La pratique du tir à l'arc instinctif séduit de plus en plus d'adeptes, attirés par son authenticité et la connexion profonde qu'elle établit entre l'archer et sa flèche. Contrairement aux disciplines modernes où la technologie prime, le tir instinctif repose sur la sensibilité, l'expérience et la répétition du geste. Mais devant la diversité des arcs disponibles, comment choisir celui qui convient le mieux à cette pratique ancestrale ? Cet article explore les différentes options, en mettant l'accent sur les arcs traditionnels et leur adéquation avec les principes du tir instinctif.
L'attrait du tir instinctif : un retour aux sources
Le tir instinctif se distingue par son approche épurée, où l'archer se fie à son intuition et à sa perception pour atteindre la cible. Cette discipline offre une grande liberté et responsabilise pleinement l'archer, qui devient véritablement maître de sa flèche. L'absence de viseur ou d'autres accessoires mécaniques invite à une concentration accrue et à une connexion plus intime avec l'arc.
Pour beaucoup, le tir instinctif représente un retour aux sources, un hommage aux traditions ancestrales du tir à l'arc. La discipline attire ceux qui sont passionnés d’histoire, de légendes. Le reportage "l’âme du bois s’envole" a d'ailleurs conforté de nombreux archers dans leur choix du tir instinctif.
Le tir instinctif exige un travail sur soi, une maîtrise de la respiration, de la concentration et une hygiène de vie rigoureuse. C'est une discipline exigeante, mais aussi profondément gratifiante.
Les différents types d'arcs : un aperçu
Pour choisir un arc adapté au tir instinctif, il est essentiel de connaître les principaux types d'arcs disponibles :
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L'arc droit (longbow) : Archétype de l'arc traditionnel, le longbow est reconnaissable à sa forme en "D" et à sa grande taille. Il a été popularisé par les archers anglais au Moyen Âge. Sa puissance varie généralement entre 25 et 60 livres. Apprécié pour sa simplicité et sa légèreté, ses performances dépendent essentiellement de la force physique de l’archer. Formé d’un seul bloc, il est fabriqué en bois d’if, de buis ou en lamellé collé. C'est aussi un arc nu, en général en bois, qui est généralement utilisé pour la chasse.
L'arc classique (recurve) : Plus compact que le longbow, l’arc recurve doit son nom à ses branches, qui sont recourbées vers l’extérieur au niveau de leur extrémité. Arc utilisé souvent à l'initation et en compétition, on le retrouve sur la scene des Jeux Olympiques, c'est un arc fait pour le tir sportif. Il s’utilise en tir instinctif sans organe de visée, mais peut être agrémenté d’accessoires optimisant son utilisation, comme un stabilisateur, un viseur, des amortisseurs de vibrations… Les flèches utilisées sont en aluminium ou en carbone. Les arcs de haut niveau ont une poignée métallique (aluminium, magnésium) moulée ou usinée. Chaque type d’arc à sa compétition, mais l’arc officiel des Jeux olympiques reste le recurve. Simple et essentiel, il est idéal pour débuter dans le tir traditionnel. Plus stable, l’arc recurve monobloc est réalisé en une seule pièce, souvent en bois et est réservé aux amateurs d’arc traditionnel. Les arcs monoblocs sont disponibles en plusieurs tailles et puissances. Les branches fixées sur le corps sont démontables pour le transport ou pour modifier les performances de l’arc. Les matériaux utilisés sont le carbone, la fibre de verre ou l’aluminium, mais la poignée peut être en bois. Les tarifs sont très fluctuants en fonction des matières et de la puissance du matériel.
L'arc à poulies (compound) : C’est le type d’arc le plus récent dans le monde de l’archerie. Il est apparu dans les années 1960. Il se caractérise par son système de poulies et de câbles permettant de maximiser la tension de la corde avec un minimum d’effort physique. Grâce au système de poulies, presque toute l’énergie stockée lors de la tension de la corde est transmise à la flèche. L’arc à poulies est apprécié pour sa puissance et sa polyvalence (il peut être équipé de nombreux accessoires), mais aussi pour son système de démultiplication de puissance appelé let-off. Le Compound ou arc à poulies pas cher est un arc permettant une propulsion de flèches plus rapide par un jeu de palans qui démultiplie la puissance. Les critères de choix sont très nombreux (taille, allonge, puissance). Pour le loisir, la puissance va de l’arc 12 livres (pour les enfants) à 75 livres pour les arcs de chasse.
L'arc nu : Utilisé lors de certaines compétitions de tir en campagne, l’arc nu est un arc traditionnel, recurve ou longbow, dont le tir se fait sans ajout d’équipement comme un viseur, stabilisateur, indicateur d’allonge ou marque de visée.
Le Yumi : Le Yumi est un arc japonais traditionnel qui est utilisé pour pratiquer un art martial appelé Kuydo, héritage des Samouraïs. Fabriqué originairement en bambou, la fibre ou le carbone sont tolérés. L’arc est exclusivement tenu de la main gauche et sa poignée asymétrique se trouve dans le tiers inférieur. L’arc très grand dépasse les deux mètres et est privé de tout équipement. La flèche japonaise s’appelle le Ya.
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Les arcs traditionnels : longbow et recurve, des choix privilégiés pour le tir instinctif
Bien que le tir instinctif puisse être pratiqué avec différents types d'arcs, les arcs traditionnels, tels que le longbow et le recurve, sont souvent privilégiés pour leur simplicité, leur esthétique et leur adéquation avec les principes de cette discipline.
Le longbow : l'arc traditionnel par excellence
Le longbow est souvent considéré comme l'arc traditionnel par excellence. Sa forme simple et sa fabrication en bois lui confèrent un charme authentique. Le longbow requiert une grande discipline et une technique rigoureuse. Il est idéal pour ceux qui recherchent une expérience de tir authentique et un défi technique.
Le recurve : un compromis entre tradition et performance
L'arc recurve offre un compromis intéressant entre tradition et performance. Plus court que le longbow, il est plus maniable et plus performant à puissance égale. L'arc recurve peut être utilisé nu, dans le plus pur esprit du tir instinctif, ou agrémenté d'accessoires pour optimiser ses performances.
Choisir son arc : les critères essentiels
Le choix d'un arc pour le tir instinctif dépend de plusieurs facteurs :
La taille de l'archer : La taille est déterminante dans le choix de votre arc. Elle est mesurée en pouces (1 pouce = 2,54 cm). Si l’arc est pour votre enfant, il ne faudra pas oublier qu’il va grandir. Il vaut mieux prendre un arc trop grand que trop petit. Il sera plus souple et plus facile à armer. Deux éléments dépendent de la taille : la poignée de l’arc, qui sera disponible en plusieurs tailles en fonction du modèle, et les branches, où votre taille et la puissance choisie vous guideront dans votre choix.
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La puissance de l'arc : Elle est donnée en livres (Lbs). Elle correspond à la poussée que reçoit la flèche lors du lâcher de corde : 1LBS = 453,5 grammes. Suivant le type d’arc utilisé, elle varie, le plus souvent, de 15 à 60 LBS. Plus un arc est puissant, plus il permet à vos flèches d’aller vite vers la cible et d’être plus précis sur de grandes distances. Cependant, il nécessite de posséder une grande force physique pour le manipuler. On conseillera donc un arc puissant à des tireurs expérimentés. Si vous débutez le tir à l’arc, choisissez une puissance plutôt faible afin de pouvoir corriger vos erreurs et d’éviter de vous fatiguer trop rapidement. Vos flèches seront moins rapides et iront moins loin, mais la puissance de votre arc vous permettra d’apprendre à ajuster vos tirs et d’acquérir une bonne technique. Une fois le geste maîtrisé, si vous le souhaitez, vous pourrez ensuite choisir une puissance supérieure.
Le niveau d'expérience : Un débutant aura intérêt à choisir un arc plus souple et plus facile à manier, tandis qu'un archer expérimenté pourra opter pour un arc plus puissant et plus exigeant.
Les préférences personnelles : Le choix d'un arc est aussi une question de goût. Certains archers préféreront la simplicité et l'esthétique du longbow, tandis que d'autres seront séduits par la polyvalence et la performance du recurve.
Le matériel complémentaire : un investissement nécessaire
Outre l'arc, la pratique du tir instinctif requiert un certain nombre d'équipements complémentaires :
Les flèches : Le choix des flèches est crucial pour la précision et la performance du tir. Pour les arcs traditionnels, les flèches en bois sont souvent privilégiées pour leur esthétique et leur authenticité. A savoir également que bien que la consommation de flèches soit plus grande que pour les autres disciplines (les flèches en bois cassent bien plus facilement), une fois qu’on a appris à les faire soi-même, une flèche revient à moins de 4 €.
Le protège-bras : Il protège l'avant-bras des frottements de la corde.
La palette ou le gant : Ils protègent les doigts de la main qui tire la corde.
Le carquois : Il permet de transporter les flèches.
Une chaussette pour l’arc : Les valises pour arcs classiques et poulies ne conviennent pas.
L'importance de l'encadrement et de la formation
La chasse à l’arc ne s’improvise pas. C’est une discipline exigeante, réglementée, mais aussi passionnante et éthique. Pour débuter le tir instinctif, il est fortement conseillé de prendre contact avec un facteur d’arcs. Ils sont malheureusement assez peu nombreux, mais nous vous avons mis les liens de ceux que nous connaissons, et qui suivent la voie tracée par Jean-Marie Coche.
Si vous débutez complètement le tir à l’arc, vous n’avez peut être pas encore pris contact avec une compagnie ou un club de tir à l’arc. Pour débuter, il faut pouvoir être encadré, et comme peu de personnes enseignent le tir à l’arc instinctif souple, il est fortement conseillé de faire partie d’un club ou d’une compagnie. Même si elle ne compte pas d’autre archer instinctif, vous pourrez vous entraîner (et “faire de la paille”) dans de bonnes conditions de sécurité et de confort. Si vous avez le choix, préférez une compagnie d’arc (une compagnie suit les traditions du noble jeu d’arc, alors que les clubs de tir à l’arc s’occupent rarement des traditions et se concentrent sur la pratique en compétition) et, toujours si possible, avec un terrain à l’extérieur.
L’un des points importants c’est de pouvoir rencontrer d’autres passionnés de tir instinctif pour partager vos expériences. Les rencontres avec les Facteurs d’arcs vous permettront de mieux comprendre l’arme que vous utilisez, et le plus souvent, ils vous aideront à progresser dans votre technique. Sachez que la plupart des Facteurs d’arcs français ont appris avec Jean-Marie Coche au sein de l’école de la Voie Médiane (du moins, les Facteurs d’arcs qui sont dans nos liens). C’est à travers cette école, malheureusement disparue avec son créateur, qu’était enseignée la méthode du tir à l’arc instinctif souple. Quelques uns de ses élèves ont créé un collectif pour que cette voie perdure : “Les Amis de la Voie Médiane”. Les Amis de la Voie Médiane ont écrit une charte reprenant les points les plus importants à connaître, à comprendre, à vivre et à faire lorsque l’on parle de tir instinctif souple. Je vous encourage très fortement à lire cette charte, et à vous imprégner ce son contenu, qui est le fil conducteur de la discipline que vous avez choisi. Les autres archers instinctifs que vous pourrez rencontrer vous aiderons certainement à progresser, ne serais-ce par comparaison des gestes, ou par la connaissance de trucs et astuces.
La technique du tir instinctif : une approche spécifique
La notion d’instinct est souvent assimilée à l’absence totale de visée. L’archer instinctif tirerait ses flèches comme mû par une sensation imprécise et finalement intraduisible. Jean Marie Coche, dans son livre de référence, « La discipline du tir à l’arc instinctif souple » a au contraire détaillé avec rigueur et grande précision les différentes séquences du tir instinctif et a montré que le travail et la répétition sont les seuls garants d’un haut niveau de performance. Aussi surprenant que cela puisse paraître a priori, son enseignement était comparable en de très nombreux points à celui de la démarche fédérale de la FFTA.
Les postures et placements : s’ils sont en certains points différents de ceux appliqués au tir classique avec viseur, ils requièrent la même exigence dans leur répétition, leur qualité, leur régularité et leur précision. Ils concernent tout autant les membres inférieurs, le bassin, le tronc et la tête. C’est dans la technique de visée que réside la différence fondamentale avec d’autres pratiques. Il n’y a aucun accessoire mécanique (viseur pour le classique et les poulies ou repères sur la corde pour le barebow). Schématiquement, la concentration du regard sur le centre de la cible en vision nette va se conjuguer avec la vision périphérique floue de la position de la main d’arc dans l’espace par rapport à la cible et ceci permettra de définir la hauteur du bras d’arc. Il y a donc réellement visée consciente et organisée et non pas lâcher de flèches au hasard. C’est finalement la place laissée par l’absence de tout accessoire mécanique de visée qui caractérise le tir instinctif.
Pour compléter, je vous propose la définition que donnait Jean Marie Coche dans une plaquette qu'il offrait pour faire connaitre son école la Voie Médiane. "….. Dans son image la plus pure, le tir d'instinct se définit par une action spontanée, non raisonnée; l'enfant nous renvoie très bien cette image dans son maniement personnel de l'arc. Il regarde la cible et dans une gestuelle simple voire désordonnée, il arme son arc dans un mouvement court vers l'avant ou ample vers l'arrière selon que l'objectif lui semble proche ou éloigné; il s'agit de sa projection dans l'espace. cette façon de tirer est la première étape dite phase primaire qui pourrait assurer quelques tirs précis mais trop irréguliers. La seconde phase du tir instinctif que je qualifie "d'éduqué" permettra de devenir un archer plus constant dans ses tirs avec le choix d'une gestuelle précise, bien synchronisée dans son rythme et presque identique à chaque armement de l'arc. Cet archer bien axé dans l'espace appréciera naturellement la distance qui le sépare de la cible sans toutefois l'évaluer mathématiquement.
Le tir à l'arc et la chasse : un mariage ancestral
La chasse à l’arc fascine par son ancrage ancestral, sa discrétion sur le terrain et la maîtrise qu’elle exige. Mais un arc de chasseur n’a rien d’un simple jouet de loisir : il s’agit d'une arme redoutable dont l’utilisation en France est strictement encadrée. Contrairement à d'autres pays, la chasse à l’arc en France n’est pas libre. Il est interdit de chasser à l'arc sans formation spécifique. La chasse à l’arc est autorisée pour le petit et le grand gibier, selon les règlements locaux. Aucune loi n’impose une puissance minimale pour chasser à l'arc. Toutefois, les experts recommandent au moins 50 livres pour le grand gibier. Ce n’est pas une opposition, mais une autre façon de chasser. L’arc permet de réduire l’impact sonore, oblige à une préparation plus poussée et renforce le respect de l’animal.
Tous les arcs, recurve, longbow ou compound peuvent devenir des arcs de chasse. Tout dépend du gibier à atteindre et de la volonté de l’archer. La différence se fera surtout dans les flèches qui devront être équipées de pointes coupantes en acier. L’arc à poulies (compound) a été créé en Amérique du Nord pour la chasse et certains équipements très puissants permettent d’attraper de gros gibiers, comme le sanglier.
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