La chasse, une pratique ancestrale, a évolué au fil des siècles, mais son essence reste inchangée : l'art de prélever du gibier dans son environnement naturel. La technique de tir est un élément central de cette pratique, et sa maîtrise est essentielle pour un chasseur responsable et efficace. Cet article vise à explorer les différentes techniques de tir à la chasse, en mettant l'accent sur la précision, la sécurité et le respect du gibier.
Chasse à l'approche et à l'affût : Patience et précision
Les chasseurs-cueilleurs préhistoriques pratiquaient déjà la chasse à l'approche, car leurs armes, telles que l'arc ou la sagaie, ne permettaient de tuer qu'à faible distance. Cette technique ancestrale repose sur la patience, l'observation et la discrétion.
La chasse à l'approche consiste en une marche lente et silencieuse, ponctuée d'arrêts fréquents pour observer et écouter. Le chasseur doit être constamment aux aguets, tous ses sens en éveil, et faire preuve d'une grande concentration. L'objectif est de repérer le gibier avant qu'il ne détecte la présence du chasseur, et de s'approcher suffisamment près pour effectuer un tir précis.
La chasse à l'affût est une méthode statique où le chasseur attend le passage du gibier, posté au sol ou dans un mirador. Cette technique exige une connaissance approfondie des habitudes du gibier, ainsi qu'une grande patience et une capacité à rester immobile pendant de longues périodes.
Ces deux méthodes de chasse sont considérées comme peu stressantes pour les animaux et la nature. En général, seuls les chevreuils et les sangliers peuvent être chassés de cette manière, et ce, uniquement avec l'accord des détenteurs du plan de chasse, car ces animaux sont soumis à des plans de chasse. Il est essentiel de noter qu'il est interdit de rabattre le gibier dans le cadre de ces techniques.
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Sécurité et éthique du tir
Avant de tirer, le chasseur doit s'assurer, comme pour tous les modes de chasse, que son tir est sécurisé. Pour la chasse à l'approche ou à l'affût, le tir doit être "propre" et ciblé dans une zone vitale de l'animal. Le chasseur doit observer attentivement le comportement de l'animal et repérer sa ligne de fuite.
Améliorer sa technique de tir au fusil de chasse
Laurent Bertin, chasseur passionné, propose une méthode pour améliorer son tir avec un fusil de chasse. Il met l'accent sur l'importance de l'avance à mettre dans le tir de chasse, un élément souvent négligé.
L'importance du mouvement
Bertin souligne que le mouvement du tireur est essentiel. Par définition, c'est l'oiseau qui le dirige : rapide s'il est proche, plus lent en fonction de son éloignement. Il est crucial de pouvoir visualiser l'importance de l'avance en fonction de la distance de tir, grâce à la mémoire visuelle.
Il s'agit d'avoir des éléments de repère dans l'espace du tireur, là où il n'en a pas. L'incidence du mouvement, les bras bien dégagés du corps pour avoir une rotation du buste plus facile qui balaie devant la cible, est capitale. Les pieds bien campés sur le sol et un peu décalés l'un par rapport à l'autre, les genoux légèrement fléchis.
Tir sur cible proche et lointaine
Quand on "swingue" un oiseau ou un animal, en général c'est qu'il est proche. Sa vitesse pour le tireur est bien réelle et il faut réagir au quart de tour. On tire dans le mouvement, et en général il se fait vite et bien. Il doit être rapide mais fluide, sans déséquilibre. Le tireur doit donc s'entraîner à avoir un bon mouvement. Pas de saccades, ni de fébrilité, un bon épaulement et une bonne montée du fusil, bien en ligne.
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Si on part bien derrière l'oiseau, qu'on le souligne bien et que l'on tire dans le mouvement, sans s'arrêter bien sûr, on est sûr de le dépasser et d'être dedans. Il ne faut pas hésiter, en début de saison, à s'entraîner chez soi, devant la glace à épauler montée - descente - circulaire - rentrant. Il y a aussi le skeet, parfait pour se mettre en jambe, et se remettre à niveau après la période estivale. Et n'oublions pas aussi le bras. Ce bras qui guide, qui pousse ou tire le mouvement.
Pour le tir plus lointain, le mouvement s'effectue d'une façon plus lente puisque la cible se déplace avec une vitesse relative plus lente. Ce qui est souvent trompeur pour le tireur. On a un peu plus de temps pour évaluer l'avance à mettre, son importance pour que la balle ou les plombs soient au rendez-vous.
L'élégance du tir
Bertin évoque également l'élégance du tir, en faisant référence au style des tireurs anglais, réputés pour leur tranquillité et leur flegme extraordinaires.
Il arrive parfois qu'en tirant, on sache déjà que l'on sera derrière. Surprise, fatigue, gêne, le fait est là. Derrière… Une plume qui tombe et c'est tout ! L'œil et le cerveau connaissent ce défaut, mais cela arrive et c'est comme ça. Cela se passe en une fraction de seconde. Trop vite c'est devant, pas assez c'est derrière. C'est d'ailleurs ce qui arrive le plus souvent aux tireurs non expérimentés.
Les méthodes de Bertin aident à mieux étalonner l'avance de son tir, mais ne résolvent pas la question du mouvement. Il encourage également les tireurs à observer les autres, à analyser leur position, leur attitude et leur mouvement.
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La méthode HBS (High Bird Shooting)
Pour bien tirer sur le gibier volant, il faut s'entraîner et appliquer une méthode que l'on connaît bien. Dans cet article, Laurent Bertin nous explique sa méthode, le « High Bird Shooting » ou tir sur oiseau haut.
Bertin a développé le concept de tir HBS pour High Bird Shooting. Il est parti du principe que le seul repère dans l'espace dont dispose le tireur c'est l'oiseau lui-même. On connaît sa taille et c'est donc lui qui vous permet d'évaluer la valeur précise de l'avance que vous jugerez bon de mettre pour bien le tirer. Et ce quelle que soit la distance à laquelle vous le tirez.
L'oiseau est la seule constante d'échelle dont on dispose alors que toutes les autres composantes entrant dans l'action de tir sont des variables. La trajectoire toujours différente mais donnée par l'oiseau que l'on suit, souligne, dépasse. La vitesse… ? Et bien c'est l'oiseau qui vous la donne puisque la vitesse de rotation du corps et du fusil est calquée sur celle du gibier. L'importance de l'avance, elle, est fonction de la vitesse de vos cartouches et aussi de l'expérience du calculateur de tir que vous avez dans le cerveau. Mais ceci est bien l'avance réelle à mettre.
La question de la justesse de la valeur de l'avance réelle ne résout pas l'appréciation de la valeur de l'avance virtuelle c'est à dire au bout du canon. Le principe du « maintain lead » est un bon principe qui ne dément en rien la méthode HBS et qui la reprendrait plutôt, à ceci près que l'avance maintenue est moins efficace car elle plus générique, théorique et pas pratique. La méthode HBS a l'immense avantage de supprimer le conflit entre l'avance réelle et l'avance virtuelle.
Formation et entraînement au tir
La formation et l'entraînement sont des éléments essentiels pour améliorer sa technique de tir et devenir un chasseur plus précis et responsable. Les Journées de Formation Obligatoires (JFO) offrent aux chasseurs l'opportunité d'acquérir des connaissances théoriques et pratiques sur différentes disciplines de chasse.
Journées de Formation Obligatoires (JFO)
Lors de ces formations, le chasseur pourra acquérir un certain nombre de connaissances théoriques et pratiques sur cette discipline quelque peu différente de la chasse traditionnelle. La législation en vigueur, les espèces protégées, les règles de sécurité, … tout est bien évidemment abordé lors de cette journée. Lors de la JFO, une présentation du matériel est réalisée.
Le tir à l'arc
Lors de la JFO, votre instructeur vous présentera les différents types d'arcs utilisés pour la chasse. Il est souvent l'arc plébiscité par les chasseurs débutants pour les possibilités de réglages qu'il apporte et la simplicité relative à l'utiliser. Les longbows sont les arcs longs anglais. L'arc traditionnel demandera à son utilisateur plus d'investissement dans sa pratique car cet arc, même moins puissant qu'un arc à poulies, demandera une meilleure condition physique et plus d'entraînement pour être régulier.
Il est à noter que des flèches en aluminium peuvent se tordre, quand des flèches en carbone peuvent se briser. Dans tous les cas, il est nécessaire de choisir la flèche adaptée à la fois à votre morphologie (allonge) mais aussi à la puissance de votre arc. C'est ce que l'on appelle le spine de la flèche. La flèche de chasse ne procure aucun choc au gibier, ce sont bien les coupures internes provoquées par la lame qui induiront la mort de l'animal.
Simulateur de tir
Le simulateur de la fédération est ouvert toute l'année. Une séance d'une heure peut accueillir entre 1 et 4 personnes et coûte 40 euros. Les chasseurs peuvent apporter leurs armes mais cela n'est pas obligatoire car nous disposons d'une arme à disposition. Une fois le premier calibrage (réglage) effectué la séance peut commencer. L'objectif du simulateur est de pouvoir répéter les mouvements afin d'acquérir un certain automatisme au niveau des gestes ce que l'on appelle la mémoire musculaire. Les principaux points forts sont de pouvoir visualiser ses éventuelles erreurs. Le matériel ciblé, la séance se réalise sur un sanglier courant.
Stand sanglier courant à balle réelle
Le stand sanglier courant à balle réelle peut se faire sur une séance d'une demi-journée entre 1 et 4 personnes. La séance est à 10 euros par personne. Il est impératif d'apporter ses armes fusil et/ou carabine ainsi que les munitions. Le but de la séance est dans un premier temps de cibler les armes sur un chevalet de tir (sans erreur humaine). Pour les fusils il est préférable d'apporter les différents chokes ainsi que différents types de balles (Brenneke, Brenneke « s » et Sauvestre). Pour les armes rayées il est possible de vérifier et de régler si nécessaire point rouge ou lunette. Il faut apporter les balles de chasse, toutefois il est possible d'apporter des balles à moindres budget mais il est impératif de respecter le même poids de balle !
Dans un second temps, une fois le matériel au point, l'entraînement se réalise sur un sanglier courant. Vous êtes posté, et vous entendez les chiens mener dans la traque. La tension monte petit à petit. Au fil des minutes qui s'égrainent, la meute qui aboie se rapproche de plus en plus de votre poste. Vous avez respecté les 6 conseils précédents, votre angle de 30° est bien matérialisé, maintenant c'est sûr, le gibier va sortir sur votre ligne, vous l'avez identifié et vous allez effectuer votre tir.
Conseils pour le tir en battue
Beaucoup de conseils existent pour réussir son tir lors d'une battue, mais sachez que les points les plus importants sont les suivants :
- Restez vigilant quoi qu'il arrive : se tenir sur ses gardes du début à la fin de la battue vous permettra de ne pas vous laisser surprendre par un animal qui franchirait la ligne sans que vous l'ayez entendu.
- Ne précipitez pas votre tir : en effet, cela rendrait le tir moins précis. Ayez notamment en tête qu'un animal en mouvement ne sera plus là où vous visez au moment où la balle atteint cette zone. Visez donc un point en avant de la cible : c'est ce qu'on appelle "l'avance" ou la compensation. Cette dernière étant à adapter en fonction de l'animal, de sa vitesse, de sa distance et aussi de votre arme.
- Visez un point vital : comme le cou, le cœur ou les poumons. Tirer une balle dans une de ces trois zones vous permettra de ne pas perdre l'animal après une fuite potentielle. Le "secret" réside dans le fait de ne pas bloquer votre mouvement au moment du tir. Suivez l'animal avec tout le haut de votre corps dans un mouvement de rotation fluide (le "swing"), dépassez-le pour appliquer votre avance, et continuez le mouvement même après le départ du coup. Cela assure un tir instinctif et précis.
- Entraînez-vous pour ne pas louper : l'entraînement au tir sur sanglier courant avec carabine est une phase très importante voire quasi obligatoire pour bien appréhender son tir sur un animal et devenir plus précis.
- Que faire après le tir ? : l'action ne s'arrête pas lorsque la balle est partie. Si vous tirez, même si l'animal continue sa course, considérez qu'il peut être blessé. Une fois le signal de fin de battue donné, marquez précisément votre position et la position de l'animal au moment du tir (ce qu'on appelle l'Anschuss) : rendez-vous sur place pour chercher des indices (sang, poils…). En cas de doute, ne suivez jamais un animal potentiellement blessé seul ; prévenez le chef de battue qui pourra faire appel à un conducteur de chien de sang agréé.
Techniques de tir pour le petit gibier
Le bon tir de petit gibier repose sur une combinaison de facteurs, dont le positionnement du corps, l'épaulé du fusil et le swing.
Positionnement du corps
Pour ne pas être bloqué dans votre geste, il est important de bien se placer par rapport à la battue et au vol du gibier. Un chasseur, au même titre qu'un joueur de tennis, doit avoir un bon "jeu de jambes". Le tir de petit gibier est presque toujours un tir sur une cible en mouvement. Un chasseur doit être capable d'avoir un mouvement libre et sans contrainte sur un grand arc de cercle, sans être déséquilibré. Il est donc essentiel de bien positionner ses pieds en direction du gibier et de répartir son poids vers l'avant. Le mouvement doit partir du bassin pour une meilleure fluidité.
Épaulé du fusil
Un mauvais épaulé et un bon swing donnent un mauvais tir. Un bon chasseur avec une arme A peut devenir un mauvais chasseur avec une arme B, malgré une bonne technique. Un bon épaulé ne pourra être obtenu qu'avec une arme "à sa couche", c'est-à-dire avec une crosse à la bonne longueur et à la bonne hauteur. Si votre oeil ne "tombe" pas correctement sur votre mire, il faudra certainement le remettre à votre couche.
Lorsque vous épaulez, la crosse doit dans un premier temps être collée à votre joue avant d'être tirée vers votre épaule. Une des erreurs les plus rencontrées consiste à baisser la joue sur la crosse, au lieu de monter la crosse à la joue. Si vous remontez votre fusil correctement à votre joue, celui-ci devrait être positionné constamment au même endroit sur votre épaule.
Il faut retenir deux choses pour avoir un bon épaulé :
- La partie supérieure de votre crosse doit faire une ligne avec le haut de votre épaule.
- Il est important de bien coller la crosse à sa joue, le cou tendu vers l'avant, pour que votre oeil directeur puisse être correctement aligné avec la mire. Si vous ne collez pas votre joue sur votre crosse, vous risquez de vous retrouver avec un bel hématome.
Le tir de petit gibier n'étant pas un tir de précision, mais un tir de mouvement et d'instinct, il est primordial d'avoir toujours le même épaulement.
Swing
Le tir de petit gibier est un tir de mouvement, et non de précision contrairement au tir de grand gibier : c'est ce qu'on appelle le swing. Les 3 paramètres suivants sont à prendre en compte :
- Parallélisme : le mouvement du fusil doit pouvoir se confondre avec celui du gibier ; pour cela le tireur doit commencer son geste bien derrière l'oiseau et rejoindre immédiatement sa trajectoire.
- Vitesse : comme dit plus haut, c'est un tir de mouvement ; la vitesse du mouvement doit être constante (comme un swing de golfeur), sans à-coups, mais plus rapide que celle du gibier (logique car nous démarrons notre geste derrière et que nous tirons devant).
- Avance : en fonction de la distance, de la direction et de la vitesse du gibier, et de la balistique choisie, il faudra tirer plus ou moins devant. Par exemple, sur un faisan vénéré volant en traversard, il faudra tirer 1,5 m devant à 25 m, et 2,5 m devant à 35 m, avec une cartouche de plomb de taille 6.
Pour obtenir une bonne régularité et enregistrer le bon geste, il peut être intéressant de s'entraîner sur la même trajectoire plusieurs fois de suite. Vous pouvez venir vous entraîner (presque) partout en France sur le simulateur ST-2. Choisir la bonne cartouche est un des éléments principaux d’un bon tir de petit gibier. Mais c’est la technique de tir qui compte vraiment.
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