La Sonnerie Marseillaise et l'Histoire du Fusil: Un Entrelacement de Cérémonies, de Résistance et de Mémoire

L'histoire de la sonnerie marseillaise et celle du fusil sont intimement liées, traversant les époques et les conflits. Des cérémonies militaires solennelles aux actes de résistance héroïques, le fusil a été à la fois un symbole de pouvoir et un instrument de libération. Cet article explore cette relation complexe, en s'appuyant sur des exemples concrets et des témoignages poignants.

La Cérémonie des Couleurs: Un Rituel Immuable

La cérémonie des couleurs, rituel militaire ancestral, met en scène le pavillon national et les honneurs qui lui sont rendus. Si la Restauration semble avoir occulté cette tradition, la Monarchie de Juillet y a mis un terme définitif. En 1844, Pacini décrit en détail le cérémonial maritime : le hissage du pavillon salué par des coups de fusil, la garde présentant les armes, le tambour battant aux champs, les clairons sonnant, et tous les fronts se découvrant. Ce rituel, repris à quelques nuances près par les textes ultérieurs, notamment le décret du 15 août 1851, souligne l'importance du pavillon comme symbole de la nation.

Le décret de 1851 précise que lors de l'entrée ou de la sortie du pavillon de poupe, la garde, rangée en haie, fait face à l'arrière du bâtiment et présente les armes. Les tambours battent Aux drapeaux, les factionnaires déchargent leurs armes. Les personnes présentes sur le pont s'arrêtent, font face à l'arrière et se découvrent. Le mouvement de hisser ou de haler bas le pavillon s'exécute lentement.

À partir de 1907, un cérémonial interarmées voit le jour, harmonisant les pratiques entre les différentes branches de l'armée. Le décret du 16 juin 1907 traite des cérémonies publiques, des préséances, et des honneurs civils et militaires, tout en préservant les spécificités du cérémonial maritime. Ainsi, l'Armée met en avant le Drapeau ou l'Étendard, tandis que la marine conserve ses traditions à bord, comme le confirment les décrets des 22 juin 1909, 15 mai 1910 et 18 février 1928.

Le texte de 1928 détaille le déroulement de la cérémonie : l'officier de quart commande « Attention pour les couleurs ! », puis « Envoyez ! ». Les militaires situés à proximité du bâtiment se découvrent. Si une musique est présente, elle exécute « La Marseillaise », suivie des hymnes nationaux des pays d'accueil et des nations étrangères présentes.

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Il est important de noter que les pratiques varient selon les marines. Par exemple, dans la marine américaine, on ne se décoiffe pas lors du hissage ou de la rentrée des couleurs, mais on salue la main portée au niveau de la coiffure.

L'A.N.C.A.C.: Un Rempart Contre le Fascisme et un Acteur de la Résistance

L'Association Nationale des Cheminots Anciens Combattants (A.N.C.A.C.) est née de la volonté de défendre les droits des cheminots et de sauvegarder les libertés républicaines. Fondée en 1931, elle s'est rapidement engagée dans la lutte contre le fascisme et a joué un rôle important dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1934, face à la menace fasciste, l'A.N.C.A.C. a apporté son soutien au mouvement populaire qui a permis la riposte victorieuse. En 1940, elle s'est engagée résolument dans les combats de la Résistance pour la libération de la patrie. Dès la Libération, l'A.N.C.A.C. a œuvré pour regrouper les anciens combattants des chemins de fer et défendre leurs intérêts.

Hommage aux Fusillés: Le Bois de Dasle, un Lieu de Mémoire

Le 2 octobre 2022, une cérémonie s'est déroulée dans la clairière du bois de Dasle, près d'Audincourt, en hommage aux résistants fusillés en ces lieux lors de l'automne 1944. Cette cérémonie, empreinte d'émotion et de recueillement, a réuni des élus locaux, des membres d'associations d'anciens combattants et des habitants de la région.

Les personnes honorées ce jour-là étaient Bernard Robert, André Defaut, André Domon, Frédéric Ohlgiesser et Hervé Demany. Ils furent abattus le 2 Octobre 1944 à Audincourt à l’entrée du bois direction Dasle sous les yeux de BADEL Jean at DUPOND Pierre. Ceux-ci furent abattus le 13 Octobre 1944 à Bethoncourt avec Elie BREUILLOT.

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Mme Myriam Chiappa-Kiger, conseillère régionale, a souligné l'importance de se souvenir de ces hommes et de ces femmes qui ont incarné les valeurs de liberté et de fraternité. Elle a rappelé que leur sacrifice nous engage à lutter contre toutes les formes de discrimination et d'obscurantisme.

Le lieutenant Ohlgiesser et Hervé Demany ont été victimes des agissements d'un sinistre français. Frédéric OLHGEISSER, citoyen Roumain né en 1918, arrive en France en 1937, prépare un brevet d’ingénieur qu'il passe en 1940. Il gagne LYON à partir de 1942 et s’y livre a des activités de Résistance. Le 06 Septembre à 11h45, tombe dans un guet-apens, victime des agissements d'un sinistre français. Il est fait prisonnier. Rapport sur la disparition de Frédéric Ohlgisser.

L'histoire de ces fusillés est un témoignage poignant de la barbarie nazie et de la collaboration française. Elle nous rappelle la nécessité de rester vigilants et de défendre les valeurs de la République.

L'Armistice de 1918: Le Fusil se Tait, la Mémoire se Souvient

Le 11 novembre 1918, à 11 heures, le clairon de l'Armistice retentit sur le front occidental, mettant fin à quatre années de guerre. Ce jour-là, des soldats des deux camps sortirent de leurs tranchées et se firent face sans chercher à s'exterminer. Certains auraient même chanté ensemble La Marseillaise.

À la 2e compagnie, « (…) cette Marseillaise fut plutôt hésitante car les hommes étaient sous le coup de l’émotion. La nouvelle de l’armistice ne fut pas accueillie avec une explosion de joie mais plutôt avec le soulagement de ne plus vivre avec l’obsession d’être des morts en sursis. Après les durs et violents combats de la veille, il était bien difficile d’imaginer que la guerre pouvait finir comme par miracle. On avait l’impression que c’était un rêve et cependant c’était bien la réalité (…) ».

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Malgré la joie de la fin de la guerre, l'Armistice fut aussi un moment de deuil et de recueillement. Le soldat Augustin Trébuchon, estafette de la 9e compagnie, fut tué à 10 heures 50, quelques minutes avant l'entrée en vigueur de l'Armistice. Il fut le dernier mort de la Première Guerre mondiale dans le secteur.

Henry Gunther, un soldat américain d'origine allemande, fut tué à 10h59, une minute avant l'Armistice. Il est considéré comme le dernier soldat américain tué pendant la Première Guerre mondiale.

Ces derniers morts de la Grande Guerre nous rappellent le coût humain terrible de ce conflit et la nécessité de tout faire pour préserver la paix.

La Guerre d'Algérie: Des Souvenirs Indélébiles

La guerre d'Algérie a laissé des traces profondes dans la mémoire collective française. Pour les anciens combattants, comme Henri Deschamps, cette guerre est synonyme de souffrances, de violence et de traumatismes.

Henri Deschamps, président du comité cantonal de la Fnaca, avait 24 ans lors de la guerre d'Algérie. Il était estafette motorisée au sein d'une demi-brigade de fusilier des airs. Il a été témoin d'images insoutenables et a entendu des témoignages poignants sur la torture et les exactions commises pendant ce conflit.

Ces souvenirs, longtemps enfouis, remontent à la surface à l'occasion des commémorations et des cérémonies. Ils nous rappellent la complexité de cette guerre et la nécessité de ne pas oublier les victimes.

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