Le terme « artillerie » apparaît au XIIIe siècle avec Joinville pour désigner l'ensemble des engins de guerre. L'artillerie lourde, en particulier, désigne le matériel de guerre destiné à lancer des projectiles à grande distance, avec un calibre d'au moins 155 mm. Cet article explore l'évolution de l'artillerie lourde, ses composantes, son utilisation et son cadre réglementaire.
L'Évolution Historique de l'Artillerie
Des Machines de Siège Antiques aux Canons Modernes
Dès l'antiquité, les armes individuelles furent complétées par des matériels lourds, notamment les engins de siège. Les Assyriens utilisaient des béliers lourds et des tours mobiles pour attaquer les fortifications. Les Grecs, quant à eux, inventèrent les premières machines de jet, ancêtres des catapultes, capables de lancer des projectiles massifs sur de longues distances.
Au Moyen Âge, le trébuchet et le mangonneau projetaient des projectiles lourds sur les fortifications ennemies. Ces machines de siège médiévales utilisaient des contrepoids pour lancer des pierres et autres projectiles.
L'Avènement du Canon
Le canon a atteint une première maturité dès le début du XVIe siècle avec la pièce de bronze coulé et l'affût à dispositif de pointage, monté sur roues. Cette conception est restée relativement inchangée jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle, bien que de nombreuses améliorations aient été apportées au fil du temps. Parmi ces améliorations, on note l'alésage de l'âme remplaçant la mise en place du noyau de coulée, l'invention du train avant, l'amélioration du pointage et la standardisation des calibres.
Le canon n'est que le moyen de lancement ; l'arme de l'artilleur est le projectile. Après le boulet de pierre puis celui de fonte, c'est vers 1600 que l'on imagina le projectile explosif (à mèche), sous deux formes : la grenade à main et la bombe de mortier, tirée en trajectoire plongeante. Vers 1640, on combina la bombe explosive avec le canon, créant ainsi l'obus. Frédéric II fut le premier grand utilisateur de l'obusier.
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En 1822, le Français Paixhans proposa de remplacer les boulets pleins de la marine par le tir horizontal d'obus explosifs, anticipant la nécessité de cuirasser les vaisseaux. À partir du milieu du siècle, les canons d'acier remplacèrent peu à peu ceux de bronze. Peu après, le projectile sphérique fut remplacé par l'obus cylindro-conique à fusée percutante, tiré à travers un tube rayé, et le chargement se fit par la culasse.
L'Artillerie Moderne
Le tir rapide fut rendu possible grâce à l'accouplement de la pièce à son affût par un frein absorbant le recul. Le système du 75 mm modèle 97 fut le premier à donner entière satisfaction. Pour des cadences de tir élevées, le « coup complet » fut encartouché, avec une douille de laiton semblable à un étui de cartouche, pour les calibres allant jusqu'au 105 mm.
Composantes et Terminologie Essentielle de l'Artillerie
Pour comprendre l'artillerie lourde, il est essentiel de maîtriser son vocabulaire spécifique. Voici quelques définitions clés :
- Âme : L'intérieur du canon, qui peut être rayé ou lisse.
- Amorce : Un appareil pyrotechnique servant à démarrer un processus explosif.
- Balistique : La science qui étudie le mouvement des projectiles.
- Barillet : Un magasin cylindrique rotatif que l'on trouve sur les revolvers.
- Bouche du canon : La partie de l'arme par où sort le projectile.
- Calibre : Le plus grand diamètre des projectiles pour une arme à feu.
- Canon : La partie de l'arme qui guide le projectile. Il peut être lisse ou rayé. Un canon rayé permet de stabiliser le projectile grâce à la rotation.
- Cartouche : L'ensemble que compose l'amorce, l'étui, la poudre et l'ogive.
- Chargeur : Un boîtier contenant les cartouches, amovible ou intégré à l'arme.
- Crosse : La partie de l'arme qui permet sa préhension, notamment pour l'épaulement dans le cas d'une arme d'épaule.
- Culasse : La pièce assurant la fermeture et regroupant certaines fonctions clés d'une arme à feu.
Types de Projectiles
L'artillerie utilise une variété de projectiles, chacun ayant des caractéristiques et des usages spécifiques :
- Balle : Un projectile de calibre inférieur à 20 mm tiré par une arme à feu.
- Balle dum-dum : Une munition de guerre dont la tête du projectile est fendue pour provoquer son expansion à l'impact.
- Balle à pointe creuse : Une balle expansive conçue pour transférer son énergie à la cible en endommageant les tissus.
- Cartouche à blanc : Une munition ne comportant pas de projectile.
- Cartouche à percussion annulaire : Une cartouche dont l'amorce est située dans le bourrelet de la cartouche.
- Cartouche à percussion centrale : Une cartouche dont l'amorce est placée au centre du fond de l'étui.
Fonctions des Équipements Militaires Lourds
Les équipements militaires lourds sont classifiés par fonctions : mobilité, protection, liaisons-transmissions, détection, soutien et agression. La fonction d'agression englobe les capacités destructrices, comme les mines antichar ou les systèmes de défense antiaérienne. Un char d'assaut, par exemple, combine mobilité, protection, liaison, détection et agression.
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Catégories d'Armes et Réglementation en France
La législation française classe les armes en différentes catégories en fonction de leur dangerosité. L'acquisition et la détention d'armes sont soumises à des règles strictes.
Catégorie A : Armes Interdites
L'acquisition et la détention d'armes classées en catégorie A sont interdites, sauf exceptions. Cette catégorie comprend :
- Armes à feu camouflées sous la forme d'un autre objet.
- Armes à feu de poing permettant le tir de plus de 21 munitions sans réapprovisionnement.
- Armes à feu d'épaule à répétition semi-automatique à percussion annulaire permettant le tir de plus de 31 munitions sans réapprovisionnement.
- Armes à feu à canon rayé dont le projectile a un diamètre maximum supérieur ou égal à 20 mm.
La catégorie A2 regroupe les matériels de guerre tels que les armes à répétition automatique, les canons, les mortiers, les lance-roquettes, les torpilles, les mines, les missiles et les grenades.
Exceptions pour les Tireurs Sportifs
Un tireur sportif peut être autorisé, sous conditions, à acquérir et détenir une arme de catégorie A1 - 3° bis. Il s'agit d'une arme à feu d'épaule semi-automatique à percussion centrale permettant de tirer plus de 11 coups sans recharger, dont le chargeur, d'une capacité supérieure à 10 cartouches, fait partie intégrante de l'arme, ou est amovible et y a été inséré.
Sanctions
L'acquisition, la détention ou la vente d'armes de catégorie A sans autorisation sont passibles de peines de prison et d'amendes élevées.
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L'Artillerie dans le Tir Sportif
Le tir sportif offre diverses disciplines utilisant des armes à feu, chacune avec ses propres règles et équipements. Parmi ces disciplines, on trouve :
- Le tir à l'arbalète : Avec deux types de pratiques, le match et le field, ce dernier se rapprochant du tir à l'arc.
- Les armes à poudre noire : Une discipline pour les passionnés des armes d'avant 1900, avec un rituel de chargement spécifique.
- Le benchrest : Se pratique avec une carabine posée sur un support, avec des compétitions à 10 m, 25 m et gros calibres.
- Le Balltrap : Nécessite l'emploi de fusils de sport dédiés, optimisés pour le tir sportif.
- Le TAR (Tir aux Armes Réglementaires) : Permet la sauvegarde des armes ayant été en dotation dans les armées du monde entier.
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