L'histoire du stand de tir de Billy-Montigny est profondément ancrée dans le tissu local, intimement liée à l'évolution de la ville et à la passion de ses habitants pour le sport et la compétition. Des modestes débuts avec la Société des Carabiniers aux installations modernes d'aujourd'hui, ce lieu a traversé les époques, témoignant des transformations sociales, économiques et sportives de la région.
Les Origines : La Société des Carabiniers et l'Esprit de Revanche
Le 17 novembre 1883 marque un tournant avec la création de la Société des Carabiniers. Quelques amateurs de tir, principalement des officiers et sous-officiers sans emploi, recrutés par les Houillères de Courrières en raison d'un manque de cadres, obtiennent l'autorisation préfectorale de former une société. Animés par un esprit de revanche face à la défaite de 1870 et à l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par la Prusse, ces hommes souhaitent préparer la jeunesse, notamment au tir. Le 4 décembre, un comité est constitué au Café Delauffre Verin, officialisant la naissance de la Société des Carabiniers. Un premier stand de tir est aménagé près des bureaux de la Compagnie des Mines de Courrières.
Cependant, l'essor rapide de la société pose des problèmes de sécurité. Dès 1887, le stand de tir existant ne répond plus aux exigences nécessaires pour l'utilisation d'armes à feu.
L'Ère Paul Guerre : Un Tournant Décisif
La catastrophe minière du 10 mars 1906, qui a profondément marqué les esprits, interrompt brutalement l'ascension de la société. Parmi les ingénieurs des compagnies voisines venus apporter leur aide aux opérations de sauvetage et de remise en état des puits sinistrés, se trouve Paul Guerre. Colonel de réserve, il s'intéresse naturellement à la Société des Carabiniers et, dès son installation à Billy-Montigny, il est nommé président. Il occupera ce poste jusqu'à son décès le 8 septembre 1929.
La Première Guerre mondiale met la Société des Carabiniers en sommeil, emportant tragiquement la vie de cinquante de ses membres.
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Diversification des Activités et Modernisation des Installations
En 1921, un événement majeur survient : le Racing Club Billysien, club de football fondé en 1904, sollicite son affiliation à la Société des Carabiniers, ne disposant que d'un terrain vague près du terril de Nouméa. La section football bénéficie rapidement de la "pâture Briet", où se trouve aujourd'hui le stade Gabriel Péri.
L'année 1927 est marquée par l'inauguration du stade des Mines de Courrières, comprenant deux terrains de football, une tribune et une salle de gymnastique. En 1931, un monument est inauguré en mémoire de Paul Guerre, décédé en 1929, et le stade est rebaptisé en son honneur.
Au fil des années, le stade Paul Guerre subit diverses transformations. En 1950, une section tennis est créée officiellement, avec deux courts en terre battue utilisés par des amateurs et des dirigeants des HBNPC. La même année voit la naissance de la section basket-ball au sein des C.B.M., dont les rencontres se déroulent sur un terrain près des tribunes avant de rejoindre la salle de sport en 1956. Cette section sera dissoute dans les années 1991/1992. Une section ski et montagne est également mise en place, proposant des activités de ski, d'entretien physique et de projections de films de montagne. Elle conserve son nom jusqu'en 1981, date à laquelle elle devient "Sports et Loisirs" sans pour autant modifier ses activités. Une perche horizontale est installée au stade Paul Guerre pour les archers, une section active qui connaîtra son heure de gloire avant de disparaître dans les années 60.
En 1956, la construction d'une salle de sport au stade Paul Guerre permet à Billy-Montigny d'accueillir régulièrement des épreuves de handball à 7 joueurs.
L'Ère Moderne : Nouveaux Complexes et Hommages
L'inauguration de la halle Joliot Curie en 1980 marque une nouvelle étape dans la modernisation des infrastructures sportives. En 1983, le centenaire des Carabiniers est célébré avec un hommage à Paul Guerre et l'inauguration d'un nouveau court de tennis couvert, baptisé Jean Paindavoine.
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En 1986, la municipalité prend la décision de construire le centre sportif Lucien Delannoy, inauguré le 1er mai 1987, en raison de la vétusté des installations laissées à l'abandon par les Houillères. La salle de sport construite en 1956 est rénovée en 1988.
L'année 1991 voit l'inauguration de la halle de tennis Jean Paindavoine. En 1992, la salle de gymnastique (Gérard Philipe), construite en 1927, est entièrement rénovée. Un terrain de football en matière synthétique est inauguré en 1995, mis à disposition des équipes des C.B.M., des associations de jeunes et pour des tournois associatifs.
En 2001, la tribune construite en 1927, devenue dangereuse, est démolie et remplacée par une nouvelle tribune inaugurée le 15 décembre 2001, portant le nom de François Michalski. Le club house de football, accolé à la nouvelle tribune, est inauguré en 2004 et baptisé Maurice Gosselin.
Un nouveau complexe sportif est mis en chantier en 2008 et inauguré la même année sous le nom de complexe sportif Otello Troni.
Aujourd'hui, le stade Paul Guerre est considéré comme l'un des plus beaux de la région.
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Les Carabiniers Aujourd'hui : Une Association Dynamique
Aujourd'hui, le club est présidé par M. DUQUESNOY Philippe et compte plus de 340 licenciés, dont 46 dirigeants. Les Carabiniers de Billy-Montigny proposent une variété d'activités sportives et de loisirs, notamment :
- Athlétisme : Entraînement, loisir et compétition.
- Handball : Pratique du handball et compétitions.
- Renforcement musculaire, fitness : LIA, stretching, relaxation, zumba.
- Tennis : Pratique et enseignement du tennis en loisir et compétition.
- Tir de précision : Pistolet, carabine, arbalète, 10 m, 25m et 50m.
- Éducation canine : Cours d’obéissance, de sociabilité avec les autres chiens.
Des 63 amateurs de tir à ses débuts, les Carabiniers ont compté plus de 3000 licenciés dans les années 50, soit plus d'un tiers de la population de Billy-Montigny. Pendant des décennies, la majorité de ces licenciés étaient des mineurs de fond, des employés des fosses environnantes.
La société des « CBM » a été présidée par une succession de cadres appartenant aux Mines de Courrières. En hommage à l'un de ses plus fervents présidents, le stade des Mines de Billy-Montigny a été rebaptisé stade Paul GUERRE en 1931.
L'Histoire du Handball aux Carabiniers de Billy-Montigny
Le handball, né en Allemagne vers 1919, est apparu en France vers 1932, en Alsace plus précisément. Une première Fédération aurait été créée à Metz en octobre 1935, puis une autre à Paris en 1937. Mais c'est seulement le 21 septembre 1941 que, par décret officiel, la Fédération Française de Handball a été juridiquement reconnue.
Pour répondre aux sollicitations de cette jeune Fédération, une section pratiquant ce sport a été créée à Billy-Montigny, en 1942 au sein de la société des Carabiniers avec, pour ossature, des membres de la section d'athlétisme de l'époque. À ses origines, le « Hand » se pratiquait à onze joueurs, sur un terrain de football. Deux ans plus tard, en 1944, l'équipe de Billy-Montigny était déjà couronnée championne du Pas-de-Calais et participait l'année suivante à des matchs en championnat de France de la « zone Nord », contre l'E.S. Mézières et l'A.S. Police de Paris.
Les défaites enregistrées étaient rapidement oubliées au bénéfice de nouveaux titres régionaux. Les Carabiniers ont gagné plusieurs fois les championnats départementaux et régionaux, mais les victoires engrangées en Championnat de France et Coupe de France donnaient une dimension nationale au club.
1970 : L'Année du Renouveau
Cette décennie commençait pourtant mal. Les Houillères du Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais abandonnaient la gestion directe de la société des Carabiniers de Billy-Montigny, obligeant les responsables des différentes sections à penser à une restructuration. La commune de Billy-Montigny prenait le relais en soutenant du mieux possible la société des Carabiniers. Aujourd'hui encore, la municipalité est le premier partenaire de la section de handball. Son investissement et son soutien ont permis au club de se maintenir à un échelon national.
Les restructurations nécessaires ont également permis à Billy-Montigny de mieux se préparer pour de nouveaux défis. Même si les résultats de 1970 et 1971 étaient honorables, c'est lors du championnat de 1972-1973 que se concrétisèrent tous les efforts du club.
1983 : La Société des Carabiniers de Billy-Montigny Fête Son Centenaire
Après une saison difficile marquée par le spectre de la descente, les CBM joueront l'année suivante le haut de tableau et accrocheront les barrages synonymes de montée en N1. Mais les Artésiens tomberont aux pieds des remparts de Carcassonne contre la formation de Trèbes. En 1986, les dirigeants décident d'étoffer leur effectif en intégrant des joueurs d'expérience. Deux recrues zaïroises arrivent au club. Ce petit plus permettra aux CBM de jouer le haut de tableau pendant plusieurs saisons, mais la montée n'était jamais au rendez-vous. Les Carabiniers finissent deux fois troisièmes derrière Dreux et Saint-Brice en 1987, Saint-Michel-sur-Orge et Thionville en 1988. Et l'histoire se répète. Les efforts du groupe ne sont pas récompensés et les meilleurs éléments quittent le club. Toutefois, l'âme billysienne persiste.
La FFHB lance les restructurations des poules nationales. Les Carabiniers se maintiendront en N2. En 1991, la stratégie de la formation des jeunes porte ses fruits. Les cadets échouent en phase finale du championnat de France, mais ils se rattrapent l'année suivante en remportant le titre suprême. Une nouvelle génération est née. Les CBM assurent l'essentiel durant les saisons suivantes. L'équipe première intègre progressivement ses jeunes pousses.
C'est en 1999
Que tous les espoirs reviennent. Le nouveau groupe, taillé pour la victoire, effectue un magnifique parcours mais échoue aux pieds des marches de l'accession. Cette même année, les CBM accèdent aux huitièmes de finale de la Coupe de France. Les Artésiens sont éliminés devant leur public par Chambéry et sa myriade d'internationaux, dont Daniel Narcisse et son emblématique entraîneur et ancien barjot, Philippe Gardent.
Depuis 2000
Billy a reconstruit un groupe qui mêle à la fois joueurs du cru et cadres d'expérience. L'équipe première continue son périple en N2. La réserve évolue dans le championnat de pré-nationale, l'équipe 3 a son ticket pour les joutes régionales et l'équipe 4 évolue en départementale. De plus, les jeunes prouvent chaque semaine sur les parquets que la source des talents n'est pas encore tarie dans notre région.
La Saison 2023/2024 : Une Consécration Historique
Restera à jamais gravée dans l'histoire des Carabiniers de Billy-Montigny comme celle de la consécration. L'équipe première, invaincue lors de la saison, a atteint son objectif en montant en Nationale 1. Couronnant cette performance exceptionnelle, l'équipe a joué les finalités sur l'île de la Réunion, représentant fièrement l’une des meilleures équipes de métropole. Les Carabiniers ont remporté la demi-finale contre la Cressonnière et, en finale, ont affronté Château Morange, champion de la Réunion avec d'anciens joueurs professionnels.
Les Compétitions de Tir à Travers l'Histoire : De l'Adresse Innée à la Compétition Internationale
La capacité à atteindre une cible éloignée avec précision est une compétence ancestrale. L'histoire humaine est parsemée d'exploits de tir, qu'il s'agisse de lancer une pierre, une flèche ou une balle. Certains Américains pensent même que cette aptitude est inscrite dans nos gènes. Les récits des premiers pionniers de l'Ouest américain, tels que David Boone et David Crockett, témoignent de tirs exceptionnels.
L'incroyable tir de Billy Dixon lors de la bataille d'Adobe Walls au Texas en juin 1874 est considéré comme l'un des plus remarquables jamais réalisés. Utilisant un fusil à bison Sharps "Big 50" de calibre 50, Dixon visa soigneusement et atteignit un Indien "hostile" assis sur son cheval à une distance estimée de 1,538 yards (environ 1,4 km) !
Avant que le baseball ne devienne le sport national aux États-Unis, l'organisation de concours de tir était l'activité sportive la plus populaire. Hommes et femmes se réunissaient pour participer à des compétitions de tir sur des cibles situées à 200 yards, sans appui. L'adresse au fusil était considérée comme une qualité dont on pouvait être fier.
Le match de Creedmoor de 1874, une compétition de tir à longue distance entre les États-Unis et l'Irlande, a marqué un tournant dans l'histoire de ce sport. Organisé sur les nouvelles installations de la NRA construites sur le site de "Creed" farm dans le nord de l'état de New-York, ce match a popularisé le terme "Creedmoor". Les compétitions suivantes, qui ont eu lieu à Creedmoor en 1876 et à Wimbledon (Angleterre) en 1877, ont contribué à élever le tir sportif au niveau d'une compétition reconnue dans le monde anglo-saxon.
Lors du match de Creedmoor de 1874, les cibles étaient différentes de celles utilisées aujourd'hui. Elles étaient deux fois plus grandes et comportaient des zones de points allant de 2 à 4. Les équipes étaient composées de six tireurs, utilisant des fusils Rolling Blocks et Sharps à chargement par la culasse pour les Américains, et des Rigby à chargement par la bouche pour les Irlandais. Le règlement interdisait tout appui artificiel pour le fusil ou le tireur, ce qui explique la position allongée sur le dos adoptée par certains tireurs.
Le premier "Creedmoor match" a été remporté par les Américains grâce au dernier tir de John Bodine, un ancien colonel de la New York Milicia. Son tir atteignit le centre de la cible, donnant 4 points et assurant la victoire à l'équipe américaine.
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