Le pistolet MAC 50, une arme emblématique de l'armée française, suscite toujours un intérêt certain, tant pour les collectionneurs que pour les tireurs sportifs. Cet article se propose d'examiner en détail le fonctionnement de ce pistolet, son histoire, ses particularités techniques, ainsi que les aspects réglementaires liés à sa détention et à son utilisation.
Genèse et Adoption du MAC 50
À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l’armée française se trouvait équipée d'une multitude d'armes de poing différentes, héritage des conflits passés et des fabrications d'urgence. Cette diversité posait des problèmes de logistique et d'uniformisation. Il fallait uniformiser le matériel et surtout les munitions. Deux choix auraient pu être fait : continuer de fabriquer et d’utiliser les PA1935, ou au contraire partir sur la fabrication en France des P38 à partir des machines Mauser. Le souci dans le cas de l’usine Mauser c’est qu’elle a dû être détruite en 1948, sous la pression soviétique. Concernant les PA1935, leur problème provient de leur cartouche : le 7,65 long. Cumuler des pistolets dans des calibres divers comme le 8mm92, le 7,65 browning ou le 7,65 long, cela complique considérablement la logistique. Il semble donc plus logique de rester sur le 9mm Para (9x19), calibre bien répandu, déjà utilisé dans les pistolets-mitrailleurs et parfaitement apte au service dans une arme de poing.
Dès 1946, un cahier des charges est établi et c’est vers 1950 que sont testés différents pistolets, de la MAT (Tulle), de la MAS (Saint-Etienne), mais aussi de la SACM (Société Alsacienne de Construction Mécanique) et de SIG (Neuhausen, en Suisse). C’est le pistolet de la MAS qui a été retenu pour être adopté définitivement le 16 août 1950. Sa désignation officielle est bien “Pistolet Automatique de 9 mm modèle 1950” comme on peut le voir sur les manuels d’époque. Il faudra attendre juin 1953 pour que les premiers pistolets sortent de l’usine de … Châtellerault ! En effet, si le pistolet a bien été conçu par la MAS, c’est la MAC qui l’a fabriqué jusqu’en 1961. D’où le nom si bien connu de “MAC50”, car Châtellerault a bien mis ses initiales sur la glissière.
Le MAC 50 est le dernier véritable pistolet réglementaire conçu et fabriqué en France. Sa durée de service est exceptionnelle et il a connu la quelque centaine d’OPEX entre son adoption et les années 2000, que ce soit en Algérie, au Tchad, au Liban, en Irak et même en Afghanistan.
Le pistolet MAC 50 est le successeur du MAS 35, il a remporté l'appel d'offre pour être adopté par toutes les divisions de l'armée française avec 70 ans de loyaux services. Les pistolets proposés ici sont des armes démobilisées de l'armée française. Ce pistolet MAS 50 s'adresse autant au tireur sportif nostalgique des belles armes tout en acier et performantes qu'au collectionneur recherchant une légende de l'arme de poing, capable de scores honorables sur les pas de tirs d'aujourd'hui.
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Description Technique et Fonctionnement du MAC 50
Le pistolet MAC 50 est une arme semi-automatique chambrée en 9mm Para (9x19). Son fonctionnement est basé sur le principe du court recul du canon, similaire au Colt 1911.
Composants Principaux
- Carcasse : Généralement composée d'une seule pièce, elle assure la rigidité et la solidité de l'ensemble.
- Glissière : Elle comprend une partie externe (guidon, indicateur de chargement, cran de mire, sûreté manuelle) et une partie interne.
- Canon : Il est constitué de la chambre de tir, des tenons de verrouillage, du logement de la griffe, de la rampe d'alimentation, de l'âme et de ses rayures hélicoïdales, ainsi que du ressort récupérateur.
- Mécanisme de Percussion : La platine forme un bloc amovible comprenant une bielle, un ressort de percussion, une gâchette, un chien doté d'un cran d'armé et un éjecteur. Le système de détente inclut la barrette, le mentonnet, la queue et le levier de sécurité.
Démontage et Entretien
Un point important concernant la robustesse du MAC50 : comme toute mécanique, elle a ses limites. Le pistolet est endurant, c’est vrai, mais n’oublions pas que certains exemplaires ont longuement servi, parfois à une époque où il n’y avait aucune distinction entre les munitions de MAT49 et de pistolet.
D’un point de vue technique : rien de révolutionnaire sur le MAC50. Il fonctionne par court recul du canon, exactement comme un Colt 1911. On retrouve les biellettes sous le canon. Cependant, il dispose d’une platine amovible dans la poignée, qui le rend très facile au démontage. Il n’y a pas non plus de “bushing” à l’avant de la glissière. Le démontage est plus simple que cela. Il suffit de retirer le chargeur, basculer la culasse vers l’arrière jusqu’à relever manuellement l’arrêtoir et enfin de venir pousser sur le côté droit de la carcasse le bouton de l’arrêtoir. Arrêtoir retiré, la culasse s’enlève vers l’avant et ensuite, on enlève simplement la tige guide et son ressort, ainsi que le canon.
Sûreté et Sécurité
Les pistolets MAC 50 se distinguent notamment par leur niveau de sûreté et de sécurité élevé, ainsi que par leur prise en main facile.
Le modèle 1950 dispose d'une sûreté manuelle efficace en position haute. Par ailleurs, la sûreté de chien empêche les percussions accidentelles pouvant survenir en cas de choc. Le cran de sécurité sur le bec de la gâchette bloque alors le chien si des incidents se présentent. Enfin, la sûreté de chargeur rompt le contact entre la barrette de détente et le talon de gâchette lorsqu'on retire le chargeur. Le pistolet MAC 50 constitue donc une référence en matière de sécurité d'usage.
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Ergonomie et Prise en Main
La poignée du modèle MAC 50 est dimensionnée avec minutie pour une tenue en main agréable. Il faut quand même noter que certaines variantes disposent d'un bec arrière de carcasse assez court. Il se peut donc que le chien morde la main du tireur. Dans ce cas, vous pouvez améliorer le confort de manipulation avec des accessoires comme des poignées tactiques ergonomiques.
Le pistolet MAC50 est une arme au profil bien équilibré. Par expérience de l'arme au cours d'un service en Gendarmerie assez fugace, le tir au Modèle 1950 n'avait pas été très agréable… Se retrouver au pas de tir avec cette arme était donc fait sans attentes particulière, sauf celui d'être déçu… En réalité, cette re-découverte, après plusieurs années de pratique du tir sportif, a été un véritable plaisir ! Le premier point positif est comme mentionné : son équilibre. L’arme est bien proportionnée et tient bien en main. Les plaquettes noires et striées sont certes simples, mais épousent bien la main avec leurs formes arrondies. Beaucoup de personnes se sont plaints que le chien venait leur mordre la peau qui venait se positionner à l’arrière. Le bouton d’éjection du chargeur est facilement accessible avec le pouce de la main droite, et le chargeur sort sans aucune difficulté. La sûreté reste assez particulière avec ce levier qu’il faut basculer vers le haut, faisant pivoter une platine qui n’empêche pas le chien de s’abattre, mais qui l’empêche d’atteindre le percuteur. La prise en main pour le tir à deux mains est bonne.
Organes de Visée
Ce modèle de pistolet automatique présente des organes de visée rudimentaires avec un « cran de mire en U ». Cette caractéristique élémentaire ne constitue pourtant pas un point négatif pour le pistolet. Les instruments de visée se détachent aisément, ce qui facilite la prise de visée. Les organes de visées sont par contre fixes, dommage que le guidon ne puisse pas être déplacé au latéral, ne serait-ce que pour corriger un éventuel défaut.
Performances au Tir
Pour cet essai, nous n’avons malheureusement pas de cible à présenter, mais l’exemplaire essayé tient le 8 de la C50 à 25m, ce qui est très honorable. Mais cela risque d’être insuffisant face aux Luger P08 utilisés au T.A.R. dans la catégorie 832 armes historiques !
Le MAC 50 : une évolution du système Browning
Le MAC 50 est une adaptation au calibre 9mm du PA Modèle 1935 S, ce dernier, calibré en 7,65mm, étant une amélioration du système 1911 de … Browning donc.
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Le MAC 50, comme son prédécesseur le 35S, est une version très, très améliorée du système 1911, plus précis, plus fiable, à l'ergonomie plus adaptée pour l'époque (placement de la sécurité), plus simple de démontage comme d'entretien (6 pièces principales contre 8 pour le 1911), plus facile à neutraliser (3 pièces à démonter pour accéder à la pièce de sécurité sur le MAC 50 contre démontage intégral nécessaire sur le 1911) et doté d'une sécurité de chargeur, inventée par Browning pour son HP notamment. De fait, les améliorations apportées par les 35S et 50 par rapport au 1911 viennent de pistes suggérées par M. Browning himself. La plupart des améliorations notables des pistolet 2011 ("Hi Capa") par rapport aux 1911 sont reprises des MAC 35 S / MAC 50 (bull barrel, ensemble ressort récupérateur et tige guide monobloc), et d'autres spécificités ne se sont généralisées que ces dernières décennies (platine monobloc) voire restent rares (une seule pièce pour le démontage / blocage de la culasse).
Le Browning Hi-Power, quant à lui, a été créé par John Browning pour répondre à un concours de l'Armée Française justement, et n'a pas été retenu, les français signifiant à Browning être plus intéressés par son système 1911 dont il avait vendu le brevet à Colt (pour lequel il proposera certaines améliorations reprises et développées sur les 35 S et MAC 50) que par le principe du double pile du HP, qui sera par la suite amélioré par la FN et proposé dans une version à peine modifiée qqes années après la mort de J.M.B.Bref, absolument rien à voir entre les 2 armes, même en termes de dimensions, poids, ergonomie, système de visée, rien. Ce sont 2 PA basés sur un même brevet et issus d'inventions de M. Browning, le Grande Puissance et le 1911. La ressemblance s'arrête là.
N'importe qui ayant utilisé le MAC 50 et le Beretta 92 / MAS G1 te dira quels sont les principaux défauts du G1: poids, rusticité, poids de la détente, grosseur de la poignée, complexité mécanique, etc. Alors oui, l'effet mode "c'est un Beretta", "c'est connu" et j'en passe, et son chargeur à grande capacité + la double action, intéressante à certains égards, rendent le G1 populaire (encore que, le MARSOC n'a pas abandonné le Beretta pour retourner sur du 1911 pour rien). Mais ça reste un Beretta 92, avec tous ses inconvénients: ergonomie à chier et contrôlabilité désastreuse par rapport à un 1911-like comme le MAC 50. Après on peut pousser le vice à faire des grips plus ressemblants, mais il peut déjà faire illusion. Cependant, il faut savoir que la culasse du MAC 50 est plus courte et moins haute que celle d'un 1911. Mais ça passe. Du reste, l'ergonomie est très proche malgré l'emplacement différent de la sécu.
Réglementation et Acquisition du MAC 50
Le modèle 1950 de MAC fait partie des pistolets de catégorie B, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une arme soumise à autorisation. Il figure parmi les armes à feu de poing pouvant être utilisées pour le tir sportif. La vente de cet article est réglementée, il appartient à la catégorie B - 1 de la réglementation en vigueur. Une copie de la licence de tir définitive en cours de validité (2025-2026) en attendant l’interconnexion du SIA avec le système d’information de la FFTir (EDEN-ITAC). Pour les commandes d'armes de catégories B, l'envoi s'effectuera en deux parties séparées avec 24 heures d'intervalle au moins conformément à la législation en vigueur.
Armes Neutralisées
Ayant de nouveau l'idée d'acquérir un MAC50 neutralisé, quelqu'un aurait des photos d'un modèle avec la dernière norme de neutralisation ? Histoire de voir à quoi je dois m'attendre avant de me lancer.
Pour avoir eu en mains un P 08 neutralisé en 2016, il était indémontable, verrou soudé à l'intérieur, chargeur idem, plaquettes et vis collées, quant à l'intérieur, ça devait pas être bien beau! J'ai encore deux P 08 neutralisés avant 1916, et là, les armes se démontent sans problème, les chargeurs sortent de leur logement…
Acheter aujourd'hui une arme neutralisée suivant la norme de 2016, c'est vraiment jeter son argent par les fenêtres…Tu as eu la réponse un peu plus haut : indémontable, verrou soudé à l'intérieur, chargeur idem, plaquettes et vis collées
Ce n est pas forcément le cas,car il y a eu une période de quelques semaines où les premières neutras européennes sortant de St Etienne avaient encore la culasse mobile et le tir a sec mais déjà le chargeur soudé et les plaquettes collées avec le poinçon EU , cela n a pas duré maintenant rien ne bouge.Ceci dit l aspect extérieur n était pas altéré.
Les anciennes neutra étant interdites à la vente , au mieux un ancien repassé ça donne ds les 7/800€ voire même 900 ?
Le MAC 50 à Blanc : une option viable ?
Je sais qu'il existe sur le marché tout type de kalash et autres choses à blanc, mais trouve t'on des mac 50 transformés a blanc?
Un MAC 50 transformé à blanc, serait de toutes façons en catégorie "B", du coup l'intérêt de le chose est plutôt limité. C'est facilement réalisable, mais à ma connaissance, il n'y en a pas …Il se peut qu'un jour, un MAC 50 soit utilisé dans un film … alors, on le transformera … s'il en reste …!
Au prix actuel d'un MAC50 en état de tir, où est l'intérêt?? et c'est tant mieux car il y en aura de moins en moinsen état chez des civils.
Les cartouches "à blanc" servent à donner une touche de réalisme à l'instruction "combat" (bruit, manipulation des armes, etc.), mais on ne s'en sert pas dans les PA, pour lesquels il n'existe pas de dispositif de tir à blanc …On peut les utiliser dans le MAC 50, mais en réarmant à chaque coup.
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