Introduction
La Société de Tir de Montbéliard, riche d'une histoire de plus d'un siècle, incarne l'évolution du tir sportif en France, des pratiques militaires aux loisirs associatifs. Cet article explore son parcours, ses activités et son impact sur la communauté locale.
Genèse et Fondation (1882-1909)
L'histoire de la Société de Tir de Montbéliard débute dans un contexte post-1870 marqué par un esprit patriotique et un désir de revanche suite à la défaite face à la Prusse. À cette époque, l'Est de la France voit l'émergence de nombreuses sociétés de tir et de gymnastique.
Afin de financer l'acquisition des terrains nécessaires à la construction du stand et du champ de tir, un comité fondateur décide d'émettre 480 actions de 50 francs chacune, constituant un capital de 24 000 francs. La société civile est ainsi créée sous le nom de Société de Tir de Montbéliard. Les premiers statuts sont approuvés le 28 août 1882 par le Préfet du Doubs.
Le stand de tir, situé à la Chiffogne et dédié aux tirs à 200 et 300 mètres, est officiellement inauguré le 15 juillet 1883. Les tireurs de l'époque utilisent des carabines Flobert ou Martini de 6 mm pour le tir à 12 mètres, ainsi que des fusils de chasse pour le tir sur boule de verre ou sur sanglier mobile. Le stand devient rapidement un lieu de promenade prisé par les habitants de Montbéliard, où familles et membres de la société se retrouvent après les séances de tir pour partager casse-croûtes et boissons.
Le 23 avril 1909, la société est agréée par le gouvernement pour l'instruction de la préparation militaire.
Lire aussi: Société Fécampoise de Tir : Histoire et Diversité
Préparation Militaire et Éducation Physique (1910-1939)
En 1906, la Société de Tir de Montbéliard contribue à la création de la Fédération de Tir de Franche-Comté. Lors de l'assemblée générale du 11 mai 1910, elle prend le titre de Société de Tir et de Préparation Militaire et créé la section de Préparation Militaire le 8 octobre 1912 en collaboration avec la Gauloise.
L'activité de la société connaît des périodes fastes et des moments difficiles, notamment en raison du remboursement de l'emprunt initial. Le 1er septembre 1913, le comité décide de dissoudre la société civile, mais grâce à Léon Parrot Barbier, un accord est trouvé pour l'abandon total ou partiel des sommes dues. Avec des finances assainies, le stand est transformé et remis en état, et l'électricité est installée.
Le 27 juillet 1914, la société tient sa dernière réunion avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Pendant la guerre, la section de préparation militaire joue un rôle important dans la formation des jeunes.
En 1924, par décision gouvernementale, la société prend le titre de Société de Tir et d'Éducation Physique. De 1926 à 1928, des tentatives de fusion avec la société la Gauloise échouent en raison d'obstacles liés aux biens matériels des deux sociétés. En 1928, la Société de Tir retrouve le titre qu'elle porte encore aujourd'hui.
En 1930, la construction du quartier de la Chiffogne pose de nouveaux problèmes : la sécurité n'est plus assurée pour le tir à 200 mètres. Après des études, les frais de restructuration sont jugés trop importants et, faute de financement de la ville et de l'État, la société décide de se consacrer uniquement au tir à 50 mètres. En mai 1936, après la construction de la tranchée, le premier concours est organisé. Le tir militaire devient ainsi tir sportif, faisant de Montbéliard un précurseur à l'époque.
Lire aussi: Société Nantaise de Tir
Interruption et Renaissance (1940-1975)
La Seconde Guerre mondiale stoppe complètement l'activité de la Société de Tir. Le stand subit des dégradations, mais aucun dommage ne sera versé.
En 1945, il ne reste que 166,60 francs en caisse et quatre années d'impôts impayés lorsque le comité reprend contact et nomme André Péchin président le 12 avril 1945. Le 18 novembre 1945, le Général de Lattre de Tassigny remet à la section PM son nouveau drapeau à l'occasion du premier anniversaire de la libération de la ville de Montbéliard.
Grâce à d'importants travaux, le stand prend sa physionomie actuelle et est inauguré le 30 juin 1946. En 1950, la tranche de tir à 100 mètres est construite. En 1952, le café-restaurant ouvre ses portes. De nombreux jeunes de Montbéliard participent aux sessions de Préparation Militaire, et une activité intense règne au stand de tir les mercredis soirs et les dimanches matins.
Toutefois, la société de Tir ne se satisfait pas seulement de cette activité et a toujours eu le besoin de rencontrer les sociétés des Pays voisins. Dès 1946 les matches de Tir d'avant-guerre reprenaient avec les amis suisses de Porrentruy. Depuis 1964, à la suite des relations de jummelage avec la ville de Ludwigsburg. la société de Tir organise des rencontres avec le Sportclub de Ludwigsburg. Des matches amicaux ont également lieu avec la Shützenguilde de Mürtingen en pays souabe mais devront être abandonnés par suite de frais trop importants. Depuis Avril 1967 les tireurs de Montbéliard rencontrent chaque année leurs amis de Furtwangen en Forêt Noire. Bien entendu, les relations avec les autres sociétés de la Ligue de Franche-comté sont constantes et les rencontres entre tireurs très fréquentes.
Au Stand de la Chiffonne, bien des choses changent aussi au long des années les installations s'améliorent. Dans les annes 60, sous la Direction de André Péchin, président, c'est la construction d'un stand de tir chauffé à 10 m pour le tir à l'air comprimé carabine et pistolet. C'est également le réaménagement de la sal1e d'honneur du Stand. En 1964, c'est la fin de la Préparation Militaire. En 1965, c'est l'abandon de la tranchée et du palletage à 50 m, remplacé par des pas de tir modernes et des rameneurs électriques.
Lire aussi: Un regard sur la Société Provençale de Tir
Modernisation et Développement (1975 à nos jours)
En 1975 sous la présidence de Jacques Coulon, c'est la construction d'un nouveau pas de tir 10 m plus important car le tir à l'air comprimé connait de plus en plus d'adeptes et à cette époque la Société de Tir est la mieux équipée de la ligue. Ces travaux sont tonjours importants, entrainent des frais considérables et ne ont réalisables que grâ au dévouement des membres de la société.
Cette société de Tir atteint aujourd'hui avec des périodes heureuse et malheureuses, cent vingt ans; son but est resté le même, pratiquer une discipline sportive et former une grande famille malgré une évolution rapide et inévitable durant les trente dernières années.
En dehors de ce résumé que nous avons tenté de faire bref il y aurait encre beaucoup de choses à dire : des anecdotes, des résultats remarquables à inscrire, des personnes à citer, à remercier, à féliciter et nous prions les lecteurs de cette historique de faire preuve d'indulgence et de ne pas nous tenir rigueur de nos oublis et de nos lacunes.
L'Esprit de l'Armurier: Georges Giusti et Tir 2000
L'histoire de la Société de Tir de Montbéliard est intimement liée à des figures passionnées comme Georges Giusti, armurier emblématique de la région. Son amour pour les armes, en particulier les modèles américains anciens, et son expertise en réparation ont marqué le paysage local du tir sportif.
Georges Giusti, né en Tunisie et arrivé en France à l'âge de quatre ans, a ouvert son armurerie, Tir 2000, en 1979, place Saint-Martin à Montbéliard, avec le soutien indéfectible de son épouse Geneviève. L'armurerie est aujourd'hui située au 49 avenue des Alliés. Avant de se lancer dans cette aventure, Georges Giusti a travaillé chez Peugeot, mais il se sentait éloigné des tâches manuelles qu'il affectionnait.
Tireur lui-même, il avait du mal à trouver dans la région les armes qu'il désirait. Il a donc décidé de devenir armurier, un métier traditionnel où le conseil est primordial. Sa spécialité est la réparation, le montage et le réglage de lunettes. Il possède un véritable "trésor de guerre" : des centaines, voire des milliers de pièces chinées au fil des décennies dans les bourses aux armes. Lorsqu'une pièce fait défaut, il la refabrique lui-même grâce à ses tours, fraiseuses, perceuses et autres meules.
Au mitan des années quatre-vingt, il a créé à Villars-sous-Écot un stand de tir fort aujourd’hui de plus de 400 licenciés, l’un des plus importants de Franche-Comté.
Le Tir National: Un Écho du Passé
Le journal "Le Tir National", organe officiel de l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France à la fin du XIXe siècle, offre un aperçu précieux sur l'organisation et les préoccupations du monde du tir à cette époque. Il témoigne de l'importance accordée aux compétitions, aux règlements et à la promotion du tir comme activité patriotique.
Le journal rend compte des assemblées générales de l'Union, des championnats, des sociétés affiliées et des personnalités influentes du milieu. Il reflète également les enjeux financiers et organisationnels auxquels les sociétés de tir étaient confrontées.
Préparation Militaire et Culture Civique
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les sociétés de tir, de gymnastique et de préparation militaire jouent un rôle important dans la formation des jeunes hommes et dans la diffusion d'une culture civique et militaire. Elles sont encouragées par l'État, qui y voit un moyen de renforcer la puissance du pays et de préparer les futurs soldats.
Ces associations proposent un entraînement physique et militaire, mais aussi une éducation morale et civique. Elles organisent des concours, des fêtes et des cérémonies qui rythment la vie collective et renforcent le sentiment d'appartenance à une communauté.
Malgré leur objectif patriotique, les aspects conviviaux et festifs de ces sociétés sont également importants. Elles offrent aux jeunes un lieu de divertissement et de sociabilité, où ils peuvent se retrouver entre amis et partager des moments de loisirs.
tags: #societe #de #tir #de #montbeliard #histoire
