Le Stand de Tir de Fricourt : Histoire, Pratique et Dangers Persistants

Le village de Fricourt, niché dans la Somme, au cœur des Hauts-de-France, est un lieu empreint d'une histoire riche et parfois douloureuse. Bien que connu aujourd'hui pour son stand de tir et les activités de loisirs qu'il propose, il est impossible d'ignorer le passé tumultueux de la région, marqué par les conflits et les vestiges de guerre qui persistent encore.

Un Lieu de Pratique du Tir

Fricourt offre la possibilité de pratiquer le tir sportif le samedi ou le dimanche. Les tireurs, qu'ils soient novices ou expérimentés, partagent leurs connaissances et leurs astuces pour améliorer leur technique. L'entraînement régulier et la patience sont essentiels pour progresser. Certains tireurs adoptent des approches ludiques pour maintenir l'engagement, comme imiter des cris d'animaux de la ferme à chaque appel de plateau, alliant ainsi plaisir et application.

Un après-midi typique au stand peut inclure des sessions de fosse, de compak, et des parcours variés. Les résultats peuvent fluctuer, mais l'important est de maintenir une progression constante et de profiter de l'expérience en compagnie d'autres passionnés.

L'Héritage Douloureux des Guerres

La région des Hauts-de-France a été le théâtre de nombreuses batailles, notamment durant la Première Guerre mondiale. Les sols de l'Aisne, département voisin, en particulier, renferment une quantité impressionnante de munitions et de fragments, témoignant de la violence des combats. Ces vestiges de guerre représentent un danger constant pour les populations et l'environnement.

Pendant les deux guerres mondiales, on estime qu'entre 10 et 20 % des bombes et obus n'ont pas explosé à l'impact. Ces UXO (Unexploded Ordnance), également appelés "ratés", continuent de poser des problèmes bien après la fin des conflits. Ils peuvent exploser de manière inattendue, causant des blessures graves ou la mort, et ils contribuent à la pollution des sols et de l'eau.

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La diversité des munitions conventionnelles et chimiques utilisées pendant les guerres rend leur identification complexe. Les services de déminage doivent constamment mettre à jour leurs manuels d'identification pour faire face à cette diversité. De plus, les munitions sont souvent déformées, rouillées ou recouvertes de terre, ce qui rend leur identification encore plus difficile.

Robin des Bois mène campagne depuis la fin des années 1980 contre les sols et les eaux pollués par les activités humaines, y compris les déchets de guerre. L’association publie régulièrement des inventaires des découvertes de déchets de guerre dans les régions françaises les plus touchées, comme les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Ile-de-France.

Exemples de Découvertes de Munitions

De nombreuses découvertes de munitions sont régulièrement signalées dans la région. Voici quelques exemples recensés :

  • Quessy (02): Au Bois des Moines, sur un site d’extraction de granulats, 2 obus sont mis au jour.
  • Saint-Quentin (02): Des ouvriers creusent une tranchée et mettent au jour un obus.
  • Fargniers (02): Un obus de la Première Guerre mondiale est découvert sur la berge du canal.
  • Bellicourt (02): Un objet suspect est signalé sur le parking de La Poste.
  • Guise (02): Un chasseur découvre un obus dans un champ.
  • Fleury (02): Les démineurs interviennent pour un obus découvert par des ouvriers qui creusaient une tranchée. Il s’agit d’un obus chimique à l’ypérite.
  • Sissonne (02): Une équipe d’intervention Nedex (Neutralisation, Enlèvement, Destruction d’Engins Explosifs) du 3ème RG est venue trier les 450 munitions stockées sur le camp militaire de Sissonne et vérifier qu’elles étaient inertes.
  • Château-Thierry (02): Découverte d’un obus coincé dans une souche d’arbre.
  • Cerizy (02): Un obus encore chargé est repéré en bordure de la départementale 1044.
  • Sissone (02): Les neuf démineurs de l’Aisne détruisent en moyenne soixante-dix fois par an des munitions de la Première Guerre mondiale.
  • Blérancourt (02): Ils retournent la terre avant la mise en culture d’un champ. Le motoculteur heurte quelque chose. Il s’agit d’une bombe de la Première Guerre mondiale.
  • Saint-Quentin (02): Un obus encore chargé est mis au jour sur un chantier de terrassement.
  • Crouy (02): C’est dans une grotte des bois de Cuffies qu’un adolescent de 17 ans a trouvé un obus datant de la Première Guerre mondiale.
  • Saint-Michel (02): Les démineurs de Laon récupèrent une grenade défensive que des enfants avaient découvert dans le lit d’un cours d’eau.
  • Soissons (02): C’est en faisant des travaux de rénovation que le nouveau propriétaire d’une demeure historique, l’hôtel Cahier sur la Grand-Place, a découvert une baïonnette de la Seconde Guerre mondiale, un petit obus, des couteaux, des vieux dossiers de police criminelle datant des années 60.
  • Aubenton (02): Découverte par les douaniers d’un arsenal d’armes, de munitions et explosifs des 2 guerres mondiales chez un particulier.
  • Saint-Michel (02): 2 obus de la Première Guerre mondiale ont été retrouvés, l’un dans un champ et l’autre dans Le Gland.
  • Saint-Quentin (02): Un homme a été interpellé chez lui par la police alertée par le gardien d’immeuble sur la présence d’obus. Les policiers découvrent un « véritable arsenal ».
  • Gauchy (02): Trois obus ont fait leur apparition sur le chantier Condi, zone du Royeux.
  • Guignicourt (02): Sur le chantier de renouvellement de la voie Laon-Reims, 300 pièces de munitions ont été mises au jour, soit près de 2 tonnes.
  • Bellenglise (02): Sur la D1044, entre Cambrai et Saint-Quentin, près du hameau de Riqueval, sa voiture finit dans le fossé et percute un obus.
  • Villeneuve-Saint-Germain (02): Découverte d’un obus de 60 cm de long à la déchetterie dans une benne à métaux.
  • Gauchy (02): La police municipale et le maire Jean-Marc Weber ont découvert dans la maison d’un ex-artificier un stock de munitions.
  • Bernot (02): Un obus de 17 cm de large, pour 65 de long, a fait son apparition durant des travaux de terrassement d’un futur parc éolien.
  • Saint-Quentin (02): Un obus a été mis au jour par un particulier. Il était enterré dans une cour de la rue du Maréchal de Lattre de Tassigny.
  • Saint-Quentin (02): Un enfant de 6 ans a trouvé un obus sur un terrain vague récemment remis en herbe.
  • Saint-Quentin (02): C’est dans le quartier du Vermandois que les ouvriers du chantier d’une maison ont découvert un obus.
  • Samoussy (02): C’est dans le bois du Cathare que des promeneurs ont découvert un obus de la Seconde Guerre mondiale contenant 182 kg de TNT.
  • Abbécourt (02): Un collectionneur disposant d’un véritable arsenal d’armes de guerre a été interpellé par des gendarmes durant une bourse aux armes.
  • Fontenoy (02): Un collectionneur d’obus, vivant rue de Soissons, meurt suite à l’explosion d’un de ses quarante engins.
  • Bucy-le-Long (02): Une quinzaine de douaniers ont réalisé une descente chez un retraité collectionneur d’armes, habitant près de la D925.
  • Sissonne (02): Des ouvriers creusent une tranchée pour installer des tuyaux calorifugés dans la cour de l’école Guillaume Dupré et mettent au jour 2 obus.
  • Montigny-Lengrain (02): Une grenade découverte dans une cargaison de pommes de terre arrivée à Intersnack France, fabricant de chips.
  • Saint-Quentin (02): Un obus de 40 cm de long est découvert vers 16h au pied d’un sapin lors d’une opération de débroussaillage.
  • Coucy-le-Château-Auffrique (02): En creusant un caveau dans le cimetière, une entreprise déterre un obus de la Première Guerre mondiale.
  • Saint-Quentin (02): Découverte d’un obus long de 60 cm et large de 10 cm sur le chantier de diagnostic archéologique du parvis de la basilique.
  • Gauchy (02): La ZAC Delaune est située sur l’ancienne ligne de défense Hindenburg de la Première Guerre mondiale.

Ces exemples illustrent la fréquence des découvertes de munitions dans la région et soulignent la nécessité d'une vigilance constante.

La Prévention des Risques

Face à ces dangers, la prévention est essentielle. Ternois environnement prône la réalisation d'études approfondies du sous-sol français pour identifier les zones à risque et éviter d'exposer les travailleurs du bâtiment et les populations aux dangers des munitions non explosées.

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Dans l'Aisne, par exemple, le risque "engins de guerre" n'est pas intégré dans le DDRM (Document Départemental des Risques Majeurs) par les services de l'État. Cependant, une fiche réflexe "Découverte de munitions anciennes" est disponible sur le site Internet de la préfecture, informant les citoyens sur les mesures à prendre en cas de découverte d'une munition.

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