Le match des 32es de finale de la Coupe de France entre le RC Lens et l'AS Monaco a tenu toutes ses promesses, offrant un spectacle riche en émotions, en rebondissements et en suspense. Cette rencontre, disputée dans l'ambiance glaciale mais passionnée du stade Bollaert-Delelis, s'est achevée par une séance de tirs au but mémorable qui a vu Monaco s'imposer (2-2, 5-6 t.a.b.).
Un Scénario Digne des Plus Grandes Histoires de Coupe
La Coupe de France est souvent le théâtre de belles histoires, et le match entre Lens et Monaco n'a pas fait exception. Ce dimanche, sur la pelouse de Bollaert, c'est à Monaco que les penalty ont souri. Au terme d'un match animé et conclu sur le score de 2-2, Lens et l'ASM se sont départagés à 11m face aux cages. Entre intimidation, arrêt monumental et suspense de tous les instants, cette séance de tirs au but a offert un grand spectacle pour ces 32es de finale de Coupe de France.
Une Entame de Match Monégasque et une Remontée Lensoise
L'AS Monaco a rapidement pris l'avantage, menant 2-0 après seulement 21 minutes de jeu grâce à des buts de Wissam Ben Yedder (33 secondes) et Maghnes Akliouche (21e minute). Le stade est cueilli à froid Franck Haise, l'entraîneur lensois également. Piqués au vif, les coéquipiers de Florian Sotoca ne tardent pas à réagir. Les Monégasques jouent en contre.
Cependant, les Lensois ont fait preuve d'une grande force mentale pour revenir dans le match. Faitout Maouassa a réduit le score juste avant la pause (43e minute) d'un superbe tir dévié par un défenseur monégasque après avoir passé les défenseurs, et Florian Sotoca a égalisé à l'heure de jeu (63e minute) en glissant la balle entre les jambes de Majecki. Les efforts payent.
Une Fin de Match Indécise et une Séance de Tirs au But Mémorable
La fin de match a été indécise, avec des occasions de part et d'autre. Les deux équipes n'ont pas réussi à se départager pendant le temps réglementaire, ce qui a conduit à une séance de tirs au but palpitante.
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C'était tellement dingue que, l'espace de dix minutes, Bollaert a oublié le froid glacial qui avait transpercé pendant toute la rencontre les acteurs de ce formidable Lens-Monaco. Des buts, des renversements de situation, du suspense, et donc une apothéose, avec cette séance de tirs au but précédée par de puissants Corons et marquée par cinq arrêts de gardiens et deux tentatives non cadrées. Cela valait le coup de ne plus sentir le bout de ses doigts.
Le Festival des Gardiens : Samba contre Majecki
La séance de tirs au but a été marquée par les performances exceptionnelles des deux gardiens, Brice Samba pour Lens et Radoslaw Majecki pour Monaco.
Le premier penalty, tiré par Wesley Saïd face à Radosław Majecki, a donné le ton de cette séance. Le gardien polonais de Monaco s'est parfaitement élancé sur sa droite pour détourner la frappe du Lensois de sa main gauche. Si Ben Yedder puis Sotoca ont ensuite converti chacun leur tentative, il s'en est suivi une incroyable série de ratés et d'arrêts.
A 1-1 entre les deux formations dans cette séance, Fofana pour Monaco puis Fulgini pour Lens ont complètement raté leur penalty. L'international français a offert un ballon trop mou à Brice Samba tandis que la tentative de Fulgini s'est envolée dans les nuages de Bollaert. Samba, qui n'a pas hésité à faire parler son expérience de l'exercice en intimidant du regard les tireurs adverses, a ensuite poursuivi son festival face à Vanderson, détournant magistralement son penalty avant que Medina (transversale) puis Boadu (nouvel arrêt de Samba) ne manque à leur tour leur tir au but.
Cinq échecs consécutifs rarissimes à ce niveau de compétition. L'état de grâce et la baraka des gardiens s'est alors envolée.
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Brice Samba a réalisé 3 arrêts lors de la séance des tirs au but, dimanche. Le gardien avait déjà réussi pareille performance en mai 2022 avec Nottingham Forest, contre Sheffield United. En février 2018, Samba avait même effectué 4 arrêts avec Caen contre Metz.
Mais il se faisait vite voler la vedette par son homologue Brice Samba, qui entamait un show et électrisait Bollaert d'un seul coup. Après avoir encaissé la frappe de Wissam Ben Yedder, le gardien lensois provoquait le destin en allant parler à Youssouf Fofana, le deuxième tireur monégasque. « On se connaît, on se voit à Clairefontaine. J'ai fait une petite blague, il n'a pas souri, mais j'ai arrêté son penalty, c'est l'essentiel », exposait, facétieux, le capitaine artésien, parti sur sa droite pour stopper la tentative de son compatriote. Serein sur le coup, la doublure de Mike Maignan chez les Bleus a alors profité de l'ambiance pour engranger de la confiance. Vanderson en a fait les frais, voyant Samba sortir sa tentative par un plongeon sur la gauche.
Le Dénouement Final et la Qualification de Monaco
Les huit tireurs suivants ont finalement transformé leur tentative pour amener les deux équipes, après 16 tireurs différents, à égalité, 5 tirs au but chacun. C'est finalement le pauvre Adrien Thomasson qui a fait les frais d'un nouvel arrêt de Radosław Majecki. Pas très bien tiré, son pénalty est venu mourir dans les gants du gardien monégasque, avant que le jeune défenseur de Monaco, Soungoutou Magassa envoie son équipe au tour suivant. Le dénouement d'une séance interminable qui aura vu s'élancer pas moins de 18 tireurs différents.
Radoslaw Majecki a dévié le dernier tir au but lensois, celui d'Adrien Thomasson, et a qualifié son équipe pour les seizièmes de finale.
Les Réactions
« Je n'avais jamais vu une séance de tirs au but comme ça dans ma vie », lâchait d'ailleurs spontanément Adi Hütter, l'entraîneur de l'ASM, bien heureux que la prolongation ait été retirée du menu, alors que son équipe subissait mille maux sur la fin.
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Hütter estimait aussi avoir été « plus chanceux que Lens ». Mais il était surtout satisfait de voir sur la fin de la séance trois gamins de 19 et 20 ans (Diop, Ouattara et Magassa) réussir avec autorité leurs tentatives. Avec une mention spéciale à Kassoum Ouattara, le joker arrivé en novembre d'Amiens (L2), passeur décisif pour Akliouche pour sa toute première titularisation sous les couleurs monégasques et qui a réussi à prendre Samba à contre-pied. « Cette situation n'est pas toujours facile pour des jeunes de 20 ans, alors bravo à eux, disait Hütter. Ils ont pris leurs responsabilités. » Et permis à l'ASM de continuer de rêver à un trophée qui lui échappe depuis 1991.
Comme le disait Hütter, « aux tirs au but, les gardiens sont toujours les héros », et c'est surtout de Radoslaw Majecki dont on se souviendra. Le Polonais, qui n'avait plus disputé le moindre match officiel depuis début juin avec le Cercle Bruges, a livré un grand match, multipliant les arrêts pour éviter que Lens ne marque un troisième but et stoppant d'entrée la tentative de Wesley Saïd, le tout premier joueur à s'élancer lors de cette séance d'anthologie.
« Ce n'est pas du hasard, mes trois arrêts, je les ai travaillés. C'est rare qu'un gardien sorte trois tirs au but sur une séance, mais je sentais bien la chose, tant mieux pour moi, poursuivait Samba, qui a aussi touché les tentatives de Guillermo Maripan et Edan Diop. Mais ça fait chier de sortir de la compétition. »
« Au moment du troisième arrêt, on s'est dit : il va tous les sortir et on va être qualifiés, lâchait Florian Sotoca. On savait qu'on avait quelqu'un d'important dans les cages, il l'a encore prouvé. Mais voilà, nous les tireurs, on n'a pas fait assez le job pour gagner ce match. C'est difficile de gagner une séance de tirs au but quand on en loupe autant. »
Aucun n'a en revanche sorti l'excuse du jeu de hasard et il était cocasse de voir que c'était Denis Zakaria qui affirmait spontanément : « Les penalties, c'est un peu la loterie, entre guillemets. C'était stressant. Radek nous a beaucoup aidés. » En sortant notamment la tentative d'Adrien Thomasson.
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