position de la « grenouille crevée » qu’une chute sur l’avant vient compromettre. En combat, vous pouvez déverrouiller votre jambe et rouler sur un côté ou sur l’autre pour vous déplacer.
Entraînement et Perfectionnement
La maîtrise de la position Chapman nécessite un entraînement régulier et méthodique. Voici quelques conseils pour perfectionner cette technique :
- Entraînement à sec : Pratiquez la position Chapman à sec, sans munitions, pour vous familiariser avec les mouvements et les sensations.
- Exercices de stabilité : Effectuez des exercices de stabilité pour renforcer les muscles du corps et améliorer votre équilibre.
- Tir réel : Entraînez-vous au tir réel avec un moniteur qualifié pour affiner votre technique et corriger les erreurs.
- Analyse vidéo : Filmez vos séances de tir et analysez les vidéos pour identifier les points à améliorer.
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