Le Tir au But en Espagne : Histoire, Triomphes et Désillusions

Le football, sport roi en Espagne, est ponctué de moments de gloire et de cruelles désillusions. Parmi ces instants gravés dans la mémoire collective, les séances de tirs au but occupent une place particulière, oscillant entre l'espoir et le désespoir. Cet article explore l'histoire du tir au but en Espagne, en mettant en lumière les succès, les échecs et les figures marquantes qui ont façonné cette facette du football espagnol.

Les Origines du Tir au But : Une Solution aux Impasses

L'histoire du tir au but remonte à 1968, une époque où les règles du football étaient différentes et où la désignation d'un vainqueur en cas d'égalité posait problème. L'Euro 1968 en est un exemple frappant : en demi-finale, le match entre l'Italie et l'URSS s'est soldé par un match nul (0-0) après 120 minutes. Face à cette impasse, le vainqueur a été désigné par un simple tirage au sort.

Cette situation a conduit à l'émergence de propositions visant à trouver une solution plus équitable. Yosef Dagan, un dirigeant israélien, a suggéré un face-à-face entre cinq joueurs de champ et le gardien, une idée qui a donné naissance aux tirs au but.

1982 et 1986 : L'Espagne, Théâtre des Émotions Françaises

C'est en Espagne, lors de la Coupe du Monde 1982 à Séville, que l'équipe de France a vécu sa première expérience marquante en matière de tirs au but. Après un match nul spectaculaire (3-3) contre la RFA, les deux équipes se sont départagées lors d'une séance de tirs au but riche en émotions. Malgré l'arrêt de Jean-Luc Ettori sur la tentative d'Uli Stielike, la France s'est inclinée, Maxime Bossis manquant son tir décisif.

Quatre ans plus tard, lors de la Coupe du Monde 1986 à Guadalajara, les Bleus ont de nouveau été confrontés à l'épreuve des tirs au but, cette fois-ci contre le Brésil. Joël Bats, le gardien français, s'est illustré en arrêtant le tir de Socrates, et Julio Cesar a manqué sa tentative, offrant ainsi la victoire à la France. Luis Fernandez a transformé le tir au but décisif, envoyant la France en demi-finale.

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L'Ère Lopetegui : David Silva, le Choix Désigné

À l'approche de la Coupe du Monde 2018, la question du tireur de penalty en équipe d'Espagne a été soulevée. Julen Lopetegui, alors sélectionneur, a pris la décision de désigner David Silva comme le tireur attitré. Cette décision, motivée par les performances de Silva sous l'ère Lopetegui, a mis en évidence l'importance du choix du tireur et la confiance accordée à certains joueurs dans ces moments cruciaux.

Lopetegui avait déjà informé Silva qu'il serait le premier tireur, y compris lors des séances de tirs au but. Le joueur de Manchester City était le meilleur buteur, avec dix buts, dans la phase de qualification et le quatrième buteur historique en Espagne avec 35 buts.

Le Real Madrid et la Compétition Interne pour les Penalties

Au sein du Real Madrid, la désignation du tireur de penalty est souvent source de débat. Avec l'arrivée de joueurs talentueux tels que Kylian Mbappé, Vinicius Jr et Jude Bellingham, la concurrence est rude. La saison dernière, le Real Madrid a obtenu 19 penalties, mais en a manqué sept, illustrant la difficulté de cet exercice, même pour les meilleurs joueurs.

Carlo Ancelotti, l'entraîneur du Real Madrid, a longtemps misé sur un principe d'autogestion dans cette situation, confiant dans le sens des responsabilités de ses joueurs. Mais, après quelques échecs, il a finalement désigné Kylian Mbappé comme le nouveau tireur numéro 1.

Les Désillusions Récentes : Euro Féminin 2022 et Coupe du Monde 2022

Malgré des succès historiques, l'Espagne a également connu des désillusions récentes en matière de tirs au but. Lors de l'Euro féminin 2022, l'Espagne s'est inclinée en quarts de finale face à l'Angleterre lors d'une séance de tirs au but (1-1, 3-1 tab).

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La Coupe du Monde 2022 au Qatar a été particulièrement douloureuse pour la Roja. En huitièmes de finale, l'Espagne a été éliminée par le Maroc lors d'une séance de tirs au but catastrophique, où aucun joueur espagnol n'a réussi à marquer (0-0, 3 tab à 0). Pablo Sarabia a envoyé sa frappe sur le poteau, tandis que Yassine Bounou, le gardien marocain, a arrêté les tirs de Carlos Soler et de Sergio Busquets.

Cette défaite a marqué l'histoire du Mondial, l'Espagne devenant seulement la deuxième équipe à ne réussir aucun de ses tirs au but dans une séance en Coupe du Monde, après la Suisse en 2006. La Roja est également devenue la première équipe à perdre quatre séances de tirs au but dans l'histoire du tournoi.

Luis Enrique, le sélectionneur espagnol, avait pourtant insisté sur l'importance de la préparation aux tirs au but, demandant à ses joueurs de tirer au moins 1 000 penalties avec leurs clubs. Malheureusement, ces efforts n'ont pas suffi à éviter l'élimination.

La Ligue des Nations 2023 : Un Triomphe aux Tirs au But

Plus de dix ans après avoir régné sans partage sur le monde, l’Espagne revient vers les sommets par une route plus étroite, la Ligue des nations, remportée contre la Croatie (0-0, 5 t.a.b. à 4) qui laisse encore échapper l’or, dimanche 18 juin à Rotterdam. La Croatie, spécialiste de l’exercice, s’incline après quatre succès aux Mondiaux précédents, le Rennais Lovro Majer puis Bruno Petkovic ont vu Unai Simon arrêter leur tentative. Aymeric Laporte avait pourtant offert un sursis aux Croates en frappant sa balle de match sur la barre au dernier tir de la série de cinq.

La Ligue des Nations 2025 : Une Défaite aux Tirs au But contre le Portugal

Malgré une série de victoires impressionnante depuis juin 2023, l'Espagne a subi une défaite contre le Portugal lors de la finale de la Ligue des nations 2025, une défaite aux tirs au but. Ce résultat, bien que comptabilisé comme un match nul pour les statistiques, a mis en évidence les difficultés persistantes de l'Espagne dans cet exercice. Dépité, Alvaro Morata a laissé entendre qu’il songeait à prendre sa retraite internationale après avoir raté son tir au but en finale de la Ligue des nations remportée par le Portugal face à l’Espagne. Luis De La Fuente, sélectionneur de l’Espagne, avait défendu son jour prêté à Galatasaray cette saison. « Tous les tireurs étaient d’un excellent niveau, et si Morata a commis une erreur, c’est parce qu’il l’a osée », a-t-il déclaré avant de souligner : « Morata est un champion et un modèle pour nous.

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Espagne - Pays-Bas, le 23 mars 2025

Ce n'était que le onzième Espagne - Pays-Bas de l'histoire, mais il restera, très certainement, parmi les plus marquants. Déjà au coude-à-coude au match aller, les deux sélections n'ont cessé de se rendre coup pour coup, dans une rencontre qui a rarement baissé en intensité. Finalement, Pedri a délivré les siens, en marquant le dernier tir au but. Les champions d'Europe, tenants du titre de cette Ligue des nations, ont rendez-vous cet été pour le Final 4 qui aura lieu en Allemagne. En demi-finales, l'Espagne affrontera la France, tombeuse de la Croatie.

Perspectives d'Avenir : Préparation et Confiance

L'histoire du tir au but en Espagne est un mélange de succès et d'échecs. Pour l'avenir, il est essentiel que les joueurs et les sélectionneurs accordent une importance particulière à la préparation mentale et technique aux tirs au but. La désignation de tireurs attitrés, la simulation de situations de pression et l'analyse des gardiens adverses sont autant d'éléments clés pour améliorer les performances de l'Espagne dans cet exercice.

La confiance en soi et la capacité à gérer la pression sont également des facteurs déterminants. Les joueurs doivent être capables de transformer le stress en énergie positive et de faire preuve de sang-froid dans les moments décisifs.

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