Le Tir au Canon à Carouge : Histoire et Évolution

L'histoire du tir au canon à Carouge est intimement liée à l'évolution des fortifications et des stratégies de défense, notamment pendant la Commune de Paris et les périodes de conflit ultérieures. Cet article explore les origines, les développements et les figures marquantes associés à cette pratique, en s'appuyant sur des sources historiques et des témoignages.

Les Barricades de la Commune : Genèse d'une Stratégie Défensive

Pendant la Commune de Paris en 1871, la question des barricades est devenue centrale. Face à l'urgence, des barricades furent érigées à la hâte dans les quartiers populaires, en utilisant les pavés des rues pour construire des murs obstruant les voies. Ces structures étaient souvent dotées d'embrasures pour les canons, une nécessité dictée par le contexte de guerre urbaine. Cependant, ces barricades se sont avérées en grande partie inefficaces et ont été détruites, car elles entravaient la circulation. Pour pallier ce problème, des entrées en chicane furent aménagées pour permettre le passage des voitures, des attelages d'artillerie et des charrettes.

Face à ces échecs initiaux, l'armée de la Commune, quelque peu démoralisée, adopta une stratégie défensive prônée par le général Cluseret, délégué à la Guerre. Les barricades devaient s'intégrer au système défensif de Paris, palliant le silence des forts, évacués ou pris d'assaut. Cette approche visait à faire de la guerre des rues une composante essentielle de la défense, nécessitant une planification et une organisation minutieuses.

Le 8 avril 1871, lors d'une séance de la Commune, Cluseret demanda la création urgente d'une Commission des barricades, proposition adoptée à l'unanimité. Des barricades avec talus, fossés et banquettes de tir furent construites rue Royale, place de la Concorde et place Vendôme, mais sans méthode uniforme pour celles des rues de Neuilly, Clamart ou aux portes de Paris.

La première séance de la Commission des barricades eut lieu le 12 avril sous la présidence du colonel Rossel. La Commission définit la forme et les dimensions de deux types de barricades : l'un pour les grandes voies, l'autre pour les petites rues, avec des mesures rigoureuses pour les fossés, talus et banquettes. Des emplacements de mines et le poids de poudre nécessaire furent également prévus.

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Un nouveau modèle de barricade, conçu par des ingénieurs et réalisé par des spécialistes, s'inspirait probablement de Rossel, officier du Génie. Jules Vallès s'en fit l'écho dans son drame "La Commune de Paris". Le 30 avril, Cluseret fut révoqué et remplacé par Rossel comme délégué à la Guerre.

Gaillard Père : Un Constructeur de Barricades Contesté

Le 30 avril 1871, Gaillard père fut chargé de construire une seconde enceinte de barricades en arrière des fortifications, en collaboration avec les municipalités pour désigner les ingénieurs et délégués. Outre cette enceinte, trois citadelles furent prévues au Trocadéro, aux buttes Montmartre et au Panthéon. Gaillard père fut autorisé à engager des compagnies spéciales de travailleurs spécialisés, encadrés par des techniciens.

La barricade de la rue Castiglione et de la rue Saint-Honoré, percée de cinq embrasures, masquait un chemin couvert derrière lequel se trouvaient de nouvelles fortifications, formant une double masse de terre enfermée dans des sacs et des tonneaux.

Alors que Gaillard construisait les forteresses secondaires de la rue de Rivoli et de la rue Castiglione, les points stratégiques comme le Trocadéro, l'Arc de triomphe et la butte Montmartre furent négligés. Gaillard, sûr de ses capacités, refusa les conseils et la tutelle du Génie militaire, suscitant des critiques.

À la mi-mai, outre le château Gaillard, une quinzaine de barricades plus ou moins achevées avaient été construites par les délégations d'arrondissement. Seules celles de la place Vendôme, de la place de la Concorde et du Trocadéro furent édifiées sous la direction effective de Gaillard. Ces ouvrages dispersés se révélèrent insuffisants, et la reprise en main par le Génie militaire fut généralement bien accueillie.

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Des sommes considérables furent dépensées pour les barricades, notamment deux millions en achats de chiffons par Gaillard, suscitant l'incompréhension. La barricade de la place de la Concorde coûta à elle seule quatre-vingt mille francs. Des difficultés de recrutement de main-d'œuvre furent rencontrées, alors que les soldats désarmés de l'armée régulière, les réfractaires et une partie de la Garde nationale sédentaire auraient pu être employés.

Le 16 mai, Cluseret, détenu à l'Hôtel de Ville, obtint l'autorisation de constater sur place l'exécution des ordres donnés à Gaillard père. Il insista sur l'urgence de fortifier les abords de la place Wagram et souligna l'erreur d'avoir laissé envahir le bois de Boulogne, préconisant une troisième ligne de défense allant du pont de la Concorde à la Porte Saint-Ouen.

Des annonces furent publiées pour recruter des ouvriers sachant faire des gabions, fascines et clayonnages, ainsi que des citoyens désireux de participer à la défense de Paris en travaillant aux ouvrages de défense.

La Semaine Sanglante et les Barricades Désespérées

Pendant la Semaine sanglante, de nombreuses barricades furent élevées dans les quartiers nord, sud et est de Paris. Ces barricades improvisées, faites de quelques pavés à hauteur d'homme, étaient parfois défendues par un canon ou une mitrailleuse, et surmontées du drapeau rouge. Une vingtaine de combattants pouvaient ainsi arrêter des régiments entiers.

La barricade des derniers jours symbolise un combat désespéré, marqué par la participation importante des femmes à sa défense. Pendant une semaine, une dizaine de milliers de Fédérés résistèrent aux assauts de 130 000 Versaillais.

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Ces barricades étaient plus destinées à donner confiance aux défenseurs qu'à servir réellement à la défense. Gaillard pensait qu'il fallait faire des barricades pour ne pas avoir à les défendre, misant sur l'aspect dissuasif de la barricade-forteresse pour décourager les attaques versaillaises.

Napoléon Gaillard : Du Néo-babouviste au Constructeur de Barricades

Napoléon Gaillard, néo-babouviste, s'impliqua dans la vie politique nîmoise à partir de 1848. Il proposa la création d'une vaste association de travailleurs réunissant les différents corps d'état de Nîmes. En 1851, il déposa un brevet pour une chaussure en gutta-percha plus souple et imperméable, et publia en 1853 un mémoire sur son invention.

Il participa activement aux réunions publiques permises par la loi de juin 1868, critiquant la morale bourgeoise et l'institution du mariage. Revenu à Paris après la déclaration de guerre, il fit partie du Comité central des vingt arrondissements et cosigna une proposition de mesures d'urgence concernant la sécurité publique, les subsistances, les logements et la défense de Paris.

On lui doit la grande barricade baptisée « Château-Gaillard », située entre la rue de Rivoli et la rue Saint-Florentin, élevée sur deux étages avec bastion, redan, courtine et fossé. Ses talents militaires furent diversement appréciés. Gaillard, sûr de ses capacités, refusa les conseils et la tutelle du Génie militaire, suscitant des protestations quant au manque de travaux malgré les mesures arrêtées.

Il démissionna le 15 mai et son bataillon de barricadiers fut dissous. Pendant la Commune, il fut fier de porter l'uniforme, arborant une tunique élégamment sanglée avec revers rouges, épée au côté, revolver, glands d'or, cinq galons d'or et bottes étincelantes.

Après la Commune, il appartint à la Section de propagande et d'action révolutionnaire socialiste de Genève. En 1874, il s'installa à Genève et publia en 1876 « l'Art de la Chaussure ». Après l'amnistie, il rentra en France en 1880 et participa activement au cercle des combattants de la Commune et au cercle des communistes révolutionnaires. Il s'investit dans la fondation d'une Fédération socialiste révolutionnaire des cercles des départements à Paris, dont il fut secrétaire. En 1894, il passa au parti allemaniste et fonda en janvier 1896 le groupe communiste du Ier arrondissement. Son âge l'obligea à renoncer à ses activités politiques en 1897.

Le 2e Bataillon du Mont-Blanc : Un Lien avec Carouge

Le 2e Bataillon des Volontaires nationaux du Mont-Blanc, formé le 1er mai 1793, fut recruté et organisé dans le district de Carouge, comprenant les communes actuelles de l'arrondissement de Saint-Julien en Haute-Savoie, ainsi que les communes cédées à la Suisse en 1816.

Ce bataillon eut pour chef le Lieutenant-colonel Pacthod, avocat, ancien Garde du corps du Roi Victor, Auditeur des Guerres de la province de Carouge, qui devint l'un des meilleurs Généraux de la Révolution et de l'Empire.

Le 2e Bataillon est d'abord destiné à accompagner la Légion allobroge, dirigée sur le Midi. A peine formé, il est mis en route à destination des Pyrénées Orientales. Mais à son passage à Valence (Drôme), il est requis par les représentants du peuple et dirigé, avec les Allobroges, contre les insurgés fédéralistes du midi de la France.

Le 27 septembre, le Lieutenant-colonel Point est chargé d'arrêter les Officiers municipaux d'Aubagne et de les faire conduire à Marseille. Il arme ensuite les patriotes d'Aubagne, les forme en Compagnie et les joint à ses volontaires pour marcher contre Toulon.

Le 15 novembre, le 2e Bataillon prend part à une affaire très vive devant Toulon, perdant 10 à 12 hommes morts et environ 45 blessés. Le Bataillon reprend cette ville le 18 décembre 1793.

Après la prise de Toulon, le 2e du Mont-Blanc est envoyé à l'Armée d'Italie, dans les montagnes du Comté de Nice où il arrive en janvier 1794. Là, Pacthod est nommé Adjudant-général et Sous-chef d'Etat-major.

Par arrêté de Salut Public du 9 mars 1794, le Bataillon est réuni à l'Armée d'Italie et reçoit l'ordre de faire une expédition pour la prise d'Oneille. Le 4 avril, la 19e Demi-brigade reçoit l'ordre de se rendre à Menton, où se forment les deux colonnes principales pour l'expédition d'Oneille. Le départ a lieu le 6 avril à deux heures du matin.

L'Évolution des Technologies et des Divertissements : Le Kinétoscope

En parallèle à l'histoire militaire et des fortifications, l'évolution des technologies et des divertissements a également marqué l'époque. Dès le 8 mars 1895, Le Genevois annonçait l'ouverture de l'exhibition des kinétoscopes Edison à Genève.

Casimir Sivan, agent pour la Suisse des appareils Edison, installa les premiers kinétoscopes à Genève en mars 1895. Le kinétoscope, perfectionnement du phénakisticope, permettait de visionner des scènes photographiées à raison de quarante-six instantanés à la seconde, créant l'illusion d'une image animée.

Les kinétoscopes exposés rue du Commerce montraient des scènes variées, comme un bar américain, une boutique de coiffeur ou une scène de lutte. Le Journal de Genève soulignait le réalisme des scènes et l'espoir de combiner le kinétoscope avec le phonographe pour ajouter le son.

Ornequin : Un Lieu Fictif, Témoin de la Grande Guerre

Dans le domaine de la fiction, le château d'Ornequin, lieu clé du roman "L'Éclat d'obus" de Maurice Leblanc, offre une perspective sur la Grande Guerre. L'histoire se déroule en Lorraine, près de la frontière allemande, où les personnages sont confrontés aux réalités de la guerre et aux secrets du passé.

Sociétés de Tir Genevoises : Héritage d'une Tradition

Plusieurs sociétés de tir genevoises perpétuent la tradition du tir, notamment les Exercices de l'Arquebuse et de la Navigation, la Société de tir de Versoix, les Carabiniers de Jussy et le Club de Ball-Trap de Saint-Georges.

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